samedi 28 mai 2016

LES «DEALERS» DE L'OMBRE



Il y a quelques temps, Amy Fish, une femme qui oeuvrait au Jewish Eldercare de Côte-des-Neiges, publiait The Art of Complaining Effectively, un bouquin qui explique comment s’y prendre pour être entendu, comment obtenir le remboursement qui nous est dû ou le job que l’on veut. Foi d’Amazon, la recette permettrait même de se faire offrir
la salade la plus fraîche en ville pour garnir notre sous-marin à la dinde !


Mardi soir dernier, il est clair que les ténors de la communauté hassidique n’avaient jamais entendu parler de ce bouquin. Certains diront que ces hommes en noir n’avaient pas besoin de se farcir cette plaquette puisqu’ils ont mille fois fait la preuve qu'ils ont ça dans le sang.

Alors que tous les citoyens d’Outremont étaient conviés à une assemblée de consultation publique sur le projet de règlement qui envisage d'interdire l’ouverture de nouveaux lieux de culte sur les artères commerciales Bernard et Laurier, près d’une soixantaine d’ultraorthodoxes a brusquement quitté la salle. 


«Quand je lève mon sabre, on fout le camp!»
   
Dès que Michael Rosenberg, le grand vizir de la communauté hassidique, s’est levé, toute sa cour s’est élancée vers la sortie. 

Le coup d’éclat était manifestement prémédité puisque certains d’entre eux ont déroulé, comme un rouleau de prière, des affiches sur lesquelles était écrit (en français, s’il vous plaît!) «consultation bidon».

Voici les derniers de la soixantaine de hassidim qui quittent la salle en se bidonnant. 
Crédit photo: Isabelle Bergeron/TC Media 

Bidon, la consultation? Vraiment? Je vais leur rafraîchir la mémoire à tous ces bons hommes qui crient au scandale et à l’antisémitisme. Se souviennent-ils seulement de cette soirée de consultation publique qui s’était tenue pratiquement en secret dans l’arrondissement de Plateau, le 7 juillet 2008?

C’était un beau lundi d’été, en plein à l’heure du souper. Nous étions au zénith de la période des vacances estivales. Dans la salle pratiquement déserte de l'immeuble de la Fraternité des policiers, Madame Marlène Schwartz, conseillère en aménagement et responsable du dossier, y présentait un projet d'agrandissement d’une synagogue que les dirigeants de la communauté ultraorthodoxe Bobov tenaient mordicus à réaliser en douce sur la rue Hutchison.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Imaginez. J’étais le seul citoyen présent à cette soirée de consultation. Et encore. Je dois une fière chandelle à ce journaliste particulièrement bien informé qui m’a refilé l’information ultra-secrète une heure avant trop tard. N’eût été ce «délateur» épris de démocratie participative et de transparence, le lobbyiste Mayer Feig et sa clique se seraient fait offrir sous le manteau l’agrandissement de leur synagogue à la barbe et au détriment de tous les citoyens d’Outremont et du Plateau.


Ça, aux yeux des gros bonnets hassidiques, c’est de la consultation publique comme ils l’aiment. Un bon gros «deal» derrière des portes closes et insonorisées où nos amis à rouflaquettes peuvent négocier, la redingote déboutonnée, avec des élus à genoux.

C’est d’ailleurs ce que Abraham Ekstein déplore dans Le Devoir. Il estime que les chances de trouver une solution seraient meilleures si la mairesse Cinq-Mars acceptait une rencontre privée avec des représentants de sa communauté. Pour lui et ses coreligionnaires, gros lobby égal gros bon sens. Et on peut aisément le comprendre. Les élus de tous bords, tous côtés en bavent d'intérêt. Un passe-droit contre un vote en bloc! Dur dur à refuser, hein les gars (et les filles)!

 
Abraham Ekstein, membre de la secte satmar dont les enfants fréquenteraient  l’école illégale de la rue Casgrain.

Contrairement à ces manigances illégitimes et scandaleuses auxquelles on nous avait habitués, la consultation de mardi dernier était plus que nickel. 


Bien sûr que les élues avaient adopté une position claire, sinon il n’y aurait jamais eu le dépôt d’un projet de modification du règlement, c’t’affaire! Mais tous les citoyens étaient sollicités pour exprimer ce qu’ils en pensaient. Tous pouvaient espérer exercer suffisamment de pression pour faire infléchir les édiles dans un sens ou dans l’autre. Alors, à partir du moment où les porte-voix de la communauté hassidique décident de se bâillonner eux-mêmes et de s’auto-exclure, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux même. 

En passant, rappelons un truc à M. Ekstein qui s'indignait, en mars dernier, que le terrain de la zone C-6 (avenue Durocher, au nord de Van Horne) destiné à accueillir de nouveaux lieux de culte ait dû être temporairement retiré pour des raisons techniques. 

Qu’il aille donc manifester sa grogne au bureau de sa conseillère Mindy Pollak. C’est elle et elle seule qui a voté contre l’ajout de cet emplacement de la zone C-6 qui aurait permis à de nouveaux lieux de culte de s’y établir. Visionnez mon intervention à l'assemblée du conseil du 7 mars 2016 où je déplore le vote contre nature de la conseillère Pollak. 

Mardi soir dernier, on sentait bien que quelque chose d’anormal se tramait. Contrairement à la première soirée de consultation qui s’était tenue sur cette même question, le 1er décembre 2015, les ultraorthodoxes ne se sont pas rués à la table d’enregistrement pour monopoliser le temps de parole de la soirée. 

Même les habituels défenseurs des minorités «opprimées» qui s'étaient manifestés le 1er décembre 2015 sont restés dans leur tanière, mardi dernier. C'est vrai que depuis qu'on a démontré que leurs fameux «entrepôts» se transformeront en un magnifique campus universitaire, ça leur a un peu coupé le sifflet.

De plus, tout indique que Projet Montréal a été complice de la rebuffade antidémocratique que se préparaient à faire les leaders théocrates.

Étrangement, aucune figure de Projet Montréal du Plateau ne s’est montré le bout du nez. La pauvre Mindy Pollak a dû se contenter de papa-maman qui (de peur qu’elle s’enfarge?) la tiennent par la main depuis qu’elle a appris à marcher.


Projet Montréal: Tomlinson, Gosselin et Sanger, présents tous les trois lors de la 1ere soirée de consultation publique, ne se sont pas montré la fraise lors de la séance de mardi dernier.

Philipe Tomlinson, le coordonnateur de l’association locale de Projet Montréal dans Outremont et qui conseillait la néophyte Pollak depuis son élection de 2013, semble être disparu dans la brume. Christine Gosselin, la conseillère du district Jeanne-Mance, brillait, elle aussi, par son absence. Même Daniel Sanger, le sulfureux conseiller politique de Projet Montréal ne s’est pas montré la face pour sentir et analyser le pouls et l’ambiance de la soirée.

Pire. La veille de la consultation publique, la conseillère Gosselin a endossé et propagé la chronique fallacieuse de la page Facebook des Friends of Hutchison Street (fondée par sa consoeur ultraorthodoxe Mindy Pollak!) intitulée Une approche sectaire contre les lieux de culte à Outremont.

Se servant d’une vidéo prise illégalement lors de la première soirée de consultation publique de décembre 2015, la bande à Pollak dénigre le processus démocratique. Christine Gosselin en a profité pour «bitcher» sur un ancien journaliste en le ridiculisant en ces termes :

« Quand on pense à la “vie de quartier” à Outremont, est-ce qu'on s'imagine les anciens journalistes dans leurs jardins ou les centaines d'enfants sur leurs tricycles sur le trottoir, le va-et-vient des voisins, l'agitation du vendredi soir? Quand on pense à l'avenir, est-ce qu'on doit penser à une communauté en phase de croissance exponentielle ou bien à la jouissance d'une retraite dorée dans des conditions définies par une vision décidément isolationniste de la société idéale? Selon vous? »


Baveuse à souhait, Gosselin se prend pour Miss Chavez! Elle postillonne sur les «vieux» qui ont eu une vie professionnelle exemplaire et bien remplie? Elle leur reproche d’avoir économisé tout au long de leur vie? De pouvoir en jouir sans devoir vivre aux crochets de la société? Un coup parti, pourquoi ne milite-t-elle pas pour l’euthanasie obligatoire des retraités, cette racaille nauséabonde et plissée qui n’est même plus foutue d’engendrer des gosses à la douzaine pour remplir les écoles illégales?


En crachant au visage de M. Larin, Gosselin me lance  une crotte par la bande (bien que je ne sois pas à la retraite). Sans le savoir, elle gifle un tas d'autres personnes, y compris ma propre mère, elle aussi une ancienne journaliste vivant, imaginez-vous donc, de son pécule. Pour remettre «Mignonne» à sa place, elle pourrait citer Ronsard et rappeler à la conseillère (au cas où elle ne s’en serait pas encore aperçu) qu’elle a, hélas!, déjà perdu «les plis de sa robe pourprée» et que sa propre date de péremption approche. À l’éculé «Time flies», ma vieille mère préfère dire: «Le temps fait mouche!»

Christine Gosselin ne se limite pas à son mépris de ceux qui la précèdent de peu. Elle a le culot de renverser les rôles et de décréter que, dorénavant, les isolationnistes ne sont plus les religieux sectaires qui sont forcés d’aller trouver l’âme sœur à New York pour conjurer la consanguinité, mais les citoyens pleinement intégrés à la société.


C’est ça, sa «société idéale»? Honte aux citoyens qui privilégient le darwinisme au créationnisme, l’éducation supérieure au lavage de cerveau, l’épanouissement de soi au flétrissement de l’esprit critique, la modernité aux pratiques moyenâgeuses? On veut bien croire que dans son pedigree, la conseillère de Projet Montréal nous rappelle qu’elle a fait des études médiévales, mais il y a des saintes limites! Christine, ton jupon dépasse! Pis pas à peu près.

Plutôt que de raconter des énormités, on préférerait nettement que Gosselin s'en tienne à ses masques du Carnaval de Venise ou à ses préoccupations sur Facebook du sort des rainettes faux-grillon, de Private Minette ou des becs-cie.

Comme si ça ne suffisait pas, la porte-parole de Projet Montréal en matière de salubrité et propreté rajoute un préjugé infamant et salissant à l’égard d’un grand nombre des citoyens qui l’ont tout de même élue:

«Il y a quelqu'un qui m'a fait remarqué (sic) l'autre jour qu'au Québec, on ne sait pas gérer la croissance de quoi que ce soit. Quand quelque chose devient gros, on prend peur, on ferme et on barre la porte derrière nous.»

Entre vous et moi, maintenant qu’elle ne se gêne plus pour dénigrer le Québec, Gosselin a tout ce qu’il faut pour se lancer en politique fédérale.

Allez savoir, maintenant ce que feront Mindy Pollak et sa suite (Friends of Hutchison Street) de la nouvelle vidéo qu'ils ont tournée lors de cette dernière soirée de consultation. 

Se la jouant comme les dirigeants hassidiques, deux hommes se sont non seulement moqué de l'interdiction formelle faite aux journalistes non accrédités de filmer la soirée, mais l'un d'eux s'est faussement prétendu journaliste et a utilisé une carte remise à n'importe quel quidam qui suit un cours de photographie par correspondance auprès du New York Institute of Photography.
 
Avec la complicité de Christian Aubry (à droite), résident de la rue Hutchison, Yanky Pollak, un hassidim qui s'est récemment coupé les couettes, a trompé les services d'ordre et les responsables des communications de l'hôtel de ville d'Outremont en exhibant une fausse carte de journaliste.

Reconstitution de la carte de «journaliste» bidon

Quant à Christian Aubry qui tire parti de ces vidéos tournées en toute illégitimité, voici, selon le générique du repiquage qu'il a mis en ligne, les clients (ou commanditaires) de son œuvre! Chapeau, Aubry! À moins qu'il faille désormais dire Kippa!

mercredi 18 mai 2016

LIEUX DE CULTE SUR RUES COMMERCIALES - PRISE 2


Il n’y en aura pas de facile. Il y a plus de 16 mois, la mairesse Cinq-Mars annonçait que l’arrondissement allait entreprendre une révision de son règlement encadrant la question des activités religieuses sur les artères commerciales.

Tout comme les commerçants, le conseil de l’arrondissement et plusieurs citoyens s’inquiétaient pour la vitalité des rues Laurier et Bernard. Pour tenter d’inverser la désaffection des commerces de proximité, différentes avenues sont alors envisagées, dont celle de limiter la multiplication des lieux de culte sur ces artères marchandes.

Des avis de motion avaient été déposés, des votes avaient été pris par le conseil d’arrondissement et une grande soirée de consultation publique a même été tenue sur le sujet le 1er décembre 2015. Des centaines de citoyens s’étaient déplacés exprès pour y exprimer leurs opinions. Une réunion épique qui
restera à jamais gravée dans les annales de l’arrondissement.

Coup de théâtre, le 4 avril 2016, les résidents ont appris que le conseil d'arrondissement devait recommencer le processus de zéro. 


Imaginez-vous que les cartes préparées par la Direction de l’aménagement urbain et du patrimoine étaient erronées. Le service de l’aménagement urbain s’était fourvoyé sur les limites d'une nouvelle zone (C-6) destinée à permettre l’implantation d’un nouveau lieu de culte sur l'avenue Durocher, au nord de Van Horne.


Voici, en orange, l'emplacement proposé par le conseil d'arrondissement pour l'établissement d'une nouveau zone de lieu de culte (zone C-6). Il se trouve à environ 70 pieds d'une synagogue qui, elle, fait le bonheur de ses adeptes.

Comme si cette bourde ne suffisait pas, la Direction de l’aménagement urbain avait aussi «oublié» d’ajouter deux zones contiguës de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal absolument cruciales dans le cadre d’un éventuel référendum sur la question.

Faut le faire! Cette défaillance est d’autant plus incompréhensible qu’en mars 2009, un jugement de la cour Supérieure du Québec avait fait grand bruit à Outremont qui était impliqué dans un processus référendaire concernant la rue Hutchison, à cheval sur deux arrondissements. C’est à se demander si le directeur du service qui a pris sa retraite l’a fait exprès.

Quoi qu’il en soit, en raison de cette incroyable série de bévues qui compromettaient le processus de changement de zonage, nous voilà donc forcés de faire une nouvelle prise qui ressemble à du mauvais cinéma.


Tous les citoyens d’Outremont (et de Montréal) sont une nouvelle fois conviés à une assemblée de consultation publique prévue le mardi 24 mai 2016 à 19 h, au Centre communautaire intergénérationnel d'Outremont — 999, avenue McEachran. 

Si le sort de votre arrondissement vous tient le moindrement à cœur, ce rendez-vous est incontournable. Non seulement vous aurez l’occasion inespérée de vous faire entendre, mais vous serez les témoins privilégiés de la façon dont les choses se trament dans votre cour. Chose certaine, vous ne risquez pas de vous ennuyer. Et puis, votre billet d’entrée est déjà payé… avec vos taxes! 



D'ici le 24 mai, si vous souhaitez trouver réponse à certaines questions sur l'enjeu qui sera débattu lors de cette soirée, vous êtes chaudement invités à aller consulter un tout nouveau site Web dédié spécifiquement à cette problématique. Voici l'adresse: lieux-de-culte-outremont.com.  

Lorsque vous l'aurez consulté, vous y trouverez une pétition qui vous permettra de donner votre appui au changement de zonage qui interdirait les lieux de cultes sur les artères commerciales de l’arrondissement d’Outremont.


Au plaisir de vous rencontrer en très grand nombre, mardi prochain.

mercredi 23 mars 2016

LES NOUVEAUX RÉSERVISTES ou LA CHASSE AUX TROPHÉES



«Let’s consider the Jew who fights anti-Semitism. He will find anti-Semitism everywhere, even on an empty island or in the Sahara. The obsessed person becomes funny because he cannot see the exception to the rule, or he creates nonexistent rules.» 


Conversations with Isaac Bashevis Singer
écrivain yiddish, Prix Nobel de littérature – 1978



Voici, justement, un exemple patent de ce qu'avait observé M. Singer:


Un svastika dans le logo de JP Morgan Chase! Tiré du site ultraorthodoxe montréalais Bill 613)

Dans mes deux plus récentes chroniques, j’ai fait état des méthodes d’intimidation grossières et du chantage obscène qu’exercent le congrès juif et le B’Nai Brith. L’un comme l’autre n’a aucun scrupule à qualifier de désinformateurs antisémites ceux et celles qui n’épousent pas aveuglément leur credo. Mais, en dépit de leur puissance, ces deux lobbies (pour ne parler que de ceux-là) peuvent également compter sur une nébuleuse de réservistes prêts à prendre les armes à tout moment.

Depuis 2007, l’année où je me suis retrouvé dans la mire de quelques grosses légumes de la communauté hassidique d’Outremont, j’ai été interpellé et conspué par toutes sortes de zélotes. Des sbires disposés à faire des jobs de bras à n’importe quel citoyen qui oserait dénoncer l’arrogance, les diktats et l’impunité accordée à des groupes sectaires.

Je ne parle même pas ici des journalistes de confession ou de culture juive qui ont braqué leurs micros ou leurs plumes en ma direction. Après tout, le conflit mettait en avant plan des individus hauts placés d’une branche qui partage une souche commune avec eux. Le sujet était d’intérêt pour leurs communautés. Bien sûr, je ne m’attendais pas qu’ils fassent preuve de neutralité, mais je pouvais très bien vivre avec le biais qui pouvait suinter de leurs articles.

Non, je pointe plutôt du doigt des groupuscules comme Friends of Hutchison Street (FOHS), ce commando échafaudé en sous-main par le lobbyiste ultraorthodoxe Mayer Feig. L’arrogant activiste a sacré cofondatrices de ce groupe supposément inclusif et «peace & love» nulles autres que
Leila Marshy et Mindy Pollak, cette hassidim qui deviendra conseillère municipale de Projet Montréal dans Outremont. 


Ce trio qui fait de l’esbroufe et de l’aveuglement volontaire est soutenu presque exclusivement par des citoyens anglophones de confession ou de culture juive. Certains crachent sur leurs voisins francophones qu’ils n’hésitent pas à qualifier de «bigots», «racists», «nazis», «anti-Semitics»  et «xenophobes».

Parmi les rares francophones à les soutenir, on trouve
Jean-Marie, par exemple, un Outremontais d’origine nantaise. Ancien acteur et doubleur de films, ce sympathisant des FOHS est aussi un admirateur déclaré de Tsahal (l’armée israélienne). Il y a aussi cette artiste du Mile-End au prénom et au patronyme on ne saurait plus francophone. Pourtant, elle crie haut et fort dans la langue de Shakespeare que «the Hassidim will not assimilate into Quebec francophone culture. They will not assimilate! It is not a judgement on Quebec culture it is simply that they have their own culture and religion and they want to keep it. They will not assimilate». Comment ne pas pouffer lorsque Mme Cousineau ajoute «And neither will I.» En passant, qui a réclamé l’assimilation?

Bien sûr, d’autres blogues ouvertement administrés par des activistes remuants de la communauté ultraorthodoxe ont aussi été mis sur pied. Je pense au blogue Outremont Hassid que les ultraorthodoxes Cheskie Weiss, Baruch Posner et Hirsh Teitelbaum prétendent avoir officiellement créé «pour entamer un dialogue honnête et sincère avec nos voisins». 


En haut, à gauche, Cheskie Weiss en train de m'engueuler. En bas, Hirsh Teitelbaum au cours d'un exercice de conviction

Force est de constater, toutefois, que les trois ultrareligieux s’empressent de sauter à pieds joints sur les citoyens qui ne sont pas chauds à se laisser imposer leur vision passéiste du monde dans l’espace public. Véritables vases communicants avec la page Facebook Friends of Hutchison Street, ils ont tous trois accès à des ressources financières conséquentes. Ils peuvent même s’offrir les services de traducteurs francophones professionnels pour diffuser leur propagande dans la langue de Molière, ce que nous ne pouvons certes pas leur reprocher.

Que dire du blogue Bill 613, qui, jusqu’à tout récemment, était abondamment alimenté par Zvi Hershcovich, ce prétendu rabbin loubavitch déporté de Russie pour y avoir travaillé illégalement pendant quelques années? En février 2013, le «rabbin» m’avait même rencontré dans un Starbuck pour une interview. Un entretien qui ne paraîtra jamais sur son blogue pour la simple et bonne raison, m’avait-il alors expliqué, que ses supérieurs ne souhaitaient pas me faire de la publicité! C’est pourtant Hershcovich qui m’avait approché. Je peux cependant vous dire que la raison de cette non-publication était plutôt que ce bon Zvi n’avait pas été en mesure de repiquer une seule phrase dans cette longue entrevue qui lui aurait permis de me peinturer (en brun!) dans le coin. 


Zvi Hershcovich, le rabbin déportée de Russie

Hershcovich est loin d’être le seul à avoir tenté le coup. Je pense, entre autres, à Tobi Cohen, cette journaliste œuvrant pour Postmedia News débarquée chez moi en avril 2011 pour avoir mon son de cloche sur l’élection fédérale du 2 mai alors que je ne m’étais jamais impliqué ni même prononcé de ma vie sur un tel enjeu. Cela m’avait semblé d’autant plus incongru que la journaliste, visiblement très nerveuse et assise sur le bout des fesses dans mon salon, avait souhaité filmer l’entrevue alors qu’elle devait publier un papier et non un topo vidéo. Sans surprise, le prétendu article n’a jamais été publié. A-t-on jugé que mes propos ne permettaient pas de m’asséner le coup de grâce?

Je pourrais aussi parler de cette professeure d’anglais langue seconde qui m’avait demandé si je serais disposé à rencontrer avec elle quelques étudiantes dans le cadre d’un «travail scolaire» qu’elles devaient faire sur la communauté juive. Cette enseignante du Plateau m’avait promis une copie de la vidéo que réaliseraient les étudiantes à la suite de l’entrevue que je leur ai gentiment accordée. En dépit de cette promesse et de mes demandes répétées, je n’ai jamais pu voir la couleur de leur travail. Ce n’est que plus tard, en réalisant que Dina s’activait dans le giron des Friends of Hutchison Street que j’en ai conclu qu’elle avait probablement été mandatée pour me tendre un guet-apens. On espérait que je tienne des propos qui m’auraient discrédité? Il semble bien que je les aie déçues.

Parano, moi? Attendez la meilleure. Le fleuron de l’arnaque et de la mauvaise foi crasse revient très certainement à Martin Himel et Dannielle Dyson. Le 6 mai 2012, à quelques heures du premier get-together organisé par les Friends of Hutchison Street, le cameraman canado-israélien et sa « recherchiste » s’étaient invités chez moi sous prétexte de produire un documentaire sur la vie sur la rue Hutchison. Toc! Toc! Toc! Shalom, my friends! Come on in




Je leur ai accordé deux heures d’entrevue filmée, mais ce n’est que plus d’un an plus tard que j’ai appris qu’un «documentaire» intitulé Jew Bashing : The New Anti-Semitism a été télédiffusé en grande première le 27 mai 2013 sur les ondes de la chaîne 2 israélienne et sur Vision TV «Canada’s only English language cable and satellite specialty channel that airs multi-faith, multicultural and family-oriented entertainment». En quatre épisodes, le reportage traitait respectivement du Pakistan et du Moyen-Orient, de l’Europe, des États-Unis et du Canada.

 
Dans l’épisode portant sur le Canada, le vidéaste, apparemment affilié à la droite pro israélienne, m’a placé aux côtés d’indécrottables antisémites qui, interrogés sur la solution à apporter au «problème juif», soutenaient qu’il faudrait tout bonnement les exterminer. C’était tellement gros que je me suis pincé. 


Martin Hilel, fier pet avec ses trophées de chasse... comme le dentiste américain qui a tué le lion Cecil

À peu près rien n’a été retenu de l’entrevue dont j’ai conservé l’enregistrement intégral. Hilel s’est plutôt commis à faire un montage aussi dégoûtant que fallacieux du get-together de l’après-midi où j’ai été confronté à l’hostilité des Friends of Hutchison Street qui ont tout fait pour me dénigrer et m’enterrer. Jamais de ma vie je n’aurai assisté à une telle imposture de la part d’un reporter. À côté de Martin Hilel qui se fait photographier avec ses trophées de chasse comme le dentiste américain qui a tué le lion Cecil, l’ex-journaliste François Bugingo est un pur enfant de cœur.

Pour tout vous dire, je me réjouis que des gens ou des groupes veuillent combattre toute injustice, y compris l’antisémitisme. Ce qui me déconcerte, en revanche, c’est de constater qu’un groupe de citoyens soit incapable de faire la différence entre un soi-disant pogrom soutenu par des autorités municipales, une exaspération résultant d’infractions répétées à différentes réglementations avec la bénédiction de leaders sectaires ou un empiétement du religieux dans la sphère publique.

Je suis d’autant plus étonné de la réaction de certains citoyens que j’ai assisté à différents évènements dont le fameux BABEL : Jews and Neighbours in the Mile-End, organisé en septembre 2011 par le Mile-End Chavurah, un groupe local de juifs progressistes. 


Votre serviteur (flèche jaune) à l'événement BABEL : Jews and Neighbours in the Mile-End
 
J’y ai constaté que parmi les Berman, Cooper, Elbaum, Hartz, Levy, Moscovitch, Rosenblatt, Schwarz, Steinberg présents aux ateliers, un bon nombre semblaient en connaître infiniment moins que moi sur la culture ou les rites juifs. L’un demandait aux panélistes pourquoi les femmes ultraorthodoxes se rasaient les cheveux ou portaient la perruque, l’autre voulait comprendre en quel honneur les hommes en noir craignaient les chiens et ainsi de suite. Ils allaient peu, voire pas du tout à la synagogue, ne mangeaient pas casher, n’auraient su que faire d’un érouv, s’avouaient qui homosexuels, qui hétéros en concubinage, qui libertaires ou hipsters.

Et pourtant, ce sont ces mêmes résidents «éclairés» du quartier qui, plutôt que de s’interroger sur le bien-fondé des récriminations de leurs voisins juifs ou non-juifs, ont choisi de faire corps et de soutenir inconditionnellement la frange intégriste de leurs coreligionnaires.


Nos voisins juifs laïcs et modérément pratiquants se sont-ils seulement demandé ce qu’il adviendra de la belle philosophie du «Vivre et laisser vivre» qu’ils chérissent tant lorsque la croissance du fondamentalisme aura pris le dessus?


Des démographes américains auraient établi que 49 % des enfants juifs de New York sont désormais hassidiques et que dans une génération, la communauté juive de la Big Apple sera d’abord et avant tout fondamentaliste, pauvre, sans instruction et réactionnaire.


En mai 2013, Jay Michaelson
, un rédacteur de l’hebdomadaire juif new-yorkais Forward, invitait fortement les principales organisations juives américaines à cesser de faire cause commune avec les fondamentalistes juifs et à couper le financement qui maintient artificiellement en vie des institutions ultraorthodoxes. Selon lui, ces subventions permettent à une petite élite de contrôler par la peur et la manipulation des milliers de serfs. 
 
Faisant, entre autres, référence aux scandales sexuels et de blanchiment d’argent qui ont éclaté ces dernières années, Michaelson va jusqu’à dire que le système hassidique tel qu’administré par ses dirigeants donne l’image d’une sous-culture qui s’apparente davantage à «The Sopranos» qu’au «Fiddler on the Roof». 



En attendant que quelque chose débloque un jour ici, je reçois encore des demandes d’entrevue. La plus récente m’a été faite en janvier dernier par un jeune journaliste établi dans le Mile-End depuis dix ans et qui publie dans le magazine canadien The Walrus. Il souhaite rédiger un essai, m’a-t-il écrit, pour «expliquer a la public anglophone que la position Québécoise n'est pas motive par anti-Semitism».


Je me suis donc rendu chez lui et lui ai accordé (à lui aussi!) deux bonnes heures d’entrevue. J'attends la sortie de son article. Je n’ai aucune raison de craindre un jeune père de famille, surtout quand il a l’honnêteté de se présenter comme un juif de Vancouver. Et ce n'est pas parce qu’il est coprésident du conseil d'administration du Mile-End Chavurah qu’il me pendra nécessairement haut et court. Non. Si j'ai enregistré nos échanges, c'est juste un vieux réflexe journalistique, vous savez bien. Chat échaudé craint l’eau froide? Moi? Voyons donc! Je ne suis pas superstitieux.

vendredi 19 février 2016

DE CRIMES RITUELS ET DE COMMANDES SPÉCIALES



Samedi soir dernier, Bernard-Henri Lévy (BHL) a fait sursauter le plateau de On n’est pas couché, le célèbre talk-show de France 2.


Alors qu’il faisait la promotion de L'esprit du judaïsme, son dernier bouquin, l’impayable dandy philosophe a été interpellé par Léa Salamé. La chroniqueuse tiquait sérieusement sur un passage de son livre où il soutient que le scandale du sang contaminé qui avait éclaboussé Laurent Fabius en 1998 était un «crime rituel juif», un complot raciste antijuif. Visionner la vidéo de l'échange.

Léa Salamé confronte BHL à On n'est pas couché. Décoiffant!
 
N’en étant pas à une caleçonnade près, BHL a ajouté en ondes que l’antisémitisme avait aussi eu un rôle à jouer dans le scandale sexuel qui s’était abattu sur Dominique Strauss-Kahn. Bref, BHL voit de l’antisémitisme partout. Et il n’est pas le seul.


Dans ma dernière chronique Le chilling effect, je parlais de la propension du Centre des relations juives et israéliennes — CIJA (anciennement le congrès juif) à harceler les médias qui ont le malheur de toucher à la question du conflit israélo-palestinien. Mais l’organisme «non partisan» a un grand frère qui, à l’échelle mondiale, a la même fixation que lui. 


Un écusson du B'nai Brith

Venu au monde il y a 175 ans, le B’nai Brith (qui signifie Les fils de l'Alliance) s’est développé sur le modèle des loges maçonniques. Le gendarme du discours politique pro-israélien compterait près d’un million de membres, ce qui, vous en conviendrez, est impressionnant quand on sait que l’ensemble des communautés juives à travers la planète équivaut grosso modo à la population… basque.


Le B’nai Brith a dû glousser pas à peu près lorsque Max et Monique Nemni, les biographes de Pierre Elliott Trudeau, ont mis à jour, en 2006, l’antisémitisme du futur premier ministre canadien dans le tome qui traite de ses années de jeunesse. Et que dire lorsque The Sun, le quotidien de langue anglaise le plus vendu au monde a publié, en 2015, des images inédites de la famille royale s'exerçant allègrement à faire des saluts nazis? Non, non. Il ne s'agissait pas de quenelles inversées!



Pierre Trudeau et la reine Elizabeth II lors de la signature de la Constitution canadienne, le 17 avril 1982. Va-t-on débaptiser l’aéroport de Montréal et déchirer la constitution en raison de certains éléments de leur passé trouble? Après tout, l'antisémitisme est un crime au moins aussi grave que la pédophilie, non?

On comprend aisément que la période de crise de la première moitié du 20e siècle ait été un terrain que toutes sortes d’organisations souhaitaient débarrasser de ses épouvantables relents d’intolérance. Pour autant, faut-il aujourd’hui accepter les méthodes d’intimidation et de chantage dont abuse le B’nai Brith et ses consorts? Demandez donc à Roger Waters, le chanteur et bassiste vedette du groupe Pink Floyd, ce qu'il en pense.


Pas besoin, comme Roger Waters, de militer pour le boycott d'Israël sur la question des droits des Palestiniens pour être traité de nazi et d'antisémite.
 
Depuis une dizaine d’années, la loge canadienne du B’nai Brith a opéré un sérieux coup de barre à droite qui a profondément écoeuré des gens comme Stephen Scheinberg, un ex-dirigeant du B’nai Brith et Victor Goldbloom, le premier membre de la communauté juive à être nommé au Conseil des ministres du Québec. 


Victor Goldbloom, décédé il y a deux jours, a été fortement en désaccord avec le durcissement du B'nai Brith
 
La dernière mouture des Fils de l’alliance est à ce point inféodée à l’extrême droite israélienne et à ses acolytes conservateurs qu’en août 2014, elle ne réclamait rien de moins qu'un prix Nobel de la paix pour Stephen Harper. Il fallait entendre Frank Dimant, le chef de la direction de B'nai Brith Canada (jusqu’en septembre 2014) prétendre «[qu’] aucun autre leader dans le monde a su montrer… une telle compréhension claire des différences entre ceux qui cherchent à faire le mal, et leurs victimes». Dichotomie satanique, quand tu nous tiens! 

 
À la regarder tirer sur tout ce qui bouge, on aurait envie de suggérer à la menaçante organisation de laisser tomber sa liste noire et de la remplacer par une liste «patte blanche» qui recenserait plutôt les happy few qui ne sont pas antisémites. Convenez que ce serait pas mal moins de travail. C’est vrai, en revanche, que la nébuleuse serait alors forcée de remercier un grand nombre de ses pisteurs qui sont éternellement sur le qui-vive.


Depuis les toutes premières chroniques de mon blogue, je soutiens que l’accusation d’antisémitisme peut être efficace si elle est utilisée à bon escient. En revanche, lorsqu’elle est dégoupillée à tort et à travers, comme c’est trop souvent le cas, elle devient une bombe sale. Une arme de terroristes fanatiques. De têtes brûlées.

Rappelez-vous l’affaire Michaud. C’est le B’nai Brith qui avait allumé le bûcher en dénonçant Yves Michaud pour ses soi-disant «injures contre les juifs». Cela avait fini par lui valoir un blâme unanime de l'Assemblée nationale. Pierre Foglia (qui ne pouvait pas sentir Michaud) avait tout de même décrié ce blâme en ajoutant «[qu’il] règne dans ce pays une espèce de terreur à la seule l'idée d'avoir à affronter les organisations juives comme le B'nai Brith ou le Congrès juif. Terreur qui… alimente dangereusement les sentiments et les attitudes antisémites au lieu de les combattre.» Même Salomon Cohen, juif israélien qui a fait la Guerre des Six Jours et ex-candidat du PQ dans la circonscription d'Outremont, avait accusé le B’nai Brith d’être une des bougies d'allumage de l'antisémitisme au Québec.

C’est encore le B’nai Brith qui, en 2007, avait réclamé la tête de Jocelyn Coulon, candidat libéral dans Outremont, pour ses «préjugés anti-Israël». Le spécialiste en politique internationale qui était pourtant irréprochable avait très très mal digéré la malhonnête infamie. 


Jocelyn Coulon et Hans Marotte, deux des nombreuses cibles du B'nai Brith

C’est toujours le B’nai Brith qui voulait qu’Hans Marotte, le candidat NPD de la campagne fédérale de 2015, se mette à genoux et passe à la confesse devant Michael Mostyn, le nouveau bonze de B'nai Brith Canada pour des propos qu’il avait tenus un quart de siècle plus tôt sur la première Intifada.

 

Le B’nai Brith accepte aussi volontiers les commandes spéciales. J’en sais quelque chose.

En janvier 2013, au troisième jour du 2e procès qu’avait intenté contre moi Michael Rosenberg, j'étais
appelé à la barre des témoins. J'en avais profité pour expliquer à la juge de la Cour supérieure que le B’nai Brith était un instrument tellement sensible qu’en comparaison, un sismographe faisait figure de zinzin de l’époque des mammouths laineux et des Pierrafeu. J'ai alors fait remarquer à l’honorable Claude Dallaire qu’en cinq ans et demi, aucune de mes 300 chroniques ne m’avait valu les foudres du B’nai Brith.

Dieu sait, pourtant, que cette poursuite avait fait les manchettes des quotidiens canadiens et des téléjournaux québécois à de multiples reprises. Ça en avait bouché tout un coin à l’illustrissime Julius Grey et aux trois ploutocrates qui m’accusaient, entre autres, d’antisémitisme.

Le bon Julius en conciliabule avec Alex Werzberger (de dos), Martin et Michael Rosenberg dans un couloir du palais de justice de Montréal, le 13 janvier 2013.

Plus de 62 mois après le début du battage médiatique du litige qui m'opposait aux Rosenberg et à Werzberger, quelqu’un de l’entourage de mes accusateurs a manifestement passé une commande spéciale au B’nai Brith. Il fallait absolument que le cartel, engagé dans la sécurité de l'État d'Israël et la lutte contre l'antisémitisme, me réserve une place dans sa documentation officielle avant que ne tombe mon jugement.

En avril 2013, huit mois avant que la juge de la Cour supérieure ne rende son jugement, le rapport 2012  des incidents d'antisémitisme sortait tout chaud de l'imprimerie. C'est un Thomas Mulcair fier comme un paon qui avait eu l'honneur de dévoiler le rapport.

Lors du dévoilement du rapport 2012, Thomas Mulcair était flanqué de ceux qui deviendront respectivement l'ancien et le nouveau chef de la direction de B'nai Brith Canada, Frank Dimant (à l'extrême gauche) et Michael Mostyn (à l'extrême droite).

À la page 20, on m'y faisait dire que «les juifs hassidiques sont des fanatiques religieux qui font leurs propres lois en usant d’intimidation». Avoir su que l'on m'attribuerait une citation approximative, je leur aurais demandé d'y insérer le B'nai Brith parmi les intimidateurs fanatiques! 

Pour servir ses fins, le B'nai Brith n'a eu aucun scrupule à falsifier et à travestir les faits. Ainsi, à la page 18 de son canard, on y lit: «Des symboles du judaïsme hassidique sont utilisés pour prétendre que les juifs tourmentent les non-juifs». Or, il n'y a rien de plus faux. Cette caricature que m'avait inspiré La chute des Titans, de Cornelis Cornelisz van Haarlem, ne s'adressait absolument pas aux juifs, ni même aux hassidim en général. Elle représentait Michael Rosenberg, mon principal poursuivant qui venait de se faire déculotter pas à peu près par la juge Manon Ouimet de la Cour du Québec. Pour avoir la preuve de la malhonnêteté des propos du B'nai Brith, je vous invite fortement à lire La justice des dieux.
  
La page 18 du rapport 2012 du B'nai Brith: on y trouve la tête d'un Michael Rosenberg étendu
 

Le plus drôle dans toute cette histoire, c'est qu'à peine dix mois avant de se pavaner avec ce fameux rapport 2012, Thomas Mulcair avait été forcé, lui aussi, de se défendre contre les accusations du B’nai Brith soutenant qu'il existait un état d’esprit anti-Israël (lisez antisémite!) au sein de son caucus. On comprend, dès lors, que le chef du NPD avait quelque chose à se faire pardonner!

Comme tous les autres politiciens, Tom devra se tenir les fesses très très serrées et les oreilles molles s'il veut s'éviter à nouveau les foudres des suppôts d'Israël. Quoi? C'est antisémite de dire ça? Ben là, ça va faire! J'emmerde le B'nai Brith!