samedi 19 avril 2014

LE SILENCE DES AGNEAUX


Le 29 mars 2012, sur les ondes de Télé-Québec, Marie-France Bazzo a animé une table ronde sur la place de la religion dans nos assiettes. On y retrouvait les journalistes Antoine Robitaille et Josée Boileau, le chroniqueur Joseph Facal, les profs de philo Daniel Weinstock et Louise Mailloux, ainsi que l’acteur et chanteur Stéphane Archambault.

Sur le site de Bazzo.TV, on avait mis la table en rappelant que la religion effectuait un retour en passant par les cantines scolaires, les tablettes des épiceries, les casse-croûte et le comptoir des boucheries. Après le voile, le kirpan et les cours de musique à la maternelle, pouvait-on lire, certains hôpitaux et CPE préfèrent ne servir que de la viande halal ou cachère plutôt que de cuisiner deux repas distincts. Dans sa narration d’introduction, Mme Bazzo disait même que les «aliments religieusement modifiés sont une belle occasion d’affaires».

Les Daniel Weinstock et Louise Mailloux avaient alors débattu de la question. Invité à commenter la controverse sur le poulet halal, Weinstock y était allé d’une analogie aussi loufoque que réductrice. « Si j’apprenais, demain, que dans mon Provigo local, un prêtre s’amusait à faire des signes de la croix autour des aliments que je mangeais, ça me ferait plus rire qu’autre chose. » Quand on sait ce qu’implique la certification religieuse des aliments et autres produits, la parabole de Weinstock est une véritable insulte à l’intelligence.

Louise Mailloux - qui venait de publier son livre La Laïcité, ça s’impose - avait expliqué que ces certifications sont loin d’être banales, ne serait-ce que sur le plan économique. Elle soutenait que pour accorder leurs certifications, les imams et les rabbins faisaient payer plusieurs milliers de dollars aux entreprises. Des frais qui, en fin de compte, étaient refilés aux consommateurs.

À la suite de cette émission, est-ce que Bazzo, Télé-Québec, Mailloux ou les panélistes ont été vilipendés, blâmés ou poursuivis pour avoir tenu (ou ne pas avoir dénoncé) des propos racistes, diffamatoires, antireligieux ? Pensez donc. Daniel Weinstock a même opiné du bonnet (visionner le court extrait vidéo) lorsque Louise Mailloux a raconté aux téléspectateurs qu’il y avait beaucoup de sous en jeu derrière la cachérisation et la «halalisation».

Alors dites-moi ce qui s’est passé de nouveau depuis lors pour que Lise Ravary pète une coche le 7 mars dernier, entraînant une réaction en chaîne du vice-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (cerji) et du directeur national de la ligue anti-diffamation?

En parlant quasi exclusivement de la nourriture halal, Mme Mailloux aurait-elle fait de l’ombre à la certification cachère? Peut-être que Mme Ravary n’aime pas la prose de la prof de philo? À moins que cela ait été perçu comme trop radical pour l’ex-rédactrice en chef de magazines féminins qui s’était convertie à l’intégrisme hassidique.

Mailloux ne fait peut-être pas dans la dentelle, mais ce n’est certainement pas faire preuve de nuance que de soutenir qu’elle fait écho à une théorie du complot propagée par le Ku Klux Klan et diffusée par plusieurs autres groupes racistes et néonazis.


On respire par le nez, s’il vous plaît. Le 9 avril 2013, Yves Boisvert nous rappelait sur les ondes de Radio-Canada qu'aux États-Unis, c’est le KKK qui a fait jurisprudence pour le port de masques durant les manifestations. A-t-on, pour autant, accusé Projet Montréal d’être le suppôt du KKK parce qu'il était favorable au port du masque dans les manifestations? Bien sûr que non.  

Vous souvenez-vous des hauts cris lancés par une organisation juive lorsque le salut nazi avait été brandi par certains étudiants lors d’une des manifestations de 2012? Selon les dires de cette organisation, le geste, destiné à dénoncer la brutalité des interventions du Service de police de la Ville de Montréal, avait «souillé la mémoire de l'holocauste». 

En revanche, je ne me rappelle pas avoir entendu Lise Ravary (ni personne d’autre, d’ailleurs) s’insurger contre l’amalgame haineux fait contre le PQ durant la récente campagne électorale. Associer Pauline Marois à Adolph Hitler serait-il considéré de bon aloi? Ça ne souille pas la mémoire de l’holocauste, peut-être? À mon sens, c’est une insulte pour les victimes des camps d’extermination et pour l’ensemble des démocrates québécois!

Certains, comme ce lecteur du site ultraorthodoxe Bill 613, voient des néonazis partout et des svastikas jusque dans le logo de JPMorganChase!

Est-ce de la propagande antijuive ou antimusulmane que de soutenir que les certifications cachère et halal bénéficient financièrement à des groupes de ces confessions?

Dans un document intitulé Mythes et réalités sur la certification cachère, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (Cerji) dément catégoriquement le «mythe» voulant que les revenus du marché de l’alimentation cachère financent les activités religieuses de la communauté juive. Il prétend plutôt que les frais exigés par les organismes de certification ne servent qu’à assurer leurs inspections et leurs opérations. 

Pourtant, en 2006, un an avant de rallier les rangs du journal La Presse, la journaliste Catherine Handfield signait un reportage sur la certification cachère dans Montréal Campus. Elle y écrivait ceci : «Après avoir dûment payé les inspecteurs, les cinq grands bureaux de certification casher en Amérique du Nord donnent une partie de leurs profits à des organismes de charité juifs.» Une partie des profits, hein? Il serait  intéressant de savoir où va le reste des surplus qu’engendre la certification cachère. L’histoire ne le dit pas, mais la question ne manque pas d’intérêt. 


Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec réfute aussi la prétention à l’effet que la certification cachère soit une sorte de
«taxe religieuse». Il soutient même que la certification n’a aucune incidence sur le prix de vente des produits.

On ne demanderait pas mieux que de le croire. On pourrait même baptiser autrement ce coût de la certification si ça lui chante. Je ne sais pas, moi. Ça pourrait être un
«coût de production», une «redevance marketing», ou que sais-je encore. Mais, ça ne changerait rien au fait que d’autres reportages réalisés au fil des ans vont tout à fait dans le sens contraire des dires du Cerji. Même M. Kevin Hart, le propriétaire de la boulangerie Homemade Kosher de l'avenue Bernard a affirmé publiquement que la routine de la certification faisait augmenter ses coûts de 5 à 7 %. Quelqu’un a-t-il songé à l’accuser d’antisémitisme?

Le 11 mai 2007, JE, l’émission de journalisme d'enquête  présentait un reportage sur la nourriture cachère. À Victoriaville, le président de Miel Labonté a soutenu devant caméra qu’en plus des frais annuels de certification, son entreprise devait débourser plus de 25 000 $ par an pour se conformer à cette norme religieuse. Il ajoute même que sans cette certification, vous pouvez oublier de voir vos produits trôner sur les étagères des épiceries grandes surfaces. 


On va nous dire que c'est de la diffamation? Vraiment? Pourtant, dans le magazine Canadian Grocer, le rabbin Saul Emanuel, directeur général de Vaad Ha’ir de Montréal a confirmé le phénomène. «Sans la certification cachère, dit-il, il est presque impossible de voir ses produits acceptés dans les épiceries américaines».

En août 2002, le magazine Protégez-vous avait, lui aussi, publié un reportage sur la nourriture cachère. Sous la plume de Fabien Deglise (aujourd’hui journaliste au Devoir), nous y apprenions qu’il était nécessaire de verser une «taxe rabbinique» pour «remercier» le rabbin de ses services et pour utiliser l’un des nombreux symboles de certification cachère. Le coût, à l’époque? De 2500 à 3000 $ par année pour une simple fromagerie artisanale. Pour sa part, un représentant des yogourts Liberté révélait que la cachérisation augmente de 0,01 ¢ le prix de vente d’un produit. Le Cerji va-t-il prétendre que le magazine Protégez-vous est un repère de chemises brunes?

Pas besoin d’être comptable agréé pour comprendre qu’un centième de cent appliqué sur plus de 110 000 produits différents vendus par centaines de milliers d’unités à des millions de consommateurs, ça fait un sacré jackpot. À côté de ça, un gagnant de la 6/49 fait figure de Ti-Coune.


Le rabbin Yosef Wikler
Dans le très sérieux hebdomadaire américain Bloomberg Businessweek du 19 décembre 2010, le rabbin Yosef Wikler,le rédacteur en chef de Kashrus Magazine, estimait qu’uniquement aux États-Unis, la certification cachère représenterait une industrie de 200 millions de dollars par année. Même si cette estimation apparaît extrêmement conservatrice, on ne peut quand même plus parler de peanuts!

Quand des rabbins eux-mêmes admettent que les certifications religieuses sont payantes, comment peut-on accuser des citoyens qui s’informent à plusieurs sources dignes de foi d’être des adeptes du KKK? S’ils ne sont pas satisfaits de l'information qui circule, Lise Ravary et les organisations concernées devraient peut-être commencer par «briefer» les chefs spirituels qui jouent avec la nourriture terrestre qu'on nous force à avaler. Dictez-leur ce que vous aimeriez qu'ils propagent ou bâillonnez-les. En attendant, on se passera très bien des insultes.

Il y a quand même des limites à taxer (s’cusez!) de racistes, de xénophobes, d’antisémites et de néonazis tous ceux qui ne prennent pas pour du cash la doctrine des bien-pensants.


C’est d’autant plus insupportable d’être accusés d’étroitesse d’esprit et de repli sur soi quand une Ravary nous révèle, à la page 33 de son dernier bouquin Pourquoi moi? Ma vie chez les Juifs hassidiques, que «Les règles complexes [de la cacheroute] empêchent aussi la fraternisation entre juifs et non-juifs qui pourraient mener à des mariages mixtes». Ouash! Des mariages interreligieux? Avec d’autres races? Quelle horreur, n’est-ce pas? Je me demande qui cultive des relents de racisme et d'intolérance, ici.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me refait penser à cet entretien que Rima Elkouri avait eu avec le propriétaire de la célèbre boulangerie Cheskie, de l’avenue Bernard. Cheskie Weiss avait raconté que pour que le pain soit cachère, il devait nécessairement avoir été cuit par un juif. Ah! bon. Parce que si la pâte était pétrie ou mise au four par des mains haïtiennes, philippines ou gaspésiennes, ça serait impur? Impropres à la consommation? Toxique? Péché mortel?


http://accommodementsoutremont.blogspot.ca/2014/03/sos-solidarite.html
Et il faudrait que l'on se taise? Ma parole! Ce n'est plus la loi du bâillon que l'on cherche à nous imposer, mais bien le silence des agneaux! Les agneaux de Saint-Jean Baptiste que l'on égorge à froid selon le rite halal ou cachère, s'il vous plaît. Joyeuses Pâques!



vendredi 11 avril 2014

LE TRIBUNOTHON DE BOISBRIAND


Après neuf ans de poursuites devant les tribunaux, la municipalité de Boisbriand a enfin eu gain de cause.

Alors que la communauté hassidique de Boisbriand refusait de payer sa taxe d'eau depuis 2005, le 31 janvier dernier, la Cour d'appel du Québec a finalement tranché (visionner le reportage de TVA). Que ça lui plaise ou non, la secte rebelle doit payer sa dette de 2,6 millions de dollars à la municipalité. Comme tout le monde!   

Pour faire entendre raison à la communauté récalcitrante, la municipalité des Basses-Laurentides aura tout de même dû intenter (et gagner!) cinq poursuites et dépenser plus de 250 000 $. De l'argent des contribuables, s'il vous plaît!

Il y a 11 jours, la Ville de Boisbriand encaissait un premier chèque de 1,7 million de dollars. Pour la balance de 850 000 $, il semble que les deux parties seraient en voie de s’entendre. La mairesse Marlene Cordato avait une bonne raison d'afficher un grand sourire. Elle pourrait enfin mettre derrière elle ces conflits qui empoisonnaient les relations avec les Boisbriannais ultrareligieux.

Hélas, l'embellie sera peut-être de courte durée. Mercredi dernier (9 avril 2014), l'hebdo régional L'Écho de la Rive-Nord titrait Boisbriand : une école clandestine éveille les soupçons. On y apprenait qu'une résidence privée située à quelques pas du quartier juif hassidique serait utilisée comme lieu d’enseignement pour une quarantaine de jeunes filles ultraorthodoxes.

De coquette résidence familiale, cette maison de Boisbriand située au 3597, Chemin de la Rivière- Cachée a pris des allures d'école bunker. Certains disent même que la hauteur du grillage ne serait pas conforme à la réglementation municipale.

Jeunes filles sortant de l'école présumément clandestine sur le Chemin de la Rivière- Cachée.


Remarquez que ce n'est pas une première à Boisbriand. En 2009, deux écoles hassidiques «parallèles» y avaient été découvertes par des inspecteurs du ministère de l'Éducation.

Le problème qui se profile aujourd'hui à l'horizon tient au fait que le propriétaire de cette maison suspecte menace de recourir aux tribunaux. Pourquoi donc? Il voudrait contester les constats d'infractions qu'ont émis les inspecteurs de la Ville contre lui parce qu'il leur a refusé l'accès à la résidence. Quelque chose me dit que la mairesse de Boisbriand n'est pas au bout de ses peines.

Serait-ce le plus récent d'une longue série d'épisodes de harcèlement antisémite? Rappelez-vous en 2000. Construit Toujours Avec Bonté (CTAB), une organisation religieuse installée dans la communauté hassidique de Boisbriand avait été condamnée à verser une amende de 400 000 $. Tout ça, pour une peccadille.

L'organisation religieuse s'était retrouvée au centre de la plus importante fraude fiscale impliquant une organisation religieuse au Québec. Imaginez. On a enquiquiné ces pieux hommes pour à peine 60 millions de dollars de faux reçus de dons de charité. Espérons au moins que l’Agence des douanes et du revenu du Canada a eu à s'expliquer au B'nai B'rith.

lundi 31 mars 2014

S.O.S. SOLIDARITÉ



Depuis plus de six ans, plusieurs d’entre vous n’avez pas simplement suivi le combat que j’ai mené avec d’autres citoyens. Vous y avez participé! Chaque fois que nous avons mené une action pour mettre un terme au laisser-faire et la complaisance de certains de nos élus municipaux, vous nous avez encouragés et soutenus.

Évidemment, tous n’apprécient pas que l’on s’intéresse à la façon dont ils se servent du pouvoir et de leur pouvoir pour accorder ou obtenir des avantages particuliers. Certains leaders de la secte hassidique ont d’ailleurs choisi de me le faire payer très cher en me traînant à répétition devant les tribunaux.

Le message de ces intégristes est clair. Si vous osez dénoncer nos travaux de rénovation sans permis, l’implantation de nos lieux de culte en contravention du zonage ou la circulation de nos autobus sur les rues résidentielles, on vous clouera le bec.
Depuis plus de six ans, pour avoir exercé mon droit à la liberté d’expression et défendu le droit du public à l’information dans le cadre d’un débat de société qui concerne chacun d’entre nous, j’ai écopé d’une mise en demeure de 100 000 $, d’une plainte de harcèlement, d’un procès devant la Cour du Québec, d’une poursuite en diffamation de 375 000 $ en Cour supérieure, ainsi que d’une demande d’injonction pour censurer mon blogue Accommodements Outremont. 

En juin 2008, la plainte pour harcèlement portée contre moi a été rejetée par la Couronne. En mars 2011, j’ai gagné un procès qui a duré cinq jours en Cour du Québec. Puis, le 4 décembre 2013, à la suite d’un 2e procès qui s'est, lui aussi, étiré sur cinq jours, j’ai été entièrement blanchi par la Cour supérieure des accusations de diffamation portées contre moi. Le tribunal a également refusé de censurer mon blogue.

Julius Grey avec mes trois poursuivants, lors du 2e procès
Juste avant Noël, cependant, mes poursuivants ont déposé devant le plus haut tribunal du Québec une requête pour en appeler du récent jugement de la Cour supérieure qui m’avait donné raison. Une fois de plus, j’ai dû recourir à deux de mes trois avocats pour me défendre. Cette nouvelle procédure m’a encore coûté plusieurs milliers de dollars. Heureusement, le 17 mars dernier, mes adversaires ont été déboutés par les trois juges de la Cour d’appel du Québec. Je suis tout de même forcé de payer mes frais d’avocats.

Après toutes ces péripéties qui m’ont fait perdre plus de 200 000 $, j’espérais bien que cette dernière victoire juridique mette un terme à ces procès malveillants. Hélas! Me Julius Grey, l’avocat de mes poursuivants a annoncé à mes avocats qu’il avait l’intention de porter la cause devant la Cour suprême, le plus haut tribunal du pays.

Cet acharnement de mes détracteurs et ces longues années passées à me défendre me forcent à solliciter votre aide. 

Si vous êtes sensibles à la lutte que je mène, si vous souhaitez m’épauler et m’aider à éponger une partie de mes pertes financières, je vous serais très reconnaissant de faire parvenir vos dons sous forme de chèques libellés au nom de:  CITOYENS POUR L'ÉQUITÉ RÉGLEMENTAIRE, à l’adresse suivante :


Citoyens pour l’Équité Réglementaire (CER)

5647 av. Du Parc

Case Postale 48053

Montréal QC   H2V 4H2



Des dons de 100 $ sont suggérés, mais des sommes de plus ou de moindres valeurs sont bien évidemment acceptées.

Je vous remercie du fond du cœur pour votre précieux appui.



Pierre Lacerte

Courriel : pilac@hotmail.com





samedi 29 mars 2014

LE BULLYISME DES MARTYRS

Si ça continue comme ça, je vais finir par croire les leaders ultraorthodoxes qui disent que les «Frenchies» d'Outremont sont une gang d'intolérants racistes.   


C'est en écoutant Mayer Feig vider son sac «live on camera», à la dernière séance du conseil d'Outremont (allez à la 16e minute) que j'ai pensé qu'il nous fallait peut-être faire un petit examen de conscience.


À en croire le lobbyiste bobov, à cause de nos préjugés crasses, non seulement nous rendons la vie impossible à nos concitoyens ultrareligieux, mais en plus, nous forçons les autorités municipales à dilapider les fonds publics, l'argent des contribuables, pour leur mettre des bâtons dans les roues et les harceler pour des vétilles.

À titre d'exemple, Feig rappelle les milliers de dollars que la ville d'Outremont a dû engloutir, il y a une quinzaine d'années, en raison de la discorde au sujet de l'installation d'un érouv autour de la ville. Il rapporte également les milliers de dollars gaspillés dans la saga de 23 ans à propos de la synagogue Amour pour Israël qui s'était établie au coin des rues Durocher et Lajoie. C'est sans compter la poursuite pour établir le statut de la synagogue du 1030-1032 Saint-Viateur. Et il en passe.

Non seulement il en passe, mais il oublie surtout de raconter le fin fond des histoires qu'il soulève. Sans ses petites amnésies volontaires, Mayer Feig ne pourrait pas être sacré martyr d'Outremont.

Pour lui rafraîchir la mémoire, rappelons les faits suivants:

1) Si l'histoire de l'érouv a coûté des dizaines de milliers de dollars aux contribuables outremontais, c'est parce que le quintette Rosenberg-Hartstein-Fisher-Werzberger-Frankforter avait intenté un procès en Cour supérieure contre la ville pour la forcer à accepter l'implantation d'un érouv dans l'espace public.

2) Si une simple citoyenne a dû puiser des milliers de dollars à même ses propres avoirs, c'est bien parce que la secte Amour pour Israël avait ouvert  illégalement et sous de fausses représentations une synagogue au coin des rues Durocher et Lajoie, dans un zonage strictement résidentiel.
 
3)
Si la ville a flaubé plus de 100 000$ de deniers publics dans l'affaire de la nouvelle synagogue Amour pour Israël au coin de Van Horne et Durocher, ce n'est pas par antisémitisme, mais bien parce que les ultrareligieux ne respectaient pas les normes de construction et qu'ils abandonnaient de façon prolongée le chantier. Ce sont les leaders hassidiques qui avaient contraint la ville à se défendre contre la poursuite de 354 000 $ destinée à récupérer le permis qu'ils avaient perdu en raison de leur propre incurie.


4) Si l'arrondissement a dû engager des dizaines de milliers de dollars en frais d'avocats et de cour dans l'histoire de la synagogue du 1030-1032 Saint-Viateur, c'est encore parce qu'au départ, la secte s'était établie dans une zone interdite à ce type d'usage.

Bref, Feig n'a pas tort de dire que des sommes importantes ont été engagées par les autorités municipales d'Outremont dans des dossiers touchant la communauté hassidique, mais il devra avouer que lui et ses coreligionnaires en sont les principaux responsables.

Son acolyte Alex Werzberger a beau prétendre qu'«iI n'y a rien de pire que de se retrouver en cour, même si on gagne», il n'en demeure pas moins que les dirigeants sectaires ont trouvé, dans l'utilisation abusive des tribunaux, une formidable façon d'intimider les hors-caste d'Outremont. Ils savent mieux que quiconque qu'à force d’obstination, de chantage et de harcèlement, les élus, faute de budgets, finissent généralement par capituler.

Il n'y a pas que les Outremontais qui subissent le supplice des tribunaux. La municipalité de Val-Morin a grevé son budget de 125 000$, uniquement pour qu'une école et un dortoir illégaux se plient aux règlements en vigueur. Saint-Adolph d'Howard y a aussi goûté. 

Et Boisbriand, donc! Parmi la longue liste des infractions civiles des hassidim de cette enclave, mentionnons la taxe scolaire de 100 000$ qu'ils refusent de payer, ainsi que la taxe d'eau qui, depuis juillet 2005, fait l'objet de nombreuses
1er août 2011: zone sinistrée dans le Boisbriand hassidique
poursuites qui ont coûté des centaines de milliers de dollars
en frais d'avocats à la petite municipalité. Huit ans et 1,5
milliard de litres d'eau plus tard, la mairesse de Boisbriand n'a toujours pas récupéré les 2,6 millions de dollars impayés.

Un nouveau souci gagne des résidents de Boisbriand. Des membres de la communauté hassidique auraient entrepris une campagne pour acheter des propriétés à différents endroits de la municipalité. Avec toutes les histoires de nuisance, d'insalubrité et de non-conformité aux règlements municipaux qui font la manchette depuis des années, faut-il se surprendre que certains citoyens s'inquiètent?

J'entends d'ici Feig et compagnie accuser non pas seulement les Outremontais, mais les Québécois «pure laine» d'être de véritables antisémites. Sauf leur respect, font-ils seulement semblant de ne pas savoir qu'il n'y a pas que les Pea Soup du Québec qui vivent des problèmes de convivialité avec eux?  

À Bloomingburg, dans l'état de New York, les résidents sont présentement aux prises avec un développement résidentiel qui ne fait pas, mais alors là, pas du tout leur affaire. 

Ça brasse à Bloomingburg!
Un promoteur immobilier hassidique aurait d'abord présenté un projet de 125 unités entourant un club de golf. Il a fallu du temps avant que les résidents apprennent qu'il s'agissait en fait d'un projet de 395 bungalows qui allait être investi par un mouvement hassidique Satmar. C'était plus qu'il n'en fallait pour semer la zizanie (visionner le reportage) au sein de cette communauté rurale.Encore des racistes? Permettez-moi d'en douter.

Bloomingburg est loin d'être le seul endroit dans l'état de New York où ça accroche avec les ultrareligieux. C'est le cas, par exemple, de ce regroupement de citoyens du Hudson Valley qui s'insurge contre la possibilité d'annexion de terrains près de chez eux par les autorités de Kiryas Joel. Rappelons que Kiryas Joel est une municipalité de plus de 21,000 personnes (à 30 minutes de New York) constituée exclusivement d'ultraorthodoxes Satmar. Selon le American Community Survey, avec un revenu familial médian d'à peine 15,848 $, l'enclave détient le triste record du plus haut taux de pauvreté des États-Unis.

Quels motifs invoquent les membres de ce regroupement de citoyens pour s'opposer aux ambitions territoriales des autorités rabbiniques de Kiryas Joel? «The annexation would double the size of the village and have a catastrophic region-wide effect on taxes, schools, water, sewage, traffic, welfare costs, and the environment.» 


Dans un reportage télévisé de News 12, une citoyenne opposée à l'annexion de 507 acres par la municipalité hassidique soutient que Kiryas Joel «is sucking the county bone dry as far as Medicade, housing, food stamps, public assistance. It's going through the roof!»


Qu'arrive-t-il lorsque ces gens dénoncent les visées des leaders religieux et les politiciens qui sont accros aux votes hassidiques? Ils se font accuser d'antisémitisme. Ça ne vous rappelle rien?

Heureusement pour eux, ces voisins de Kiryas Joel jouissent d'un antidote que nous n'avons pas. Ils font partie du Hudson Valley Jews against KJ annexation. Ben oui! Les protestataires sont Juifs. Si vous avez un compte Facebook, vous pourrez vous balader sur leur page.

Avouez que ça fait du bien de savoir que nous n'aurons peut-être pas besoin de demander à la Régie de l'assurance maladie du Québec de nous payer une thérapie collective pour soigner notre épouvantable étroitesse d'esprit.

samedi 22 mars 2014

LE PORT OSTENTATOIRE DES OMOPLATES ET DES ROTULES


Lors du débat des chefs de jeudi dernier, François Legault a apostrophé Philippe Couillard au sujet du port de signes religieux au sein de l'appareil de l'État. Le chef du PLQ a soutenu qu'on n'a pas à légiférer sur les libertés tant que le problème n'existe pas. Couillard préfère guérir plutôt que de prévenir. Plus payant à l'acte? Au cas par cas?

L'uniforme «inclusif» approuvé à Edmonton
À Edmonton, en décembre dernier, sans qu'aucune demande n'ait été faite par des policières, le service de police a approuvé un nouvel uniforme avec hijab. On peut s'interroger sur l'à-propos de la décision prise, mais on doit applaudir les autorités albertaines de ne pas avoir attendu d'être encornées avant de prendre le taureau par les cornes.

Le jour même du fameux débat des chefs, La Presse publiait dans ses pages la lettre de M. Louis Gill. 

L'économiste et professeur retraité de l'UQAM rappelle au bon docteur Couillard que non seulement des problèmes d'accommodements existent bel et bien, mais que nous y sommes confrontés depuis belle lurette. 

L'aspirant libéral au poste de premier ministre va-t-il prétendre qu'en 2007, son chef Jean Charest avait créé la commission Bouchard Taylor pour d'hypothétiques questions liées à d'éventuels accommodements consentis sur des bases religieuses? Ben voyons donc!

M. Gill rappelle la saga du méga accommodement que l'UQAM avait accordé, en 2000, non pas «[à] un étudiant isolé, mais [à] une communauté entière, la communauté juive hassidique de Montréal». Le deal, conclu avec le très controversé Torah and Vocational Institute of Montreal (TAV) (lire ma chronique du 11 décembre 2009), prévoyait que des programmes universitaires complets soient dispensés sur une base de discrimination religieuse, sexuelle et linguistique.
 
Première pelletée de terre du TAV : Le conseiller orthodoxe Lionel Perez avec Abraham Boyarsky, le controversé directeur et fondateur de la Torah and Vocational Institute-TAV









À l'époque (comme aujourd'hui), on prétendait que ce type de contorsions allait permettre aux femmes de milieux ghettoïsés de sortir de leur isolement. 

Il est tout de même intéressant de constater que le gouvernement ne peut exiger de ses fonctionnaires qu'ils s'abstiennent simplement de porter des signes religieux apparents sur les heures de bureau sans se faire taxer de xénophobe. Par contre, des institutions d'enseignement   dont plusieurs ne répondent même pas aux exigences minimales du ministère de l'Éducation peuvent, sans problème, proscrire le port du pantalon et du chemisier pas boutonné comme une soutane. Personne ne déchire sa chemise ni ne soulève la question des libertés individuelles pour ces enseignantes québécoises. Même Julius Grey ne s'émeut pas de l'interdit du port ostentatoire des omoplates et des rotules. Deux poids, deux mesures?

Petite devinette du samedi: 

Quel est le lien entre le TAV, Raël, la secte Lev Tahor de Sainte-Agathe, le zonage de Val Morin, l'érouv d'Outremont, le nabab du ghetto et l'Académie Beth Esther? Si vous cliquez sur les liens de ce paragraphe, vous réaliserez que tous ces thèmes litigieux (et religieux!) ont été le miel et le caviar du seul et unique Julius Grey, l'anticommunautariste auto-proclamé.

Vive l'harmonie interplanétaire!

mardi 18 mars 2014

LA TROISIÈME CHUTE

Ce midi, le plus haut tribunal du Québec a tranché.

À l'unanimité, trois juges de la Cour d'appel du Québec ont débouté de façon lapidaire les prétentions Michael Rosenberg, Martin Rosenberg et Alex Werzberger. Ces trois dirigeants hassidiques s'étaient bravement coalisés dans le but de m'écraser et de faire exemple (voir le 1er reportage de LCN) pour tous ceux et celles qui pourraient avoir la velléité de dénoncer des agissements douteux qui n'ont pas lieu d'être tolérés dans notre société.

Après 2 308 jours d'un combat inégal et exténuant, le président de la multinationale milliardaire Rosdev vient de mordre la poussière pour une troisième fois en six ans (voir la chronologie des poursuites judiciaires entreprises contre moi).


Dans le but de me bâillonner, de me saigner financièrement et de me réduire au silence, Michael Rosenberg avait loué à prix d'or les services du célèbre avocat Julius Grey. Ce grand défenseur de la veuve et de l'orphelin qui mange à tous les râteliers n'a rien ménagé pour tenter de me faire pendre haut et court.
De gauche à droite, Michael Rosenberg, Martin Rosenberg et Alex Werzberger

La fin justifiant les moyens, le quatuor m'a souillé d'accusations nauséabondes. En chœur, ils ont sorti de leur trousse les fioles du racisme et de l'antisémitisme. Une médecine de cheval qu'ils m'ont administrée à doses maximales. Mettez-en, les gars, c'est pas de l'onguent!

Heureusement, il arrive encore parfois que l'arrogance et la mauvaise foi des omnipotents n'aient pas raison de tout.
 
Après le verdict, en compagnie de mes avocates Rosalia Giarratano et Hila Huelsen

Il fallait voir Julius Grey filer à l'anglaise lorsqu'est tombé le verdict des Honorables Pierre J. Dalphond, Manon Savard et Jacques J. Levesque. Les journalistes n'ont pu attraper qu'un casque de poil qui dévalait l'escalier extérieur du magnifique édifice conçu par Ernest Cormier. (visionnez le reportage de TVA)

Les Honorables Pierre J. Dalphond, Manon Savard et Jacques J. Levesque

En dépit de cette nouvelle dégelée, il semble que mes détracteurs n'ont pas du tout envie de jeter l'éponge. Avant de prendre la poudre d'escampette, l'avocat démonté a eu tout juste le temps de dire à mes avocates qu'il en appellerait de cette décision en Cour suprême du Canada. 

Un petit séjour à Ottawa pour boucler la boucle, voilà, semble-t-il, ce qu'il manquait encore à mon CV. 

Le temps venu, y aura-t-il une âme charitable pour me prendre sur le pouce? J'aurai plus un rond dans mon p'tit cochon.