lundi 20 novembre 2017

LA « CHAIRE » DE POULE


Je ne sais pas si vous avez vu la pub que Projet Montréal - Outremont a diffusée à la fin de la campagne électorale. Personnellement, ça a été un peu comme mon chemin de Damas. Je n’ai pas pu faire autrement que de réaliser qu’on avait une méchante carence en mélanine.

Si on se fie à la vidéo Ensemble, nous sommes Outremont, les minorités visibles ne courent pas les rues de l’arrondissement. À l’exception de quelques «racisés» plus ou moins mélangés (comme on tente désormais de les qualifier), plus blanc que ça, on se retrouve au pôle Nord. Valérie Plante, Philipe Tomlinson et leurs neighborhood volunteers peuvent bien faire du White guilt!


Alors que Projet Montréal soutient que nous habitons sur des terres autochtones non cédées, impossible de savoir s’ils ont inclus un amérindien dans cette pub. Par contre, il est flagrant que le nouveau maire Tomlinson et Rani Cruz, sa directrice de campagne, ont fait preuve d’un flagrant manque de sensibilité, voire d’une scandaleuse discrimination.


Les 43 figurants de la vidéo électorale de Projet Montréal - Outremont

Pendant qu’un chien et sa maîtresse (en bas à droite sur la photo ) arborent fièrement un «Nous Sommes Outremont», on ne retrouve pas l’ombre d’une rouflaquette hassidique parmi les 43 figurants (je ne compte pas le beau pitou!). Pourtant les inclusifs n’arrêtent pas de dire que les ultraorthodoxes constituent 25 % de la population d’Outremont.

Philipe Tomlinson, bien entouré des lobbyistes hassidiques Mayer Feig et Max Lieberman. Ils ont su bien encadrer celui qui est devenu le nouveau maire d'Outremont. De véritables experts. Kippa, messieurs!

Projet Montréal aurait-il honte des membres de la secte qui a largement contribué à le faire élire? À moins que les principaux intéressés aient refusé de figurer sur une photo avec des femmes? Si j’étais Mayer Feig ou Max Lieberman, je n’attendrais pas une seconde pour porter plainte à la Commission des droits de l'homme des Nations unies.


Une chose est sûre, c'est que cette vidéo peut bien donner «la chaire (sic) de poule», comme le clame Projet Montréal sur sa page Facebook. Confondre le frisson avec le siège d'un pontife prédicateur est très révélateur du penchant de Tomlinson et cie pour le religieux extrême!

Plus sérieusement et pour vous dire bien franchement, si le nouveau maire d’Outremont nous annonçait à la séance du conseil du 4 décembre prochain, qu’il allait implanter sur le territoire de notre arrondissement une politique d’accueil de nouveaux arrivants d’Haïti, de Syrie, du Venezuela, du Myanmar et de Dieu sait où, je pourrais être d’accord avec ça.

Tomlinson en voudrait-il 3 000 d’ici la fin de son mandat, en 2021? Pas de problème. De la place, on en ferait. En plus du nouveau quartier qui sortira de terre sur l’ancienne gare de triage, avant trop longtemps, les vieux croûtons comme moi se dessécheront dans les CHSLD ou, mieux encore, dans le «trou du bedeau» comme disait feue ma grand-mère. C’est sans compter que Valérie Plante pourrait mettre sur pied un programme de subventions pour le creusage des caves de services sous les nombreux triplex du quartier. Je n’aurais même pas peur que Tomlinson augmente le quota à 4 000!

Certains se demanderont si je suis tombé sur la tête. Pas du tout. Pour bon nombre de citoyens, si les nouveaux arrivants étaient prêts à s’intégrer (je n’ai pas dit s’assimiler!) et à accepter que le français soit la langue commune, ils seraient probablement accueillis avec le sourire.

Le problème n’est pas ethnique. À preuve, Outremont a déjà compté 30 % de juifs et, que je sache, on n’y dénotait pas d’animosité digne de faire la manchette des journaux et des téléjournaux. C’est vrai qu’Abraham ne pouvait pas convoler avec Yvette (quoi que…), mais on ne vivait pas les tensions qui vont sans cesse croissantes depuis les 20 ou 30 dernières années.


Avec la montée en flèche du fondamentalisme religieux, à moins d’être coursier, commis ou jobber, finie, l’époque ou Marcel pouvait travailler dans la même petite boîte que Shlomo. On passe désormais son chemin sur la rue et on ne risque plus de se croiser au café du coin. Les interdits sont partout. Et dès le plus jeune âge.

Si Boucar, An Bình, Étienne et Joyce peuvent marcher à l’école ensemble et jouer à la tague dans la ruelle, ils doivent se contenter de regarder Naftali et Hila monter dans des autobus ségrégués pour se rendre dans des écoles encore plus ghettoïsées où l’enseignement des matières scientifiques (désormais appelées «profanes») est passé au tamis d’un dogme fanatique. Hors des murs isolationnistes des écoles religieuses, nos quatre jeunes
«métissés serrés»* ne pourront qu’observer leurs voisins hassidiques filer sous leur nez en trottinette, car les parents de ces derniers, sermonnés par leurs rabbins tout-puissants, ne veulent (ou ne peuvent!) laisser leur progéniture se frotter aux goys.

Il est là le principal problème que vit Outremont. Ce genre d’apartheid institutionnalisé n’existe chez aucun autre groupe ethnique non fondamentaliste. D’où qu’ils proviennent, les nouveaux arrivants (et ceux qui ont élu domicile ici depuis quelques générations) souhaitent pouvoir faire corps avec les populations locales. Tout ne se fait pas toujours facilement, bien sûr. Oui, il y a du racisme, oui, cela requiert un effort de part et d’autre, oui, il y a des difficultés, mais dans l’ensemble, le temps se charge d’arrimer les liens.

Or, partout où les sectes hassidiques s’enracinent, les mêmes problématiques, les mêmes crispations, le même désir de faire bande à part surgissent. Rappelons-nous les bons mots du rabbin Eliezer Frankfurter, le beau-frère de Michael Rosenberg:
«Ça nous est inconcevable de vivre comme tout le monde. On est obligé d’avoir une certaine attitude qui est : Ok, nous, on ne vous dérange pas, mais, s’il vous plaît, ne nous dérangez pas.... Il vaut mieux rester chacun chez soi.»


Crédit photo: Jackson Krule for The New York Times

Peut-on parler d’un atavisme québécois? Allons donc! Ce qui s’observe à Outremont, Boisbriand, Sainte-Agathe ou Val-David se vérifie partout ailleurs. Que ce soit dans les villes américaines (Monroe, Bloomingburg, East Ramapo, Lakewood, Kiryas Joel [lire l'article du NY Times d'hier], New Square, Williamsburg, Borough Park, etc.) ou israéliennes (Jérusalem, Bnei Brak, Beit Shemesh, etc.), les conflits larvés ou ouverts avec les autorités hassidiques se développent ou font rage. Partout et immanquablement. Ils sont le fait des visées expansionnistes que nourrissent les dirigeants ultraorthodoxes.

Avant longtemps, ce ne seront plus trois ou quatre fidèles à schtreimel qui insisteront pour marcher au milieu de la chaussée le jour du sabbat. Leurs papes de quartiers exigeront que les rues résidentielles soient interdites au trafic automobile entre le coucher du soleil du vendredi et du samedi soir.

Même au niveau immobilier, les différences sont frappantes. Permettez-moi d’utiliser une image.

Jamais vous ne verrez de familles ukrainiennes, haïtiennes, tamoules, brésiliennes, françaises ou italiennes s’en remettre à leurs autorités consulaires ou ecclésiastiques afin que ces dernières acquièrent des biens immobiliers pour y installer leurs ressortissants dans des secteurs qu’elles souhaiteraient investir (dans tous les sens du terme!). Comme vous et moi, tout ce beau monde cherchera son petit nid familial dans un coin qui lui plaira (pour x, y raisons) et pour un prix qu’il considérera comme abordable. Or, au sein de la constellation hassidique, les choses se passent souvent différemment.

Plusieurs d’entre vous l’auront peut-être vécu comme moi. Pas plus tard que ce matin, un certain Shimon Spitzer m’a encore téléphoné à la maison pour m’inciter à lui vendre ma propriété. Je ne lui réponds même plus. Il devrait pourtant savoir que j’ai vendu mon condo voilà plus de deux ans.


Shimon Spitzer, résident d'Outremont, appelle régulièrement chez moi, me disant qu'un ami à lui voudrait acheter ma maison. Son dernier appel date de ce matin.

Des cellules hassidiques (pas des courtiers!) sillonnent constamment nos rues (et le registre d’évaluation foncière) à l’affût de propriétés à acquérir. Pas pour eux-mêmes ou pour leur famille, mais pour des membres quelconque de leurs sectes. Ils sont particulièrement attirés par les résidences ou immeubles appartenant à des personnes âgées qu’ils sollicitent, voire harcèlent en frappant à répétition à leur porte. Vous trouverez même des rabbins se pointer avec près de 1M$ comptant pour acheter un triplex dans lequel ils installent leurs ouailles désargentées. Vous essaierez ça avec votre curé de paroisse pour voir.

C’est sans parler des Léo Kohn, Michael Rosenberg, Max Lieberman, Alexander Schwarcz, et bien d'autres qui ratissent (ou font ratisser) le secteur, tantôt pour le résidentiel, tantôt pour le commercial.

Vous n’êtes pas sûrs que la ghettoïsation augmente à la vitesse grand V? Allez faire un tour sur l’avenue du Parc. On pourrait déjà la rebaptiser Boulevard de la Théocratie. Plus ça va, plus cette artère ressemble à la
14th Avenue de Borough Park, à Brooklyn. Je vous invite à voir ce qu’est devenue cette avenue du ghetto hassidique de New York. Vous me direz si ça vous inspire.

Je l’ai déjà dit dans ce blogue et je le répète. Je ne blâme pas les familles hassidiques qui vivent autour de chez moi. Les pauvres, elles sont totalement sous le joug de leurs leaders religieux. Elles n’ont pas le choix de marcher au pas, au doigt et à l’œil si elles ne veulent pas s’exposer à l’ostracisme du clan. Vous ne me croyez pas? Visionnez la bande-annonce du nouveau documentaire produit par Netflix sur les ultraorthodoxes qui veulent échapper à leur sort. Déjà en 2014, je parlais de certains de ces protagonistes sur mon blogue.


Scène du documentaire One of Us, de Netflix

Je laisse le mot de la fin à Jean-Louis Roy qui, en 2008, nous avertissaient du danger qui guette notre société:


«… il y a une nécessité absolue de condamner, dans la religion ou dans les pratiques extrémistes, tout ce qui est la construction de frontières mentales qui font que des groupes se séparent de la citoyenneté commune.

«... Il n’est pas acceptable que le droit commun ne soit pas respecté sous des prétextes religieux. Il doit y avoir une frontière étanche entre les deux. Il n’est pas possible que l’extrémisme religieux isole des femmes, des enfants et crée des ghettos extraordinaires."... On doit réfléchir au Québec sur les écoles confessionnelles et les écoles des communautés. D’un côté, on a l’impression (et il y a de la vérité dans ça) que l’on respecte la diversité, mais d’un autre côté, on crée des systèmes qui exacerbent l’extrême volonté de ces gens de ne pas appartenir à la communauté commune.

«... Créer des systèmes qui se multiplient selon les groupes religieux, c’est courir après des problèmes très très graves.
»


Qu'ajouter de plus? 

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* Merci à Boucar Diouf pour cette belle expression que je lui vole!

mercredi 8 novembre 2017

LA NOUVELLE ÈRE DE PAIX


Le moins que l'on puisse dire, c'est que la campagne électorale montréalaise n’a pas été banale. Au point où l’impensable s’est produit.

Un vieux routier qui se fait klaxonner, doubler puis aveugler dans un nuage de poussière par une femme qui semblait s’être engagée dans la course en trottinette. C’est ce qu’on appelle se faire «damer» le pion solide. Mip! Mip! 


Mip! Mip! Tasse-toi, mononcle!

Au niveau de la ville, Projet Montréal a fait une campagne remarquable. Dans les courbes, Valérie Plante n’a même pas frôlé l’accotement. Même aux abords des renflements de trottoir, elle n'a jamais égratigné ses «caps de roues». Chapeau!

À différentes reprises au fil des années, j’ai répété dans ce blogue que j’appréciais une très grande partie du travail abattu par le maire Luc Ferrandez. Je pense toujours qu’il a amené un vent de changement salutaire et sécuritaire pour les habitants du Plateau.

Dans le cas précis des relations entre les communautés hassidiques et le reste de la population, Ferrandez y a mis une certaine énergie. En 2013, pour tenter de reprendre le contrôle sur
la prolifération anarchique de lieux de culte illégaux, le maire du Plateau a procédé à une modification du règlement de zonage. Dorénavant, pour ouvrir un centre communautaire ou un lieu de culte (toutes confessions confondues), les requérants devraient se soumettre à une demande de dérogation à l’arrondissement.

Comment pensez-vous que les trois porte-parole hassidiques autour de la table ont réagi? Alex Werzberger, Mayer Feig et Max Lieberman ont crié Au meurtre! Ils ont fait comprendre au maire qu’ils pourraient bien continuer de mettre les autorités municipales devant le fait accompli.

En bon négociateur, Luc Ferrandez a… négocié! Il s’est montré à la fois ferme, compréhensif et flexible. Pour qu’ils acceptent son «deal», le maire a donné l’absolution à cinq des lieux de cultes (5812 à 5814, 5846, 5870, 5896 à 5906 et 6082 avenue du Parc ) qui opéraient illégalement entre les avenues Bernard et Van Horne.



Même Alex Norris qui les chouchoute n’a pas obtenu qu’ils fassent le ménage des vitrines de plusieurs de ces lieux de culte qui ressemblent à de vraies soues à cochons.

Que voilà une belle entente, non? Les ultrareligieux s’y sont-ils conformé? Pensez donc! Ils ont bien été forcés de se soumettre aux objectifs du plan d’urbanisme pour quelques très gros lieux de culte clandestins dont le secret avait été éventé sur l’avenue du Parc, mais ça ne les a pas empêchés de continuer de verser dans l’irrégularité et d’en passer des petites vites aux élus, aux inspecteurs et aux citoyens.

Pour n’en donner qu’un exemple patent, dès janvier 2016, j’avais soulevé l’existence d’un nouveau lieu de culte illégal au 5879 du Parc. 


Au 5879 du Parc, on continue d'y faire ses ablutions illégalement, comme si tout baignait.

Au moment où vous lisez ces lignes, les administrateurs de cette secte réfractaire continuent de squatter ce commerce aux rideaux fermés. Le 6 juillet 2017, Me Claude Groulx, le secrétaire de l’arrondissement du Plateau m’a confirmé que l’endroit n’avait pas de certificat d’occupation. On y fait donc ses ablutions sans se soucier le moins du monde du « deal » négocié avec Ferrandez.

Avec moins de 2 % de hassidim sur son territoire, le Plateau ne parvient pas à se faire respecter. Imaginez-vous maintenant ce que ça risque d’être avec 20 % d’ultrareligieux sous la «férule» d’un Philippe Tomlinson.

Entendons-nous. Le nouveau maire d’Outremont a gagné ses épaulettes et je ne sous-estime aucunement sa victoire. Il a su surfer sur la déferlante suscitée par Valérie Plante. Une vague qui a été amplifiée par la lamentable performance de Denis Coderre. Et il a été en mesure de convaincre 47 % des électeurs, ce qui n’est pas rien. 



On peut difficilement être contre la vertu. Aussi, il faudra lui laisser la chance de tenter d'aplanir les frictions qui minent Outremont depuis plus de 35 ans. S’il y parvenait, tout le monde lui en saurait gré. Moi le premier.

Le hic, c’est que Tomlinson est très mal parti avec son programme de réconciliation nationale
.
  
Dans le dernier droit de la campagne électorale, l'aspirant maire n’a eu aucun scrupule à recourir à un procédé aussi répugnant qu’odieux à l'encontre d'un candidat d'un camp adverse.  Le 27 octobre dernier, dans un courriel classé «haute importance», Tomlinson a, entre autres, qualifié Jean-Marc Corbeil d’«antijuif notoire». Il demandait à ses troupes de faire circuler l'information.

Je ne sais pas si le candidat qui s'est fait élire dans le district Robert-Bourassa a l’intention ou non de lui faire ravaler ses propos, mais une chose est sûre, c’est que si un homme qui espère devenir le premier magistrat d'un arrondissement m’avait lancé une telle accusation, il aurait déjà reçu une mise en demeure assortie d’une belle somme compensatoire pour atteinte à ma réputation.

Un coup parti, Tomlinson devrait aller au bout de ses amalgames. Qu’il dise donc aux 46,53 % des électeurs qui ont fait élire M. Corbeil qu’ils sont des «antijuifs». Le nouveau maire n’est pas encore en poste qu’il a déjà mis la table pour semer la zizanie. Champion! C’est sans compter que les dirigeants hassidiques n’ont pas la réputation d’accepter autre chose que la capitulation. Pas plus ici qu’ailleurs dans le monde.
 

Pour le préparer, j'invite Philipe à lire un article du très sérieux magazine The Economist publié le 2 novembre dernier. On y raconte que dans la petite ville de Monroe  (65 km au nord de New York), on ne demande pas un référendum sur les lieux de culte. Non. On réclame rien de moins que la sécession pure et simple de la partie de la ville qui est aux mains d’une secte hassidique qui aurait rendu le conseil municipal de Monroe complètement dysfonctionnel, sans parler des querelles et des luttes de pouvoir larvées qui y font rage depuis des dizaines d'années.

À ceux qui auraient le réflexe d'y voir du racisme systémique, M. Samuel Heilman, expert en judaïsme orthodoxe et professeur au Queens College, prend la peine de souligner, dans cet article, que les tensions entre les deux groupes n’ont rien à voir avec de l’antisémitisme. Tiens donc!




Nouvelle de l'heure 

Breaking News


J'apprends à l'instant même que les électeurs de la ville de Monroe ont massivement approuvé la sécession de Kiryas Joel* de Monroe, une proposition qui créera la première nouvelle ville de l'état de New York en 35 ans et qui résoudra les récents efforts d'expansion de Kiryas Joel et son influence démesurée jusque dans les élections scolaires de Monroe alors qu'aucun enfant hassidique ne fréquente ces écoles publiques.


* Pour ceux qui l'auraient oublié, Kiryas Joel est cette communauté hassidique modèle que Michael Rosenberg et Mayer Feig, deux de nos plus ardents lobbyistes ultraorthodoxes d'Outremont, ont été fiers de faire visiter à rabais à une quinzaine d'élus, de fonctionnaires, de membres de la sécurité publique, de la police et de la commission sur les relations intercommunautaires d'Outremont, en 2005. Je vous incite fortement à lire Le canal évasion, une des chroniques que j'avais pondues à ce sujet après avoir découvert le pot aux roses qui empestait le favoritisme à plein nez.

jeudi 2 novembre 2017

DE MANIGANCES ÉLECTORALES ET DE NON-DITS


Pendant plus d’un an, Projet Montréal a mis toute la gomme pour soutenir la possibilité de créer encore plus de lieux de culte sur les artères commerciales que sont Bernard et Laurier.

Maintenant qu’il a perdu le référendum sur la question, Philippe Tomlinson, candidat à la mairie d’Outremont pour Projet Montréal, veut doter l’arrondissement d’un mécanisme réglementaire (PPCMOI) qui permettrait de déroger au zonage établi et de modifier le type d’occupation d’un immeuble. Cela lui donnerait les coudées franches pour faire indirectement ce que le règlement de zonage ne permet pas de faire.


Philipe Tomlinson et sa coéquipière Mindy Pollak qui cherchent à se faire élire à Outremont sous la bannière de Projet Montréal.

À quelques jours du scrutin, Tomlinson ne sait plus quoi faire pour faire gober au peuple qu’il a l’intention de respecter le résultat du référendum qu’il a perdu. Pourtant, le 25 octobre dernier, personne n’a eu besoin de le torturer pour qu’il révèle à ses partisans la stratégie qu’il souhaite mettre en place s’il est élu.


Écoutez l'extrait de l'enregistrement des propos qui sont sortis de la bouche même de Tomlinson lors de cette réunion électorale qui s’est tenue au 1465 Avenue Van Horne : «On a besoin de trouver une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de contourner ce règlement-là qui interdit [les synagogues] à Outremont.» Plus clair que ça, tu meurs! À bon entendeur, salut!

Puisqu’on parle de l’avenue Van Horne, il s’y trame quelque chose qui vient de créer toute une surprise à certains parents de jeunes enfants qui fréquentent une garderie de l’arrondissement.


Alors que les centres de la petite enfance (CPE) Pitchounet et Frisson de Colline se voient forcés de se trouver de nouveaux locaux à la suite de l’éviction prévue par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, voici maintenant que la garderie Montessori qui a pignon sur rue au 1357 Van Horne vient de changer de main.


L'ex-garderie Montessori, près de l'épicerie fine Young et du métro Outremont

Imaginez-vous donc que pas plus tard que le 7 août 2017, cette garderie privée subventionnée pour accueillir 60 enfants a été achetée pour 1,1 M$ par la société de portefeuille 9362-3577 Québec inc. Or il se trouve que cette entreprise n’est détenue par nul autre que mon bon ami Max Lieberman. C’est ce lobbyiste hassidique bien connu à Outremont, au Plateau et jusque dans les Laurentides qui exploiterait désormais cette garderie.

 
Max, alias Menachem, a-t-il vraiment l’intention d’y poursuivre l’approche Montessori qui vise «le développement complet de la personnalité de l’enfant»? Poser la question c’est pratiquement y répondre.



Max Lieberman chahutant la soirée de consultation publique sur les lieux de culte sur les avenues commerciales Bernard et Laurier

Informés de cette nouvelle aventure, il nous est permis de nous poser des questions pas seulement sur les intentions de Projet Montréal, mais aussi sur celles du maire sortant Denis Coderre.

Depuis que Coderre a fait allusion au fait qu’une solution au problème des lieux de culte pourrait peut-être être trouvée sur l’avenue Van Horne, les citoyens d’Outremont n’ont jamais pu obtenir de réponse à ce sujet. Au point où on peut se demander si le nouvel achat du lobbyiste Lieberman ne ferait pas partie d’un «deal» que le maire Coderre (ou Valérie Plante!) aurait pu passer avec les huiles hassidiques.
 
Campagne électorale 2013 :
À gauche, Denis Coderre à portée de main des lobbyistes hassidiques Mayer Feig et Hersber Hirsch; à droite, vidéo clandestine lors d’une assemblée secrète entre Coderre et les hassidim d’Outremont

Max Lieberman a-t-il d’autres plans qu’une garderie pour l’édifice de trois étages qui se trouve au cœur même de la vie commerciale de l’avenue Van Horne?  

Habitués que nous sommes à voir surgir des garderies, des écoles et des lieux de cultes illégaux, la question est loin d’être farfelue. Elle se pose d’autant plus que ce ne serait pas une première.  

Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, mais le 19 avril 2017, la secte Imray Chaim O’Chasidai Wiznitz, qui opère cette école illégale qui avait été investi par la DPJ, au coin de Parc et Beaubien, a acheté pour 2,2 M$ un bâtiment de trois étages à deux pas de là, soit au 6585, rue Jeanne-Mance, dans l’arrondissement Rosemont. 

L'édifice du 6585, rue Jeanne-Mance, acheté par la secte hassidique pour y soi-disant aménager une garderie.

David Weinberger, un administrateur de cette secte hassidique que la conseillère Mindy Pollak connaît bien (elle est elle-même une ultraorthodoxe Wiznitz) a envoyé des lettres d’éviction aux locataires d’ateliers d’artistes qui y ont pignon sur rue depuis 20 ans, sous prétexte de vouloir y aménager une garderie. Or, non seulement l’espace (12 000 pieds carrés!) semble démesuré pour l’aménagement d’un CPE, mais en plus, une affiche en yiddish trouvée à l’école illégale au coin de Parc et Beaubien fait état d’une campagne de financement de 1 M$ pour «l’aménagement d’une nouvelle école primaire pour garçons».  (traduction: une gracieuseté d'un copain israélien) 

Wouppelay! Une école! Pourtant les lettres d’éviction remises aux locataires mentionnaient bel et bien une reprise de possession pour une garderie. Ça sent mauvais, vous dites?

Comme par hasard, la fameuse affiche illustre justement l'édifice de la rue Jeanne-Mance récemment acheté par la secte Wiznitz qui a évincé les locataires.

En dépit des lettres très avenantes adressées à M. Weinberger, ainsi qu'au groupuscule pro-hassidique Friends of Hutchison Street et à la conseillère de Projet Montréal Mindy Pollak, la Coalition Jeanne-Mance (un groupe de résidents qui souhaite entretenir une cohabitation harmonieuse entre citoyens corporatifs et les résidents de ce quartier) a frappé un mur de silence. Personne n'aurait répondu à leur invitation. Même pas Mindy Pollak? Elle a fait carrément la morte. Elle n'allait quand même pas se mettre en travers du chemin de ses coreligionnaires, n'est-ce pas?

Fort de cette expérience pénible qu'ont vécu nos voisins de Rosemont, je parie qu'il se manigance des choses pas très catholiques tant sur Van Horne que sur Bernard. 

Dans Outremont, allez-vous vraiment voter pour un maire d'un des grands partis?  

Histoire à suivre et à finir dans les prochains jours.

lundi 30 octobre 2017

DU THÉÂTRE À LA VRAIE VIE


À cinq ans, mes parents m’avaient inscrit dans une maternelle anglophone de Drummondville. À l’époque, je ne parlais pas un mot d’anglais, ce qui ne m’avait pas empêché, en fin d'année, de monter sur scène et de faire ma petite prestation devant les parents des enfants. Je m’en souviens comme si c’était hier : «I like to giggle. When my dad tickles me, I giggle.» Dans la salle, papas et mamans applaudissaient.

Plus d’un demi-siècle plus tard, la tradition se poursuit dans une école primaire d’Outremont. À une différence près. Les sept enfants anglophones jouent bien une petite pièce de théâtre, mais celle-ci a été organisée et dirigée par des adultes qui projettent sur leurs petits chérubins l’activisme politique débridé qu’ils souhaitent leur inculquer. Il s’agit, en fait, d’une initiation à l’art des raccourcis, à l’endoctrinement primaire et aux stratagèmes de la distorsion des faits. Bref, on a poussé ces jeunes à parodier une culture politique qui les dépassent encore tout de même.

La parodie d'une assemblée du conseil d'Outremont jouée par des enfants du primaire, en septembre 2017. 
P.s.: Les parents avaient mis en ligne une vidéo de cette prestation sur la page Facebook des Friends of Hutchison Street, le 11 septembre dernier, mais elle a tout récemment été retirée. 

L’une des jeunes filles joue le rôle de Mindy Pollak, la conseillère hassidique de Projet Montréal dans Outremont. Une autre, celui de Céline Forget, la conseillère indépendante du district Joseph-Beaubien. Et ainsi de suite. Un jeune garçon endosse même mon personnage en posant à la mairesse la question du mois qui tue!

On ne sait pas si l’enfant qui joue le rôle de Mindy Pollak deviendra à son tour la marionnette des dirigeants de la secte fondamentaliste, mais Belinda Peres, sa maman, gloussait de plaisir devant sa Mindy-to-be! Comme les autres adultes présents au spectacle, elle gravite autour du fameux Comité de promotion du pluralisme au sein des écoles d’Outremont dans lequel militent rageusement les sœurs Dorner, Claire Cloutier, Elizabeth Ball et autres sympathisantes des Friends of Hutchison Street.
N'est-il pas cocasse de constater qu'elles ont choisi les «armoiries» de Westmount comme décor de fond de scène pour leur fameuse pièce de théâtre?

Pour personnifier la conseillère Céline Forget, une autre petite fille arborait une vadrouille sur la tête. Les parents de la gaugauche bien-pensante qui ont conçu le scénario n’ont pas conscience qu’en plaçant cette «moppe» sur la tête de la conseillère Forget, plutôt que de la ridiculiser, ils démontrent, sans le vouloir, que l’élue du district Joseph-Beaubien a effectivement tout d’une Mme Blancheville qui, avec son fameux Spic & Span, a fait un méchant ménage au fil des années où elle a siégé au conseil d’arrondissement. Pour l'avoir vu aller, on peut dire que sa vadrouille est particulièrement efficace dans les coins où la saleté a tendance à s’incruster!

Ce qui m’étonne de ces multiculturalistes à tout crin, de ces chantres de l’orthodoxie halloweenienne, c’est leurs extraordinaires contradictions.

À la fois féministes engagées, tantôt hétéros, tantôt homos, tantôt bis (?), elles peuvent aussi bien militer en faveur du poil aux aisselles, du changement de sexe, de l’antiracisme, du droit sacré à l’éducation des enfants et des animaux à un traitement humain tout en se battant bec et ongles pour soutenir des leaders sectaires qui rasent la tête de leurs femmes, bafouent l’égalité des sexes, condamnent l’homosexualité, conspuent la liberté de choix, interdisent les mariages intercommunautaires, dénigrent l’enseignement des matières scientifiques et saignent les animaux à froid pour pouvoir les manger. J'hallucine!

Ces groupuscules anglophones ne sont, en fait, que les pantins dont se servent les dirigeants hassidiques prêts à se boucher le nez tant et aussi longtemps que ces hors-caste «dénaturées» leurs servent à promouvoir leur apartheid cultuel et culturel. Si, un jour, les intégristes devenaient majoritaires sur le territoire, ils n'auront plus besoin de ces improbables alliées, qu'elles soient juives ou non. Vous surveillerez alors la façon avec laquelle les leaders sectaires les enverront aux orties.
 
Mayer Feig et son pouvoir de conviction

Le lobbyiste Mayer Feig et ses acolytes ont créé de toutes pièces ces groupes composés de véritables mercenaires à la solde des fondamentalistes de la pseudo rectitude politique. Ils sont le ventriloque des ultras religieux qui parlent sans devoir montrer leurs rouflaquettes. La tactique est ingénieuse, mais la population n'est pas dupe.

Aussi donc, le 5 novembre prochain, j'invite les citoyens d'Outremont à considérer en tout premier lieu les candidats indépendants, là où ils se présentent. Ils sont généralement en mesure de défendre le bien commun des citoyens sans avoir à se plier aux diktats des partis et à infliger des contorsions aux principes qui les animent pour satisfaire des fins bassement électoralistes. 

Au poste de maire d'Outremont, mon vote ira à l'avocat Alexandre Lussier. Seul candidat indépendant à briguer ce poste à Outremont, son programme est bien étayé.



Dans le district où j'habite (Claude-Ryan), c'est la candidate indépendante Chantal Raymond qui peut être assurée de mon vote pour le titre de conseillère municipale.

Rompue à la politique municipale, Chantal Raymond a été conseillère de 1991 à 1995 et a déjà siégé à titre de présidente du comité consultatif d’urbanisme (CCU). Elle a, entre autres, été impliquée dans le développement de la bibliothèque Robert-Bourassa, le Théâtre Outremont et le HLM Justine Lacoste de l’avenue Bernard.


Dans les autres districts: 

Élue à trois reprises à titre d'indépendante dans deux districts différents d'Outremont, Céline Forget est très certainement la conseillère qui a la meilleure connaissance des dossiers qui touchent les citoyens de l'arrondissement. Si j'habitais son district (Joseph-Beaubien), c'est elle qui récolterait mon vote.



Dans le district Jeanne-Sauvé, Jacqueline Gremaud sollicite un deuxième mandat en tant que conseillère indépendante.

Économiste en développement, Jacqueline Gremaud m'a un peu déçu dans un cas particulier de protection du patrimoine bâti, mais elle dit souhaiter un meilleur respect dudit patrimoine. Elle montre également un intérêt dans le dossier du futur campus de l’Université de Montréal, plus particulièrement au niveau de la circulation et des logements sociaux. C'est un gros dossier qu'on ne peut se permettre de négliger. Je l'appuie dans cette démarche.
 
Il reste enfin le district Robert-Bourassa. Il y a bien un
certain Frédéric Lecoq qui s'y présente à titre d'indépendant, mais pour tout vous dire, je ne l'ai jamais rencontré et je serais incapable de porter un jugement sur sa valeur et ses qualités pour représenter les électeurs de ce district. Ce sera de toute façon à vous de voir et de juger.

Cela dit, peu m'importe pour qui vous voterez. Ce qui compte par-dessus tout, c'est que vous vous présentiez aux urnes. Nombreux! Très nombreux!

Bonne journée électorale, le 5 novembre!

jeudi 7 septembre 2017

LA ROUTE DU CASH – DE LA CACHEROUTE AU HALAL


Saviez-vous ça, vous, qu’en 1908, c’est l’arrière-grand-père rabbin de Leonard Cohen, notre idole nationale, qui a fondé le Montreal Board of Kashrut, cette organisation qui dictait quels aliments les juifs avaient le droit ou non de consommer? Ou encore que c’est le grand-père (lui aussi rabbin) de Mordecai Richler qui a tenté de mettre un terme à la guerre à laquelle se livraient deux clans de Montréal qui chacun se réclamait la seule autorité apte à déterminer quelles viandes étaient cachères ou non? Pas moi.

Je n’avais aucune idée qu’en 1990, la plus haute autorité religieuse d’Arabie Saoudite avait été à l’origine de la certification du premier abattoir halal au Canada, la société Maple Lodge Farms, de Brampton (Ont.). J’ai été aussi étonné d’apprendre qu’en 2016, alors que les CHSLD disposaient d’à peine 2,17 $ par repas destinés aux résidents âgés, les pénitenciers du Québec allouaient 6,98 $ par repas kasher et 4,10 $ par repas halal servi aux détenus. Ça vous donnerait presque le goût d’aller mourir en prison!

Ça et des tonnes d’autres choses, je les ai découvertes dans Les certifications religieuses – Le business de la crédulité un livre qui vient tout juste de sortir d’une imprimerie québécoise.



À ma connaissance, cet ouvrage, très factuel et fort bien documenté, est le seul à traiter de la question de la «nourriture religieusement modifiée» que nous forcent à manger tant les institutions intégristes juives qu’islamiques. Oui! Oui! Vous avez bien lu. Nous y sommes tous astreint puisque, qu'on le veuille ou non, près de 80 % des aliments que l’on retrouve sur les tablettes de nos supermarchés sont bénis contre rémunération par des religieux qui n’ont rien à faire de notre consentement.

Suzanne Bousquet, son auteure, a consacré trois bonnes années à fouiller et à décortiquer les arcanes de ce business pas particulièrement… catholique. En 165 pages, Mme Bousquet brosse un tableau aussi révélateur que choquant des contradictions, des mensonges et des scandales liés à cette industrie de maquignons, dont la cruauté qu’ils infligent aux animaux mis à mort de façon barbare n’est pas la moindre des horreurs.

Le plus hallucinant dans tout ça, c’est que les souteneurs des certifications religieuses persistent à nous faire croire que leur kabbale n’est qu’une noble quête de pureté et de respect des prescriptions divines. Il s’agit en grande partie d'un système de nature pyramidale puisque chacun des ingrédients qui entrent dans la composition d’un produit doit être certifié casher ou halal. Et si vous avez l’audace de leur mettre sous le nez les preuves irréfutables que leur trafic pseudo spirituel leur permet d’abord et avant tout d’engranger des indulgences sous forme de millions de billets verts, ils feignent l’indignation et crient à l’islamophobie et à l’antisémitisme.

Pourtant, dans ce livre, les nombreux exemples présentés démontrent clairement que ces certifications sont de véritables planches à billets qui tournent à fond la caisse au profit de leur communautarisme respectif. Même Steven Lapidus, professeur à l’institut d’études juives canadiennes de l’Université Concordia et autorité en matière de judaïsme orthodoxe, raconte que les profits tirés du business de la cachérisation des aliments servent, entre autres, à financer l’éducation des enfants juifs de la métropole.

Dans Le business de la crédulité, l'auteure nous explique très bien que le processus de transmutation de la nourriture terrestre en aliments des dieux est déjà vicié à la base. Pour preuve, les certificateurs fondamentalistes n’hésitent même pas à bénir d’innombrables produits qui, en raison de leur nature même et leurs propres lois religieuses, sont déjà «full patch» halal ou cachère.

Ainsi, ces chamans distribuent sans vergogne et de façon tout à fait inutile leurs bonnes grâces sur la bière, café, dattes, eau de source, farine de blé, flocons d’avoine, huile d’olive, jus de fruits/légumes, lait de vache, miel, œufs… alouette!, en exigeant des fabricants qu’ils leur refilent une jolie ristourne en espèces sonnantes et trébuchantes. Bref, imams, hommes d'affaires et rabbins font la piasse en nous faisant les poches.

C’est d’autant plus vrai que ceux qui recherchent ces marchandises en raison de leur croyance «profonde et sincère» ne constituent même pas 2,5 % de la population. Par contre, c’est 100 % des  citoyens (qu’ils soient laïcs, croyants ou non, apostasiés ou excommuniés) qui payent une dîme à leur insu pour remplir les goussets des intégristes juifs et musulmans.

Nous les payons même pour des produits aussi terre-à-terre que le papier de toilette, des suppositoires, des couches jetables et jusqu'aux aliments pour chiens et chats.
 

Autant de denrées qui n’offrent strictement aucun avantage sanitaire ou bénéfique pour la santé. Bref, nous déboursons de notre poche pour satisfaire les pratiquants les plus radicaux et fondamentalistes qui, au 20e siècle, ont su développer avec un art consommé l’utilisation des concepts de casher et halal comme un fabuleux outil de marketing.

Sachez que 90 % de la chair des animaux saignés à froid selon la loi juive (sans étourdissement préalable!) aboutit dans votre assiette sans que vous le sachiez puisque la réglementation sur l’étiquetage ne les force pas à informer le consommateur sur le type d’abattage utilisé. Même Pierre Anctil, professeur au département d’histoire de l’université d’Ottawa, le confirme. Dans 99 % des cas, les consommateurs ne savent même pas que les aliments qu’ils achètent sont casher puisque les logos ne sont pas publicisés! 

Pour le halal, c’est la même bouillie. Six abattoirs sous juridiction québécoise réalisent 20 % de leurs abattages de viande rouge selon le rite halal, un égorgement sans sectionnement de la moelle épinière qui échappe à la loi contre la cruauté envers les animaux. Professeur de religion judaïque de l’université Concordia, Ira Robinson estime que l’abattage religieux ne devrait pas être toléré au nom de la liberté de culte. C’est tout dire.


À une époque où la Humane Society International — Canada n’hésite pas à entreprendre une expédition en Chine  pour y secourir et ramener jusqu’à Montréal 110 chiens destinés à être bouffés à un festival de viande, on comprend mal que les activistes d'ici soient si peu enclins à dénoncer ce type d’abattage alors qu’ils savent que les animaux égorgés de la sorte mettraient plus de six minutes avant de cesser de vouloir se remettre sur leurs pattes et que les trois quarts d’entre eux respirent encore après plus de 11 minutes. 

Si vous avez le cœur bien accroché, visionnez les horreurs du plus important abattoir cacher situé à Postville (Iowa) qui a dû fermer ses portes après que son propriétaire, Sholom Rubashkin, ait été poursuivi et condamné sous 86 chefs d'accusation de fraude, sans compter la maltraitance des animaux et les abus et la négligence à l'égard de ses employés.


1) La vache entre dans la cage rotative  2) On la retourne, tête en bas  3) On lui tranche la gorge à l’aide d’une lame  4) À l’aide d’une pince, on lui arrache, à froid, la trachée et l’œsophage  5) L’animal estropié est rejeté hors de la cage  6) Il se remet sur pied et tente de fuir par le couloir.

Bien sûr, en cette matière comme dans bien d’autres, le livre de Mme Bousquet aborde un sujet que d’aucuns qualifieront de tabou. Et il risque de ne pas faire l’unanimité au sein des confréries fondamentalistes. Mais je suis sûr d’une chose. Mon ex-collègue Lise Ravary, chroniqueuse au Journal de Montréal, acquiescera au moins à la moitié de ce qu’elle trouvera dans cet ouvrage.

Je me doute bien que Ravary aura une poussée de furoncles pour la partie du bouquin traitant de la stratégie marketing utilisée par les rabbins qui monnayent leur certification cachère, mais l’ancienne convertie au hassidisme gloussera en lisant que les islamistes exploitent à la fois notre ignorance et notre bienveillance. Après tout, elle-même s’était déjà fait un devoir de dénoncer haut et fort ce qu’elle appelle le Halalgate. 

Pour peu que vous soyez le moindrement curieux de ce que vous mettez dans votre assiette, je vous recommande ce livre qui se vend pour une bouchée de pain sur Internet à l’adresse suivante : https://bouquinbec.ca/boutique/les-certifications-religieuses.html