jeudi 7 septembre 2017

LA ROUTE DU CASH – DE LA CACHEROUTE AU HALAL


Saviez-vous ça, vous, qu’en 1908, c’est l’arrière-grand-père rabbin de Leonard Cohen, notre idole nationale, qui a fondé le Montreal Board of Kashrut, cette organisation qui dictait quels aliments les juifs avaient le droit ou non de consommer? Ou encore que c’est le grand-père (lui aussi rabbin) de Mordecai Richler qui a tenté de mettre un terme à la guerre à laquelle se livraient deux clans de Montréal qui chacun se réclamait la seule autorité apte à déterminer quelles viandes étaient cachères ou non? Pas moi.

Je n’avais aucune idée qu’en 1990, la plus haute autorité religieuse d’Arabie Saoudite avait été à l’origine de la certification du premier abattoir halal au Canada, la société Maple Lodge Farms, de Brampton (Ont.). J’ai été aussi étonné d’apprendre qu’en 2016, alors que les CHSLD disposaient d’à peine 2,17 $ par repas destinés aux résidents âgés, les pénitenciers du Québec allouaient 6,98 $ par repas kasher et 4,10 $ par repas halal servi aux détenus. Ça vous donnerait presque le goût d’aller mourir en prison!

Ça et des tonnes d’autres choses, je les ai découvertes dans Les certifications religieuses – Le business de la crédulité un livre qui vient tout juste de sortir d’une imprimerie québécoise.



À ma connaissance, cet ouvrage, très factuel et fort bien documenté, est le seul à traiter de la question de la «nourriture religieusement modifiée» que nous forcent à manger tant les institutions intégristes juives qu’islamiques. Oui! Oui! Vous avez bien lu. Nous y sommes tous astreint puisque, qu'on le veuille ou non, près de 80 % des aliments que l’on retrouve sur les tablettes de nos supermarchés sont bénis contre rémunération par des religieux qui n’ont rien à faire de notre consentement.

Suzanne Bousquet, son auteure, a consacré trois bonnes années à fouiller et à décortiquer les arcanes de ce business pas particulièrement… catholique. En 165 pages, Mme Bousquet brosse un tableau aussi révélateur que choquant des contradictions, des mensonges et des scandales liés à cette industrie de maquignons, dont la cruauté qu’ils infligent aux animaux mis à mort de façon barbare n’est pas la moindre des horreurs.

Le plus hallucinant dans tout ça, c’est que les souteneurs des certifications religieuses persistent à nous faire croire que leur kabbale n’est qu’une noble quête de pureté et de respect des prescriptions divines. Il s’agit en grande partie d'un système de nature pyramidale puisque chacun des ingrédients qui entrent dans la composition d’un produit doit être certifié casher ou halal. Et si vous avez l’audace de leur mettre sous le nez les preuves irréfutables que leur trafic pseudo spirituel leur permet d’abord et avant tout d’engranger des indulgences sous forme de millions de billets verts, ils feignent l’indignation et crient à l’islamophobie et à l’antisémitisme.

Pourtant, dans ce livre, les nombreux exemples présentés démontrent clairement que ces certifications sont de véritables planches à billets qui tournent à fond la caisse au profit de leur communautarisme respectif. Même Steven Lapidus, professeur à l’institut d’études juives canadiennes de l’Université Concordia et autorité en matière de judaïsme orthodoxe, raconte que les profits tirés du business de la cachérisation des aliments servent, entre autres, à financer l’éducation des enfants juifs de la métropole.

Dans Le business de la crédulité, l'auteure nous explique très bien que le processus de transmutation de la nourriture terrestre en aliments des dieux est déjà vicié à la base. Pour preuve, les certificateurs fondamentalistes n’hésitent même pas à bénir d’innombrables produits qui, en raison de leur nature même et leurs propres lois religieuses, sont déjà «full patch» halal ou cachère.

Ainsi, ces chamans distribuent sans vergogne et de façon tout à fait inutile leurs bonnes grâces sur la bière, café, dattes, eau de source, farine de blé, flocons d’avoine, huile d’olive, jus de fruits/légumes, lait de vache, miel, œufs… alouette!, en exigeant des fabricants qu’ils leur refilent une jolie ristourne en espèces sonnantes et trébuchantes. Bref, imams, hommes d'affaires et rabbins font la piasse en nous faisant les poches.

C’est d’autant plus vrai que ceux qui recherchent ces marchandises en raison de leur croyance «profonde et sincère» ne constituent même pas 2,5 % de la population. Par contre, c’est 100 % des  citoyens (qu’ils soient laïcs, croyants ou non, apostasiés ou excommuniés) qui payent une dîme à leur insu pour remplir les goussets des intégristes juifs et musulmans.

Nous les payons même pour des produits aussi terre-à-terre que le papier de toilette, des suppositoires, des couches jetables et jusqu'aux aliments pour chiens et chats.
 

Autant de denrées qui n’offrent strictement aucun avantage sanitaire ou bénéfique pour la santé. Bref, nous déboursons de notre poche pour satisfaire les pratiquants les plus radicaux et fondamentalistes qui, au 20e siècle, ont su développer avec un art consommé l’utilisation des concepts de casher et halal comme un fabuleux outil de marketing.

Sachez que 90 % de la chair des animaux saignés à froid selon la loi juive (sans étourdissement préalable!) aboutit dans votre assiette sans que vous le sachiez puisque la réglementation sur l’étiquetage ne les force pas à informer le consommateur sur le type d’abattage utilisé. Même Pierre Anctil, professeur au département d’histoire de l’université d’Ottawa, le confirme. Dans 99 % des cas, les consommateurs ne savent même pas que les aliments qu’ils achètent sont casher puisque les logos ne sont pas publicisés! 

Pour le halal, c’est la même bouillie. Six abattoirs sous juridiction québécoise réalisent 20 % de leurs abattages de viande rouge selon le rite halal, un égorgement sans sectionnement de la moelle épinière qui échappe à la loi contre la cruauté envers les animaux. Professeur de religion judaïque de l’université Concordia, Ira Robinson estime que l’abattage religieux ne devrait pas être toléré au nom de la liberté de culte. C’est tout dire.


À une époque où la Humane Society International — Canada n’hésite pas à entreprendre une expédition en Chine  pour y secourir et ramener jusqu’à Montréal 110 chiens destinés à être bouffés à un festival de viande, on comprend mal que les activistes d'ici soient si peu enclins à dénoncer ce type d’abattage alors qu’ils savent que les animaux égorgés de la sorte mettraient plus de six minutes avant de cesser de vouloir se remettre sur leurs pattes et que les trois quarts d’entre eux respirent encore après plus de 11 minutes. 

Si vous avez le cœur bien accroché, visionnez les horreurs du plus important abattoir cacher situé à Postville (Iowa) qui a dû fermer ses portes après que son propriétaire, Sholom Rubashkin, ait été poursuivi et condamné sous 86 chefs d'accusation de fraude, sans compter la maltraitance des animaux et les abus et la négligence à l'égard de ses employés.


1) La vache entre dans la cage rotative  2) On la retourne, tête en bas  3) On lui tranche la gorge à l’aide d’une lame  4) À l’aide d’une pince, on lui arrache, à froid, la trachée et l’œsophage  5) L’animal estropié est rejeté hors de la cage  6) Il se remet sur pied et tente de fuir par le couloir.

Bien sûr, en cette matière comme dans bien d’autres, le livre de Mme Bousquet aborde un sujet que d’aucuns qualifieront de tabou. Et il risque de ne pas faire l’unanimité au sein des confréries fondamentalistes. Mais je suis sûr d’une chose. Mon ex-collègue Lise Ravary, chroniqueuse au Journal de Montréal, acquiescera au moins à la moitié de ce qu’elle trouvera dans cet ouvrage.

Je me doute bien que Ravary aura une poussée de furoncles pour la partie du bouquin traitant de la stratégie marketing utilisée par les rabbins qui monnayent leur certification cachère, mais l’ancienne convertie au hassidisme gloussera en lisant que les islamistes exploitent à la fois notre ignorance et notre bienveillance. Après tout, elle-même s’était déjà fait un devoir de dénoncer haut et fort ce qu’elle appelle le Halalgate. 

Pour peu que vous soyez le moindrement curieux de ce que vous mettez dans votre assiette, je vous recommande ce livre qui se vend pour une bouchée de pain sur Internet à l’adresse suivante : https://bouquinbec.ca/boutique/les-certifications-religieuses.html

dimanche 20 août 2017

AVIS DE RECHERCHE



Les avez-vous vus? Je les cherche depuis le mois de juin et je n’arrive pas à les retracer. Ces hommes et femmes prêchant l’amour infini auraient-ils pris des vacances dans les Laurentides? Se seraient-ils assoupis par inadvertance? Dormaient-ils au gaz? Une chose est certaine, leur absence n’aurait pas pu plus mal tomber. 



À gauche, quelques disciples de l'Amour infini. Au centre, Valérie Plante, «l'homme de la situation » de Projet Montréal, en compagnie de Mayer Feig, le lobbyiste hassidique qu'elle traite aux petits oignons. Toujours au centre, la marionnette ultraorthodoxe Mindy Pollak. À droite, des poids lourds sectaires, des lobbyistes et sympathisants goys. Où se cachaient-ils?

Au début juin, la «liberté de religion» d’une communauté juive de Côte-Saint-Luc a été littéralement bafouée. Que dis-je, bafouée. Elle a été piétinée, battue en brèche, voire carrément méprisée.


Imaginez. Face à des résidents intolérants, obtus et sûrement xénophobes, les élus de cette agglomération de Montréal ont rejeté la demande du rabbin Yehuda Benoliel qui souhaitait ériger une nouvelle synagogue sur le chemin Mackle. 


Le projet rejeté du rabbin Yehuda Benoliel

Le 3 avril 2017, dans le cadre de la consultation publique organisée à l’hôtel de ville par le conseil municipal, le bon rabbin Benoliel avait pourtant expliqué en long et en large que la synagogue et l’école religieuse qui avaient pignon sur rue au 5750 Parkhaven ne suffisaient plus à contenir ses ouailles. Rien n’y fit.

Opposés à ce que le nouveau lieu de culte soit construit près de chez eux, des résidents ont demandé la tenue d’un référendum. Ils évoquaient des problèmes de bruit, de stationnement et de circulation, sans compter que la nouvelle synagogue pourrait réduire la valeur de leurs propriétés. Bref, Not In My Backyard! Pas dans ma cour!

Le rabbin Benoli
el a bien tenté de rencontrer les résidents du voisinage dans l’espoir de régler les irritants, mais un registre a tout de même été tenu le 15 juin dernier. Oh horreur! Sur les 56 résidents qui ont eu le droit de signer le registre, 33 ont voté contre le projet. Même les représentants du Mail Cavendish y étaient opposés, prétextant que les fidèles de cette future synagogue voleraient des places de stationnement du centre commercial pendant les offices religieux et les nombreux jours de fêtes juives.

La lieu de culte projetée aurait eu pignon sur rue près de l'actuelle synagogue Beth Israel Beth Aaron. Mais les résidents n'en voulaient pas dans leur cour.

Devant ce résultat, le conseil de Côte-Saint-Luc a retiré son soutien au projet pour éviter la tenue d’un référendum coûteux.

J’en entends déjà crier «Gang de Québécois racistes!», «Maudite race d’ignorants xénophobes!», «Bande de culs-terreux refermés sur eux-mêmes!». J’aurais presque eu envie de cracher avec eux sur ces crétins qui ont mis la hache dans un si beau projet de société. Sauf que… 

Sauf qu’il semble bien que ce ne soient pas des Québécois Pea Soup qui ont été responsables de cette dégelée. Sur une population de 32 321 habitants, on compte 19 395 résidents juifs dans cette municipalité. Ça fait tout de même 60 %! Il s’agit de la plus importante population juive de la région métropolitaine de recensement de Montréal (RMR). Uniquement sur l’avenue Shalom, située tout près de l’endroit où l’on planifiait ériger la nouvelle synagogue, 81 % des résidents seraient juifs


Qui s’est insurgé contre les opposants au projet? Qui les a traités de racistes, d’antisémites, d’extrémistes laïcs, de nazis, de Jew haters, de suppôts du KKK? Strictement personne!

Où diable étaient nos petits zamis du clan des Friends of Hutchison Street? Les Adamson, Botz, Chapman, Dorner, Eidl, Freedhoff, Gestetner, Hawkins, Jacobs, Krausz, Lafrenière, Mendelson, Neuhaus Whitman, Olivier, Pottel, Raillant-Clark, Shiller, Tenenbaum, Verna, Webster, Yates et Zieg? Que faisaient leurs maîtres à penser rabbiniques?


N’aurait-t-il pas fallu protester et dénoncer vigoureusement les méchants citoyens intolérants et son conseil de ville? D’autant plus que ce dernier est constitué à 100% de membres de communautés juives. Comble de l’insulte, la conseillère Ruth Kovac, pourtant fille de survivants de l’holocauste, a voté contre l’établissement de la nouvelle synagogue simplement parce que cela allait à l’encontre du règlement de zonage. Serait-elle ce qu'on appelle une «self hating jew»?

L'équipe de Côte-Saint-Luc: le maire Mitchell Brownstein, les conseillers Sam Goldbloom, Mike Cohen, Dida Berku, Steven Erdelyi, Allan J. Levine, Glenn J. Nashen, Sidney Benizri et Ruth Kovac
 
Ne nous dites pas que personne n’a eu l’idée de préparer des communiqués de presse accablants à distribuer à la Gazette, à La Presse, au National Post, à la télé de Radio-Canada? Même Lysiane Gagnon n'a pas été contactée.
Et les boîtes de communications spécialisées dans le «moussage» de scandales? Un silence assourdissant. Les grands médias n'en ont pas pipé mot. Circulez! Y'a rien à voir. 

Pfff! À Outremont, ça ne se passe pas comme ça. Ce genre d'affaires soulève les passions. Ça doit être parce qu'on y est pas mal plus transparent.

Vous voulez savoir ce que faisaient cet été certains citoyens de ce merveilleux groupe qui se dédie à la promotion universelle de la rectitude absolue? Je vais vous le dire, moi. Ils appuyaient l'hystérique activiste Jennifer Dorner qui s'est rendue au poste de police 24 pour déposer une plainte contre ma personne au motif qu'elle considère mon blogue haineux. 



Puis-je vous dire que ça n'a pas été long qu'elle s'est fait revirer de bord par le sergent-détectivePauvre fille. Elle tentait de refaire le coup que même le nabab Michael Rosenberg avait foiré. 

Elle aurait dû me le dire. Je lui aurais fourni les deux jugements qui m'ont donné raison sur toute la ligne. Au lieu de perdre son temps et de donner un coup d'épée dans l'eau, Dorner aurait pu faire quelque chose d'utile. 

Je ne sais pas, moi. Elle aurait pu consacrer son précieux temps à traquer les deux imbéciles finis de la Meute qui se sont rendus au rassemblement des suprémacistes blancs de Charlottesville et exposer leurs sales gueules sur la page Facebook Anti-Pegida Québec! Ou mieux. Elle aurait pu neutraliser le tueur fou qui a foncé dans la foule antiraciste avec sa voiture.  

Comment ils disent ça, déjà, les juifs et les musulmans? Ah! Oui. «Celui qui sauve une seule vie, sauve l'humanité entière.» Hélas! Jennifer n'a rien fait de tel.

vendredi 30 juin 2017

LA RUELLE À MINDY



Les magnolias ont fini de flamboyer. Les lilas n’embaument plus. L’été est arrivé. Et avec lui, l’haleine fétide des couches-culottes entrebâillées, les sacs-poubelle éventrés comme autant de bars ouverts. Des escadrons de mouches lourdes et molles s’enivrent au jus de pourriture qui noircit l’asphalte. C’est la saison des pique-niques pestilentiels dans nos ruelles.

Dépôts sauvages dans la ruelle Hutchison/Parc, en février et il y a deux jours.
Tout ça, en dehors des jours permis.
Amoncellement de sacs d'ordures dans la ruelle Hutchison/Parc, derrière la synagogue
du 384 Bernard O. Le tout, sans respecter le règlement et ce, trois semaines d'affilée
en juin 2017
Ruelle Hutchison/Parc, derrière la synagogue du 5555 Hutchison. Entre mai 2009 et juin
2017, pas de progrès. Les ultraorthodoxes déposent encore leurs ordures sans
se soucier des jours où cela est autorisé.
 

Le problème du dépôt sauvage des ordures ménagères et des rebuts de construction n’est pas nouveau dans les boyaux du Mile-End et d’Outremont. Des citoyens écoeurés de vivre au milieu de ces dépotoirs urbains s’en plaignent année après année. Et pourtant, chaque printemps, c’est l’éternel recommencement. Les immondices réapparaissent, tenaces comme l’agrile du frêne, repoussantes comme des rats d’égout.

Que font nos arrondissements pour éradiquer ces brasseries artisanales de lixiviat? Il y aurait bien une «police» sanitaire chargée de retrouver les propriétaires délinquants de ces fientes emballées, mais a-t-elle vraiment envie de renifler les fonds de sacs Glad pour épingler les contrevenants? Il est tellement plus facile d’apposer une note gentillette invitant les fautifs à respecter les horaires de dépôt et de cueillette des ordures.


Dans la ruelle Hutchison/Parc, une semaine après avoir été balancé sur un tas de 
poubelles, un sac de recyclage s'y trouve toujours.Tout cela, sans conséquences pour
les délinquants.

Heureusement, il arrive que des résidents aussi exaspérés que remplis de bonnes intentions décident de prendre les choses en main.

C’est le cas, par exemple des membres de la coop Notre-Dame-De-Fatima sur l’avenue du Parc. Ces citoyens du Plateau Mont-Royal ont décidé de s’attaquer à l’insalubrité de leur ruelle qui, on ne peut se le cacher, a des allures de dépotoir à ciel ouvert.

Le tronçon de ruelle que les résidents veulent assainir et reconquérir
 
Leur «timing» est bon, car Projet Montréal (PM) est en campagne électorale. Il semble bien que le parti veut tirer profit de l’initiative des citoyens. Et pourquoi pas? En plus d’une ruelle propre et sécuritaire pour les enfants, on leur laisse entendre qu’elle pourrait même devenir verte.

Pour pousser plus loin le concept, le groupuscule des Friends of Hutchison Street (cofondé, ne l’oublions pas, par Mindy Pollak, conseillère de PM dans Outremont) a proposé aux riverains d’en faire un projet de ruelle verte… interculturel! Qui peut être contre la vertu?

Le 30 avril dernier, une grande corvée de «nettoyage communautaire» a donc été organisée. Ce n’est pas l’ouvrage qui manquait dans cette ruelle mal aimée. L’histoire ne dit pas combien de centaines de kilos de détritus ont été ramassés ce jour-là, mais la collecte a certainement été impressionnante.

Tout un chacun a mis la main au râteau. Certains, apparemment, avec un peu plus
de vigueur, d’enthousiasme et de zèle que d’autres.

De toute évidence, Mindy Pollak n’a pas souvent joué à «52 Ramasse». Chaussée de ses gants de chevrette, elle faisait plutôt meneuse de claques. Mais comme on dit, c’est l’intention qui compte.

Le plus important reste toutefois à venir. Ce n’est que le 1er octobre prochain, à quelques semaines à peine du jour des élections municipales, qu’une demande de création de ruelle verte sera déposée à l’arrondissement du Plateau Mont-Royal. On ne peut que souhaiter que le projet se réalise et essaime.

Mais rien n’est encore coulé dans le… compost et les résidents ont tout intérêt à maintenir la pression.

Non seulement Projet Montréal déboute presque la moitié des projets qui lui sont soumis année après année, mais en plus, il privilégie les ruelles qui offrent le plus grand potentiel de verdissement. Or, ce tronçon-ci n’a pas été particulièrement choyé par la nature.

Comme si le défi n’était pas déjà suffisamment grand, les membres de la communauté hassidique ont rajouté une couche de difficulté au projet. Il est hors de question qu’ils participent à cette ruelle verte si la circulation automobile n’y est pas autorisée. Comme l’a si bien dit une résidente impliquée dans le projet de verdissement : «On a encore des croûtes à manger avant d’arriver à un résultat [comme la ruelle verte Sainte-Famille de Milton-Parc].» Elle ne croyait pas si bien dire. 

Friends of Hutchison n’en est pas à son premier projet d’embellissement. En 2014, après d’innombrables plaintes concernant l’absence d’entretien de plusieurs jardins de façade appartenant à des résidents de la communauté hassidique, la conseillère Pollak a entrepris de «traiter ce problème en donnant un coup de main» à ses coreligionnaires qui manquent de «connaissances, de temps ou d’argent pour soigner un jardin». Elle s’est donc attaquée à trois terrains de façade sur Hutchison, sa propre rue.

Publicité de Mindy Pollak faite autour d'une initiative de jardinage sur Hutchison.
 
Avec quatre de ses partisans politiques, trois pelles, du paillis de cèdre, des pierres plates et quelques plantes offertes généreusement, Mindy allait enfin pouvoir faire taire les critiques, «une graine à la fois !».

Le jour même, l’aménagement des trois terrains bichonnés était du plus bel effet. On aura tout de même remarqué que, hormis quelques petites filles, les principaux bénéficiaires de ce «coup de main» n’ont pas participé activement à cet exercice de jardinage. Mindy aurait mieux fait de s’inspirer des enseignements de Confucius et leur apprendre à bêcher, plutôt que de leur donner un buisson !

La preuve en est qu’après douze mois, les traces de leur grand dévouement n’étaient plus que tristes vestiges. Et au bout de deux ans, les mauvaises herbes avaient entièrement repris leurs droits et effacé toute mémoire de l’aménagement horticole. Tout cela sans que leurs légataires s’en soucient le moins du monde. Dommage!

Le désintéressement manifeste des résidents de cette propriété de la rue Hutchison
a eu facilement raison du projet d'embellissement qui leur avait été offert gratuitement.

Si jamais les résidents de la coop et leurs voisins finissent par obtenir l'aval des autorités du Plateau pour aménager leur ruelle verte, il leur faudra être d'une grande vigilance s'ils ne veulent pas que ce soient toujours les mêmes qui s'éreintent pour s'assurer de la pérennité de leur petit jardin d'éden. 

Avec six synagogues qui débouchent dans leur tronçon de ruelle, le festival des assiettes jetables, comme l'appelle Lise Ravary dans son bouquin Ma vie chez les juifs hassidiques, risque de demeurer monnaie courante.


Deux mois après la grande corvée des résidents de la coop, 
c'est à nouveau «la fête des assiettes jetables» dans leur tronçon de ruelle.
 
Quand on voit la façon dont certains «entretiennent» leur propre cour arrière où ils laissent jouer leurs enfants, faut-il s'étonner qu'ils ne se soucient guère de l'état des ruelles?

À gauche: ruelle jonchée de détritus de toutes sortes.
À droite, dans la cour: trampoline éventré, pneus usés, vieilles chaises, tabourets 
renversés, boîtes de carton, résidus de rénovation, quelques jouets et une bicyclette. 
Il s'agit du tronçon de ruelle où habite Mindy Pollak.
Espaces de jeux pour les enfants de cette ruelle Hutchison/Parc

Ragoutant des deux côtés de la clôture, non?


À coup sûr, il faudra encore beaucoup d'éducation, de patience et de résilience pour que le message passe dans tous les foyers et qu'il devienne agréable de jouir de nos ruelles. Lâchez pas, la Coop!

Mais j'y pense. Mindy Pollak est une conseillère d'Outremont! Que fait-elle au Plateau à concocter de beaux projets durant une année électorale? N'est-elle pas payée pour travailler pour les citoyens d'Outremont qui l'ont élue? C'est d'autant moins compréhensible qu'Outremont n'a pas une seule ruelle que l'on pourrait décemment qualifiée de «verte». 

Il y a quelques années, c'est cette même Pollak qui dénonçait une conseillère d'Outremont qui avait mis son nez dans un projet du Plateau. Comme disait mon père quand j'étais jeune et que j'avais fait un coup pendable: «Enweye! Marche à maison!». 
 

mercredi 21 juin 2017

LES LIEUX DE CULTE OCCULTES



Faites-vous partie des quelque 200 000 personnes à vous être rendus, comme moi, au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour profiter de l’exposition Chagall : couleur et musique? Comment? Vous planifiez y aller la semaine prochaine? Pauvres de vous. Elle s’est terminée la semaine dernière. C’est vraiment platte, parce qu’il s’agissait de la plus importante exposition jamais consacrée à Marc Chagall au pays

J’ai bien pris quelques photos (voir ci-contre) de certaines des 340 œuvres du célébrissime artiste né Chagalov, en Biélorussie, mais ça ne peut rendre justice au génie de ce grand créateur.

Comme je n’aime pas vous voir vous morfondre, je voudrais bien faire quelque chose pour vous consoler.

Tiens! J’ai une idée. Que diriez-vous si je vous amenais voir de vrais rabbins performants live, derrière la vitrine d’un lieu de culte qui a toutes les apparences d’un local désaffecté? 

Le 5293, avenue du Parc n’a aucune affiche annonçant de quoi il en retourne à l’intérieur, mais pour qui a déjà vu neiger, l’apparence négligée de la façade en dit long sur ce qui s’y trame

Depuis 2014, la secte Belz occupe l'ancien bar restaurant Le Parc des Princes sur l'avenue du Parc

Toute la façade est protégée des regards étrangers par de longues toiles blanches installées de l’intérieur. Autres signes distinctifs : l’une des deux grandes vitrines est fracassée et l’endroit a l’air franchement déserté ou en perpétuelle rénovation. Cette façon de se dérober est pratiquement la marque de commerce de plusieurs lieux de culte occultes des hassidim.


Ça fait un sacré bout de temps que les leaders hassidiques avaient un œil sur l’édifice. Déjà en 2011, un citoyen m’avait écrit pour me faire part d’un fait dont il avait été témoin dans la nuit du 12 au 13 novembre:



Puis le lundi 13 octobre 2014, un autre citoyen m’a écrit à propos de ce même endroit en me disant ceci :

«Ave Parc, il y a un commerce qui n'affiche aucune enseigne, nom ou quoi que ce soit pour s'identifier et c'est souvent fermé... Mais l'autre jour, c'était ouvert et je suis entré pour voir...Le gars au bar m'a dit que c'est un lounge pour hassidiques seulement. Est-ce légal de faire un commerce qui nous exclut ??? En plus, l'endroit est beau avec de palmiers et des lampes type marocaines et de grands rideaux...! Tu connais cet endroit, côté est, entre St-Viateur et Fairmount ? Regarde cet article (2012) on dirait que c'est le lieu dont je te parle...Ça a du changer car le barman m'a bien dit que c'était Hasidic seulement.»


 Un bar religieux? Interdit aux peuples non élus? Avouez que c’est intrigant d’apprendre que des membres de la secte Belz ont pris possession des lieux en 2014 pour une telle activité.

Cela est d’autant plus étrange que ce matin même, j’ai reçu un document provenant de la Direction du développement du territoire et des travaux publics de l’arrondissement du Plateau. 

En réponse à une demande d’accès à l’information, l’arrondissement me remettait copie du certificat d’occupation qu’il avait délivré au Belz Avreichim Community Center pour que la secte puisse y implanter une nouvelle synagogue. Le certificat est daté du… 18 avril 2016! C’est dire que le groupe Belz a utilisé le local sans autorisation ni permis pendant au moins un an et demi. Sans qu’aucun inspecteur, aucun fonctionnaire, ni élu ne se pose de questions, ne demande de comptes ou n’émette de contraventions. La belle vie, quoi!

À gauche, janvier 2017: on alterne prières et amuse-gueule Yehuda; au centre et à droite, mai 2017: teffilins sur le front et au niveau du coeur; un grand talit de laine sur la tête et les épaules.

Quand je vois ça, je ne peux m’empêcher de repenser à Christine Gosselin. L’élue de Projet Montréal sur le Plateau est du genre à donner des leçons à ses vis-à-vis d’Outremont. Ça la démange encore plus quand ça sent les élections. Il y a quelques mois, opportuniste à souhait, Gosselin écrivait ceci sur sa page Facebook : 

«Si Outremont était mieux géré à tous les égards, il y aurait beaucoup moins de frictions entre les membres de la communauté [hassidique] et leurs voisins. Au Plateau on est bien placés pour le savoir, le Mile End comporte aussi une importante population hassidique, et les problèmes de cohabitation sont traités de manière intelligente, comme les autres problèmes de cohabitation. Y a toujours des solutions, des compromis possibles, de terrains d’entente. Il est grand temps qu’Outremont se dote de personnes compétentes et sérieuses pour l’administrer. Sinon, Outremont continuera de fournir du matériel à Infoman.»


À l’entendre, Christine Gosselin nous arrangerait tout ça d’un coup de cuiller à pot. Oh Yeah?

Mettez-en qu’elle est bien placée pour comparer Outremont avec le Plateau. Les hassidim ne constituent même pas 1,8 % de la population de l’arrondissement de Luc Ferrandez. C’est 11 fois moins qu’à Outremont dont le territoire est deux fois plus petit! Même ainsi, les lobbyistes hassidiques donnent de sérieux maux de tête aux élus du Plateau. Luc Ferrandez m’a même déjà avoué avoir mal digéré l’arrogance baveuse de Max Lieberman lors d’une de ces fameuses rencontres à portes closes qu’exigent les dirigeants hassidiques.

Au cours de toutes ces années au pouvoir, les Christine Gosselin et Alex Norris qui sont pourtant scotchés aux lobbyistes hassidiques n’ont même pas été capable de convaincre les ultrareligieux ne serait-ce que de désencrasser les vitrines de leurs synagogues taudis.

Les dirigeants hassidiques leur tiennent d’autant plus la dragée haute qu’ils savent que tous ces élus sont prêts à se coucher par terre en petite boule et faire trois roulades dans la boue s'il le faut pour avoir leurs votes. Quant à la population goy, les lobbyistes hassidiques s’en moquent encore plus. Ils n’ont rien à foutre du mécontentement des citoyens qui, c’est ben maudit, revendiquent une certaine qualité de vie et un environnement urbain convivial et stimulant. C’est à croire que pour maintenir la cohésion du groupe, les «Craignants Dieu» ont un besoin atavique de maintenir une dose de tension avec la population environnante.

Pour finir, Projet Montréal peut bien prétendre que les règlements d’Outremont sont trop rigides. Le 4 juin 2013, le maire du Plateau clamait sur sa page Facebook qu'il fallait «plus exiger [de la communauté hassidique] pour mieux accueillir». Un peu plus tard, Projet Montréal a proposé «une voie du compromis». L’interdiction des lieux de culte ne concernerait plus que les rez-de-chaussée.

On voit aujourd’hui où ce vœu pieux a mené. Uniquement sur le tronçon de l’avenue du Parc entre Saint-Viateur et Fairmount, Projet Montréal a donné sa bénédiction à la création de deux nouvelles synagogues… au rez-de-chaussée! Celle dont il a été question aujourd’hui et une autre, au 5446-5448 avenue du Parc qui, en plus du rez-de-chaussée, s’est répandue au 2e étage. Et il faut voir le souci esthétique et le respect du monde extérieur dont ils font preuve. C’est à vous lever le cœur.


Depuis deux ans, la façade incomplète de la synagogue  du 5446-5448 du Parc est laissée en friche à deux pas de la bibliothèque Mordecai-Richler. Le pauvre, s'il voyait ça, il se retournerait dans sa tombe.

Oui, y’a pas d’erreur. Projet Montréal a la pogne qu’il faut pour faire du ménage à Outremont!!!  Surtout qu'hier encore (20 juin 2017), Philipe Tomlinson, le candidat pressenti par Projet Montréal pour la mairie d'Outremont, a convié Max Lieberman pour une assemblée de cuisine en compagnie de Valérie Plante et d'une délégation d'activistes et de supporteurs inconditionnels des leaders hassidiques. Ça promet!


Oh! Avant d'oublier. La synagogue qui a pris la place du restaurant La grand-mère poule au coin de Bernard et Hutchison (côté Plateau!) fête ses 10 ans de rénovations.

Félicitations! Mazel Tov! Et «Many happy returns!»


10 ans de mépris, ça se fête!