vendredi 22 janvier 2016

LE «CHILLING EFFECT»


Avez-vous lu le récent article du Devoir sur les plaignards professionnels? Il semblerait que de plus en plus de citoyens frustrés mènent la vie impossible aux organismes publics. Ce phénomène prendrait de l’ampleur partout dans le monde, y compris au Québec.

Selon une étude menée en Australie, de 3 % à 5 % des gens qui portent plainte accapareraient entre 25 % et 30 % des ressources administratives des organismes publics. La situation est certes préoccupante, mais il y a bien pire. Certains lobbies sont plus teigneux, plus grincheux et plus détestables encore.

Pour s’en convaincre, on n’a pas besoin de passer au tamis le fonds d'archives du Conseil de presse du Québec. Il suffit de jeter un coup d’œil aux rapports annuels du bureau de l’Ombudsman/Services français de Radio-Canada.
 

Dans le rapport 2012-2013 de l’ombudsman de Radio-Canada, on apprenait que sur 75 plaintes touchant le conflit israélo-palestinien au cours de cette année-là, pas moins de 26 étaient le fait des lobbys pro-Israël. Ainsi, le Centre des relations juives et israéliennes - CIJA (anciennement le congrès juif),  HonestReporting Canada, le Regroupement québécois pour un journalisme informé, honnête et responsable, et Amitiés Québec-Israël génèrent pas moins de 35 % de toutes ces plaintes déversées sur le bureau du défenseur des droits de la société d’État.

Plus parlant encore, l’ombudsman affirme que 100 % des demandes de révision qui lui ont été adressées à ce sujet cette année-là provenaient de ces organismes pro-israéliens!


David Ouellette, le pitbull belliqueux du Centre consultatif des relations juives et israéliennes. Même Michel Seymour trouve que les interventions partisanes, politiques et biaisées de Ouellette épousent la logique du gouvernement Netanyahou.

Lorsqu’ils décident de s’en prendre aux journalistes, ces mercenaires pro-Israël ne se contentent pas de lance-pierres. Pour les tirs de barrage, il n’y a rien comme les orgues de Staline. Tiouuufff! Tiouuufff!
Tiouuufff! Et ça crache, les amis :
«Diffamations anti-israéliennes»
«Activisme politique»
«Partialité anti-israélienne»
«Sournoiserie niaise des animateurs vedettes»
«Torchon jeté un peu plus tordu en pâture [aux] auditeurs»
«Affirmations qui vont à l’encontre de la réalité historique»
«Reportage truffé d’erreurs, de fabulations et d’omissions»
«Portrait piteux… exercice en désinformation»

Tout y passe. Les accusations sont servies au lance-flamme (lire L’antisémitisme ordinaire à Radio-Canada, publié en 2003 par David Ouellette). 

Non seulement tout y passe, mais tous y passent. La chef d’antenne Céline Galipeau, Emmanuelle Latraverse, Jean-François Lépine, Jean-Pierre Charbonneau, Luc Chartrand, Pierre Maisonneuve, François Brousseau, René Homier-Roy, Khady Beye
, Maxence Bilodeau, Joane Arcand, Jean-François Bélanger et... rebelote!

À côté des David Ouellette, Michelle Whiteman, Edmond Silber et Jean-Marie Gélinas, Frontenac, avec la bouche de ses canons, a l’air d’un enfant dans un carré de sable.

Lorsque ces zélotes font exploser leurs obus bourrés d'intimidation, l'onde de choc ébranle toutes les salles de rédaction. Plus le harcèlement s’intensifie, plus l’air devient malsain et la paranoïa s’insinue, de la base jusqu’au sommet des entreprises de presse.

À moins d’être masochistes, les journalistes seront moins chauds à faire leurs topos sur ce sujet toxique. Sans compter qu'ils se mettent à voir de l'antisémitisme jusque dans leur propre soupe et à prier pour que le seigneur éloigne d'eux ce calice. Et c’est exactement ce que les Ouellette et cie souhaitent.

De l'information honnête et responsable?
 Le plus formidable dans tout ça, c’est que ces organismes se réclament non partisans et voués, entre autres, à combattre la désinformation relative au conflit israélo-arabe. 

En ce sens, il est intéressant de constater que sur son site Web, le Regroupement québécois pour un journalisme informé, honnête et responsable (!) place des hyperliens pas toujours cachères (voir l'illustration ci-contre). 

Pensons à celui qui conduit à la Ligue de défense juive, la branche française du Jewish Defense League, considéré comme un groupe terroriste et anti-arabe. 

D'autres, comme le site Eretz Aujourd'hui, font dans la dentelle à la façon de Donald Trump! Le 19 janvier 2016, par exemple, cette publication titrait à la Une: «L'Union européenne encourage les Palestiniens à tuer des innocents israéliens!»

De l'information «équilibrée», vraiment?




Mais si vous voulez vraiment vous dilater la rate, allez vite visionner le petit sketch d'Elvis Gratton sur l'objectivité selon le congrès juif. Absolument pissant! 

En passant, quelqu'un m'a demandé pourquoi le Centre des relations juives et israéliennes ne m'a jamais embêté. C'est très simple. Jusqu'à aujourd'hui, aucune des 403 chroniques de mon blogue n'a abordé la question de la guerre israélo-palestinienne. Je n'ai pas de mérite. Ce n'est juste pas mon truc.

dimanche 3 janvier 2016

CHECKPOINT MINDY


Les frontières. Ces fameuses frontières. De tout temps, les hommes en ont créé. Quand ce n’était pas pour les abattre et étendre des empires, ils les traçaient pour délimiter ce qu’ils estimaient leur revenir de pleins droits. Elles balisent les sphères d’influence internationales, nationales, provinciales. Même nos petits arrondissements y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. C’est sans parler des élus (es) qui s’en servent au gré de leurs intérêts partisans. 

Rappelez-vous la « passe » d’Helen Fotopulos, l’ancienne mairesse du Plateau Mont-Royal. En 2008, pour favoriser la secte hassidique qui voulait agrandir sa synagogue du 5363 Hutchison, elle s’était servie de la frontière qui sépare Outremont du Plateau pour torpiller le processus référendaire. Les Outremontais qui habitaient du côté ouest de la rue Hutchison s’étaient vus refuser le droit de se prononcer sur le projet d’agrandissement de la synagogue qui se trouvait juste en face de chez eux. Heureusement, la Cour supérieure avait mis Fotopulos à sa place (lire ma chronique V comme dans Victoire!)

Non seulement le tribunal avait statué que les habitants du Plateau et d'Outremont habitent la même ville et sont habilités à se prononcer, mais il ajoutait que la décision des élus du Plateau d’exclure des gens qui habitent de l'autre côté de la rue était une décision arbitraire et sans fondement.

Aujourd’hui, c’est Mindy Pollak, la conseillère ultraorthodoxe de Projet Montréal,
qui joue l'exclusion. Avec l’aval du maire Ferrandez et le soutien hyperactif du réseau des lobbyistes hassidiques, Pollak se sert de la ligne imaginaire pour ne pas tenir compte des synagogues qui sont juste de l'autre côté de la frontière entre les deux arrondissements.

Le Checkpoint à Mindy, avenue Bernard, coin Hutchison avec, en toile de fond, la magnifique synagogue inachevée qui a remplacé le restaurant La Grand-Mère Poule

La conseillère de Projet Montréal ainsi que le blogueur hassidique Cheskie Weiss clament bien haut qu’il n’y a que quatre synagogues à Outremont. Il n’y a pas de saint danger qu’ils nous rappellent que pendant des décennies, les congrégations de deux de ces quatre synagogues se sont installées illégalement en zone strictement résidentielle. 


C’est sans parler que dans trois cas sur quatre, les agissements des administrateurs de ces lieux de culte ont forcé les autorités municipales et provinciales à engloutir des dizaines de milliers, voire plus d’une centaine de milliers de dollars pour les contraindre à respecter tantôt la réglementation municipale, tantôt les normes de construction, quand ce n'était pas pour les empêcher de faire le trafic d'alcool de contrebande.

De plus, Pollak et Weiss omettent allègrement de comptabiliser le nouveau lieu de culte qui a obtenu son permis au coin de Bernard et Champagneur, ainsi que le centre religieux ultraorthodoxe qui, depuis 1999, se trouve au sous-sol de l’édifice Remax, à l’angle des avenues Bernard et Outremont.


Dans le sens des aiguilles d'une montre: le blogueur Cheskie Weiss, la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak, le maire du Plateau, Luc Ferrandez et le donneur d'ordres et de votes, Mayer Feig.

Que Projet Montréal et leur bloc électoral hassidique prétendent qu’Outremont ne compte que quatre synagogues est aussi ridicule que de tenter de nous faire croire que les frontières des arrondissements parviennent à empêcher les oiseaux ou la pollution de circuler d’un côté ou de l’autre de la ligne séparatrice. Si c’était le cas, Mindy Pollak qui habite du côté Plateau de la rue Hutchison n’aurait jamais dû se faire élire à Outremont. 


L’approche strictement bureaucratique de tout ce beau monde reflète tout, sauf la réalité. 

Il est impossible de ne pas tenir compte des rues adjacentes à Outremont pour faire un inventaire crédible et sérieux du nombre de lieux de culte du quartier. D’autant moins que tous les jours, bien des fidèles doivent se déplacer d'un arrondissement à l’autre pour aller faire leurs ablutions. 

Les lieux de culte entre Outremont et le Mile End 
 
ÉTAT DES LIEUX SUR LA RUE HUTCHISON

Uniquement sur la rue Hutchison, juste de l’autre côté de la ligne de démarcation des deux arrondissements, on recense cinq synagogues qui totalisent tout près de 4000 mètres carrés de locaux (43 000 pieds carrés). Céleste terrain de jeu, n'est-ce pas?

La plus tristement célèbre est la First Mesifta du 5253 Hutchison. Il s’agit de la synagogue multirécidiviste de la famille de Michael Rosenberg qui, en plus d’avoir été délinquante pendant de nombreuses années, s’est accaparée, en 2007, l’appartement locatif du 2e étage sous de fausses représentations pour l’annexer à la synagogue du 1er étage. En dépit des preuves présentées aux élus pour dénoncer cette fraude, Projet Montréal et le maire Ferrandez ont refusé d’intervenir contre la manigance illégale de Michael Rosenberg
(lire La salle de prière du rabbin fantôme).

Luc Ferrandez suggère aux simples citoyens qui ne sont pas contents d'entreprendre eux-mêmes les poursuites. Il fait exactement comme Outremont qui a fermé les yeux pendant des décennies sur  la synagogue du 1030 Saint-Viateur. Elle s'était établie là en contravention du zonage résidentiel. Après tout ce temps, les tribunaux ont donné raison aux délinquants (lire Le laxisme érigé en système).

Comment oublier la synagogue bobov du 5363 Hutchison qui a été l’objet d’une longue saga référendaire et judiciaire en raison de la volonté des hassidim d'agrandir leur lieu de culte dans cette zone strictement résidentielle?

Toujours sur Hutchison, on retrouve aussi la grosse synagogue du 5555 Hutchison. En plus de servir de terminus d’autobus, elle a longtemps tenu un grand dortoir clandestin. Ce n’est qu’après avoir été condamnés pour outrage au tribunal que ses administrateurs ont été contraints de se conformer à l’injonction... non sans avoir essayé de planquer leurs pensionnaires illégalement dans des logements des alentours!

Au coin de Bernard et Hutchison,
le resto familial La Grand-Mère Poule a été remplacé par un centre de haut savoir talmudique. De 2007 à 2010, à la barbe des inspecteurs et des autorités municipales, la secte satmar y a squatté sans permis ni certificat d'occupation.

Même si les lieux bourdonnent d’activité depuis plus de huit ans, les administrateurs de l’endroit n’ont jamais été foutus de terminer les travaux extérieurs. Pour attirer les touristes du monde entier, je suggère qu'on la surnomme la Sagrada Familia d'Outremont . Quelle belle marque de respect à l'égard des citoyens et des commerçants du quartier. 

27 décembre 2015: Après plus de huit ans d'occupation, les administrateurs de la synagogue-dortoir-école religieuse n'ont toujours pas trouvé le temps de compléter les travaux extérieurs. Trop occupés à prier, peut-être?

Quelques enjambées plus au nord, au 5843 Hutchison, on trouve la synagogue de la congrégation Imray Chaim. C'est la secte vizhnitz (à laquelle appartient Mindy Pollak) qui y a pignon sur rue. 

En 2010, lorsque je l'avais fait visiter au chef de Projet Montréal et plusieurs des élus du Plateau, un bric-à-brac de contreplaqués remplaçaient de nombreuses fenêtres pourries et sans vitrage. D'immenses toiles type «camping» jouaient le rôle de toiture. Bref, rien ici pour faire courir les touristes  friands d'art sacré!

L'arrière de la synagogue vizhnitz, telle que l'équipe de Projet Montréal l'avait découvert en ma compagnie.

Quand j’entends Mindy Pollak,résidente du Plateau Mont-Royal, et son coreligionnaire Weiss jurer sur la tête de leur rabbin que les lieux de culte ne se multiplient pas dans le quartier, j'ai l'impression d'halluciner. Ils nous prennent pour des goyishe kupps* ou quoi?
* En yiddish, on dit d'un idiot qu'il a une tête de non-juif.


ÉTAT DES LIEUX SUR L'AVENUE DU PARC

Si vous voulez comprendre les craintes des commerçants de l’avenue Bernard et Laurier, allez faire un tour sur l’avenue du Parc, entre Bernard et Van Horne. Les citoyens qui, comme moi, étaient présents à la séance du conseil du Plateau du 7 février 2011 (rendez-vous à 38 min 48 s) n'ont pas oublié le chapelet d'adresses d'institutions hassidiques illégales de l'avenue du Parc que le maire Ferrandez avait débité: «5843, 5870, 5896, 5906, 6011B, 6080 et 6091». Et il n’en avait même pas dressé une liste exhaustive.

Au cours des 10 ou 15 dernières années, la multiplication débridée des lieux de culte sur ce tronçon de rue a eu un effet délétère tant sur le tissu commercial que socio récréatif.

Oubliez les boutiques pimpantes, les cafés sympas. Sur les ruines des anciens commerces se développent surtout des échoppes aux vitrines givrées, peu invitantes. Et on viendra nous dire que ce type d’implantation a une incidence positive sur la valeur des immeubles ou sur le commerce? 

Dites-nous sans rire que les lieux de culte du 5870 et du 6082 avenue du Parc favorisent le commerce et la hausse de la valeur de l'immobilier. 

Saviez-vous que le premier actionnaire majoritaire de la synagogue-taudis qui se trouve au 6082 du Parc (voir photo ci-haut) est la congrégation Amour pour Israël qui possède, entre autres, la grande synagogue outremontaise du 1038-1048 Van Horne.


Inauguration en grande pompe de la synagogue Amour pour Israël, le 29 décembre 2007

Il est intéressant de réaliser que des religieux ultraorthodoxes ont investi illégalement le local se trouvant au coin de Parc et Van Horne au même moment où les propriétaires de l'immeuble inauguraient leur synagogue d'Outremont (coin Van Horne et Durocher). Mindy Pollak et Projet Montréal ont de quoi être fiers.

Mais puisqu'une image vaut mille mots, je ne vous laisserai pas partir avant que vous  CLIQUIEZ ICI pour voir de vos propres yeux les photos d'une dizaine de locaux qui ont servi (légalement ou clandestinement) de lieux de culte hassidique.

Bien sûr, nous nous attardons ici uniquement au tronçon de l'avenue du Parc entre Bernard et Van Horne. Après tout, il ne s'agit pas de faire une encyclopédie!



vendredi 11 décembre 2015

LE RETOUR DE BOOMERANG



Ne voulant jamais rater une occasion de faire mouche et sachant que la ruse s’accommode bien d’un brin de matière grise, les leaders hassidiques d’Outremont et du Plateau ont eu une idée de génie lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement. Pour intercéder en leur faveur dans le dossier le l’établissement de nouveaux lieux de culte sur les artères commerciales des avenues Bernard et Laurier, Mayer Feig et cie ont fait descendre dans l’arène municipale un éminent docteur en études juives canadiennes qu’ils sont allés repêcher à l’université Concordia.
Voici l'immeuble qui accueillera deux nouveaux locaux religieux au cœur même de l'activité commerciale très prisée de l'avenue Bernard

Une belle prise, à n’en pas douter. Le docteur Steven Lapidus est un érudit du fait hassidique en Amérique du Nord. En plus de préparer un projet de livre sur le hassidisme au Québec, Lapidus a publié différentes choses dans son domaine de recherche, dont (ça ne pouvait mieux tomber!) «Love Thy Neighbour: Hasidic Social Relations in Quebec». Pour ne rien gâter, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires outremontais qui se sont établis chez nous il y a 15, 30, voire plus de 50 ans quand ils n’y ont pas carrément vu le jour, Steven peut même s’exprimer dans la langue des autochtones.

Appelé au micro, lors de la période de questions, le docte judéophile a tenu à lire l’extrait d’une citation de M. Raymond Cloutier, le président de l’Association de l’avenue Bernard. Ce dernier qui est aussi directeur général et artistique du théâtre Outremont s’était exprimé dans Le Devoir de la veille sur ce projet de règlement. «On sent qu’il y a des craintes, mais moi, ma position, c’est que ces gens-là sont des citoyens comme les autres. Ils ont leurs désirs et besoins. Il faut composer avec. Ce n’est pas en étant dogmatique qu’on va régler tout ça.»
L'intervention de Steven Lapidus lors de la période de questions.

Brandissant cette citation, Steven Lapidus en a tiré une conclusion lapidaire. «Si vous n’avez pas l’appui du président de l’association de l’avenue Bernard, pourquoi insistez-vous [pour dire] que la présence des lieux de culte sur Bernard sont “méfaisantes” pour le commerce?» Visionner sa courte intervention en cliquant ICI.
 
Or, de toute évidence, Lapidus s'est mis le pied dans la bouche jusqu'au mollet et Raymond Cloutier n’a pas aimé qu’on interprète ses propos de façon partisane. Ulcéré, le président de l’association de l’avenue Bernard a publié dans le Journal d’Outremont une mise au point dont voici l’intégrale :
 

J'apprends avec stupéfaction qu'un intervenant, à la réunion du conseil d’arrondissement du 7 décembre 2015, aurait déclaré, en mon absence, que je suis en faveur de l'établissement de lieux de culte sur l'Avenue Bernard. Et qu'en conséquence, cela représente l'opinion des marchands et professionnels dont je suis porte-parole.

C'est non seulement inexact, mais c'est l'utilisation à des fins partisanes d'une opinion nuancée, exprimée dans le Devoir du samedi 5 décembre. Si ce débat continue d'être entretenu par les opposants, avec mauvaise foi, l'association sera dans l'obligation de prendre une position claire sur ce règlement.

 
J'exprimais notre malaise à se ranger dans un camp ou dans l'autre pour préserver la neutralité obligée des commerces. Il aurait été contre-productif de s'aliéner quelque clientèle que ce soit.

 
Mais maintenant qu'on veut m'attribuer, sans mon aval, une opposition au règlement, je suis dans l'obligation d'exprimer notre gêne à tous sur la multiplication des lieux de culte sur notre avenue. La venue d'une Mikve (bain rituel et synagogue) en plein quartier des terrasses qui font le charme et la popularité de ce coin de l'intersection Bernard et Champagneur est carrément inappropriée.

 
La prétention de certains promoteurs que les lieux de cultes revitalisent les artères commerciales ne devrait jamais être acceptée dans ce débat.

 
Nous avons clairement indiqué à M.Rosenberg, propriétaire des lieux, qui a convoqué l'association à une rencontre pour défendre son projet, que l'absence de préoccupations esthétiques de la communauté hassidique inquiétait les commerçants qui font tant d'efforts pour rendre cette artère attrayante.

 
J'ai tenté dans cette interview du Devoir, au nom du « vivre ensemble », de calmer le jeu. Mais je vois bien qu'on veut m'instrumentaliser et je ne le tolérerai pas.

 
Merci.

 
Raymond Cloutier,
Président des marchands et professionnels de l'avenue Bernard
Raymond Cloutier, président de l’association de l’avenue Bernard et directeur général et artistique du théâtre Outremont.

Jeudi, le 10 décembre, M. Cloutier a été invité à préciser sa pensée dans le cadre de l’émission Le 15 – 18. Cliquer ICI pour entendre sa courte intervention ou ICI pour écouter le segment de l'émission consacré à cette question. 

Rappelons qu'au cours des deux dernières années, M. Cloutier et d'autres organismes ont mis sur pied des initiatives pour tenter de faire une brèche dans le monde hermétique des hassidim. Des efforts soutenus qui, selon toute vraisemblance n'ont toujours pas donné les résultats escomptés.

Mais plutôt que d’interpréter à mon tour les paroles de Raymond Cloutier, je laisse à chacun le soin d’en tirer ses propres conclusions.

dimanche 6 décembre 2015

DOMINANTS DOMINÉS, DOMINI DOMINO


Lors de la soirée de consultation publique tenue le 1er décembre dernier sur le projet de règlement visant à limiter la multiplication de lieux de culte sur les artères commerciales de l'arrondissement Outremont, on aura tout entendu.

Si bon nombre des arguments qu’ont déversés les membres de la communauté ultraorthodoxe n’étaient pas si dramatiques, on pourrait les qualifier de burlesques. 

Outre les sempiternelles accusations d’antisémitisme, de xénophobie, de haine atavique et les menaces de poursuites devenues routinières chaque fois que les leaders des sectes hassidiques se sentent le moindrement contrariés, certains intervenants ont réussi le tour de force d’aller encore plus loin.

Pour dénoncer l’emplacement projeté de la douzième zone (vous avez bien lu. Il y aura 12 zones!) où les lieux de culte peuvent s’implanter sur le territoire outremontais, Sharon Freedman, une résidente hystérique de Côte-Saint-Luc n’a pas hésité à prétendre que le choix de cette nouvelle zone près de l’ancienne gare de triage ne pouvait qu’évoquer le souvenir de la déportation des juifs et de l’holocauste.

Je ne sais pas s’il y avait, dans la salle, plusieurs personnes suffisamment âgées pour avoir connu la déportation. Pour ma part, ce soir-là, je n’en connaissais qu’un seul. Farouchement opposé au changement de zonage proposé, ce hassidim a prétendu que ce nouveau site pour accueillir des lieux de culte ressemblait aux endroits malfamés où l’on trouve généralement des maisons closes (houses of ill repute). Il n’a que 35 ans et pourtant, il garde un très très mauvais souvenir de sa déportation.

En 2001, activement recherché par FBI pour sa participation à une vaste fraude de 5,5 millions de dollars US,  il est allé trouver refuge au sein d’une communauté hassidique d’Outremont. Malheureusement pour le racketteur ultrareligieux, il a été extradé manu militari aux pays de l’Oncle Sam où il a été jugé, puis condamné à 30 mois de prison, le 16 mars 2005. Revenu à Outremont après avoir purgé sa peine, il est devenu, pour un temps, du moins, administrateur d'une synagogue très connue de l'arrondissement.

Mais laissons de côté ces tristes vicissitudes de l’existence et entrons dans le vif du sujet.

J’ai été surpris de lire le communiqué de presse de Projet Montréal sur la question. Luc Ferrandez, le chef de Projet Montréal et de l’opposition officielle, y est allé d’une grosse vérité de La Palice. Il affirme que «les communautés religieuses ont le droit de s’installer dans tous les arrondissements et ce droit ne devrait en aucun cas être brimé.» Allo, Luc. Ça va? Je te recommande la lecture de la cause Roncarelli c. Duplessis. Depuis 1959, même les Témoins de Jéhovah sont protégés contre les élus municipaux mal intentionnés. Je le mets au défi de nous donner le nom d’un seul arrondissement de Montréal où une communauté religieuse est interdite de séjour ou brimée.



Uniquement sur le tronçon de 500 mètres de l’avenue Bernard où se trouve la quasi-totalité des commerces (entre l’avenue Outremont et la rue Hutchison), on dénombre une église baptiste et quatre synagogues et centres communautaires hassidiques. Il y a quelques années à peine, sur moins d’un kilomètre carré chevauchant Outremont et le Mile-End, 19 lieux d’activités religieuses hassidiques avaient été recensés. Dans le lot, certains étaient carrément illégaux et plusieurs autres contrevenaient d’une façon ou d’une autre à la réglementation municipale.

Comme si ça ne suffisait pas, le communiqué de Projet Montréal se vautre dans la rhétorique de pacotille. On y lit que le règlement qu’étudient les élues d’Outremont confinerait les nouveaux lieux de culte à «un petit secteur isolé de l’arrondissement».

L’endroit proposé pour permettre l’établissement de futurs lieux de culte est-il aussi impropre au recueillement que le disent Projet Montréal, les ténors hassidiques isolationnistes et leurs alliés circonstanciels qui prêchent l’inclusion tous azimuts?


D’abord, mettons les choses au clair. Personne ne peut prétendre aujourd’hui que l’on cherche à parquer les futurs lieux de culte en bordure d’une gare de triage. Arrivez en ville, les boys! Au moment où on se parle, toute cette zone qui servait de gare est en train (sans jeu de mots) de se transformer en un endroit rassembleur qui, au dire même de l’Université de Montréal, «dynamisera les communautés et les quartiers voisins».

Non seulement l’endroit a été décontaminé, mais d’ici quelques années, des milliers d’étudiants et d’enseignants y seront installés à un jet de pierre de l’avenue Van Horne. On y créera 40 000 mètres carrés de nouveaux parcs, dont un qui se rendra jusque derrière la rue Durocher. Un nouveau quartier résidentiel y sera également aménagé. 

Voici la faune qui remplacera les traverses de chemin de fer à Outremont

En plus de devenir un pôle de développement économique, urbain, culturel et social, le nouveau campus des sciences sera même durable! Qui dit mieux?

Remarquez que ce n'est peut-être pas idéal pour un groupe sectaire qui ne souhaite pas que ses enfants côtoient une jeunesse qui s'abreuve de mathématiques, chimie, physique, sciences biologiques et géographie. D'un coup que l'éducation était contagieuse. Ce serait bien la fin du monde, n'est-ce pas?
 
L'emplacement de la zone de culte proposée (en vert lime,à droite) par rapport au nouveau campus d'Outremont et à l'école hassidique (en rouge) située sur Durocher, dans la zone industrielle.


Il s’en trouvera toujours pour se plaindre qu’il y a encore des bâtiments industriels en activité. Soit, mais pour combien de temps encore? Et puis d’ailleurs, c’est quoi ce nouveau caprice? Les ténors hassidiques ne peuvent tout de même pas accuser les autorités municipales d’avoir forcé leurs ouailles à squatter des zones insalubres. Les ultrareligieux ont même ouvert une école talmudique pour garçons de l'autre côté de la voie ferrée, en pleine zone industrielle. 


L'école talmudique pour garçons (à droite!), installée depuis de nombreuses années au coin de Durocher et Beaubien. Elle longe à la fois la voie ferrée et se trouve au en plein environnement purement industriel. 

Au cours des dernières décennies, elles s’y sont elles-mêmes installées, très souvent en catimini et en toute illégalité. Ce n’est pas moi qui le dis. On retrouve cela en toutes lettres dans un avis émis en juin 2009 par le Conseil interculturel de Montréal. «La pression foncière fait en sorte que la majorité des groupes religieux optent pour des locaux commerciaux souvent délabrés, et se contentent de placarder les vitrines avec des cartons.», affirmait alors Frédéric Dejean, chercheur à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal. Remarquez que nous n’avions pas besoin d’une savante étude pour en faire le triste constat. Il suffit de se rendre au coin de Van Horne et avenue du Parc pour voir ce qu’est un taudis religieux. 

Depuis près de dix ans, voici à quoi ressemble la synagogue au coin de Parc et Van Horne
 
Et pour ajouter l’insulte à l’injure, le Conseil interculturel nous a confirmé que les arrondissements ferment les yeux pour «conforter l'harmonie intercommunautaire et pour éviter que des situations de tensions se multiplient inutilement». On voit où cela les a menés. Après ça, les élus se demandent pourquoi il y a de la crispation dans l'air. Ils sont les premiers responsables de la grogne ambiante.

Bien sûr, Projet Montréal dira qu'il n'est au pouvoir que depuis quelques années. Il n'a pas tort sur ce point, mais comme tous les partis politiques qui sont venus avant lui et qui viendront après lui, il fera la courbette dans l'espoir de se faire réélire dans Outremont. C'est clair comme de l'eau de roche. À preuve, lorsque l'arrondissement du Sud-Ouest a proposé la même mesure qu'Outremont, l'été dernier, avez-vous vu Ferrandez et Projet Montréal monter aux barricades? Ben non, c't'affaire. Projet Montréal n'a rien à gagner là-bas avec cet enjeu.

Mindy Pollak, l'élue hassidique de Projet Montréal dans Outremont, met toute la pression pour satisfaire les autorités rabbiniques... qui ne se satisfont que de la capitulation du monde laïc.

Luc Ferrandez trouve préférable de jouer kosher à Outremont. Et au cas où la mémoire lui flancherait, le docteur Steven Lapidus, de l'Institut de l'Université Concordia pour les études juives canadiennes se fera un plaisir de le lui rappeler. 

Steven Lapidus nous prodigue ses conseils

L'érudit du judaïsme orthodoxe qui s'est prononcé publiquement contre le projet de règlement de zonage d'Outremont, le 1er décembre dernier, l'a bien expliqué dans le magazine The Senior Times:  

«They generally vote as a bloc.
You give concessions
to the [Hasidic] community
and you get votes.
They are in a position of power.» 

Dans ce même article, Steven Lapidus a même la gentillesse de nous donner un conseil qui vaut de l'or:

«If [Hasidim] are not going to move,
they are going to dominate. … 
If you want to come 
to a peaceful resolution 
to the problems in Outremont, 
don’t wait until Hasidim are the majority.» 

Un laïc averti en vaut deux, n'est-ce pas?

samedi 14 novembre 2015

DE MANIPULATION ET DE MISE EN SCÈNE



Le 9 septembre dernier, la journaliste Émilie Dubreuil nous livrait un reportage désespérant, mais peu surprenant. Près d’un an après la ratification d’une entente entre le gouvernement Couillard et l’Académie Yeshiva Toras Moshe, la situation des enfants de cette école illégale du Plateau Mont-Royal était bien loin d’être régularisée. En fait, à peu près rien n’avait encore été mis en branle.

 
Aujourd’hui, à peine 64 jours plus tard, les autorités hassidiques voudraient nous faire croire que la traversée du désert est terminée et que le groupe a finalement décidé de joindre le concert des nations. Dans un nouveau reportage  de Radio-Canada, Jacob Maman, le directeur de la yeshiva se dit fier de cette entente «qui va permettre la scolarisation de ces [230] enfants… comme tous les enfants du Québec». Comme tous les enfants du Québec? Vous voulez rire!


 
Le journaliste Jean-Philippe Robillard souligne que les jeunes garçons de la secte fondamentaliste continueront à fréquenter quotidiennement l'Académie Yeshiva Toras Moshe «pour y recevoir un enseignement religieux durant le jour, comme c'était le cas auparavant». Tous comptes faits, c'est ni plus, ni moins Business as usual!


À raison de 30 heures par semaine, ces pauvres gamins vont continuer de se branler la tête et les rouflaquettes pour psalmodier jusqu’à l’épuisement des litanies talmudiques. Et c’est vraiment frais et dispos qu’ils rentreront à la maison en fin d’après-midi pour se farcir dix autres heures de français et de mathématiques. Et ce seront leurs parents, guère mieux lotis qu’eux, qui devront leur inculquer ces notions profanes, voire païennes, qu’on ne leur a pas transmises dans leur propre jeunesse. Les vendredis soir et le jour du sabbat en famille s’annoncent franchement gais! 



30 heures par semaine, les enfants psalmodient jusqu’à l’épuisement des litanies talmudiques. Vivement l'école!

J’oubliais les tuteurs. Mais, au fait, qui sont-ils? Dans le topo, on ne nous dit rien sur leurs compétences. Des reportages antérieurs nous avaient déjà révélé que les instituteurs étaient fréquemment des sans diplôme. Face à de simples tuteurs, on est en droit de s’interroger sur les méthodes pédagogiques qu’ils appliquent. Piaget? Montessori? Steiner-Waldorf? Ou... Abraham?

Comment ne pas esquisser une grimace lorsque Monsieur Maman nous jure que dans son institution «il n'y a pas de supercherie. Il n'y a rien d'anormal qui se passe ici». Le reporter avait-il seulement remis en doute son honnêteté? Pourquoi Diable se sentait-il le besoin de crier son innocence? 


Peut-être le brave homme avait-il de bonnes raisons de se ronger les moelles? Après tout, le journaliste n’a jamais réussi à lui faire cracher combien d’heures (minutes?) par semaine les jeunes peuvent passer au soutien scolaire, pas plus, d’ailleurs que le nombre d'heures d'enseignement religieux dispensées dans sa yeshiva. Et pourquoi donc la direction de l'Académie délinquante a-t-elle refusé l’entrée aux représentants du ministère de l'Éducation dans le cadre d’une visite surprise? Comment, au contraire, expliquer qu’elle invite aujourd’hui les caméras de télévision à venir renifler leur bunker?


La cour de la Yeshiva Toras Moshe, au coin de Casgrain et Bernard

Ça saute aux yeux. La direction de l'Académie sectaire a dû estimer qu’une campagne de relations publiques en bonne et due forme s’imposait. D’autant plus qu’elle était à moins de 12 jours d’une rencontre prévue avec les représentants du ministère de l'Éducation... qu’elle avait interdit d'accès, à peine deux semaines plus tôt.

Grâce à ce reportage, les autorités sectaires souhaitent probablement démontrer au ministère et au monde combien elles sont fières, heureuses et désireuses d’intégrer la grande famille québécoise et d’enfin respecter les lois de la société où elles habitent. On joue la grande ouverture, les bons sentiments, la bonne foi vertueuse et l’effort éminemment méritoire.

La mise en scène est impeccable. Devant le grand tableau blanc sur lequel des formes cabalistiques ont été savamment griffonnées, trois hommes s’émeuvent, comme transis d’une réceptivité retrouvée. Mais, ma parole, l’illuminé à droite, c’est Max. Mon bon ami Max Lieberman. Quel numéro, celui-là. Même édenté, il réussirait à rafler le casting pour une pub de Pepsodent.

Monsieur Maman et le professeur anonyme, en compagnie du lobbyiste et metteur en scène, Max Lieberman.

Quand il apparaît dans le décor, on peut être certain qu’il se trame une campagne de charme (ou de peur) orchestrée par les élites doctrinaires.
D'ailleurs, on peut se demander pourquoi le journaliste a choisi ce lobbyiste notoire pour témoigner en famille des soi-disant progrès réalisés
par la secte en matière d’éducation. Lui a-t-on imposé Lieberman? Ou s'est-il imposé lui-même afin de s'assurer de bien «stager» le clip et de contrôler le message? Well done, Max!
 
Il est vrai que Lieberman est peut-être la doublure la plus en vogue de toute sa congrégation montréalaise et new-yorkaise. Le gars peut jouer tous les rôles.


Lieberman, un pro de la mise en scène

Faut-il faire semblant de donner des signes d'ouverture sur le monde et mousser l’image de la secte hassidique? Avec ses belles pommettes roses et son air de chérubin, Max peut se rend seul au milieu d’une foule de 100 000 goys célébrant la Saint-Jean Baptiste et trouver le moyen de faire la double page du Devoir.

En 2012, les huiles de sa secte veulent obtenir la liste électorale qu’utilise le PQ à Outremont? Pas de problème. Max fait des guiliguilis au vice-président, affaires politiques et programme du Parti Québécois d’Outremont et obtient la liste sans aucune difficulté, bien que la loi électorale l’interdise formellement.
 
Les gourous n’aiment pas la ligne éditoriale de L’Express d’Outremont qui, à leurs yeux, ne rapporte que les faits qui sont défavorables à leur communauté? Max le ventriloque rencontre Thomas Mulcair et réussit sans mal à lui faire dire que le journal «avait démontré qu'il entretenait un préjugé évident [à l’encontre des hassidim]».
 
Max Lieberman est aussi une formidable distributrice d’accusations gratuites à l'encontre de journalistes, d'élus municipaux et de citoyens. À titre d’exemple, Lieberman a déjà menacé de poursuites l'animateur Jean-Luc Mongrain en le qualifiant d’antisémite (cliquer ICI pour voir l'extrait vidéo). 


Même Luc Ferrandez, le maire du Plateau, m’a avoué s’être engueulé comme du poisson pourri avec Lieberman. Dans le cadre d’une réunion avec les gros bonnets hassidiques sur le sujet des synagogues illégales de l’avenue du Parc, Max avait pété une coche. Ne supportant pas l’idée que leurs centres communautaires pourraient dorénavant être forcés de faire l’objet d’une demande de permis de dérogation, il avait qualifié les Québécois et le projet de Ferrandez de racistes.Luc raconte l'avoir remis à sa place. J'aurais bien voulu voir ça.

17 décembre 2014: Luc Ferrandez a peut-être du mal à blairer Max Lieberman, mais cela ne l'empêche pas d'aller chez lui quand il le faut.

Il faut tout de même dire qu’en matière d’accusations infondées, Menachem, alias Max Lieberman n’en est pas à ses premiers faits d’armes.

À New York, en 1990, témoin important du meurtre d’un rabbin de sa propre secte, Max, alors âgé de 13 ans, avait contribué à faire condamner un peintre en bâtiment à une peine de 37 ans et demi. Au procès, il avait affirmé avoir reconnu l’accusé David Ranta assis dans une voiture à proximité du lieu du meurtre.


David Ranta a certainement eu envie d'aller remercier Max Lieberman qui a contribué à son séjour de 23 ans dans un pénitencier à sécurité maximale.

Or, en 2013, soit 23 ans plus tard, le New York Times révélait que M. Ranta n’était pas le meurtrier du rabbin. Un violeur a avoué avoir faussement impliqué M. Ranta dans l'espoir de négocier une réduction de sa peine et une femme a fini par signer un affidavit dans lequel elle reconnaît avoir aussi menti au sujet de la participation de M. Ranta au meurtre. Quant à Max Lieberman, pas très heureux de se faire traiter de menteur, il est, lui aussi, revenu sur son témoignage en affirmant, toujours sous serment, que c’était le détective de l’époque qui lui avait demandé de pointer le gars qui avait un gros nez lors de la séance d’identification.

Dites-moi. Pour être manipulateur, faut-il avoir déjà été manipulé? Hum! Bonne question.