dimanche 26 juin 2016

LES DISCIPLES DE MOÏSE


Vous souvenez-vous de Faigy Mayer? Cette jeune new-yorkaise qui, cinq ans après avoir quitté la secte hassidique, s’est donné la mort en se jetant du haut d'un gratte-ciel. C’était le 20 juillet dernier. 


Je viens d'apprendre que sa sœur Sara s’est, à son tour, enlevé la vie. Dans son cas, elle avait été forcée de marier son cousin germain. Deux histoires d’horreur.



Faigy (à gauche) et Sara au début des années 1990. Elles se sont suicidées à quatre mois d'intervalle, en 2015.


Les cas de suicide chez les anciens hassidim ne sont (hélas!) pas rares. Une étude réalisée en Israël révèle que les anciens ultraorthodoxes sont trois fois plus nombreux à manifester des tendances suicidaires comparativement aux autres segments de la société.

Nos braves ténors hassidiques se font d'ailleurs un malin plaisir à déformer la réalité pour sauver la face. Ils répètent à qui mieux mieux que ceux qui défroquent sont souvent atteints de maladies mentales.


En avril 2012, sur la page Facebook fondée par la conseillère hassidique Mindy Pollak, le lobbyiste Mayer Feig avait eu un bref échange avec Deborah Feldman, une autre hassidim de New York qui avait fui la secte et raconté son histoire dans un livre-choc intitulé Unorthodox: the Scandalous Rejection of My Hasidic Roots.
À l’époque, Feig n’avait eu aucune gêne à prétendre qu’elle avait eu «une vie très troublée depuis l’enfance». 

Un bout de l'escarmouche entre le lobbyiste ultraorthodoxe et l'ex-hassidim, sur la page de Friends of Hutchison Street, en avril 2012
 
En mai 2014, c’est son vieux pote sectaire, Alex Werzberger, qui avait laissé tomber de façon ignoble que Yohanan Lowen, l’ancien hassidique de Boisbriand qui poursuit aujourd’hui le gouvernement Couillard pour déni d’éducation, avait un historique de troubles mentaux.

Toujours en 2014, l’émission The Fifth Estate nous apprenait (aller à 12 min 10 s), qu’avant d’autoriser Adam Brudzwesky à quitter la secte de Sainte-Agathe, les dirigeants des Lev Tahor avaient exigé qu’il signe un document dans lequel il devait reconnaître être atteint d'une grave maladie mentale. Quelle belle méthode pour préserver l’image d’unité et de force inébranlable du système théocratique!

Remarquez que si nous avions été formatés et soumis au même lavage de cerveau, à ce manque cruel d’éducation, à cette claustration schizophrénique et à ce chantage émotif perpétuel, nous aurions bien des chances, nous aussi, de devenir un peu zinzins la calotte. Et c’est sans parler du lot de traumatismes que laissent les agressions physiques, sexuelles et psychologiques caractéristiques à tous les univers conçus pour annihiler tout esprit critique et toute remise en question du dogme imposé. 

D'ailleurs, n'avons-nous pas eu, nous aussi, nos disciples de Moïse? Vous vous rappelez de Moïse Thériault, ce gourou qui avait entraîné les membres de sa secte au mont Éternel, en Gaspésie, pour échapper à  la fin du monde prévue pour février 1979?

Cet illuminé avait pratiqué une circoncision fatale sur un enfant de trois ans, sans parler des boucheries, des agressions sexuelles et des sévices psychologiques pratiqués sur ses ouailles. Je n'ai pas souvenir, cependant, qu'un rescapé de la secte se soit par la suite suicidé. Le fait que ses disciples n'ont été subjugués qu'à partir d'un âge adulte plutôt que depuis leur naissance pourrait-il y être pour quelque chose? Faudrait demander à des spécialistes!

Représentation naïve de Moïse Thériault dépeint entre deux bouleaux
 
Une chose est sûre, c'est que dans la mouvance hassidique, des gens s'activent pour empêcher que trop de sinistrés de l’intégrisme ne commettent l’irréparable. C'est le cas, par exemple, de Henny Kupferstein, une autre femme qui a défroqué d’une secte hassidique de New York.

 Maintenue captive pendant 30 ans dans cette trappe fondamentaliste, Henny a décidé de placer sur YouTube une vidéo sur ce qu’elle a traversé. Elle en profite même pour lancer une pétition en ligne destinée à sensibiliser le monde aux troubles de stress post-traumatiques auxquels doivent faire face les ex-hassidim.


Henny Kupferstein au moment de son mariage forcé, durant sa vie de forçat et après sa libération.

Henny Kupferstein souhaiterait que Bill Gates, le milliardaire philanthrope, finance la mise en place d’un accès gratuit à un réseau Internet Wi-Fi à Brooklyn qui aiderait à contrer l'épidémie de suicides hassidiques.

Pendant que la survivante du goulag intégriste se bat pour que la prochaine génération ait accès à une éducation gratuite et publique un droit fondamental, après tout , que se passe-t-il au Québec?

Le gouvernement Couillard continue de saupoudrer les subventions aux écoles privées illégales. Pire. Il fait des ronds de jambe aux dirigeants hassidiques qui cherchent de toutes leurs forces à garder leurs ouailles captives, à leur rogner les ailes et à les dominer psychologiquement.

Pouvez-vous croire qu'à son tour, le ministre Sébastien Proulx se dit aux anges avec l’idée de laisser les parents veiller à soutenir leurs enfants dans l’apprentissage du français, des mathématiques et des matières profanes? Ces pauvres parents qui n’ont eux-mêmes eu droit qu’à du bourrage de crâne sectaire durant toute leur vie. 

En passant, n'avez-vous pas la fâcheuse impression que ce système d'études à temps perdu est en train de transformer en une magnifique échappatoire à la loi 101? Tous ces parents yiddishophones qui n'ont pas été éduqués en anglais bénéficieront-ils d'un gigantesque accommodement «raisonnable» pour leurs enfants qui se verront directement expédiés du côté de l'école anglaise? Ça ne semble vraiment pas kosher, cette affaire-là. 

Quoi qu'il en soit, plusieurs autres choses étonnent. 

En dépit des inquiétudes soulevées par la protectrice du citoyen à propos des suivis « disparates », voire « inadéquats » des apprentissages à la maison et malgré le fait qu'il ait fallu recourir aux forces policières pour pénétrer dans l’école religieuse, la DPJ s’est contentée de passer une toute petite heure pour évaluer si la sécurité et le développement de 70 enfants sont compromis.

Interviewée par Le Devoir, la directrice de la Protection de la jeunesse, Assunta Gallo, a donné la désagréable impression que la DPJ était pressée de clore le dossier. La veille de la Saint-Jean Baptiste, Mme Gallo envisageait même l’éventualité de remettre le couvercle sur la marmite d’ici la fin du mois, c'est-à-dire dans… une semaine. Ça a l'air d'une méchante évaluation psychosociale, ça, les amis!

Je ne sais pas pour vous, mais moi, le simple fait qu’un directeur d’école clandestine me refusait un accès légitime à des enfants dont j’aurais le mandat de veiller au bien-être me troublerait passablement.

Je serais plus suspicieux encore en réalisant que le directeur de l’école avait éhontément menti aux médias en affirmant qu’il avait toujours collaboré avec la DPJ, ce que cette dernière a formellement démenti.

Ce serait le bouquet si, de surcroît, je savais que ce fameux directeur avait déjà été un fugitif recherché par le FBI, puis déporté vers les États-Unis et condamné à de la prison ferme pour sa participation dans une série de fraudes de plusieurs millions de dollars. Me semble que le lien de confiance commencerait à s’effilocher!

mercredi 15 juin 2016

LA DÉCRÉPITUDE ANNONCÉE



Sur le Plateau, au cas où vous ne le sauriez pas, on est à cheval sur la propreté, l’écologie et le patrimoine bâti. Là-bas, on prône la qualité de vie, avec un grand Q!

Comment oublier le conseiller Alex Norris qui avait pété un plomb contre un franchisé de A&W. Le pauvre avait eu le malheur de placer une pellicule orange pour couvrir ses vitrines pendant les rénovations. 

Norris avait aussi voulu s’en prendre aux panneaux publicitaires juchés sur les toits, mais finalement, le Plateaupithèque élu s’était plutôt contenté de réduire la pollution visuelle en «nettoyant» illégalement la vitrine d’un commerçant de pianos durant la nuit.

Ils n’y vont vraiment pas de main morte. Le 20 mai dernier, par exemple, un citoyen est tombé sur une affichette en carton mousse qui faisait le pied de grue près du coin Saint-Hubert et Rachel. Le message en forme de flèche était cinglant à souhait. Il pointait les sacs de poubelles qu’un résident avait déposés sur le trottoir en dehors des heures réglementaires.


Comme si le résident fautif et les élus avaient élevé les cochons ensemble, l’affiche marquée du logo de Montréal utilisait le tutoiement : «TES VIDANGES ME DÉRANGENT». C’est vrai que pour remettre à sa place un résident malpropre, les gants blancs sont probablement contre-indiqués. Mais, à bien y repenser, si ça donne l'effet escompté, pourquoi pas?

Le message choc au coin de Saint-Hubert et Rachel avec, en fins caractères, le slogan «La propreté, une question de fierté»

C'est dommage, toutefois, que Projet Montréal qui a pourtant fait élire une conseillère dans Outremont et qui convoite l'ensemble de l'arrondissement n'ait pas inculqué à Mindy Pollak les valeurs écologiques et urbanistiques qui sont apparemment si chères au parti. Pollak ne semble éprouver aucune sensibilité à l'égard du patrimoine bâti de son district.

Quatre cocottes de pin sur le rebord d'une fenêtre, voilà qui semble satisfaire Mindy Pollak en matière de patrimoine bâti.

Il suffit d'arpenter certaines rues résidentielles du district (on ne parle même pas des ruelles!) pour constater la décrépitude de plusieurs propriétés et la négligence crasse dont font preuve certains propriétaires. 

Nous ne sommes pas les seuls à l'avoir observé. Même Chabad Mile-End, la très agissante organisation hassidique qui remue ciel et terre depuis son quartier général de l'avenue du Parc, concède que plusieurs maisons cossues d'Outremont tombent en ruines (crumbling townhouses). 


Ce que l'organisation ultraorthodoxe se garde bien de dire, c'est qu'un grand nombre de ces résidences déglinguées et terriblement négligées appartiennent (ou sont habitées) par des membres de la communauté hassidique.

Comment est-il Dieu possible que les propriétaires de ces demeures à l'architecture exceptionnelle ne semblent entretenir le moindre intérêt pour ces joyaux du siècle dernier qui constituent pourtant leur propre patrimoine? Il y a là vraiment de quoi se morfondre. Si tout ce beau monde n'a aucune fierté, peut-être pourrait-il, comme l'a déjà dit Alex Norris, se montrer «plus respectueux de ses [con]citoyens et de notre architecture patrimoniale»?


Remarquez que du côté d'Outremont, le Service de l'aménagement urbain et du patrimoine ne peut pas davantage se péter les bretelles. En juin 2015, l'arrondissement publiait un document encensoir dans lequel on soutenait que la mission du service d'aménagement était d'assurer l'intégrité des bâtiments!



  
Pensez donc! Faudra-t-il les amener en les tirant par les oreilles pour qu'ils découvrent que la déliquescence du parc immobilier de certaines zones de l'arrondissement compromet depuis longtemps «l'intégrité du quartier»?

Peut-être devrait-on suggérer aux responsables du dossier patrimonial de s'inspirer de la méthode stigmatisante utilisée par le Plateau pour venir à bout du problème des ordures sur la voie publique? Imaginez l'effet bœuf que cela pourrait avoir sur les traineux et les procrastinateurs de première.


Ce balcon du 2e étage de l'avenue de L'Épée est pourri depuis des années. Les inspecteurs attendent qu'il tombe avant de réagir



À côté de cet immeuble de l'avenue Durocher, des ruines grecques sembleraient saines. La façade est une honte et la brique de la cour arrière n'attend plus que ses occupants passent pour les aplatir. 

Parions que les propriétaires de ces deux immeubles de la rue Hutchison attendent que ces colonnes du siècle dernier s'effondrent pour les remplacer par du plastique et de l'aluminium. Le Service de l'aménagement urbain d'Outremont peut bien faire des sparages avec son souci de l'intégrité patrimoniale et du quartier!


 
Avec une façade repoussante comme celle-ci, sur Durocher, à quoi bon avoir une caméra de surveillance?


Une autre grande maison unifamiliale dont l'ancienne galerie fout le camp sur l'avenue de L'Épée.
 
On ne viendra pas nous dire que c'est en raison de coûts de rénovation prohibitifs que les propriétaires de cet immeuble de l'avenue Durocher laissent pendre des lambeaux de tapis en façade. On se croirait à Détroit! Quant à son voisin, elle est où la «préservation de l'harmonie du quartier» avec ces colonnes et ces balcons défigurés à jamais?
 
  
Encore une abomination sur l'avenue Durocher! Non seulement tout s'en va à vau-l'eau, mais la vieille balustrade semble avoir été conçue avec des  bouts de bois réchappé d'une clôture de piscine hors-terre de banlieue. Peut-on impunément utiliser du bois grossièrement traité en façade de nos résidences pour remplacer les belles galeries qui faisaient l'orgueil d'Outremont?


Ragoûtant, n'est-ce pas? Ça donne envie de s'asseoir sur ce balcon de la rue Hutchison et de profiter de la vie et de la vue.
   
Bien sûr, personne n'exige que votre petit nid d'amour soit un modèle de maison en pain d'épices digne d'un musée ou des couvertures de magazines d'architecture ou de design, mais entre celles-ci et les horreurs que vous avez été forcés de voir plus haut, il doit bien y avoir un juste milieu, non?

Pour terminer, deux choses. 

À moins que tout ce beau monde soit sur l’assistance sociale ou sans emplois (ce que les ultraorthodoxes nient avec véhémence lorsqu'on avance qu'une bonne proportion des hommes de ces communautés sectaires passent le plus clair de leur temps à prier), comment expliquer tant de laisser-aller, d'abandon et de négligence? 

Des locataires, forcés de quitter le triplex qu'ils occupaient sur la rue Hutchison à la suite de la vente de la propriété à un rabbin hassidique, ont peut-être mis le doigt sur un début d'explication.

Le rabbin en question qui, selon ces locataires, aurait acheté l'immeuble en versant 960 000 $ comptants (!) n'y a pas élu domicile. Il y aurait plutôt installé trois familles de sa communauté. Trois familles nombreuses qui n'auraient vraisemblablement jamais eu elles-mêmes les moyens de s'offrir un tel immeuble et qui, trop heureuses d'avoir un toit, ont probablement accepté d'y vivre sans exiger de leur bienfaiteur qu'il entreprenne des rénovations pourtant plus que nécessaire. Avec les conséquences que nous constatons tous les jours.

Par ailleurs, depuis des années, des gens qui s'offusquent d'entendre des citoyens dénoncer la malpropreté et le délabrement de leur entourage ont eu tendance à vouloir leur chercher des poux. Certains journalistes, même, ont tenté de débusquer des riverains qui seraient «frustrés de voir leur gros investissement immobilier d'Outremont fondre comme neige à cause d'encombrants voisins juifs». 

Même s'il est clair que la source du mécontentement ambiant n'a pas été déclenchée par de «bas intérêts financiers», qu'y aurait-il de si épouvantable si, d'aventure, cela devait être une raison supplémentaire pour expliquer la grogne? 

Est-ce une maladie honteuse que de craindre pour la valeur de sa propriété? A-t-on vilipendé les résidents des abords de l'ancienne carrière Miron lorsqu'ils se sont objectés au projet d'usine de compostage au futur parc Saint-Michel? N'avaient-ils pas le droit tout légitime de craindre pour leur petit bas de laine sans se faire traiter de vulgaires pingres matérialistes? Blâme-t-on les résidents qui s'opposent à ce que qu'une éolienne, un puits de gaz de schiste ou un pipeline s'installent dans leur cour? C'est quoi ces reproches de vieux judéo-chrétiens?

Vous avez vu à quoi ressemblent certaines maisons du quartier et la dégradation qui gagne du terrain. Vous accepteriez cela de bonne grâce, vous? Vraiment? Que ceux qui seraient prêts à acheter à proximité de ces taudis lèvent la main. On va leur trouver des citoyens prêts à leur vendre demain matin.

vendredi 3 juin 2016

DE LA COUCHE AU LINCEUL



À deux jours d’intervalle, la réalité des carences éducatives de centaines d’enfants et d’adolescents hassidiques (autant filles que garçons) frappe encore et toujours notre imaginaire sous la forme de reportages radio et télévisés et d’articles publiés dans tous les grands médias du Québec et du Canada.


Des adolescents de l'école illégale évacuent les lieux, leurs étuis à tephillins sous le bras. Photo: Maxime Deland/Agence QMI

Cela a beau faire plus de dix ans que le phénomène est connu et dénoncé, plus ça va, moins ça change. Chaque fois, le ministre de l’Éducation du moment se donne des airs de pit-bull pour les caméras de télé. Mais une fois le clip terminé et les projecteurs éteints, les Jean-Marc Fournier, Michelle Courchesne, Marie Malavoy, Yves Bolduc, François Blais et maintenant Sébastien Proulx font ce qu’ils ont toujours fait : nada! Tous ont prouvé qu’ils sont des pit-bulls avec un dentier sans Polygrip. Si vous préférez les histoires de minous, disons que nous élisons des chats dégriffés, voire carrément castrés. (Écouter l'entrevue que j'ai accordée à Benoît Dutrizac, hier après-midi. Elle est précédée d'un extrait du ministre Proulx.)

Interviewé sur les ondes de Radio-Canada, le ministre Proulx se dit ravi que la communauté juive «tente de se conformer à la loi» et émet son vœu pieux du jour : «Mon souhait, c'est qu'on s'assure que si ces jeunes filles-là sont scolarisées avec la commission scolaire à la maison, que ce soit une vraie scolarisation… ».


N’attachez pas vos kippas avec de la broche, les boys, ça ne risque pas de brasser trop trop dans vos écoles religieuses. Déjà qu’il y a plus d’un an, le prédécesseur de Sébastien Proulx avait juré un «suivi approprié dans les meilleurs délais». Nous apprenions pourtant hier matin dans Le Devoir que le ministère n’était même pas capable d’expliquer quel suivi a été fait dans ce dossier au cours de la dernière année.
 
Ce que l’on sait, en revanche, c’est que contrairement à ce que les libéraux avaient annoncé en 2009, non seulement le gouvernement n’a pas tiré la «plug» sur les subventions accordées aux écoles illégales, mais il les a augmentées! Petits et grands rabbins de nos sectes locales pouffent de rire.

Même Mindy Pollak, la conseillère hassidique de Projet Montréal dans Outremont, doit se taper les cuisses. Elle appartient aux Vizhnitz, cette secte dont l’école clandestine située au coin de Parc et Beaubien a été investie avant-hier par la DPJ avec le soutien tactique et logistique des forces de l’ordre.

Policiers faisant le guet autour de l'école clandestine, mercredi matin. N'ajustez pas votre appareil. Vous lisez bien Gaza mon amour sur l'affichette collée sur le lampadaire. Comme quoi, il ne faut jamais perdre espoir. Photo: Maxime Deland/Agence QMI

Les gens qui ne savaient pas ce qui s’y passait ont peut-être cru au démantèlement d’une serre hydroponique dans un bunker des Hell’s Angels. Ils se trompaient. Il s’agissait plutôt d’une serre idéologique où l’on administre des surdoses d’opiacés confessionnels pour engourdir les petits cerveaux des enfants ultraorthodoxes (visionner le reportage de TVA).

La conseillère Pollak semble n’éprouver aucun malaise à voir ces milliers d’enfants (60 ans d’écoles illégales multipliés par des centaines d’enfants par années!) se faire lessiver le ciboulot du matin au soir, sept jours par semaine et au détriment d’un enseignement des matières dites «profanes» qui leur permettraient de devenir maîtres de leur destinée et en mesure de contribuer pleinement à la société qui les a accueillis si généreusement. 



Le 29 mai 2016: M. Abraham Ekstein, «Star» du jour de la page Facebook Friends of Hutchison Street fondée par la conseillère Pollak de Projet Montréal.

Au contraire, dans la page Facebook qu’elle a cofondée en 2011 pour diffuser la propagande des dirigeants hassidiques, Mindy Pollak est allée jusqu’à consacrer «Star du jour» un représentant hassidique qui aurait ses enfants non pas dans une, mais bien dans deux écoles illégales différentes! Et elle ose parler de «sévère atteinte aux droits et libertés fondamentaux» à propos du règlement qui limite l'établissement de nouveaux lieux de cultes sur les avenues commerciales Laurier et Bernard alors qu'elle donne son assentiment à cette pratique qui consiste à maintenir les membres de ces sectes immergés dans une saumure de dévotion ostentatoire depuis la couche jusqu’au linceul. Faudra qu'on m'explique.

Pour sa part, Alex Werzberger, un des membres du triumvirat qui m’a poursuivi abusivement pendant des années, trouve que l’arrivée de la DPJ dans cette école clandestine n’est pas… démocratique! Tiens donc! Il prétend même que cela aurait traumatisé les enfants. 


Chouette! La police. Il faut voir les photos prises des enfants tout excités par l'activité inhabituelle pour comprendre que les traumatisés ne sont pas nécessairement ceux que l'on pense. Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Dans un des reportages présentés ces derniers jours, on a donné la parole à un homme qui aurait un rôle à jouer dans cette école. Lui, nous concevons qu’il puisse avoir été choqué de voir les forces de l’ordre débarquer et encercler l’établissement. Il faut dire qu’au début des années 2000, il a vécu une expérience personnelle particulièrement traumatisante. Le pauvre homme avait été déporté manu militari vers les États-Unis où il a été condamné à la prison pour une fraude de plusieurs millions de dollars.

Mais si vous voulez vous faire expliquer ce que c’est qu’une expérience vraiment traumatisante, parlez plutôt à M. Yohanan Lowen, cet ex-membre de la secte hassidique de Boisbriand qui poursuit le gouvernement du Québec dont l’inaction crasse l’a condamné à être privé d'une éducation digne de ce nom. C’est ni plus ni moins un cas de non-assistance à personne en danger. Il s’agit en fait d’une forme de pure maltraitance. Visionner l'entrevue que M. Lowen a accordée à Vice, le 31 mai dernier


 

Selon Yohanan, si trop peu de gens désertent la secte, c'est qu'ils ont peur d'être coupés de leurs familles et privés de leurs enfants. Pour ne rien arranger, en raison de leurs incroyables lacunes éducationnelles et de l'isolement qui leur a été imposé depuis leur naissance, les candidats à la défroque sont conscients qu'en quittant leur milieu, ils se retrouveront  perdus dans ce monde qui leur est totalement étranger. Et ce sont les dirigeants hassidiques qui vont nous faire la leçon sur ce que sont les droits fondamentaux? Ils ont vraiment du front tout le tour du schtreimel!

Voici l'allure extérieure de l'école clandestine. Alors que les vitrines de la façade sont tapissées de matériaux hétéroclites grossièrement collés à la colle uréthane,  la cour arrière, délâbrée, vient d'être munie d'un espèce d'enclos (flèche rouge) destiné à parquer les enfants. La qualité de vie à son meilleur!


Pour terminer sur une note plus joyeuse, deux petites devinettes.


Selon le rôle d'évaluation de la ville de Montréal, savez-vous quel est l'utilisation prédominante de l'immeuble abritant l'école clandestine? «Entreposage de tout genre». Ça ne s'invente pas!

Sauriez-vous nous dire où est enregistrée l’entreprise qui est propriétaire du même immeuble? Au siège social du Groupe Rosdev, la multinationale milliardaire de ce bon vieux  Michael Rosenberg qui m’a poursuivi devant les tribunaux pendant 7 ans et demi pour tenter, en vain, de me faire taire. Le monde est vraiment petit, vous ne trouvez pas?

samedi 28 mai 2016

LES «DEALERS» DE L'OMBRE



Il y a quelques temps, Amy Fish, une femme qui oeuvrait au Jewish Eldercare de Côte-des-Neiges, publiait The Art of Complaining Effectively, un bouquin qui explique comment s’y prendre pour être entendu, comment obtenir le remboursement qui nous est dû ou le job que l’on veut. Foi d’Amazon, la recette permettrait même de se faire offrir
la salade la plus fraîche en ville pour garnir notre sous-marin à la dinde !


Mardi soir dernier, il est clair que les ténors de la communauté hassidique n’avaient jamais entendu parler de ce bouquin. Certains diront que ces hommes en noir n’avaient pas besoin de se farcir cette plaquette puisqu’ils ont mille fois fait la preuve qu'ils ont ça dans le sang.

Alors que tous les citoyens d’Outremont étaient conviés à une assemblée de consultation publique sur le projet de règlement qui envisage d'interdire l’ouverture de nouveaux lieux de culte sur les artères commerciales Bernard et Laurier, près d’une soixantaine d’ultraorthodoxes a brusquement quitté la salle. 


«Quand je lève mon sabre, on fout le camp!»
   
Dès que Michael Rosenberg, le grand vizir de la communauté hassidique, s’est levé, toute sa cour s’est élancée vers la sortie. 

Le coup d’éclat était manifestement prémédité puisque certains d’entre eux ont déroulé, comme un rouleau de prière, des affiches sur lesquelles était écrit (en français, s’il vous plaît!) «consultation bidon».

Max Lieberman, ce lobbyiste pur et dur de la secte satmar, était tout fier de brandir à nouveau son statut d'éternelle victime au beau milieu de l'assemblée de consultation publique.

Bidon, la consultation? Vraiment? Je vais leur rafraîchir la mémoire à tous ces bons hommes qui déchirent leurs châles de prière et crient à l’antisémitisme. Se souviennent-ils seulement de cette soirée de consultation publique qui s’était tenue pratiquement en secret dans l’arrondissement du Plateau, le 7 juillet 2008?

C’était un beau lundi d’été, en plein à l’heure du souper. Nous étions au zénith de la période des vacances estivales. Dans la salle pratiquement déserte de l'immeuble de la Fraternité des policiers, Madame Marlène Schwartz, conseillère en aménagement et responsable du dossier, y présentait un projet d'agrandissement d’une synagogue que les dirigeants de la communauté ultraorthodoxe Bobov tenaient mordicus à réaliser en douce sur la rue Hutchison.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Imaginez. J’étais le seul citoyen présent à cette soirée de consultation. Et encore. Je dois une fière chandelle à ce journaliste particulièrement bien renseigné qui m’a refilé l’information ultra-secrète une heure avant trop tard. N’eût été ce «délateur» épris de démocratie participative et de transparence, le lobbyiste Mayer Feig et sa clique se seraient fait offrir sous le manteau l’agrandissement de leur synagogue à la barbe et au détriment de tous les citoyens d’Outremont et du Plateau.


Ça, aux yeux des gros bonnets hassidiques, c’est de la consultation publique comme ils l’aiment. Un bon gros «deal» derrière des portes closes et insonorisées où nos amis à rouflaquettes peuvent négocier, la redingote déboutonnée, avec des élus à genoux.

C’est d’ailleurs ce que Abraham Ekstein déplore dans Le Devoir. Il estime que les chances de trouver une solution seraient meilleures si la mairesse Cinq-Mars acceptait une rencontre privée avec des représentants de sa communauté. Pour lui et ses coreligionnaires, gros lobby égal gros bon sens. Et on peut aisément le comprendre. Les élus de tous bords, tous côtés en bavent d'intérêt. Un passe-droit contre un vote en bloc! Dur dur à refuser, hein les gars (et les filles)!

 
Abraham Ekstein, membre de la secte satmar dont les enfants fréquenteraient  l’école illégale de la rue Casgrain.

Contrairement à ces manigances illégitimes et scandaleuses auxquelles on nous avait habitués, la consultation de mardi dernier était plus que nickel. 


Bien sûr que les élues avaient adopté une position claire, sinon il n’y aurait jamais eu le dépôt d’un projet de modification du règlement, c’t’affaire! Mais tous les citoyens étaient sollicités pour exprimer ce qu’ils en pensaient. Tous pouvaient espérer exercer suffisamment de pression pour faire infléchir les édiles dans un sens ou dans l’autre. Alors, à partir du moment où les porte-voix de la communauté hassidique décident de se bâillonner eux-mêmes et de s’auto-exclure, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux même. 

En passant, rappelons un truc à M. Ekstein qui s'indignait, en mars dernier, que le terrain de la zone C-6 (avenue Durocher, au nord de Van Horne) destiné à accueillir de nouveaux lieux de culte ait dû être temporairement retiré pour des raisons techniques. 

Qu’il aille donc manifester sa grogne au bureau de sa conseillère Mindy Pollak. C’est elle et elle seule qui a voté contre l’ajout de cet emplacement de la zone C-6 qui aurait permis à de nouveaux lieux de culte de s’y établir. Visionnez mon intervention à l'assemblée du conseil du 7 mars 2016 où je déplore le vote contre nature de la conseillère Pollak. 

Mardi soir dernier, on sentait bien que quelque chose d’anormal se tramait. Contrairement à la première soirée de consultation qui s’était tenue sur cette même question, le 1er décembre 2015, les ultraorthodoxes ne se sont pas rués à la table d’enregistrement pour monopoliser le temps de parole de la soirée. 

Même les habituels défenseurs des minorités «opprimées» qui s'étaient manifestés le 1er décembre 2015 sont restés dans leur tanière, mardi dernier. C'est vrai que depuis qu'on a démontré que leurs fameux «entrepôts» se transformeront en un magnifique campus universitaire, ça leur a un peu coupé le sifflet.

De plus, tout indique que Projet Montréal a été complice de la rebuffade antidémocratique que se préparaient à faire les leaders théocrates.

Étrangement, aucune figure de Projet Montréal du Plateau ne s’est montré le bout du nez. La pauvre Mindy Pollak a dû se contenter de papa-maman qui (de peur qu’elle s’enfarge?) la tiennent par la main depuis qu’elle a appris à marcher.


Projet Montréal: Tomlinson, Gosselin et Sanger, présents tous les trois lors de la 1ere soirée de consultation publique, ne se sont pas montré la fraise lors de la séance de mardi dernier.

Philipe Tomlinson, le coordonnateur de l’association locale de Projet Montréal dans Outremont et qui conseillait la néophyte Pollak depuis son élection de 2013, semble être disparu dans la brume. Christine Gosselin, la conseillère du district Jeanne-Mance, brillait, elle aussi, par son absence. Même Daniel Sanger, le sulfureux conseiller politique de Projet Montréal ne s’est pas montré la face pour sentir et analyser le pouls et l’ambiance de la soirée.

Pire. La veille de la consultation publique, la conseillère Gosselin a endossé et propagé la chronique fallacieuse de la page Facebook des Friends of Hutchison Street (fondée par sa consoeur ultraorthodoxe Mindy Pollak!) intitulée Une approche sectaire contre les lieux de culte à Outremont.

Se servant d’une vidéo prise illégalement lors de la première soirée de consultation publique de décembre 2015, la bande à Pollak dénigre le processus démocratique. Christine Gosselin en a profité pour «bitcher» sur un ancien journaliste en le ridiculisant en ces termes :

« Quand on pense à la “vie de quartier” à Outremont, est-ce qu'on s'imagine les anciens journalistes dans leurs jardins ou les centaines d'enfants sur leurs tricycles sur le trottoir, le va-et-vient des voisins, l'agitation du vendredi soir? Quand on pense à l'avenir, est-ce qu'on doit penser à une communauté en phase de croissance exponentielle ou bien à la jouissance d'une retraite dorée dans des conditions définies par une vision décidément isolationniste de la société idéale? Selon vous? »


Baveuse à souhait, Gosselin se prend pour Miss Chavez! Elle postillonne sur les «vieux» qui ont eu une vie professionnelle exemplaire et bien remplie? Elle leur reproche d’avoir économisé tout au long de leur vie? De pouvoir en jouir sans devoir vivre aux crochets de la société? Un coup parti, pourquoi ne milite-t-elle pas pour l’euthanasie obligatoire des retraités, cette racaille nauséabonde et plissée qui n’est même plus foutue d’engendrer des gosses à la douzaine pour remplir les écoles illégales?


En crachant au visage de M. Larin, Gosselin me lance  une crotte par la bande (bien que je ne sois pas à la retraite). Sans le savoir, elle gifle un tas d'autres personnes, y compris ma propre mère, elle aussi une ancienne journaliste vivant, oh horreur!, de son pécule. Pour remettre «Mignonne» à sa place, elle pourrait citer Ronsard et rappeler à la conseillère (au cas où elle ne s’en serait pas encore aperçu) qu’elle a, hélas!, déjà perdu «les plis de sa robe pourprée» et que sa propre date de péremption approche. À l’éculé «Time flies», ma vieille mère préfère dire: «Le temps fait mouche!»

Christine Gosselin ne se limite pas à son mépris de ceux qui la précèdent de peu. Elle a le culot de renverser les rôles et de décréter que, dorénavant, les isolationnistes ne sont plus les religieux sectaires qui sont forcés d’aller trouver l’âme sœur à New York pour conjurer la consanguinité, mais les citoyens pleinement intégrés à la société.


C’est ça, sa «société idéale»? Honte aux citoyens qui privilégient le darwinisme au créationnisme, l’éducation supérieure au lavage de cerveau, l’épanouissement de soi au flétrissement de l’esprit critique, la modernité aux pratiques moyenâgeuses? On veut bien croire que dans son pedigree, la conseillère de Projet Montréal nous rappelle qu’elle a fait des études médiévales, mais il y a des saintes limites! Christine, ton jupon dépasse! Pis pas à peu près.

Plutôt que de raconter des énormités, on préférerait nettement que Gosselin s'en tienne à ses masques du Carnaval de Venise ou à ses préoccupations sur Facebook du sort des rainettes faux-grillon, de Private Minette ou des becs-cie.

Comme si ça ne suffisait pas, la porte-parole de Projet Montréal en matière de salubrité et propreté rajoute un préjugé infamant et salissant à l’égard d’un grand nombre des citoyens qui l’ont tout de même élue:

«Il y a quelqu'un qui m'a fait remarqué (sic) l'autre jour qu'au Québec, on ne sait pas gérer la croissance de quoi que ce soit. Quand quelque chose devient gros, on prend peur, on ferme et on barre la porte derrière nous.»

Entre vous et moi, maintenant qu’elle ne se gêne plus pour dénigrer le Québec, Gosselin a tout ce qu’il faut pour se lancer en politique fédérale.

Allez savoir, maintenant ce que feront Mindy Pollak et sa suite (Friends of Hutchison Street) de la nouvelle vidéo qu'ils ont tournée lors de cette dernière soirée de consultation. 

Se la jouant comme les dirigeants hassidiques, deux hommes se sont non seulement moqué de l'interdiction formelle faite aux journalistes non accrédités de filmer la soirée, mais l'un d'eux s'est faussement prétendu journaliste et a utilisé une carte remise à n'importe quel quidam qui suit un cours de photographie par correspondance auprès du New York Institute of Photography.
 
Avec la complicité de Christian Aubry (à droite), résident de la rue Hutchison, Yanky Pollak, un hassidim qui s'est récemment coupé les couettes, a trompé les services d'ordre et les responsables des communications de l'hôtel de ville d'Outremont en exhibant une fausse carte de journaliste.
Reconstitution de la carte de presse bidon utilisée par M. Pollak

Quant à Christian Aubry qui tire parti de ces vidéos tournées en toute illégitimité, voici, selon le générique du repiquage qu'il a mis en ligne, les clients (ou commanditaires) de son œuvre! Chapeau, Aubry! À moins qu'il faille désormais dire Kippa!