mercredi 21 juin 2017

LES LIEUX DE CULTE OCCULTES



Faites-vous partie des quelque 200 000 personnes à vous être rendus, comme moi, au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour profiter de l’exposition Chagall : couleur et musique? Comment? Vous planifiez y aller la semaine prochaine? Pauvres de vous. Elle s’est terminée la semaine dernière. C’est vraiment platte, parce qu’il s’agissait de la plus importante exposition jamais consacrée à Marc Chagall au pays

J’ai bien pris quelques photos (voir ci-contre) de certaines des 340 œuvres du célébrissime artiste né Chagalov, en Biélorussie, mais ça ne peut rendre justice au génie de ce grand créateur.

Comme je n’aime pas vous voir vous morfondre, je voudrais bien faire quelque chose pour vous consoler.

Tiens! J’ai une idée. Que diriez-vous si je vous amenais voir de vrais rabbins performants live, derrière la vitrine d’un lieu de culte qui a toutes les apparences d’un local désaffecté? 

Le 5293, avenue du Parc n’a aucune affiche annonçant de quoi il en retourne à l’intérieur, mais pour qui a déjà vu neiger, l’apparence négligée de la façade en dit long sur ce qui s’y trame

Depuis 2014, la secte Belz occupe l'ancien bar restaurant Le Parc des Princes sur l'avenue du Parc

Toute la façade est protégée des regards étrangers par de longues toiles blanches installées de l’intérieur. Autres signes distinctifs : l’une des deux grandes vitrines est fracassée et l’endroit a l’air franchement déserté ou en perpétuelle rénovation. Cette façon de se dérober est pratiquement la marque de commerce de plusieurs lieux de culte occultes des hassidim.


Ça fait un sacré bout de temps que les leaders hassidiques avaient un œil sur l’édifice. Déjà en 2011, un citoyen m’avait écrit pour me faire part d’un fait dont il avait été témoin dans la nuit du 14 novembre:



Puis le lundi 13 octobre 2014, un autre citoyen m’a écrit à propos de ce même endroit en me disant ceci :

«Ave Parc, il y a un commerce qui n'affiche aucune enseigne, nom ou quoi que ce soit pour s'identifier et c'est souvent fermé... Mais l'autre jour, c'était ouvert et je suis entré pour voir...Le gars au bar m'a dit que c'est un lounge pour hassidiques seulement. Est-ce légal de faire un commerce qui nous exclut ??? En plus, l'endroit est beau avec de palmiers et des lampes type marocaines et de grands rideaux...! Tu connais cet endroit, côté est, entre St-Viateur et Fairmount ? Regarde cet article (2012) on dirait que c'est le lieu dont je te parle...Ça a du changer car le barman m'a bien dit que c'était Hasidic seulement.»


 Un bar religieux? Interdit aux peuples non élus? Avouez que c’est intrigant d’apprendre que des membres de la secte Belz ont pris possession des lieux en 2014 pour une telle activité.

Cela est d’autant plus étrange que ce matin même, j’ai reçu un document provenant de la Direction du développement du territoire et des travaux publics de l’arrondissement du Plateau.

De 2012 à 2017, le commerce a connu des hauts et des bas. Hélas, ça c'est mal fini... et pour longtemps!

En réponse à une demande d’accès à l’information, l’arrondissement me remettait copie du certificat d’occupation qu’il avait délivré au Belz Avreichim Community Center pour que la secte puisse y implanter une nouvelle synagogue. Le certificat est daté du… 18 avril 2016! C’est dire que le groupe Belz a utilisé le local sans autorisation ni permis pendant au moins un an et demi. Sans qu’aucun inspecteur, aucun fonctionnaire, ni élu ne se pose de questions, ne demande de comptes ou n’émette de contraventions. La belle vie, quoi!

À gauche, janvier 2017: on alterne prières et amuse-gueule Yehuda; au centre et à droite, mai 2017: teffilins sur le front et au niveau du coeur; un grand talit de laine sur la tête et les épaules.

Quand je vois ça, je ne peux m’empêcher de repenser à Christine Gosselin. L’élue de Projet Montréal sur le Plateau est du genre à donner des leçons à ses vis-à-vis d’Outremont. Ça la démange encore plus quand ça sent les élections. Il y a quelques mois, opportuniste à souhait, Gosselin écrivait ceci sur sa page Facebook : 

«Si Outremont était mieux géré à tous les égards, il y aurait beaucoup moins de frictions entre les membres de la communauté [hassidique] et leurs voisins. Au Plateau on est bien placés pour le savoir, le Mile End comporte aussi une importante population hassidique, et les problèmes de cohabitation sont traités de manière intelligente, comme les autres problèmes de cohabitation. Y a toujours des solutions, des compromis possibles, de terrains d’entente. Il est grand temps qu’Outremont se dote de personnes compétentes et sérieuses pour l’administrer. Sinon, Outremont continuera de fournir du matériel à Infoman.»


À l’entendre, Christine Gosselin nous arrangerait tout ça d’un coup de cuiller à pot. Oh Yeah?

Mettez-en qu’elle est bien placée pour comparer Outremont avec le Plateau. Les hassidim ne constituent même pas 1,8 % de la population de l’arrondissement de Luc Ferrandez. C’est 11 fois moins qu’à Outremont dont le territoire est deux fois plus petit! Même ainsi, les lobbyistes hassidiques donnent de sérieux maux de tête aux élus du Plateau. Luc Ferrandez m’a même déjà avoué avoir mal digéré l’arrogance baveuse de Max Lieberman lors d’une de ces fameuses rencontres à portes closes qu’exigent les dirigeants hassidiques.

Au cours de toutes ces années au pouvoir, les Christine Gosselin et Alex Norris qui sont pourtant scotchés aux lobbyistes hassidiques n’ont même pas été capable de convaincre les ultrareligieux ne serait-ce que de désencrasser les vitrines de leurs synagogues taudis.

Les dirigeants hassidiques leur tiennent d’autant plus la dragée haute qu’ils savent que tous ces élus sont prêts à se coucher par terre en petite boule et faire trois roulades dans la boue s'il le faut pour avoir leurs votes. Quant à la population goy, les lobbyistes hassidiques s’en moquent encore plus. Ils n’ont rien à foutre du mécontentement des citoyens qui, c’est ben maudit, revendiquent une certaine qualité de vie et un environnement urbain convivial et stimulant. C’est à croire que pour maintenir la cohésion du groupe, les «Craignants Dieu» ont un besoin atavique de maintenir une dose de tension avec la population environnante.

Pour finir, Projet Montréal peut bien prétendre que les règlements d’Outremont sont trop rigides. Le 4 juin 2013, le maire du Plateau clamait sur sa page Facebook qu'il fallait «plus exiger [de la communauté hassidique] pour mieux accueillir». Un peu plus tard, Projet Montréal a proposé «une voie du compromis». L’interdiction des lieux de culte ne concernerait plus que les rez-de-chaussée.

On voit aujourd’hui où ce vœu pieux a mené. Uniquement sur le tronçon de l’avenue du Parc entre Saint-Viateur et Fairmount, Projet Montréal a donné sa bénédiction à la création de deux nouvelles synagogues… au rez-de-chaussée! Celle dont il a été question aujourd’hui et une autre, au 5446-5448 avenue du Parc qui, en plus du rez-de-chaussée, s’est répandue au 2e étage. Et il faut voir le souci esthétique et le respect du monde extérieur dont ils font preuve. C’est à vous lever le cœur.


Depuis deux ans, la façade incomplète de la synagogue  du 5446-5448 du Parc est laissée en friche à deux pas de la bibliothèque Mordecai-Richler. Le pauvre, s'il voyait ça, il se retournerait dans sa tombe.

Oui, y’a pas d’erreur. Projet Montréal a la pogne qu’il faut pour faire du ménage à Outremont!!!  Surtout qu'hier encore (20 juin 2017), Philipe Tomlinson, le candidat pressenti par Projet Montréal pour la mairie d'Outremont, a convié Max Lieberman pour une assemblée de cuisine en compagnie de Valérie Plante et d'une délégation d'activistes et de supporteurs inconditionnels des leaders hassidiques. Ça promet!


Oh! Avant d'oublier. La synagogue qui a pris la place du restaurant La grand-mère poule au coin de Bernard et Hutchison (côté Plateau!) fête ses 10 ans de rénovations.

Félicitations! Mazel Tov! Et «Many happy returns!»

10 ans de mépris, ça se fête!

jeudi 1 juin 2017

THIS FALL IN OUTREMONT!




En fin de semaine dernière, les membres de Projet Montréal se sont réunis en congrès pour adopter le programme du parti en vue des élections municipales du 5 novembre prochain. Au bout de 13 ans, le parti fondé par Richard Bergeron — et dont a hérité Valérie Plante — compte 17 élus parmi les 65 membres du conseil municipal de la métropole.

Personnellement, j’accuse un faible pour le travail qu’ont pu faire Luc Ferrandez et François Croteau à titre de maires du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie. J’ai été particulièrement sensible à leurs préoccupations écologiques et urbanistiques. Si j’habitais le Plateau, même si je suis en désaccord avec Ferrandez sur quelques sujets épineux, je voterais pour lui.

Mais voilà. Outremont n’est pas le Plateau et quand on voit les mouvements de troupes de Projet Montréal au sein de notre arrondissement, il y a lieu de se poser de sérieuses questions.

Le 19 mai dernier, dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de Montréal, Mme Rani Cruz racontait à qui voulait bien l’entendre que Philipe Tomlinson sera le candidat de Projet Montréal à la mairie d’Outremont et qu’elle-même sera sa directrice de campagne. Ça promet!


Philipe Tomlinson, aspirant à la mairie d'Outremont pour Projet Montréal, en compagnie de Mindy Pollak.

Au fil des dernières années, Tomlinson, qui a été le conseiller politique de la conseillère hassidique Mindy Pollak, a toujours été réfractaire à des modifications de règlements qui auraient été susceptibles de déplaire à certains leaders hassidiques.

Tout récemment, Philipe Tomlinson s’est farouchement opposé à l’interdiction des nouveaux lieux de culte sur la portion commerciale de l’avenue Bernard. C’est son droit le plus strict et on ne le lui reprochera pas. Mais avant, pendant et après le référendum de l’avenue Bernard, ni lui, ni aucun élu de son parti n’ont rappelé à l’ordre ou pris leurs distances avec les gens qui, dans son entourage et dans celui de Mindy Pollak ont systématiquement qualifié les tenants du OUI de xénophobes, d’antisémites, de racistes et autres insultes du même acabit.
  
À titre d’exemple, Elizabeth Ball, une militante très proche de Mindy Pollak qui n’a de cesse de clamer l’harmonie universelle entre tous les voisins, n’a pourtant pas hésité à s’en prendre de façon vulgaire à Mme Nanci Murdock, une résidente de la rue Champagneur qui a dénoncé les illégalités qui se produisaient sur le chantier de la future synagogue controversée au coin de l’avenue Bernard.

Quelle ne fut pas la surprise de Mme Murdock de voir apparaître des allusions sexuelles la concernant sur la page Les résidents d’Outremont pour une rue Bernard commerciale qu’elle avait mise en ligne sur Facebook.

Appuyée par Leila Marshy, qui mettait en doute la façon dont Mme Murdock avait eu accès à des documents reliés à la synagogue litigieuse, Elizabeth Ball a insinué que la citoyenne avait obtenu ces documents en échange de faveurs sexuelles offertes à la conseillère indépendante Céline Forget. Ça vole bas.

Elizabeth Ball et ses insinuations de bas étages

Moins libidineux, mais pas plus acceptable, certains membres du Committee for Pluralism within Outremont Schools*  (dont fait partie Tomlinson !) ne donnent pas leur place. Parmi ce groupe sélect constitué à 90 % d’anglophones, d’aucuns ne se gênent pas pour cracher leur mépris à l’encontre des citoyens francophones qui ont voté OUI au référendum de l’avenue Bernard. 

Je pense, entre autres, à Rani Cruz. Oui! Oui ! Celle-là même qui prétend au titre de directrice de campagne de Philipe Tomlinson. Sur sa page Facebook, Mme Cruz s’est fait un devoir de partager le torchon de Mike Cohen (le directeur du Bureau québécois de B'nai Brith Canada) qu’il a intitulé «Outremont : Where Intolerance Never Sleeps».


Rani Cruz se définit comme une «Transplanted vancouverite in Montreal». Pour elle, la carte de la xénophobie semble être une excellente stratégie pour torpiller l’adversaire.
 
Cruz n’est pas la seule de sa gang. Souvenez-vous de Claire Trottier, cette résidente qui, le 9 janvier dernier, avait réclamé que le conseil d’arrondissement déplace la Kermesse Soleil du samedi au dimanche pour ne pas condamner les hassidim à être abandonnés sur le bord du chemin (lire ma chronique Le clan des Tzadikim).
C’est cette même femme qui, au lendemain du référendum, n’avait pu s’empêcher de dénoncer sur Facebook cette «victory for intolerance, ignorance, and fear». 




Le plus étonnant, c’est encore ce qu’a vécu Mme Nora Chénier-Jones durant la période référendaire. Interviewée dans le magazine en ligne Faith in Canada, cette jeune femme noire qui est née et qui a grandi à Outremont a raconté au journaliste que parce qu’elle avait mis un peu trop de temps à se faire une idée sur l’à-propos de permettre de nouvelles synagogues sur l’avenue Bernard, elle s’était fait traiter d’intolérante et de raciste par certaines personnes qui militaient contre la nouvelle interdiction. «It’s not that I think the Hasidic community should not have synagogues. I just wasn’t sure about synagogues on Bernard Avenue. And because I took a long time to take a stance on this issue I was called a bigot and a racist.» (lire l’article de Gideon Strauss)

Début de l'article de Gideon Strauss. Nora Chénier-Jones en compagnie de Jennifer Dorner, Mindy Pollak et Sarah Dorner

Pas rancunière pour deux sous, Mme Chénier-Jones finira par pencher du côté de celles et ceux qui se sont insurgés contre le nouveau règlement. Son nom a d’ailleurs circulé pour une candidature au poste de conseiller de Projet Montréal dans Outremont. Elle milite aujourd’hui au sein du fameux Committee for Pluralism within Outremont Schools.

Des membres de ce committee montent aux barricades et, tous crocs dehors, crient leur indignation rageuse et hystérique pour une coiffe indienne portée par une enseignante du primaire accueillant ses nouveaux petits élèves. En revanche, elles n’ont absolument rien à redire sur l’éducation lamentable et la ségrégation frisant l’eugénisme des écoles ultraorthodoxes de leur propre arrondissement. C’est, entre autres, le cas des sœurs Jennifer et Sarah Dorner qui prêchent l’amour du voisin… pourvu qu’il adhère inconditionnellement à leur idéologie ultraradicale de gaugauche multiculturaliste. Trouvez l’erreur !



La dénonciation par Jennifer Dorner d'une enseignante du primaire de l'école Lajoie lors de la première journée d'école des enfants.

Avec tous ces militants du ROC (Rest of Canada ) dans l’arrondissement francophone d’Outremont, on se demande si Projet Montréal ne se prépare pas plutôt à faire campagne dans Côte-Saint-Luc ou dans le West Island! Lors de leur congrès de la fin de semaine, il aurait peut-être été plus juste pour les militants de rebaptiser le parti Montreal Project!

À Outremont, lors des élections de l'automne, l'accent de Projet Montréal tombera vraisemblablement avec les feuilles!

D’ailleurs, qui saurait nous énumérer les idées mises de l’avant par l’équipe Projet Montréal – Outremont au cours des quatre années où Mindy Pollak a siégé au conseil d’arrondissement?

C’est vrai que Projet Montréal vient de s’octroyer le crédit d'un projet de placette sur l’avenue Van Horne... sauf que dans les faits, ni Projet Montréal, ni Mindy Pollak n'ont participé activement aux travaux du comité de citoyens présidé par Céline Forget, la candidate indépendante du district Joseph-Beaubien! Pollak ne s'est présentée qu'à deux des six réunions sur la question. D’ailleurs, les imposteurs viennent de se faire démasquer dans le journal Métro.




Projet Montréal  s'adonnerait-il lui aussi à de l'appropriation culturelle?


En voyant Marie Plourde, conseillère de Projet Montréal sur le Plateau Mont-Royal «liker» ce twitt usurpateur, je me suis rappelé avoir rencontré par hasard l’été dernier Mme Plourde en compagnie de Luc Ferrandez devant le Bilboquet. 

Confiant au maire du Plateau mon insatisfaction à l’égard de Mindy Pollak, Ferrandez a eu cette réplique dont il a le secret : «Je ne sais pas ce que tu peux lui reprocher. Elle n’a rien fait !» Un à zéro pour Luc.

Mais puisque je ne peux pas prouver l'existence de cette conversation, je laisserai à Mme Suzanne Simard le soin d’exprimer devant caméra son total mécontentement à propos de l’inefficacité de la conseillère Pollak.

Lors de la période de questions du 9 janvier 2017, Mme Simard qui est membre du comité sur le transport actif et vice-présidente du sous-comité vélos, a dénoncé le fait qu’au cours des six derniers mois, Mindy Pollak, qui est tout de même la présidente du Comité sur le transport actif, n’a jamais daigné répondre ne serait-ce qu’à un seul des innombrables appels téléphoniques et courriels qu’elle lui a laissés pour faire avancer les dossiers dont elle avait la charge. 

En raison de ce qui semble un désintéressement total de Mindy Pollak pour ce dossier qui lui a pourtant été confié, Mme Simard n’a eu d’autre recours que de s’en plaindre publiquement au conseil. (écouter son intervention)
 
En dépit de l’inefficacité de la conseillère Pollak, Mme Simard garde le sourire.

C’est vrai que la conseillère Pollak n’a pas particulièrement à cœur de favoriser le transport actif. Elle fait tout ce qu’elle peut pour que les autobus scolaires de sa communauté puissent continuer longtemps à tricoter et détricoter allègrement sur toutes nos rues résidentielles.

En cela, Philipe Tomlinson a tout fait pour que le dossier des autobus scolaires hassidiques ne soit pas discuté au conseil d’arrondissement. L’aspirant maire a toujours refusé d’admettre que le grand nombre d’autobus scolaires qui circulent sur nos rues résidentielles (une moyenne de 55 par jours!) constituent un problème.

C’est pourtant le même homme qui, dans sa dernière biographie de campagne électorale, prétendait vouloir mettre toute son énergie à défendre et à promouvoir ce qui compte le plus pour les résidents, soit la qualité de vie! C’est sans parler du leitmotiv de Projet Montréal qui a mené une lutte de tous les instants contre la circulation motorisée sur les rues résidentielles du Plateau.

Décidément, les cinq prochains mois s'annoncent intéressants. Qui sait de quel côté les dés tomberont le 5 novembre prochain? 

Le plus génial pour les lobbyistes hassidiques, c'est qu'ils n'ont même plus à se montrer le portrait pour faire avancer leurs causes. Les théocrates font faire la job par des «démocrates» qu'ils «flusheront» une fois la masse critique atteinte. Faut le faire, quand même!

 

Comité de promotion du pluralisme au sein des écoles d’Outremont, dans sa traduction française

mercredi 3 mai 2017

L'INTOLÉRANCE: LA TACHE ORIGINELLE DES QUÉBÉCOIS


Ces dernières années, pour justifier leurs politiques ségrégationnistes, les porte-parole hassidiques ont eu recours à une analogie pas piquée des vers. Ils comparent leur détermination à protéger leur langue, leur culte et leur culture à celle des Québécois francophones.


Au sein de Projet Montréal, la conseillère hassidique Mindy Pollak s’est servie de cet argument fallacieux à quelques reprises lors des assemblées du conseil d’Outremont. À ce que je sache, le Québec est une société de droit tandis que les hassidim ne forment qu'une communauté très restrictive.

Pendant la controverse sur le programme d’enseignement à la maison pour les enfants hassidiques, Abraham Ekstein, le représentant d’une école illégale, a tenu, lui aussi, à nous rappeler que nous nous sommes dotés de lois pour préserver notre identité en Amérique du Nord et que le «combat millénaire*» des juifs hassidiques s’apparente à celui du Québec. Il revendique donc le même droit de transmettre leurs valeurs de génération en génération et ne tolère pas que l’on place un mot. Quant à Cheskie Weiss, le cofondateur du blogue intégriste OutremontHassid, il soutient que ses coreligionnaires respectent notre culture francophone et il exige que nous en fassions tout autant.
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 * Millénaire? Allons donc. Montréal célébrait déjà ses 100 ans d’existence 
au moment où le Baal Shem Tov « inventait » le hassidisme en Europe. 
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Il est touchant d’entendre les messagers messianiques prétendre éprouver du respect pour notre langue et notre culture. Surtout quand la très vaste majorité des membres de leurs communautés intégristes établies ici n’est pas foutue de baragouiner trois mots dans la langue de Molière. Comme d’autres, ils ont fait preuve d’une profonde aversion tant pour la Loi sur la langue officielle de Robert Bourassa que pour la Charte de la langue française de Camille Laurin.

Remarquez qu’il en faudrait bien davantage pour les empêcher de faire comme bon leur semble. À preuve, aujourd’hui, ces yiddishophones atterrissent dans la cour du English Montreal School Board en empruntant tout bonnement la bretelle de contournement pourtant réservée à certains élèves anglophones. Nous aimerions bien qu’on nous explique en quel honneur ce groupe allophone peut se prévaloir de cette passerelle.


René Lévesque est mort! Vive René Lévesque! Le tout discret Hersber Hirsch déguisé pour le Pourim. Est-ce un cas d'appropriation culturelle?

Depuis plus de 40 ans, la défense du fait français et le nationalisme québécois sont constamment associés à du repli sur soi, de l’étroitesse d’esprit, de l’intolérance, du racisme, de la xénophobie, et, bien sûr, de l’antisémitisme grégaire. Par contre, les sectes hassidiques, elles, peuvent revendiquer et promouvoir de façon totalement décomplexée une insularité scellée sous vide. Après tout, il leur faut combattre les risques de contamination par la société environnante comme s’il s’agissait d’une maladie nosocomiale.

Étrangement, leurs revendications sectaires ne leur valent pas d’être taxés de populistes indécents, intolérables, voire fascisants. Pourtant, s’il existe des formes variées de discrimination au Québec (comme absolument partout sur la planète!), elles ne sont en rien comparables au sentiment de supériorité et à l’apartheid ethno religieux promulgué par les dirigeants hassidiques. 

À la différence des martyrs islamistes à qui on fait miroiter 72 vierges paradisiaques, Joey Tanny, un ancien ultraorthodoxe juif, racontait récemment dans le magazine The Walrus qu’il a «grandi en pensant que, lorsque le Messie viendra, il y aurait 72 gentils (des non-juifs, des goys) qui tiendraient chacun de [ses] tzitzit » (les franges qui pendent au bout des châles de prières). On lui a aussi raconté qu’il y avait une obligation de secourir une personne en détresse… seulement si elle était juive! 

Il nous faudrait aussi nous accommoder de la ségrégation des confessions et du tabou infranchissable des mariages mixtes. Ainsi, s’ils avaient un jour la lubie d’épouser un de nos enfants (l’horreur de l’horreur chez les ultras, dixit Lise Ravary), les rejetons des Feig, Hershcovich, Lieberman ou Pollak seraient ostracisés, répudiés, voire carrément mis au ban de leurs communautés.

Si le Québec francophone appliquait un interdit équivalant, les Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, deux ardents défenseurs de la souveraineté du Québec et de la langue française, auraient été voués aux gémonies pour avoir osé épouser des «anglaises», des filles de la Conquête! Quelle infamie, n’est-ce pas?

Justement, quelques jours après le référendum sur les nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, j’ai été saisi par la naïveté contradictoire de certains propos de l’activiste pro hassidique Sarah Dorner. Dans A letter to my Hasidic neighbours in Outremont qu’elle a publiée sur Internet, la professeure agrégée de Polytechnique nous raconte une anecdote.

Sa fille, qui s’était fait offrir une bague jouet par un petit voisin hassidique, lui a demandé si elle pourrait un jour épouser un garçon ultraorthodoxe. Dorner, légèrement embarrassée, confesse à ses lecteurs : «It’s not a question with a simple answer». Ouain. Je comprends que ce n’est pas simple de lui dire «Oublie ça, ma puce, tu n’es qu’une shiksa, une apikorus** ». Surtout lorsque l’on combat fougueusement le moindre reliquat de préjugés et toutes les formes de discrimination possible et imaginable, cette question toute naturelle d’une enfant oblige sa mère à faire des contorsions dignes du Grand cirque chinois! 
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** Termes yiddish:  shiksa: femme non-juive; apikorus: hérétique
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Pouvez-vous vous imaginer un seul instant quel serait l’opprobre si la société québécoise décrétait un interdit de convoler avec un noir, une arabe, un hindou? Les ultraprogressistes nous qualifieraient de sales aryens, de suprémacistes haineux, d’avortons du KKK.
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Mais ils n’ont pas besoin de cas aussi grossiers pour donner libre cours à leurs propres préjugés. Ils sont sur la même longueur d’onde que Mike Cohen, le directeur du Bureau québécois de B'nai Brith Canada qui qualifie Outremont d’endroit «où l’intolérance ne dort jamais».

Ces bonnes âmes immaculées n’ont rien à redire non plus lorsque la déjantée Sharon Freedman, membre du conseil d’administration de ce même B’nai Brith, accuse la mairesse et le conseil d’Outremont d’être des «hardcore French [that] refuse any English». Un demi-siècle après la disparition de Lionel Groulx, ils lui font toujours une traque acharnée.

Sur Friends of Hutchison Street, la page Facebook cofondée par Mindy Pollak, la conseillère ultraorthodoxe de Projet Montréal, on y lit toujours des commentaires comme celui de Phyllis Carter, placé le 1er février 2017


 

Sur la page Facebook mise en ligne par des résidents d’Outremont favorables à une interdiction de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, Jodie Duffield, une spécialiste des communications formée dans des universités australiennes et anglaises, ne mâche pas ses mots à l’égard des «chrétiens blancs». Elle vole tête baissée à la défense du multirécidiviste Michael Rosenberg. «Son seul véritable crime, clame-t-elle, est d’être juif. » Ça a le mérite d’être clair.


  
Le très yiddishophile Pierre Anctil  a beau soutenir que l'antisémitisme n’a pas été plus prédominant au Québec qu’ailleurs au Canada, rien n’y fait.

Même si Steven Lapidus, chargé de cours à l'Institut d'études juives canadiennes de l'Université Concordia, affirme que nous ne verrons jamais les enfants hassidiques aller jouer dans la maison de leurs petits voisins non hassidiques, c’est peine perdue.

Qu’importe aussi si sa collègue anthropologue Jessica Roda avoue que la communauté hassidique d’Outremont est encore plus fermée sur elle-même que celle de New York (aller à 14 min 10 sec du reportage de Danny Braün), il semble bel et bien que nous soyons la basse caste condamnée à porter éternellement la tache originelle de l’intolérance. (cliquer ICI pour la suite du reportage de Danny Braün)

Mais en cette époque où Régine Debrosse, chercheuse postdoctorale en psychologie à l'Université Northwestern (Illinois), nous apprend qu’on peut désormais être raciste sans le savoir, faut-il vraiment s’étonner que les termes utilisés pour parler de discrimination se radicalisent? Les minorités visibles s’éclipsent au profit des minorités «racisées», la discrimination devient systémique et le racisme, institutionnel. 

Récemment, Normand Baillargeon dénonçait la nouvelle vague de rectitude politique, la boursouflure des indignations morales des ultraprogressistes qui oeuvrent au musellement des universités. 

Aux États-Unis, ce bâillonnement de la liberté d’expression prend une ampleur particulièrement préoccupante. Par exemple, aux universités Yale (Connecticut), du Missouri et au collège Amherst (Massachusetts), des étudiants luttent respectivement contre les «auteurs blancs décédés» afin de «décoloniser» le programme de littérature anglaise, pour obtenir la démission du président de l’université qui n’aurait pas eu une politique d’inclusion des minorités suffisamment «active» après les émeutes de Ferguson ou pour exiger des «excuses de la direction» pour «l’héritage institutionnel de la suprématie blanche». (lire l'article publié sur le site Pour une école libre au Québec) 

Pour le maintien et le renforcement de leur apartheid, les leaders ultraorthodoxes n’auraient pu espérer trouver meilleurs alliés que ce regroupement d’anglophones très éduquées (lire ma chronique Le clan des Tzadikim) qui, pour certaines d’entre elles, ont fréquenté ce type de campus où elles pouvaient s’initier à l’art martial de la censure et du conformisme bienséant tout en réclamant que les campus soient un «safe place» où elles seraient à l’abri de tout ce qui dérange leurs sensibilités à fleur de peau.

Je comprends aujourd’hui à quoi voulait en venir Mindy Pollak lorsqu’elle a décrété avec Leila Marshy que «the Friends of Hutchison Street is a safe place». Tout comme je saisis mieux de qui le groupe des «Dorner sisters» s’est inspiré pour s’insurger contre le port d’une coiffe amérindienne pour célébrer la rentrée scolaire d’enfants de six ans ou de tel ou tel déguisement d’Halloween qui serait «culturally offensive», voire une appropriation culturelle révoltante.


Sarah  et Jennifer Dorner. Elles étaient en compagnie de la conseillère de Projet Montréal Mindy Pollak lors d’une activité dans une école d’Outremont. Elles portent le T-shirt de leur comité sur la rectitude universelle.

En soi, l’idée de sensibiliser son entourage à la diversité n’est pas du tout détestable. Elle a même ses mérites. Mais puisque ces activistes souhaitent faire un vibrant éloge du multiculturalisme, il est pour le moins incongru que le logo de leur Comité de promotion du pluralisme au sein des écoles d’Outremont (voir photo ci-dessus) arbore le nom de l’arrondissement en yiddish, en arabe et en agnier (mohawk) tout en ignorant totalement les Grecs, les Chinois, les Ukrainiens, les Haïtiens et les Italiens d’Outremont. Ils comptent pour des prunes, peut-être? Shocking!

À moins que l’appellation amérindienne soit un message subliminal. Après tout, Tiohtiake signifie bel et bien «L'endroit où le groupe se sépare»! Un nom franchement prédestiné pour les ténors hassidiques qui ont choisi de venir bivouaquer ici!

Une chose est sûre. Nos puristes ne sont pas prêtes d’atteindre le Nirvana. Contrairement au traitement qu'elles ont réservé aux enseignantes d'une école primaire portant la plume, elles fument le calumet de la paix avec les ultraorthodoxes qui se déguisent en cow-boys lors de la fête de Pourim. Pire, elles font très très attention de ne pas les froisser en évitant même de regarder dans la direction de leurs écoles religieuses illégales. Pas question de faire des chichis simplement pour des enfants qui seront empêchés de s’émanciper comme ont pu le faire nos donneuses de leçons.

Adolescents hassidiques célébrant Pourim affublés de chapeaux de cow-boys sous le regard complice du Satmar Max Lieberman.

C’est sans parler de Jodie Duffield. Non seulement a-t-elle complété un bac en littérature anglaise (souvenez-vous… à Yale, l’étude de Shakespeare est perçue comme une forme de discrimination !), mais, la pauvre, s’est fait surprendre sur Facebook en train de souffler dans un didgeridoo. Heureusement, une copine l’a vertement sermonnée.


«Women can’t play the didge, Jodie, it’s completely disrespectful to Aboriginal people ! See Nicole Kidman.» (visionner la vidéo)



Woups!  La gaffe, toi! On lui souhaite la bienvenue dans le club des pestiférés!

dimanche 19 mars 2017

LE MULTIRÉCIDIVISTE


Depuis que le conseil d’arrondissement d’Outremont a annoncé, en janvier 2015, son intention d’entreprendre une réflexion sur la pertinence de permettre l’établissement de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, rumeurs et désinformation se sont propagées à qui mieux mieux.

Tant avant qu’après la tenue du référendum du 19 novembre 2016, des médias réputés sérieux ont fait concurrence aux réseaux sociaux pour propager des nouvelles inexactes, quand elles n’étaient pas carrément fausses.

Je pense, par exemple, à ce reportage de Radio-Canada dans lequel on affirmait, au lendemain du vote référendaire, que «le résultat [du référendum] bloque un projet de synagogue… pour lequel un permis avait été accordé». La tendance étant aux faits dits alternatifs, la société d’État ne voulait peut-être pas être en reste.

Contrairement à ce que racontait Radio-Canada, l’arrondissement d’Outremont n’a jamais bloqué le projet de synagogue pour lequel il avait donné son aval.

Fort de ce permis émis par Outremont le 19 juin 2015, Michael Rosenberg, le propriétaire de l’immeuble a obtenu (et conservé) le droit de transformer en lieu de culte le sous-sol et le rez-de-chaussée (1636 pi2 si on se fie à ses dires) qu’occupait l’ancien club Passeport Vidéo, au 594 Champagneur. Le19 octobre 2015, l’arrondissement lui a même octroyé un permis de construction (no C-43489) pour I' exécution de travaux dans l’enceinte du futur lieu de culte.

C’est sans parler de cet autre permis qu’Outremont lui avait déjà délivré le 25 mai 2015 pour l’édification d’un bain rituel purificateur (mikveh) qui occuperait l’espace du restaurant Poulet fusée, au coin de Bernard et Champagneur.

Michael Rosenberg, le PDG de la multinationale Rosdev, poursuit la Ville pour qu'on lui permette de pratiquement quintupler la superficie de la synagogue de l'avenue Bernard pour laquelle il avait demandé et obtenu un permis au printemps 2015.
 
Cliquer ICI pour voir la nouvelle mise à jour de son reluisant dossier. 

Hélas! En avril 2016, soit près d’un an après la délivrance du permis pour l’aménagement du lieu de culte et plus d’un mois après que le conseil d'arrondissement eut adopté une première version d’un règlement visant à supprimer l'usage communautaire sur l’avenue Bernard, Rosenberg se ravise.

Du jour au lendemain, il réclame un agrandissement supplémentaire de 6087 pi2 pour sa synagogue. C’est près de cinq fois la superficie qu’il avait demandée et obtenue au printemps 2015.

En vert, sur la façade de l'immeuble donnant sur la rue Champagneur, les espaces accordés en mai et juin 2015 par l'arrondissement d'Outremont pour accueillir la synagogue et le mikveh. En rouge,  les espaces contestés pour l'agrandissement de la synagogue que le promoteur hassidique a demandé près d'un an plus tard.
 
 

 
En vert, sur la façade de l'immeuble donnant sur l'avenue Bernard, l'espace accordé pour le bain rituel. En rouge, les espaces contestés pour l'agrandissement de la synagogue.
 
Ce n’est pas par hasard que Rosenberg a fait sa demande d’agrandissement le 4 avril 2016. C’était tout juste quelques heures avant que ne soit déposé à la séance du conseil l’avis de motion destiné à l’adoption du nouveau règlement sur les lieux de culte. En agissant ainsi, le promoteur a manifestement cherché à prendre de vitesse la Ville qui avait entamé depuis belle lurette le processus de révision du règlement de zonage.

À peine avait-il déposé sa troisième demande de permis que le grand spécialiste des entourloupettes violait vraisemblablement les termes des permis qu’il avait obtenus, en plus d’entreprendre des travaux dans la partie de l’immeuble pour lesquels il n’avait même pas de permis.

Dès avril 2016 et pendant des mois, il semble que des «jobbeurs» (la Commission de la construction du Québec a pris ce dossier en main) aient été engagés pour faire des travaux de démolition dont certains n’auraient pas été autorisés.

Les anciens bureaux du groupe Sutton ont été complètement dégarnis sans permis. Photo tirée d'un reportage de TVA

Ainsi, outre le fait que les ouvriers ont utilisé de la machinerie au diésel sans aération adéquate et entrepris d’enlever des matériaux contenant de l’amiante sans respecter aucune norme de sécurité, le local qui abritait les bureaux du courtier immobilier Sutton a été complètement dégarni en toute illégalité, le 3e permis n’ayant pas été accordé. Les gicleurs ont été rendus inopérants sans même qu’une protection antifeu adéquate ait été mise en place pour protéger les appartements qui se trouvent aux étages supérieurs. 

L'été dernier, pendant plus d’un mois et demi, alors que l’immeuble était habité, le système d’alarme de l’édifice a été débranché. Au rez-de-chaussée, des dalles de béton auraient été enlevées sans autorisation, causant apparemment un affaiblissement de la structure de l’immeuble. 

C'est du côté sud-est de l'immeuble que la structure semble avoir le plus souffert des travaux effectués sans autorisation. Photo tirée d'un reportage de TVA

C’est le 21 décembre 2016, le jour même où les inspecteurs de l’arrondissement ont officiellement ordonné la fermeture du chantier délinquant, que Rosenberg a déposé une poursuite contre la Ville de Montréal pour la forcer à lui délivrer ce troisième permis de construction que l’arrondissement ne lui a pas accordé. Si ce n'est pas la preuve que Radio-Canada avait tort de prétendre qu’Outremont bloquait un projet pour lequel un permis avait été délivré, je ne sais pas ce que c'est.

Il sera fort intéressant de voir de quel côté penchera la Cour supérieure. Mais même si un jugement devait lui être favorable, Rosenberg ne pouvait, entre temps, exécuter les travaux pour lesquels il est sans permis. 

Pas barré à 40, le président de la multinationale Rosdev a pourtant choisi de défier les règlements et tenté d’imposer sa loi. Le 26 décembre 2016, soit cinq jours après que son chantier ait été formellement fermé par les inspecteurs, Rosenberg a fait reprendre les travaux comme si de rien était.

Ce jour-là, les pompiers sont appelés sur le chantier et ordonnent aux ouvriers de quitter les lieux. Ces derniers obtempèrent, mais selon les locataires, dès le lendemain (27 décembre) les «jobbeurs» s’activaient de plus belle.

Peu de temps après que les inspecteurs aient ordonné la cessation des travaux, l'affichette a été enlevée et les «jobbeurs» ont réinvesti le chantier comme si de rien n'était.

Cette façon de faire de Michael Rosenberg est tout à fait conforme à son habitude. Le potentat avait agi exactement de la même façon durant les années de travaux illégaux qu’il avait entrepris à sa synagogue du 5253 Hutchison, entre 2003 et 2009. Cliquer ICI pour prendre connaissance d'une petite partie du dossier Rosenberg. Vous verrez que la similitude dans sa façon d'opérer est frappante.

Pour le dossier complet du multirécidiviste, cliquer ICI

À plusieurs reprises, entre 2003 et 2009, Rosenberg a contrevenu aux avis de fermeture de chantier de sa synagogue du 5253 Hutchison.

À l'époque (comme aujourd'hui!), se croyant tout permis, lui et ses hommes avaient joué au chat et à la souris avec les autorités, défié les ordonnances de fermetures de chantier, en plus de recourir à des «jobbeurs» à qui il a fait exécuter des travaux sans détenir de permis. Il profitait allègrement du temps des fêtes de Noël, période pendant laquelle les inspecteurs et l’administration municipale sont en congé. 

Il aura fallu la diffusion par TVA d'un reportage sur ce qui ne tournait pas rond sur le chantier pour que Michael Rosenberg consente enfin à rencontrer les locataires de l’immeuble alors que ces derniers demandaient une telle rencontre depuis des mois. Rosenberg leur aurait laissé entendre que tout se passait normalement et qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.
Vue aérienne de l'immeuble pour l'évaluation approximative des superficies.

À qui lui demande, lors de cette réunion, ce qu’il adviendra des bureaux du groupe Sutton, le promoteur raconte que cet espace ne sera pas transformé en synagogue, mais en salles de réunions commerciales. 

Pourtant, dans la poursuite qu’il avait déposée deux mois plus tôt, le PDG de Rosdev réclame bel et bien 6087 pi2 supplémentaires aux 1636 pi2 qu'il a déjà pour sa synagogue. Et ce serait sans parler de la superficie dont il dispose pour son local de bain rituel que nous évaluons à environ 900 pi2 (on refuse de nous dévoiler ses dimensions). Tout compte fait, on arriverait à au moins 8 600 pi2 d'espace réservé uniquement à des activités religieuses. 

Quand on sait que les deux premiers étages de l'immeuble représentent autour de 9 000 pi2, on est en droit de se demander s'il restera encore de l’espace pour y installer ne serait-ce qu'un comptoir de crème glacée grand comme un confessionnal au rez-de-chaussée de cet édifice qui se trouve au cœur du centre récréo-culturel d’Outremont.

Dire que le 18 novembre 2015, Michael Rosenberg avait réuni une vingtaine de commerçants de l’avenue Bernard au restaurant La Muse pour leur dire que pas plus de 30 ou 40 de ses coreligionnaires viendraient y faire leurs ablutions le matin. Le promoteur hassidique leur avait même garanti qu’aucune femme ne serait autorisée à utiliser le bain rituel.

Fiou ! Que des hommes! Voilà enfin une bonne nouvelle pour les commerçants.