mercredi 24 septembre 2014

LES ENFANTS DES AUTRES, TU NE CONVOITERAS



Voilà trois ans que le scandale de la secte ultraorthodoxe Lev Tahor de Sainte-Agathe fait la manchette. On parle de kidnapping, de mariages forcés de jeunes filles, d’enfants négligés, maltraités, mal nourris et ne recevant qu’une éducation religieuse. Nous avons suivi leur évasion nocturne vers Chatham, leur fuite avortée à Trinité-et-Tobago, leurs déboires au Guatemala et, il y a quelques jours à peine, la fugue de deux adolescentes de la secte juive qui se sont réfugiées aux États-Unis.

Dans toute cette triste saga, l’une des choses les plus troublantes a été d’apprendre que plusieurs enfants étaient enlevés à leurs familles pour être placés de force dans d’autres foyers. En moins de deux ans, certains enfants auraient été parachutés dans une vingtaine de familles d’accueil différentes. Bonjour la détresse!

Hélas, dans le monde hassidique, ce genre d’histoires d’horreur n’existe pas que chez les Lev Tahor.
 

Avez-vous déjà entendu parler du documentaire In hasidic custody   réalisé par le cinéaste israélien Nitzan Gilady? Le réalisateur nous présente le cas de Yahia Jaradi et son épouse Lauza, deux juifs yéménites qui ont été victimes de recruteurs ultraorthodoxes de la secte satmar. Ces derniers leur ont proposé leur aide pour qu’ils immigrent aux États-Unis. Une fois établis à Monsey (New Jersey), on leur a enlevé leurs passeports. M. Jaradi a été forcé de travailler pour la secte et leurs enfants ont été empêchés d’apprendre autre chose que le yiddish. À la suite d’un accident qui a coûté la vie à la plus jeune de leurs cinq enfants, la secte a prétendu que les Jaradi avaient causé la mort de leur fille de façon à s’arroger la garde des quatre autres enfants.

Victimes de recruteurs ultraorthodoxes sans scrupules, Yahia et Lauza Jaradi se sont fait voler leurs enfants au New Jersey.
 
Dans ce documentaire en cinq parties (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5), le directeur général du Yemenite Heritage Fund soutient que la secte satmar «aime surtout enlever des enfants»*. Un homme raconte que M. Jaradi s’est fait offrir 20 000 $ pour une de ses jumelles, tandis qu’un autre dit s’être fait prendre ses six enfants par les dirigeants satmar. En bout de compte, les Jaradi ne réussiront à récupérer leurs enfants qu’en 2008, après sept ans de démarches acharnées. N'est-il pas étonnant de constater qu'une communauté garde la loi du silence devant de tels actes?

Le Yémen, c’est vrai, nous apparaît comme le bout du monde. Monroe, c’est pratiquement cinq heures de route d’ici. Mais si vous croyez que ce genre de choses ne peut se produire à Montréal, nous avons des petites nouvelles pour vous.  

L’an dernier, j’ai reçu un appel de Grenoble, en France. Tombée sur mon blogue, Emmanuèle Leblanc a senti le besoin de me raconter le cauchemar qu’elle a vécu ici même sur la rue Hutchison.  

Convertie au judaïsme afin de pouvoir se marier avec un Juif iranien, Emmanuèle a eu trois enfants à Montréal. «Mon mari était plutôt moderne. En dehors de la maison, il mangeait de tout et il lui arrivait même de se rendre à la synagogue en voiture pendant le Yom Kippur.» Malheureusement, le mariage s’est gâté lorsque leur chemin a croisé celui des ultraorthodoxes. «En plus de se radicaliser, il a commencé à être violent avec moi et les enfants.»


Sortie en famille, à Montréal, avant que Mordecai ne kidnappe les trois enfants d'Emmanuèle et disparaisse dans la nature.

Craignant les accès de rage de son conjoint, Emmanuèle entame des procédures de divorce. Mal lui en prit, car dès que son mari a su qu’elle avait contacté un avocat, il a filé avec les trois enfants sans laisser d’adresse. «C’est comme si j’étais morte», laisse-t-elle tomber.


C'est dans la cuisine de son appartement du 5713 Hutchison qu'Emmanuèle et d'autres ont trouvé le nom "Enfant-Retour" pour baptiser l'organisme qui aura pour mission d'assister les parents dans la recherche de leur enfant porté disparu.

Malgré ses démarches auprès des autorités policières et politiques, son passage à l’émission Les Retrouvailles de Claire Lamarche et ses nombreux voyages de recherche désespérée, Emmanuèle Leblanc restera huit longues années sans la moindre nouvelle de ses enfants.

C’est finalement un détective privé qui retrouvera la trace de sa fille aînée à Kiryas Joel, cette enclave d’intégristes ultraorthodoxes de l’état de New York qui connaît le plus haut taux de pauvreté des États-Unis.

Sur place, pour forcer l’intervention des policiers, Emmanuèle a dû faire semblant de la kidnapper sur le chemin de l’école. «Je me suis retrouvée submergée par une foule de hassidim. J’ai été menottée, amenée au poste de police et tout.» Au moins, le processus de récupération allait enfin s’enclencher. C’est du moins ce qu’elle pensait.

Pendant qu’un tribunal de l’endroit se penche sur le dossier, Emmanuèle apprend qu’Esther, Samuel et Rifka s’appelaient désormais Sara, Yoseph et Rachel. Pire. Son ex-mari les avait carrément donnés à des familles satmar. «Ils ont été envoyés trois ans à Manchester (Angleterre) avant d’être distribués à gauche et à droite aux États-Unis. J’ai retracé mes deux plus jeunes à Miami avant qu’ils ne disparaissent à nouveau en Californie avec leur père.»
 

La chose la plus dévastatrice pour cette mère a été de réaliser que la secte hassidique avait complètement lessivé le cerveau de sa fille aînée. «J’avais le droit de voir Esther tous les 15 jours en présence des services sociaux, mais à Kiryas Joel, on lui avait tellement mis dans la tête que j’étais le diable, qu’elle me recevait avec un walkman sur les oreilles pour ne pas m’écouter. Elle ne supportait pas que j’écoute du Vivaldi. Elle n’acceptait même pas de manger la nourriture cachère que je lui préparais parce que dans sa tête, je n’étais pas juive!»
Après leur enlèvement, Samuel, Rifka et Esther deviendront Yoseph, Rachel et Sara

Ses enfants dont la jeunesse lui a été volée sont désormais des adultes mûrs. «Des adultes qui n’ont d’autre choix que de vivre avec leurs traumatismes», déplore-t-elle. «Ma plus jeune aime bien le folklore juif, mais n’est pas religieuse du tout. Elle vient me voir tous les ans en France. Mon fils, lui, a gardé un profil religieux, mais il mange de tout et je le vois quand je vais à New York. Avec mon aînée, par contre, c’est plus difficile. Elle est mariée religieusement, a cinq enfants et vit à Williamsburg dans la secte Bobov»
 

Et son ex-mari? Il a été l’objet d’un mandat d’arrêt international pour une fraude financière de plusieurs millions à l’encontre de l’American Automobile Association. Il s’est enfui au Panama où il vivrait toujours.

Quel gâchis, quand même. Pourtant, dans le livre de l’Exode, il est bien écrit : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » C’est vrai, par contre, qu’on n’y parle pas des enfants!


«mostly like to take children»

samedi 6 septembre 2014

LA CONSEILLÈRE QUI NE VEUT PAS VOIR


Si vous avez mis la main sur L'Express d'Outremont du 28 août dernier, vous ne pouviez pas manquer cet autobus scolaire illustré en Une et affublé du titre À pleine vitesse dans les rues



Non seulement certains d'entre eux roulent trop vite et font des stops à l'américaine, mais ils sont souvent très bruyants et surtout, ils défilent à la queue leu leu sur nos rues résidentielles en s'arrêtant de porte en porte pour cueillir les écoliers.

Interviewés, des citoyens disent avoir compté une cinquantaine d'autobus scolaires passant quotidiennement devant chez eux. Ils exagèrent, vous pensez? Hélas non. 

À la séance du conseil d'arrondissement d'Outremont, j'ai remis à la mairesse Cinq-Mars un document relatant différents problèmes relatifs à la circulation de ces autobus. 

Grâce à une caméra vidéo, nous avons pu documenter le phénomène. Ces bandes que nous avons conservées révèlent qu'une moyenne de 55 autobus scolaires défilent sur nos rues résidentielles (sauf le samedi, jour du sabbat). Et pour dissiper les doutes, nous ne nous sommes pas limités à capter ces allées et venues pendant un ou deux jours qui auraient pu connaître un achalandage exceptionnel. Les enregistrements ont été réalisés sur une période de deux mois, à raison de 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Outre le nombre impressionnant d'autobus, on réalise que ces véhicules jaunes commencent leur chemin de croix depuis aussi tôt que 6h34 le matin pour rentrer au bercail parfois passé 23h35.  

À 21h37, des étudiants dont certains portent la barbe! descendent d'un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.


C'est sans parler, bien sûr, des problèmes du stationnement illégal et des manœuvres dangereuses, voire abracadabrantes.


Alors qu'un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double... en sens inverse du trafic!

 Dans tout cela, ce qui est le plus hallucinant, c'est d'apprendre dans l'article de l'Express d'Outremont que Mindy Pollak, la conseillère du district, préfère esquiver la question parce que «la majorité des autobus scolaires en question desservent les écoles et garderies hassidiques». Est-ce à dire que lorsque le problème émane de sa communauté, elle ferme les yeux et refuse de bouger?

Cerise sur le Sunday, son attaché politique, Philippe Tomlinson, déclare le plus sérieusement du monde que Projet Montréal, le parti de Mindy, «ne constatait pas de problèmes en matière de transport scolaire». C'est vrai qu'il n'habite pas Outremont et que ce que l'on ne voit pas (ou qu'on ne veut pas voir!) ne fait pas mal.

9 mai 2013: Un autobus qui n'a pas à se trouver stationné sur la rue Hutchison exécute un ballet acrobatique inusité pour permettre au balai mécanique de faire son travail. L'autobus se déplace au milieu de la chaussée, puis recule pour se stationner de nouveau. Bravo, champion!

Quant à Madame Cinq-Mars, les citoyens ont hâte de voir les solutions qu'elle apportera pour diminuer le trafic incessant de ces autobus. Nous pouvons d'ores et déjà lui suggérer que les enfants et écoliers se déplacent au coin des rues collectrices (ex.: Fairmount, Saint-Viateur, Bernard, etc.) pour être recueillis par les autobus qui n'auraient plus à défiler sur les rues résidentielles. 

Que voilà un beau projet pour occuper Mindy Pollak qui est justement chargée du comité du transport actif. À défaut de faire marcher les enfants jusqu'à l'école comme le promeut le programme Trottibus, elle pourrait au moins faire en sorte qu'ils se rendent jusqu'au coin des rues, non? Ça ne devrait faire mourir personne et, croyez-nous, c'est bien plus sécuritaire que ce que nous voyons régulièrement.

lundi 25 août 2014

BOLDUC: LE MÉDECIN SOUS INFLUENCES


Vendredi dernier, le ministre de l'Éducation a livré le fond de sa pensée... creuse. Il estimait que l'achat de nouveaux livres n'était pas nécessaire pour plusieurs écoles. «Il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s'empêcher de lire, parce qu'il existe déjà des livres [dans les bibliothèques].»

Pôvre Dr Bolduc. C'est dommage qu'il n'ait pas fait son cours de médecine à Kansas City (Missouri). Là-bas, lors de leur admission, les futurs toubibs reçoivent en cadeau le bouquin On doctoring - Stories, Poems, Essays

 Dr Bolduc! On sait que vous tirez le diable par la queue. Sachez que vous trouverez ce livre sur Amazone.com pour 3,99 $.


Dans un article du Monde Diplomatique, Martin Winckler, médecin généraliste et écrivain, nous révèle que cet ouvrage contient des textes de Borges, de Kafka, de Tchekhov, de Pablo Neruda, de Conan Doyle, de la Bible et de bien d'autres auteurs. Le responsable de la faculté de médecine de Kansas City explique que ce livre est offert aux étudiants «parce qu'ils en apprendront plus sur le soin dans la littérature que dans les livres de pathologie où l'on n'apprend que la médecine.» 

C'est peut-être un peu tard pour faire l'éducation du bon Dr Bolduc, mais avant de le lapider, pourquoi ne pas tenter de comprendre d'où il tire son intime conviction de l'inutilité des nouveaux livres? 

Alors qu'un bibliothécaire d'une école de Verdun s'est aperçu que s'il retirait des étagères tous les ouvrages publiés avant 1995, il se retrouverait avec une bibliothèque vide, Bolduc, lui a vécu une expérience totalement différente, cet été.

Pendant que nous étions en vacances, le ministre de l'Éducation n'a pas chômé. Après avoir déclaré, le 27 mai dernier, qu'il allait faire le ménage dans les écoles hassidiques clandestines, des dirigeants de la secte lui ont fait un appel du pied. Ils l'ont convié à visiter une de leurs écoles tant réputées d'Outremont. 

Dans les bibliothèques des écoles hassidiques (tant légales qu'illégales!), Yves Bolduc a trouvé dans les vieux livres religieux toute la littérature nécessaire à l'éducation de la future élite sectaire.

Grâce à leur pouvoir de persuasion légendaire, il semble que les dirigeants hassidiques aient séduit notre érudit ministre de l'Éducation.

Qu'ont-ils bien pu lui baratiner pour qu'il en arrive à dénigrer publiquement les nouveaux livres que les commissions scolaires réclament à grands cris pour leurs bibliothèques? Ils lui ont montré les collections d’œuvres talmudiques qui monopolisent toutes les étagères de leurs salles de classe. Bolduc a tout de suite allumé. Pour produire une élite infaillible, des ouvrages datant de 2500 ans font parfaitement l'affaire.

lundi 4 août 2014

LES ENFANTS DE CHOEUR

Logo de la LDJ


Pour les bien-pensants qui nous racontent (voir ma chronique précédente) que la Ligue de défense juive (LDJ) respecte les lois du pays, voici quelques photos et une vidéo pas piquée des vers, prise lors d'une manifestation qui s'est tenue devant la Maison de la Palestine de Mississauga, le 3 juillet dernier. De véritables enfants de choeur, je vous dis!


Les deux gorilles qui assuraient la sécurité de l'extrémiste Meir Weinstein, dimanche, à Montréal, faisaient du grabuge en «bonne» compagnie, dans la Ville Reine, la semaine précédente.

Non, non. Le policier n'était pas là pour aider nos deux molosses à traverser la rue.

 
Dans la photo ci-contre, un des animateurs de cette manifestation de la LDJ haranguait la foule en scandant: «We will not submit to radicals!»









Bien échauffé, le même homme (voir la flèche) saute dans l'arène pour bouffer du Palestinien.

 





Mal lui en prit, car ceux à qui il a voulu faire un mauvais parti lui ont fait voir des étoiles. Il a fini à l'hôpital. Après cette dégelée, le slogan Never again qu'il arbore sur ses manches se transformera peut-être en une leçon de vie pour l'avenir. 



L'échauffourée a été diffusée sur le site Jihad Watch, un «programme» du David Horowitz Freedom Center dirigé par un certain Robert Spencer

Il faut visionner la vidéo et lire la version de l'empoignade faite par le groupe provocateur de la LDJ: «Une foule de musulmans déchaînée attaque et bat des protestataires juifs» 

À ce que l'on voit, les protestataires propalestiniens ne sont pas allés manifester devant une synagogue ou le consulat d'Israël de Toronto pour dénoncer les milliers de civils gazaouis morts ou blessés par les bombes de l'armée israélienne. Non, ils se sont plantés devant la Maison de la Palestine de Missisauga. Ce sont les membres de la LDJ qui ont fait la route pour aller en découdre.

 
Les manifestants pro-palestiniens devant la Maison de la Palestine de Missisauga.



 



Le leader canadien de la LDJ, Meir Weinstein, était aux premières loges de la provocation.



Voici  la Maison de la Palestine. Un environnement pas particulièrement stratégique pour faire parler de soi.

En passant, pour ceux et celles qui ne le sauraient pas encore, je n'ai d'atomes crochus avec aucun groupe intégriste quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Est-ce assez clair?

LES SBIRES DÉBARQUENT EN VILLE


Croyez-le ou non, il y a dix jours, l’avenue Bernard a été le théâtre d’une alerte à la roquette. Pendant que les amateurs de pain tressé et de babka au chocolat faisaient la file devant la célèbre boulangerie Cheskies, des sonneries sont devenues folles toutes en même temps. D’un même réflexe, des Juifs hassidiques présents dans la boutique ont frénétiquement fouillé les poches de leurs redingotes noires pour en extirper leurs téléphones cellulaires aux abois. L’application Red Alert les avertissait qu’une roquette venait d’être lancée et qu’elle exploserait bientôt.

Dans la foule de clients de la boulangerie du Plateau, même les hipsters capotaient. Ils n’en revenaient pas qu’à Montréal, autant de Juifs aient téléchargé cette application pour connaître en temps réel le moment où une roquette quittait… la Bande de Gaza en direction d’une ville israélienne!
 
Avec cette psychose paranoïde qui semble s’être répandue jusque dans les boutiques du boulevard BCBG d’Outremont/Mile-End, faut-il s’étonner qu’aujourd’hui même (dimanche), la Ligue de défense juive (LDJ) ait décidé d’annoncer l’ouverture prochaine de l’aile québécoise de l’organisme à la réputation sulfureuse?

C’est un certain Meir Weinstein, le fondateur de la succursale de la LDJ de Toronto, qui est déterminé à implanter la branche guerrière en terre québécoise.

2 août 2014: Meir Weinstein entouré de ses gorilles, au centre-ville de Montréal

Cet ancien garde du corps a depuis longtemps juré loyauté au rabbin Kahane, fondateur de ce groupe d’extrême droite raciste et pourchasseurs d’Arabes. Mieux! Weinstein a toujours refusé de condamner l’attentat perpétré en 1994 par le terroriste de la LDJ américaine Baruch Goldstein qui a assassiné 29 Palestiniens au Tombeau des Patriarches. En avril 2011, la page Facebook LDJ de Toronto invitait ses membres à une manifestation aux bureaux de la communauté gaie Pride Toronto. Selon le Daily Xtra, l’invitation assimilait les gais aux... nazis!

Heureusement que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes veille au grain... et à l'ivraie. 


Tandis que son vice-président pour le Québec, Luciano del Negro, estimait ce soir à Radio-Canada qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter, son porte-parole David Ouellette soutenait, il y a quelques jours que les activités de la LDJ respectent les lois canadiennes. La lettre, c’est à voir, mais l’esprit, sûrement pas. 

Commentant l’annonce de cette implantation imminente, Joël Lion, consul général israélien à Montréal, a, pour sa part, prétendu sur les ondes de TVA que «le mainstream de la communauté ne la voit pas d’un bon œil ». Plus tôt, il avait rappelé qu’en Israël, les parlementaires de la Knesset avaient l’habitude de quitter l’enceinte parlementaire lorsque le rabbin Kahane prenait la parole.
 
Mais au Canada, tous ne semblent pas fuir comme la peste ces fanatiques qui donnent l’impression de vouloir s’inspirer du Commando des bâtards, de Tarantino.


Le 23 avril 2013, le Jewish Tribune publiait une photo montrant Frank Dimant, le Président-Directeur Général de B’nai Brith Canada aux côtés de Julius Suraski, un membre tellement impliqué au sein du groupe extrémiste qu’il a fait partie du voyage de Stephen Harper en Israël, en janvier 2014, à titre de coordinateur d’un évènement de la LDJ. 
Frank Dimant aux côtés de l'extrémiste Julius Suraski

La présence d’une personnalité de ce groupuscule dont la division états-unienne est qualifiée d’organisation «terroriste», «violente» et «extrémiste» était d’autant plus saugrenue que Suraski participait au conseil consultatif spécial de B’nai Brith Canada pour la Ligue des… droits de l’Homme! Peace & Love, you bet!

Alléguant avoir reçu plusieurs coups de fil de gens de la communauté juive de Montréal qui auraient été victimes d'actes antisémites, Weinstein a manifestement envie d’en découdre avec des organisations qui, à ses yeux, présentent une menace. Pourtant, pas plus tard que la semaine dernière, un porte-parole de la SPVM a été catégorique. Ces derniers temps, alors que la guerre entre Israël et la Palestine échauffe sérieusement les esprits, six plaintes auraient été reçues par les forces policières . C’est six de trop, j'en conviens, mais ce n’est sûrement pas avec les gros bras de ces têtes brûlées que le problème se résoudra. À moins que l'idée soit de faire monter la pression et de mettre de l'huile sur le feu.

Le gouvernement du Québec prétextera-t-il les accommodements raisonnables pour souhaiter la bienvenue à la Ligue de défense juive? Souhaitons que les autorités québécoises mettent vite ces tristes sbires au ban de la société.

lundi 7 juillet 2014

LES BONS (ET LES MOINS BONS) SENTIMENTS


À entendre les jérémiades des ténors hassidiques, les Montréalais pourraient croire que les contentieux que les leaders religieux entretiennent avec les élus et les citoyens ne datent que de quelques années. Et pourtant…  

Pourtant, à la séance du conseil d’Outremont du 2 juin 2014, un inconnu de la quasi-totalité des résidents de l’arrondissement est sorti du placard. 

Claudio Zanchettin
Ce costaud gaillard s’est présenté au micro lors de la période de questions. C’est là qu’il a choisi de révéler à l’ensemble des résidents qu'il a été «le seul citoyen d’Outremont à avoir participé à tous les comités interculturels depuis [le règne] Choquette».

Oh! boy. Ça c'est de la discrétion. Quand on sait que Jérôme Choquette a été maire d’Outremont de 1983 à 1991, on comprend que ça fait un bon quart de siècle que M. Claudio Zanchettin hante très discrètement les antichambres de l’hôtel de ville.

Après avoir encensé une récente initiative de rapprochement entreprise par certains résidents à l’égard de la communauté hassidique, Zanchettin n’a pu résister à l’envie de cracher du fiel au micro : «Je ne peux que dire tout le mal que je pense des gens qui, malheureusement, s’acharnent à alimenter les mauvais rapports entre les communautés.» (visionner sa courte intervention)
  
Au cas où il l'a oublié, si un tel comité a été mis sur pied voilà 25 ou 30 ans, c’est bien la preuve qu’il existait déjà d’importantes tensions intercommunautaires sur le terrain.

Les moins jeunes se souviendront de la crise des maillots de bain d'il y a 29 ans, ou encore du problème de l’implantation illégale de synagogues dans nos rues résidentielles, en 1988.
En 1985, une plainte logée par des hassidim avait entraîné l'interdiction des maillots de bains dans les parcs d'Outremont. Cela avait valu une caricature de Chapleau et une volée de bois vert au maire Choquette qui avait dû remettre ses culottes et reculer.




Étant donné l’état bancal des relations intercommunautaires aujourd’hui, une question nous démange. Au cours de toutes ces décennies pendant lesquelles vous avez siégé, M. Zanchettin, qu’avez-vous accompli de si génial pour rabibocher tout ce beau monde? Vous ne pourrez pas nous dire que c'est le temps qui vous a manqué.

Ce membre (à vie?) du comité intercommunautaire ne manque vraiment pas d’air. Comment peut-il se permettre de blâmer les élues actuelles et les citoyens qui ont à cœur le respect des règlements par tous? A-t-il aussi oublié que ces gens qu’il pointe du doigt n’étaient même pas dans le décor à l’époque. On croirait un mauvais remake de la fable du loup qui reprochait à l’agneau d’avoir troublé sa quiétude l’année précédente... alors qu’il n’était pas même né.  

Il nous semble que Claudio Zanchettin est d’autant plus mal placé pour donner des leçons qu’il a été de ceux qui, en juin 2005, avaient participé au très controversé voyage à New York offert au rabais par le JOCC et le richissime Michael Rosenberg qui — le hasard faisant bien les choses — siégeait avec lui à cette commission sur les relations intercommunautaires.

Tout comme Louis Moffatt (alors pressenti conseiller municipal d’Outremont), Edison Ramirez (l’actuel directeur de la Sécurité publique d’Outremont) et d’autres membres de cette commission, Zanchettin avait, entre autres,  bénéficié d’une nuitée à l’hôtel new-yorkais quatre étoiles de ce même Michael Rosenberg. Bref, un séjour d’une fin de semaine défrayée aux deux tiers par le JOCC et M. Rosenberg (voir les détails croustillants en cliquant ICI).
 
Si quelques rares personnes qui ont pris part à ce voyage ont écrit aux élus et aux autres membres siégeant à cette commission pour manifester leur inconfort à propos des largesses du lobby hassidique, M. Zanchettin s’était bien gardé de remettre en question les faveurs accordées.


Bien au contraire, M. Zanchettin a manifesté son intérêt pour entreprendre dans les mêmes conditions un deuxième séjour à New York, du 18 au 21 septembre 2007. Hélas pour lui, ce second périple a avorté après que j’eus dénoncé le scandale soulevé par le premier pèlerinage à New York.


Ce n'est pas tout. Lors qu’avec 40 citoyens, j'ai demandé la destitution de Michael Rosenberg du comité sur les relations intercommunautaires, Claudio Zanchettin (à l'instar de ses pairs) a refusé de se prononcer sur la conduite de son puissant et généreux collègue. 

Alléguant la présomption d'innocence pour Rosenberg, Claudio et les autres ne se sont cependant pas gênés pour faire mon procès, parlant d'une atteinte à la vie privée, de délation inacceptable et qualifiant même notre démarche d'«immorale» (voir le point 5, page 2 du procès-verbal).

Malheureusement pour eux, tous les tribunaux (Cour du Québec, Cour supérieure et Cour d'appel) m'ont donné raison sur toute la ligne.

Je m'en voudrais tout de même de terminer sans laisser une lueur d'espoir à mon nouvel ami Zanchettin. 

S'il trouve que les choses traînent à Outremont, il peut toujours se rabattre sur le Plateau Mont-Royal ou Rosemont. Là, les autorités de Projet Montréal marchent main dans la main avec les leaders hassidiques et entretiennent des rapports tout ce qu'il y a de plus harmonieux. À preuve, cette pub aperçue hier sur un abribus situé au coin de Christophe-Colomb et Beaubien. «Accueillons le Mashiach avec des actes de bonté et bienfaisance». 

En allant, sur moshiach.com, vous pourrez même faire un don à la secte ultraorthodoxe. Si c'est pas ça un acte de bonnes relations intercommunautaires, je sais pas ce que c'est!

«Accueillons le Mashiach»...sur Christophe-Colomb!

P.S.: Ne ratez pas la séance du conseil qui se tient ce soir, lundi, à 19h, au 530, avenue Davaar. C'est le dernier avant les vacances.

jeudi 3 juillet 2014

LE VISAGE DE LA MALTRAITANCE


Lorsque les médias ont étalé au grand jour la saga de la secte Lev Tahor de Sainte-Agathe, l’image des ultraorthodoxes en a encore pris un coup.

Plusieurs reportages dévastateurs nous ont montré des adolescentes parfois soumises à des mariages arrangés, des enfants négligés, généralement privés d’une éducation digne de ce nom et vivant dans des maisons pouvant être insalubres. Au point où les services de la protection de la jeunesse ont dû intervenir et décidé de retirer à certains parents la garde de leurs enfants. La saga a pris une tournure dramatique lorsque les membres de la secte, pris de panique, ont décidé de fuir le Québec en pleine nuit pour aller se réfugier en Ontario.

  
Dans le but probable de contrôler les dommages collatéraux, le rabbin orthodoxe
Le rabbin Reuben Poupko à l'émission The Fifth Estate
Reuben Poupko de Côte-Saint-Luc s’est montré en parfaite symbiose avec Frank Dimant, le leader de B'nai Brith Canada.

Comme Dimant, Poupko semble vouloir faire en sorte que la mauvaise réputation médiatique causée par la secte Lev Tahor ne vienne pas entacher celle des autres communautés ultraorthodoxes.


Pour saper la légitimité des Lev Tahor, le rabbin de Côte-Saint-Luc raconte (visionner le court extrait) que ce que vivent les adeptes de cette secte n'est pas authentiquement juif. «A cult is a very comforting bubble. All questions are answered, all decisions are handed over and you have this exhalted vision of your own destiny...»

Quelle coïncidence! Sa description des adeptes de la secte Lev Tahor se conjugue parfaitement avec le pouvoir des rebbe ultraorthodoxes que donne Lise Ravary à la page 62 de son bouquin Ma vie chez les juifs hassidiques: «Un rebbe... c’est ainsi qu’on appelle le dirigeant d’un groupe hassidique dont il est le maître absolu et incontesté. Il est traité comme un monarque par sa communauté, et ses disciples forment en quelque sorte sa cour. Les membres de la communauté le consultent pour toutes les décisions importantes de leur vie : mariage, emploi, investissement, etc.» Bref, c'est le gourou qui prend en charge ses sujets.

C’est intéressant d’entendre Poupko tenter de séparer le bon grain de l’ivraie. D’autant plus que le 10 mars dernier, j’ai reçu l’appel inattendu de Mendy Marcus, un jeune homme qui a réussi, non sans peine, à s’extirper de la mouvance hassidique.

Mendy Marcus en ma compagnie en mars 2014
 Nous nous sommes donné rendez-vous dans un café d’Outremont où Mendy m’a raconté à bâtons rompus la triste jeunesse qu’il a vécue non seulement chez les Lev Tahor de Sainte-Agathe, mais aussi chez les Tash de Boisbriand et les Satmar d’Outremont.

Né à Londres (GB), dans une famille ultraorthodoxe extrêmement religieuse, Mendy Marcus a suivi ses parents jusqu’à Monroe (NY) avec ses sept sœurs et quatre frères avant de se retrouver à Boisbriand à l’âge de six ans.

Victimes de la violence de leur père, Mendy et ses frères et sœurs ont été placés dans des familles d’accueil hassidiques. «J’ai passé quatre ans dans une école religieuse de Boisbriand. Je n’ai eu aucune éducation séculière. Je ne maîtrisais même pas bien l’anglais.»  

Mendy Marcus, un adolescent brimé
À 11 ans, sur la recommandation du travailleur social chargé de son cas, lui et un de ses frères sont remis aux «bons soins» de la secte Lev Tahor. Une expérience qu’il n’a pas particulièrement appréciée. (voir le court extrait vidéo). Pas plus, d’ailleurs, que les années qu’il a passées sous l’emprise de la secte Tash de Boisbriand où dans une école satmar de la rue Bates, à Outremont. «Les Satmar et les Tash, sont des sectes au même titre que les Lev Tahor, soutient Mendy. Ils nous forcent tous à croire sans nous permettre de penser.» Chez les Tash, par exemple, Mendy se rappelle que s’il avait le malheur de poser des questions à ses professeurs, on le frappait en lui reprochant de douter de Dieu. «C’est du lavage de cerveau à 100 %!»

Aujourd’hui, Mendy Marcus a renoncé à extirper son frère de la secte Lev Tahor. «Il est totalement fanatisé.» En revanche, il aimerait pouvoir venir en aide à ceux et celles qui souhaiteraient s’affranchir des sectes ultraorthodoxes. Il mijote d’écrire un livre sur cette triste réalité qui handicape des milliers de jeunes comme lui. 

Une chose est certaine. Ce n’est pas lui qui contredira la ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, qui a récemment assimilé la fréquentation de ces écoles illégales à de la maltraitance.

Pour joindre Mendy, vous pouvez lui écrire à: 
mendymarcus@gmail.com ou cliquer ICI


dimanche 22 juin 2014

LA CLAUSE OUTREMONT

Depuis quand un arrondissement se permet-il de dicter les conditions du déroulement d'une manifestation sur le territoire d'un autre arrondissement? Nous n'avions encore jamais vu ça, mais il semble que le Plateau ait décidé d'innover en matière de juridiction. 

Le 13 juin dernier, une chef de division de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal a accordé à la congrégation Toldos Yakov Yosef d'Outremont un permis lui permettant d'occuper l'espace public du Plateau... et d'Outremont!

Le 15 juin, grâce à ce permis, la procession hassidique a pu parader dans les rues du Mile End pour terminer sa course à la synagogue d'Outremont du 6019 Durocher, celle-là même qui avait été condamnée en décembre 2011 pour contrebande d'alcool.  

Le cortège, composé d'environ 600 personnes s'est mis en branle devant le 5583 Jeanne-Mance. Outre le pick-up Ford qui remorquait le système d'amplification et son chanteur, des fidèles tiraient un gros chapiteau à roulettes (environ 10 pieds par 10 pieds par 15 pieds de haut) protégeant la nouvelle torah destinée à la synagogue outremontaise.



Pour les besoins de la cause, les services policiers ont fermé les rues Jeanne-Mance, Saint-Viateur, l'avenue du Parc, les rues Hutchison et Bernard. 

Jusque-là, tout allait comme sur des roulettes. Mais à la hauteur de Lajoie, territoire outremontais, rien n'allait plus. Non seulement les autorités d'Outremont n'avaient pas été avisées de la fête qui se déroulait sur son territoire, mais le mandataire de la congrégation Toldos Yakov Yosef, a délibérément bafoué l'une des conditions du permis. Et qui était ce mandataire délinquant? Je vous le donne en mille! Nul autre que le lobbyiste ultraorthodoxe Mayer Feig, alias Matricule M-11


C'est un Mayer Feig heureux et sans l'ombre d'un remords qui fermait la marche dans son véhicule du service de sécurité Hatzoloh, en contravention du permis émis par le Plateau.

À défaut de l'obtention d'une autorisation des fonctionnaires d'Outremont, le permis du Plateau stipulait noir sur blanc (voir l'illustration ci-bas) que les célébrants n'étaient pas autorisés à occuper les rues de cet arrondissement. On demandait donc aux policiers de veiller à ce que les participants n'utilisent que les trottoirs de ces rues.

La «clause Outremont» édictée par les autorités du Plateau pour la manifestation du 15 juin 2014. .


La procession s'engouffre sur la rue Lajoie, contrevenant au permis délivré.
De toute évidence, même bien baraqué, le policier ci-contre s'est platement contenté d'un rôle de spectateur  de l'occupation illégale des rues d'Outremont.

Outre la rue Lajoie (jusqu'à Querbes), la rue Durocher a dû être fermée à toute circulation entre les rues Bernard et Van Horne. Au diable la réglementation! Au royaume d'Outremont, les religieux sont maîtres, n'est-ce pas?

Nous n'avons certainement pas de félicitations à faire aux fonctionnaires du Plateau. 



En feignant se préoccuper de la juridiction de leurs voisins d'Outremont, ils nous en ont passé une petite vite. Étant au courant que la procession comprenait un pick-up disco mobile et un chapiteau d'environ 1500 pieds cubes, ils savaient pertinemment que la procession ne pourrait se conformer à l'ordre de ne circuler que sur les trottoirs d'Outremont. Cette «clause Outremont» insérée dans le permis n'était rien d'autre qu'une farce grossière destinée à se disculper vis-à-vis l'arrondissement voisin tout en donnant l'absolution à Mayer Feig. Chapeau à Projet Montréal.