lundi 4 août 2014

LES ENFANTS DE CHOEUR

Logo de la LDJ


Pour les bien-pensants qui nous racontent (voir ma chronique précédente) que la Ligue de défense juive (LDJ) respecte les lois du pays, voici quelques photos et une vidéo pas piquée des vers, prise lors d'une manifestation qui s'est tenue devant la Maison de la Palestine de Mississauga, le 3 juillet dernier. De véritables enfants de choeur, je vous dis!


Les deux gorilles qui assuraient la sécurité de l'extrémiste Meir Weinstein, dimanche, à Montréal, faisaient du grabuge en «bonne» compagnie, dans la Ville Reine, la semaine précédente.

Non, non. Le policier n'était pas là pour aider nos deux molosses à traverser la rue.

 
Dans la photo ci-contre, un des animateurs de cette manifestation de la LDJ haranguait la foule en scandant: «We will not submit to radicals!»









Bien échauffé, le même homme (voir la flèche) saute dans l'arène pour bouffer du Palestinien.

 





Mal lui en prit, car ceux à qui il a voulu faire un mauvais parti lui ont fait voir des étoiles. Il a fini à l'hôpital. Après cette dégelée, le slogan Never again qu'il arbore sur ses manches se transformera peut-être en une leçon de vie pour l'avenir. 



L'échauffourée a été diffusée sur le site Jihad Watch, un «programme» du David Horowitz Freedom Center dirigé par un certain Robert Spencer

Il faut visionner la vidéo et lire la version de l'empoignade faite par le groupe provocateur de la LDJ: «Une foule de musulmans déchaînée attaque et bat des protestataires juifs» 

À ce que l'on voit, les protestataires propalestiniens ne sont pas allés manifester devant une synagogue ou le consulat d'Israël de Toronto pour dénoncer les milliers de civils gazaouis morts ou blessés par les bombes de l'armée israélienne. Non, ils se sont plantés devant la Maison de la Palestine de Missisauga. Ce sont les membres de la LDJ qui ont fait la route pour aller à leur rencontre.

 
Les manifestants pro-palestiniens devant la Maison de la Palestine de Missisauga.



 



Le leader canadien de la LDJ, Meir Weinstein, était aux premières loges de la provocation.



Voici  la Maison de la Palestine. Un environnement pas particulièrement stratégique pour faire parler de soi.

En passant, pour ceux et celles qui ne le sauraient pas encore, je n'ai d'atomes crochus avec aucun groupe intégriste quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Est-ce assez clair?

LES SBIRES DÉBARQUENT EN VILLE


Croyez-le ou non, il y a dix jours, l’avenue Bernard a été le théâtre d’une alerte à la roquette. Pendant que les amateurs de pain tressé et de babka au chocolat faisaient la file devant la célèbre boulangerie Cheskies, des sonneries sont devenues folles toutes en même temps. D’un même réflexe, des Juifs hassidiques présents dans la boutique ont frénétiquement fouillé les poches de leurs redingotes noires pour en extirper leurs téléphones cellulaires aux abois. L’application Red Alert les avertissait qu’une roquette venait d’être lancée et qu’elle exploserait bientôt.

Dans la foule de clients de la boulangerie du Plateau, même les hipsters capotaient. Ils n’en revenaient pas qu’à Montréal, autant de Juifs aient téléchargé cette application pour connaître en temps réel le moment où une roquette quittait… la Bande de Gaza en direction d’une ville israélienne!
 
Avec cette psychose paranoïde qui semble s’être répandue jusque dans les boutiques du boulevard BCBG d’Outremont/Mile-End, faut-il s’étonner qu’aujourd’hui même (dimanche), la Ligue de défense juive (LDJ) ait décidé d’annoncer l’ouverture prochaine de l’aile québécoise de l’organisme à la réputation sulfureuse?

C’est un certain Meir Weinstein, le fondateur de la succursale de la LDJ de Toronto, qui est déterminé à implanter la branche guerrière en terre québécoise.

2 août 2014: Meir Weinstein entouré de ses gorilles, au centre-ville de Montréal

Cet ancien garde du corps a depuis longtemps juré loyauté au rabbin Kahane, fondateur de ce groupe d’extrême droite raciste et pourchasseurs d’Arabes. Mieux! Weinstein a toujours refusé de condamner l’attentat perpétré en 1994 par le terroriste de la LDJ américaine Baruch Goldstein qui a assassiné 29 Palestiniens au Tombeau des Patriarches. En avril 2011, la page Facebook LDJ de Toronto invitait ses membres à une manifestation aux bureaux de la communauté gaie Pride Toronto. Selon le Daily Xtra, l’invitation assimilait les gais aux... nazis!

Heureusement que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes veille au grain... et à l'ivraie. 


Tandis que son vice-président pour le Québec, Luciano del Negro, estimait ce soir à Radio-Canada qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter, son porte-parole David Ouellette soutenait, il y a quelques jours que les activités de la LDJ respectent les lois canadiennes. La lettre, c’est à voir, mais l’esprit, sûrement pas. 

Commentant l’annonce de cette implantation imminente, Joël Lion, consul général israélien à Montréal, a, pour sa part, prétendu sur les ondes de TVA que «le mainstream de la communauté ne la voit pas d’un bon œil ». Plus tôt, il avait rappelé qu’en Israël, les parlementaires de la Knesset avaient l’habitude de quitter l’enceinte parlementaire lorsque le rabbin Kahane prenait la parole.
 
Mais au Canada, tous ne semblent pas fuir comme la peste ces fanatiques qui donnent l’impression de vouloir s’inspirer du Commando des bâtards, de Tarantino.


Le 23 avril 2013, le Jewish Tribune publiait une photo montrant Frank Dimant, le Président-Directeur Général de B’nai Brith Canada aux côtés de Julius Suraski, un membre tellement impliqué au sein du groupe extrémiste qu’il a fait partie du voyage de Stephen Harper en Israël, en janvier 2014, à titre de coordinateur d’un évènement de la LDJ. 
Frank Dimant aux côtés de l'extrémiste Julius Suraski

La présence d’une personnalité de ce groupuscule dont la division états-unienne est qualifiée d’organisation «terroriste», «violente» et «extrémiste» était d’autant plus saugrenue que Suraski participait au conseil consultatif spécial de B’nai Brith Canada pour la Ligue des… droits de l’Homme! Peace & Love, you bet!

Alléguant avoir reçu plusieurs coups de fil de gens de la communauté juive de Montréal qui auraient été victimes d'actes antisémites, Weinstein a manifestement envie d’en découdre avec des organisations qui, à ses yeux, présentent une menace. Pourtant, pas plus tard que la semaine dernière, un porte-parole de la SPVM a été catégorique. Ces derniers temps, alors que la guerre entre Israël et la Palestine échauffe sérieusement les esprits, six plaintes auraient été reçues par les forces policières . C’est six de trop, j'en conviens, mais ce n’est sûrement pas avec les gros bras de ces têtes brûlées que le problème se résoudra. À moins que l'idée soit de faire monter la pression et de mettre de l'huile sur le feu.

Le gouvernement du Québec prétextera-t-il les accommodements raisonnables pour souhaiter la bienvenue à la Ligue de défense juive? Souhaitons que les autorités québécoises mettent vite ces tristes sbires au ban de la société.

lundi 7 juillet 2014

LES BONS (ET LES MOINS BONS) SENTIMENTS


À entendre les jérémiades des ténors hassidiques, les Montréalais pourraient croire que les contentieux que les leaders religieux entretiennent avec les élus et les citoyens ne datent que de quelques années. Et pourtant…  

Pourtant, à la séance du conseil d’Outremont du 2 juin 2014, un inconnu de la quasi-totalité des résidents de l’arrondissement est sorti du placard. 

Claudio Zanchettin
Ce costaud gaillard s’est présenté au micro lors de la période de questions. C’est là qu’il a choisi de révéler à l’ensemble des résidents qu'il a été «le seul citoyen d’Outremont à avoir participé à tous les comités interculturels depuis [le règne] Choquette».

Oh! boy. Ça c'est de la discrétion. Quand on sait que Jérôme Choquette a été maire d’Outremont de 1983 à 1991, on comprend que ça fait un bon quart de siècle que M. Claudio Zanchettin hante très discrètement les antichambres de l’hôtel de ville.

Après avoir encensé une récente initiative de rapprochement entreprise par certains résidents à l’égard de la communauté hassidique, Zanchettin n’a pu résister à l’envie de cracher du fiel au micro : «Je ne peux que dire tout le mal que je pense des gens qui, malheureusement, s’acharnent à alimenter les mauvais rapports entre les communautés.» (visionner sa courte intervention)
  
Au cas où il l'a oublié, si un tel comité a été mis sur pied voilà 25 ou 30 ans, c’est bien la preuve qu’il existait déjà d’importantes tensions intercommunautaires sur le terrain.

Les moins jeunes se souviendront de la crise des maillots de bain d'il y a 29 ans, ou encore du problème de l’implantation illégale de synagogues dans nos rues résidentielles, en 1988.
En 1985, une plainte logée par des hassidim avait entraîné l'interdiction des maillots de bains dans les parcs d'Outremont. Cela avait valu une caricature de Chapleau et une volée de bois vert au maire Choquette qui avait dû remettre ses culottes et reculer.




Étant donné l’état bancal des relations intercommunautaires aujourd’hui, une question nous démange. Au cours de toutes ces décennies pendant lesquelles vous avez siégé, M. Zanchettin, qu’avez-vous accompli de si génial pour rabibocher tout ce beau monde? Vous ne pourrez pas nous dire que c'est le temps qui vous a manqué.

Ce membre (à vie?) du comité intercommunautaire ne manque vraiment pas d’air. Comment peut-il se permettre de blâmer les élues actuelles et les citoyens qui ont à cœur le respect des règlements par tous? A-t-il aussi oublié que ces gens qu’il pointe du doigt n’étaient même pas dans le décor à l’époque. On croirait un mauvais remake de la fable du loup qui reprochait à l’agneau d’avoir troublé sa quiétude l’année précédente... alors qu’il n’était pas même né.  

Il nous semble que Claudio Zanchettin est d’autant plus mal placé pour donner des leçons qu’il a été de ceux qui, en juin 2005, avaient participé au très controversé voyage à New York offert au rabais par le JOCC et le richissime Michael Rosenberg qui — le hasard faisant bien les choses — siégeait avec lui à cette commission sur les relations intercommunautaires.

Tout comme Louis Moffatt (alors pressenti conseiller municipal d’Outremont), Edison Ramirez (l’actuel directeur de la Sécurité publique d’Outremont) et d’autres membres de cette commission, Zanchettin avait, entre autres,  bénéficié d’une nuitée à l’hôtel new-yorkais quatre étoiles de ce même Michael Rosenberg. Bref, un séjour d’une fin de semaine défrayée aux deux tiers par le JOCC et M. Rosenberg (voir les détails croustillants en cliquant ICI).
 
Si quelques rares personnes qui ont pris part à ce voyage ont écrit aux élus et aux autres membres siégeant à cette commission pour manifester leur inconfort à propos des largesses du lobby hassidique, M. Zanchettin s’était bien gardé de remettre en question les faveurs accordées.


Bien au contraire, M. Zanchettin a manifesté son intérêt pour entreprendre dans les mêmes conditions un deuxième séjour à New York, du 18 au 21 septembre 2007. Hélas pour lui, ce second périple a avorté après que j’eus dénoncé le scandale soulevé par le premier pèlerinage à New York.


Ce n'est pas tout. Lors qu’avec 40 citoyens, j'ai demandé la destitution de Michael Rosenberg du comité sur les relations intercommunautaires, Claudio Zanchettin (à l'instar de ses pairs) a refusé de se prononcer sur la conduite de son puissant et généreux collègue. 

Alléguant la présomption d'innocence pour Rosenberg, Claudio et les autres ne se sont cependant pas gênés pour faire mon procès, parlant d'une atteinte à la vie privée, de délation inacceptable et qualifiant même notre démarche d'«immorale» (voir le point 5, page 2 du procès-verbal).

Malheureusement pour eux, tous les tribunaux (Cour du Québec, Cour supérieure et Cour d'appel) m'ont donné raison sur toute la ligne.

Je m'en voudrais tout de même de terminer sans laisser une lueur d'espoir à mon nouvel ami Zanchettin. 

S'il trouve que les choses traînent à Outremont, il peut toujours se rabattre sur le Plateau Mont-Royal ou Rosemont. Là, les autorités de Projet Montréal marchent main dans la main avec les leaders hassidiques et entretiennent des rapports tout ce qu'il y a de plus harmonieux. À preuve, cette pub aperçue hier sur un abribus situé au coin de Christophe-Colomb et Beaubien. «Accueillons le Mashiach avec des actes de bonté et bienfaisance». 

En allant, sur moshiach.com, vous pourrez même faire un don à la secte ultraorthodoxe. Si c'est pas ça un acte de bonnes relations intercommunautaires, je sais pas ce que c'est!

«Accueillons le Mashiach»...sur Christophe-Colomb!

P.S.: Ne ratez pas la séance du conseil qui se tient ce soir, lundi, à 19h, au 530, avenue Davaar. C'est le dernier avant les vacances.

jeudi 3 juillet 2014

LE VISAGE DE LA MALTRAITANCE


Lorsque les médias ont étalé au grand jour la saga de la secte Lev Tahor de Sainte-Agathe, l’image des ultraorthodoxes en a encore pris un coup.

Plusieurs reportages dévastateurs nous ont montré des adolescentes parfois soumises à des mariages arrangés, des enfants négligés, généralement privés d’une éducation digne de ce nom et vivant dans des maisons pouvant être insalubres. Au point où les services de la protection de la jeunesse ont dû intervenir et décidé de retirer à certains parents la garde de leurs enfants. La saga a pris une tournure dramatique lorsque les membres de la secte, pris de panique, ont décidé de fuir le Québec en pleine nuit pour aller se réfugier en Ontario.

  
Dans le but probable de contrôler les dommages collatéraux, le rabbin orthodoxe
Le rabbin Reuben Poupko à l'émission The Fifth Estate
Reuben Poupko de Côte-Saint-Luc s’est montré en parfaite symbiose avec Frank Dimant, le leader de B'nai Brith Canada.

Comme Dimant, Poupko semble vouloir faire en sorte que la mauvaise réputation médiatique causée par la secte Lev Tahor ne vienne pas entacher celle des autres communautés ultraorthodoxes.


Pour saper la légitimité des Lev Tahor, le rabbin de Côte-Saint-Luc raconte (visionner le court extrait) que ce que vivent les adeptes de cette secte n'est pas authentiquement juif. «A cult is a very comforting bubble. All questions are answered, all decisions are handed over and you have this exhalted vision of your own destiny...»

Quelle coïncidence! Sa description des adeptes de la secte Lev Tahor se conjugue parfaitement avec le pouvoir des rebbe ultraorthodoxes que donne Lise Ravary à la page 62 de son bouquin Ma vie chez les juifs hassidiques: «Un rebbe... c’est ainsi qu’on appelle le dirigeant d’un groupe hassidique dont il est le maître absolu et incontesté. Il est traité comme un monarque par sa communauté, et ses disciples forment en quelque sorte sa cour. Les membres de la communauté le consultent pour toutes les décisions importantes de leur vie : mariage, emploi, investissement, etc.» Bref, c'est le gourou qui prend en charge ses sujets.

C’est intéressant d’entendre Poupko tenter de séparer le bon grain de l’ivraie. D’autant plus que le 10 mars dernier, j’ai reçu l’appel inattendu de Mendy Marcus, un jeune homme qui a réussi, non sans peine, à s’extirper de la mouvance hassidique.

Mendy Marcus en ma compagnie en mars 2014
 Nous nous sommes donné rendez-vous dans un café d’Outremont où Mendy m’a raconté à bâtons rompus la triste jeunesse qu’il a vécue non seulement chez les Lev Tahor de Sainte-Agathe, mais aussi chez les Tash de Boisbriand et les Satmar d’Outremont.

Né à Londres (GB), dans une famille ultraorthodoxe extrêmement religieuse, Mendy Marcus a suivi ses parents jusqu’à Monroe (NY) avec ses sept sœurs et quatre frères avant de se retrouver à Boisbriand à l’âge de six ans.

Victimes de la violence de leur père, Mendy et ses frères et sœurs ont été placés dans des familles d’accueil hassidiques. «J’ai passé quatre ans dans une école religieuse de Boisbriand. Je n’ai eu aucune éducation séculière. Je ne maîtrisais même pas bien l’anglais.»  

Mendy Marcus, un adolescent brimé
À 11 ans, sur la recommandation du travailleur social chargé de son cas, lui et un de ses frères sont remis aux «bons soins» de la secte Lev Tahor. Une expérience qu’il n’a pas particulièrement appréciée. (voir le court extrait vidéo). Pas plus, d’ailleurs, que les années qu’il a passées sous l’emprise de la secte Tash de Boisbriand où dans une école satmar de la rue Bates, à Outremont. «Les Satmar et les Tash, sont des sectes au même titre que les Lev Tahor, soutient Mendy. Ils nous forcent tous à croire sans nous permettre de penser.» Chez les Tash, par exemple, Mendy se rappelle que s’il avait le malheur de poser des questions à ses professeurs, on le frappait en lui reprochant de douter de Dieu. «C’est du lavage de cerveau à 100 %!»

Aujourd’hui, Mendy Marcus a renoncé à extirper son frère de la secte Lev Tahor. «Il est totalement fanatisé.» En revanche, il aimerait pouvoir venir en aide à ceux et celles qui souhaiteraient s’affranchir des sectes ultraorthodoxes. Il mijote d’écrire un livre sur cette triste réalité qui handicape des milliers de jeunes comme lui. 

Une chose est certaine. Ce n’est pas lui qui contredira la ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, qui a récemment assimilé la fréquentation de ces écoles illégales à de la maltraitance.

Pour joindre Mendy, vous pouvez lui écrire à: 
mendymarcus@gmail.com ou cliquer ICI


dimanche 22 juin 2014

LA CLAUSE OUTREMONT

Depuis quand un arrondissement se permet-il de dicter les conditions du déroulement d'une manifestation sur le territoire d'un autre arrondissement? Nous n'avions encore jamais vu ça, mais il semble que le Plateau ait décidé d'innover en matière de juridiction. 

Le 13 juin dernier, une chef de division de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal a accordé à la congrégation Toldos Yakov Yosef d'Outremont un permis lui permettant d'occuper l'espace public du Plateau... et d'Outremont!

Le 15 juin, grâce à ce permis, la procession hassidique a pu parader dans les rues du Mile End pour terminer sa course à la synagogue d'Outremont du 6019 Durocher, celle-là même qui avait été condamnée en décembre 2011 pour contrebande d'alcool.  

Le cortège, composé d'environ 600 personnes s'est mis en branle devant le 5583 Jeanne-Mance. Outre le pick-up Ford qui remorquait le système d'amplification et son chanteur, des fidèles tiraient un gros chapiteau à roulettes (environ 10 pieds par 10 pieds par 15 pieds de haut) protégeant la nouvelle torah destinée à la synagogue outremontaise.



Pour les besoins de la cause, les services policiers ont fermé les rues Jeanne-Mance, Saint-Viateur, l'avenue du Parc, les rues Hutchison et Bernard. 

Jusque-là, tout allait comme sur des roulettes. Mais à la hauteur de Lajoie, territoire outremontais, rien n'allait plus. Non seulement les autorités d'Outremont n'avaient pas été avisées de la fête qui se déroulait sur son territoire, mais le mandataire de la congrégation Toldos Yakov Yosef, a délibérément bafoué l'une des conditions du permis. Et qui était ce mandataire délinquant? Je vous le donne en mille! Nul autre que le lobbyiste ultraorthodoxe Mayer Feig, alias Matricule M-11


C'est un Mayer Feig heureux et sans l'ombre d'un remords qui fermait la marche dans son véhicule du service de sécurité Hatzoloh, en contravention du permis émis par le Plateau.

À défaut de l'obtention d'une autorisation des fonctionnaires d'Outremont, le permis du Plateau stipulait noir sur blanc (voir l'illustration ci-bas) que les célébrants n'étaient pas autorisés à occuper les rues de cet arrondissement. On demandait donc aux policiers de veiller à ce que les participants n'utilisent que les trottoirs de ces rues.

La «clause Outremont» édictée par les autorités du Plateau pour la manifestation du 15 juin 2014. .


La procession s'engouffre sur la rue Lajoie, contrevenant au permis délivré.
De toute évidence, même bien baraqué, le policier ci-contre s'est platement contenté d'un rôle de spectateur  de l'occupation illégale des rues d'Outremont.

Outre la rue Lajoie (jusqu'à Querbes), la rue Durocher a dû être fermée à toute circulation entre les rues Bernard et Van Horne. Au diable la réglementation! Au royaume d'Outremont, les religieux sont maîtres, n'est-ce pas?

Nous n'avons certainement pas de félicitations à faire aux fonctionnaires du Plateau. 



En feignant se préoccuper de la juridiction de leurs voisins d'Outremont, ils nous en ont passé une petite vite. Étant au courant que la procession comprenait un pick-up disco mobile et un chapiteau d'environ 1500 pieds cubes, ils savaient pertinemment que la procession ne pourrait se conformer à l'ordre de ne circuler que sur les trottoirs d'Outremont. Cette «clause Outremont» insérée dans le permis n'était rien d'autre qu'une farce grossière destinée à se disculper vis-à-vis l'arrondissement voisin tout en donnant l'absolution à Mayer Feig. Chapeau à Projet Montréal.

jeudi 12 juin 2014

LE GUIDE DES ÉGARÉS



Chat échaudé craint l’eau froide. Hier matin (mercredi), enfin conscient du flop retentissant de ses prédécesseurs, Yves Bolduc s’est bien gardé de plastronner. Pas question pour lui d’annoncer le recoupage des informations avec la régie d’assurance maladie pour débusquer les enfants qui ne fréquentent pas les écoles reconnues par le gouvernement. Le nouveau ministre de l’Éducation a plutôt opté pour la création d’un comité interministériel. En faisant interagir les ministères de l’Éducation, de la Justice et des Services sociaux, Bolduc espère identifier des solutions législatives qui lui permettraient d’agir plus efficacement.

À en croire Camil Bouchard, ancien professeur au Département de psychologie de l’UQAM et ex-critique en matière d’éducation du Parti Québécois, la nouvelle est encourageante… pourvu que le ministre ne perde pas de vue que c’est la protection et le développement des enfants qui doit demeurer sa priorité tout au long de son mandat. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, il rappelle que ces enfants des écoles clandestines sont tout simplement «piégés dans une communauté et ne peuvent espérer jouer un rôle de citoyens responsables ».

«Piégés!» Le mot est juste. Il y a quelques mois, une ex-enseignante dans une école hassidique pour jeunes filles d’Outremont m’a raconté le caractère schizophrénique de l’enseignement auquel elle était confrontée.

Dans le cadre d’un cours de science qu’elle était chargée d'offrir, cette enseignante non juive a eu, un jour, l’idée de parler de l’activité volcanique. Elle leur a expliqué que l’on pouvait considérer un volcan éteint s’il n’avait plus eu d’éruption depuis 100 000 ans.

Assise au fond de la classe, sa superviseure s’est mise à fumer sur sa chaise. Sans s’en rendre compte, la professeure venait de commettre une incroyable hérésie biblique. Elle aurait dû savoir qu’avant la création du monde, il y a 5774 ans, les volcans n’existaient pas. Pas plus que les dinosaures, d’ailleurs, qui n’ont été mis sur terre qu’au sixième jour de la création. Dans de telles conditions, on comprend les paradoxes insolubles auxquels est confronté tout prof de sciences qui se respecte.

Test de science: Béhémoth est présenté dans le Livre de Job comme  la force animale que l'homme ne peut domestiquer. Dans la religion juive, il est le symbole du démon et du mal. La théorie du créationnisme est une doctrine que partagent les fondamentalistes chrétiens et juifs.
Mais, dans ces écoles ultrareligieuses comme dans leur quotidien, en plus d’être sacrifiés sur l’autel de l’obscurantisme intellectuel, les enfants demeurent asservis à des codes de modestie délirants et débilitants.

Un exemple? Cette même enseignante a été témoin d’un évènement qui l’a franchement écœurée. Une jeune fille qui s’était vue refuser le droit d’aller à la salle de bains durant un cours n’a pas pu s’empêcher de faire pipi sur sa chaise. Après l’accident, on lui a interdit d’enlever ses collants. Elle a été contrainte de mariner tout le reste de la journée dans ses vêtements souillés. Modestie oblige, elle ne pouvait dévoiler ses jambes devant ses petites camarades de classe.

Tandis qu’on estropie les garçons en les condamnant à l’étude presque exclusive des textes sacrés, les filles, elles, reçoivent un enseignement rudimentaire qui leur permettra de servir d’interface avec le «monde extérieur». Même Lise Ravary admet que la situation des femmes ultra orthodoxe n’est pas reluisante. Dans la majorité des cas, il leur est impossible de faire des études supérieures. Elles ne sont même pas assez bonnes pour témoigner devant un tribunal rabbinique! La blogueuse du Journal de Montréal ne peut tout de même pas s'empêcher de dorer un peu la pilule des écoles clandestines:  «Au lieu de lire L’Alchimiste de Paulo Coelho, ils étudient Le guide des égarés de Maïmonides [sic]». Waow!


L'auteure Myriam Beaudoin
Le 24 novembre 2013, dans le cadre de l'émission Second Regard, Myriam Beaudoin, l’auteure du roman Hadassa a décrit son expérience d’enseignante dans une école ultraorthodoxe pour jeunes filles.

Avec une certaine nostalgie, pour ne pas dire une nostalgie certaine, elle a raconté que dès 12 ans, les jeunes filles se préparent lentement pour le mariage (visionner le court extrait). «Elles acquièrent toutes ces facultés féminines de bonnes femmes de la maison, qu’il s’agisse de la pureté de la nourriture, de la pureté des scènes intimes, de la pureté familiale et de la maison. Elles sont responsables de toutes les lois, toutes les traditions, tous les rituels.» Méchant choix d’avenir!

De façon réaliste, ce matin, Yves Boisvert et Mathieu Bock-Côté ont convenu que ce n’est pas demain que les autorités gouvernementales pourront mettre une fois pour toutes la clé dans la porte des écoles illégales (écouter l'entrevue). Mais il ne faut pas désespérer pour autant.



Ces enfants de l'illégale Académie Yeshiva Toras Moshe, de la rue Casgrain (Plateau Mont-Royal), seront-ils la nouvelle génération sacrifiée?

En fermant le robinet des subventions gouvernementales, la pression se fera plus grande sur les écoles clandestines, mais il y a d’autres fuites qui, peu à peu, pourraient miner  les fondations des yeshivas intégristes.

Il semble que de plus en plus de jeunes hassidiques font défection. Grâce, entre autres, aux nouvelles technologies d’information et de communications, ils n'auront jamais eu autant d'opportunité de se rapprocher et de s'entraider.

Aux États-Unis, par exemple, des ultraorthodoxes défroqués créent des blogues et des pages Facebook en formant ce que l’on a baptisé une communauté Off the derech (terme hébreu signifiant Hors du chemin) et où les participants se soutiennent et dénoncent, parmi tant de choses, les lacunes du système d’éducation religieux auquel ils ont été soumis. 
 
L'une des quatre ex-hassidim du reportage de NBC qui a fait le grand saut bien qu'on lui prédisait que les non-juifs allaient la... tuer! Bannie de sa famille, elle n'en termine pas moins ses études en théâtre. 
Il est extrêmement intéressant de visionner le reportage de NBC où on nous présente quatre anciens hassidim qui ont eu le courage de briser le moule de leur éducation ultrareligieuse pour n'écouter que leur soif de connaissance et de réalisations personnelles. Voici un reportage qui laisse entrevoir une lueur d'espoir.

mercredi 4 juin 2014

LA CHAIR À TALMUD


Au Québec, en matière d’éducation, tout n’est pas rose.  Parmi les nombreux problèmes auxquels nous sommes confrontés, pensons que 20 % des filles et 30 % des garçons n’obtiennent jamais leur diplôme collégial. Pas plus tard que mardi, nous apprenions que les enseignants de la 4e année du primaire sont forcés par le ministère de l’Éducation de réviser leurs copies afin de permettre à plus d’élèves de réussir l’épreuve ministérielle en lecture. Il n'y a pas vraiment pas de quoi nous péter les bretelles.

Mais quand on constate ce qui se passe dans plusieurs écoles hassidiques, on aurait presque envie de pousser un soupir de soulagement. Ce n'est pas peu dire.

Comment ne pas se morfondre pour ces milliers d’enfants à qui leurs éducateurs volent leur vie, leur avenir? Le 44e rapport annuel que vient de déposer la Commission consultative de l’enseignement privé révèle que la très grande majorité des institutions qui contreviennent aux normes du ministère sont (encore!) des écoles rabbiniques.

Entendre Alex Werzberger, ce navrant porte-parole des communautés hassidiques d’Outremont, tenir la dragée haute au gouvernement a de quoi révolter. Cela fait des décennies que l'intégriste religieux nous rebat les oreilles avec ses fanfaronnades, sa mauvaise foi patente et ses menaces. 


Alex Werzberger devant la synagogue qu'il fréquente au coin des rues Saint-Viateur et Hutchison

Aujourd’hui, comme hier, l'ultraorthodoxe satmar ne lâche pas son os. Il ne négociera qu'à ses propres conditions, car il sait très bien que l’éducation constitue la pire menace à l'autorité sectaire.  

Jamais il ne laissera quiconque détourner les enfants de sa communauté du droit chemin talmudique. Pas question qu’il leur permette de s’affranchir du joug dans lequel lui et ses acolytes les maintiennent de gré ou de force. Que le ministre se le tienne pour dit!

Werzberger qui m’a poursuivi avec la connivence du puissant Michael Rosenberg pendant près de sept ans pour me bâillonner et tenter d’étouffer ma liberté d’expression reste fidèle à lui-même. Habitué à imposer la soumission totale à ses ouailles dociles, il ne s'attendait pas à ce que je lui tienne tête. L'autre nabab non plus, d'ailleurs.

Malheureusement pour ces  «dignitaires» fondamentalistes, mes avocates viennent de m’apprendre qu'ils ont jeté la serviette. Il ne porteront pas leur poursuite abusive devant la Cour suprême du Canada. Me voici donc totalement blanchi. 

Déboutés sur toute la ligne en Cour supérieure, puis en Cour d’appel du Québec, les richissimes ploutocrates ont perdu leur coup fourré contre un goy (non-juif). C'est ce qu'on pourrait appeler se faire donner une «slapp» en pleine face. Celle-là, c'est moi qui vous le dis, ils ne l'auront pas volée! 
 
13 janvier 2013: Alex Werzberger, Martin et Michael Rosenberg en conciliabule avec leur avocat Julius Grey,  lors de mon deuxième procès.
 Si vous êtes sensibles à la lutte que je mène, si vous souhaitez m’épauler et m’aider à éponger une partie des 200,000$ de pertes que m'ont occasionnées  ces poursuites abusives de la part de mes détracteurs, je vous invite à cliquer ICI en vous remerciant d'avance.

vendredi 30 mai 2014

LES IMPUISSANTS

Il y a encore trois jours, l'animateur Paul Arcand avait beau rappeler que les politiciens ont «la chienne devant les écoles religieuses illégales», notamment devant les écoles de la communauté juive hassidique, Yves Bolduc se montrait déterminé. Dans le cadre de l'entrevue radiophonique au 98,5 FM, le ministre de l'Éducation promettait ceci : «Dans six à douze mois, vous allez voir, ça va bouger dans ces dossiers-là. Ça va être tolérance zéro».

Bolduc serait-il déjà en train de se dégonfler?
Pourtant, depuis hier, on a nettement l'impression qu'Yves Bolduc se dégonfle. Au Téléjournal de 18 h, nous avons eu droit à un aveu surprenant de la part du ministre. Il reconnaissait ne pas avoir toutes les ressources légales pour repérer ces enfants qui fréquentent ces écoles juives illégales. 

Quand on sait, par exemple, que le gouvernement fédéral est en mesure d'obtenir des informations personnelles pour attraper un chômeur qui aurait pris l'avion pour une petite escapade dans le Sud, on a toutes les raisons de désespérer en entendant le ministre dire que la législation sur la protection des renseignements personnels pourrait empêcher que l'on sauve des enfants à qui on nie une éducation absolument indispensable.

Remarquez que je ne suis pas si surpris que ça. À tous les niveaux de gouvernements, les politiciens semblent avoir les mains attachées dans le dos quand vient le temps d'intervenir dans des matières considérées «sensibles». L'intégrisme religieux est un de ces sujets hautement «totché». Même les choses les plus simples et qui tombent sous le sens deviennent des casse-tête inextricables pour qui craint d'être taxé d'antisémite. 

Un exemple? Ces jours-ci, sur l'avenue Bernard, nous célébrons un triste anniversaire. Cela fait sept ans bien sonnés que l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule a été acheté par la communauté hassidique. Sept ans que ce commerce a des allures de taudis infect avec ses vitrines brisées ou tapissées de papier Kraft et d'autres matériaux de fortune. Faudrait surtout pas que les autorités voient ce qui s'y trame! (cliquer ICI pour une courte vidéo prise en février 2010)
 
L'ex Grand-Mère Poule fréquentée allègrement sans certificat d'occupation, le 10 février 2010

Le 5 août 2010, j'avais invité Richard Bergeron et sa suite à une petite visite guidée de cette déchéance. Le chef de Projet Montréal, si attaché à l'urbanisme et à la vie de quartier, avait vu de ses yeux vu un adolescent et un adulte hassidique en train de cuisiner à l'intérieur de l'ancien restaurant alors qu'aucun certificat d'occupation n'avait été émis.

Ex Grand-Mère Poule: Sept ans de laisser-faire et de laisser-aller. Et aucun élu n'ose lever le petit doigt.



Les choses ont-elles changé? Pensez donc! Le 16 novembre 2011, Alex Norris, un conseiller de Projet Montréal du Plateau m'a écrit, pour me signaler, entre autres, ceci: «J'ai été en contact ... avec les gens qui se sont installés dans l'ancien restaurant La Mère Poule pour les encourager à remplacer le papier kraft qui se trouve dans leurs fenêtres par des rideaux ou quelque chose d'autre qui serait un peu moins désagréable à regarder. Ils m'ont répondu qu'ils allaient installer des rideaux à la suite des rénovations qui sont actuellement en cours, des rénovations qui devraient se terminer d'ici 8 semaines Selon ses dires, c'est tout ce qu'il pouvait faire en fonction des pouvoirs dont il disposait. 

C'était en 2011. Nous sommes en quelle année, aujourd'hui? C'est toujours aussi dégueulasse. Ça rénove apparemment encore. Mais avec quel permis?

Par contre, lorsque vient le temps de sévir contre le proprio d'un A&W qui rénove son commerce, Norris ne niaise pas. Le 12 août 2010, l'élu zélé lui écrivait une lettre pas piquée des vers.
  «Si vous êtes absolument déterminés à vous installer dans notre quartier, je vous prie de le faire de façon plus respectueuse de nos citoyens et de notre architecture patrimoniale.» Et vlan! 

La devanture «intolérable» pendant des travaux de rénovation: deux poids, deux mesures

Si nos élus ne sont même pas capable de faire enlever du papier kraft dans les vitrines d'une synagogue taudis sur une belle rue commerçante, comment espérer qu'ils fassent respecter les lois du ministère de l'Éducation?

En tout cas, si le ministre Bolduc veut débusquer des écoles illégales et «à vocation particulière», nous l'invitons à se rendre à l'ancienne Grand-Mère Poule (384, avenue Bernard Ouest). Ça lui évitera de mobiliser une armée de fonctionnaires pour découvrir... ce que les citoyens connaissent déjà!

 
Permis pour une école d'enseignement spécialisée délivré le 16 septembre 2010 pour le 2e étage de l'ancien restaurant. 




Une école avec des matelas, ça commence à ressembler à un pensionnat, non?