dimanche 30 novembre 2014

LE DÉMON DU WIFI



Pendant près de 250 ans, les leaders des sectes hassidiques sont parvenus à confiner leurs ouailles à l’intérieur de l’érouv. Au XVIII, XIX et XXe siècle, c’était relativement simple. L’œil de Dieu était seul à pouvoir jouer les Big Brother, pénétrer l’intimité de chacun et réfréner les pensées «déviantes».

Or, depuis une vingtaine d’années, Yahvé a perdu son monopole. Internet lui fait une concurrence que les rabbins hassidiques redoutent comme la peste. S’il était facile de mettre les livres à l’index, de bannir les journaux, la radio et la télé, il est nettement moins aisé de combattre WiFi, ce démon invisible qui vous colle au bout des doigts. Même intelligents, les téléphones cachères  ne peuvent offrir la garantie des ceintures de chasteté contre les petits futés.
  

Yohanan Lowen à TLMEP
Dimanche dernier, à Tout le monde en parle (désolé pour les pubs du début), nous avons pu voir et entendre le premier hassidim au monde à intenter une poursuite contre un gouvernement qui n’a pas levé le petit doigt pour forcer les sectes ultraorthodoxes à respecter le programme obligatoire du ministère de l’Éducation. Au fil des ans, des milliers et des milliers d’enfants ont ainsi été abandonnés. En faisant défection avec femme et enfants, Yohanan Lowen savait que la lutte serait longue et pénible, mais jamais plus une secte ne mettrait le grappin sur lui et les siens. Finis pour lui les bénis oui-oui.


Mendy Marcus
Yohanan n’est pas le premier à déserter le camp de prières de Boisbriand. Il y a quelques mois à peine, un autre rescapé faisait une sortie remarquée dans le cadre de la célèbre émission Fifth Estate. Comme Yohanan, Mendy Marcus dénonçait ces ravisseurs d’enfants qui les soumettent à un impitoyable lavage de cerveau. 

En 2008, l’auteur et réalisateur Eric Scott présentait son film Quitter le bercail où il nous racontait l’histoire de cinq jeunes qui sont nés et qui ont grandi dans un milieu juif ultra-orthodoxe et qui souhaitaient s’en échapper.

Souhaitons que la poursuite intentée par Yohanan Lowen fera boule de neige, si elle ne crée pas carrément une avalanche. Et pas seulement au Québec.


Naftuli Moster
À Brooklyn, à peine quelques jours plus tôt, un jeune homme de 28 ans envisageait, lui aussi, de poursuivre le New York State Education Department.

Naftuli Moster, cet ancien étudiant d’une école talmudique de la secte Belz dénonce le fait que depuis des décennies, le département d'éducation de l’état finance à coup de millions ces écoles religieuses qui dispensent un enseignement qui contrevient carrément aux normes de l’état.

Dès l’âge de 13 ans, Naftuli affirme avoir été confiné 14 heures par jour dans une yeshiva sans pouvoir apprendre un traître mot d’anglais, ni de mathématiques, d’histoire, de science, de géographie, de musique. 

Frustré par l’éducation lamentable qu’il a reçue, Naftuli avait déjà fondé, en 2012, le Young Adults For a Fair Education (YAFFED), une organisation destinée à promouvoir une éducation séculière au sein des écoles ultraorthodoxes. Faut-il se surprendre qu’il soit aujourd’hui qualifié de renégat par ses anciens éducateurs?


Gedalya Gottdenger
Il est loin d'être le seul. À 21 ans, Gedalya Gottdenger se considère lui aussi un éclopé du système religieux. Les cours d’anglais qu’on lui donnait? «C’était une vraie blague; le but était de nous garder en classe pendant deux heures simplement pour faire croire au gouvernement que l’on nous apprenait l’anglais, mais ça n’avait rien à voir avec de l’enseignement.»

Aux États-Unis, l’organisme Footsteps créé en 2003 vient en aide aux centaines de hassidim qui font défection chaque année. Juste l’an dernier, grâce, entre autres, à Internet, Footsteps a vu son nombre d’adhérents faire un bond de 60 %. En Israël, Hillel offre un soutien similaire, tandis qu’en Angleterre, les ultraorthodoxes qui veulent sortir des sentiers battus recourent à Mavar.

Les colonnes du temple commencent à se fissurer, mais les leaders intégristes ont encore de beaux jours devant eux.

À Londres, dans le seul quartier de Hackney, entre 800 et 1000 garçons hassidiques de 13 à 16 ans sont disparus de la liste du système scolaire pour se retrouver dans des écoles religieuses illégales (voir le reportage diffusé le 14 juillet 2014)

Une des nombreuses écoles illégales hassidiques de Londres - autre continent, mêmes problèmes!

On ne soupçonne pas les méthodes qu’ils utilisent pour empêcher leurs disciples de prendre la clé des champs.  

Le 8 août 2014, c'était la chaîne London Live TV qui diffusait une entrevue réalisée avec Moishy (nom fictif), un rescapé d'une autre secte hassidique du quartier de Stamford Hill. Il faut entendre ce garçon déballer tout ce que ses parents et ses enseignants lui racontaient à propos du monde extérieur pour le dissuader de quitter la secte:

« I was told that everything outside is bad. Not only non-Jews, but anybody that don’t follow haredi lifestyle. We were told that non-Jews were like cattle. They are born, they mate and were created to help us, to enable us to learn Talmud and follow the path given by God.»   

À Londres, Moishy (nom fictif) s'est tour à tour fait offrir de l'argent puis menacer afin qu'il ne quitte pas la secte.

Pour quitter ces communautés, il faut un courage fou et une détermination à toute épreuve. Le lavage de cerveau, le manque cruel d’éducation, l’absence de repères adéquats, la façon dont on dépeint le monde extérieur et le chantage émotif ne sont pas les seuls obstacles à surmonter. Pour sauver sa petite famille, Yohanan Lowen a même été forcé de mettre une croix sur ses proches restés sur place.

D'autres comme Lynn Davidman, élevée dans un milieu ultrareligieux de Brooklyn, a aussi vécu l'angoisse. En mordant dans son premier cheeseburger, elle a craint pour sa vie.  Elle pressentait qu'un châtiment divin viendrait la punir d'avoir touché à un plat non casher. On part de loin, n'est-ce pas? 

Dans ce monde schizophrénique, une maladie, une agression sexuelle subie par un membre de la famille, un suicide ou une désertion sont des taches qui souillent l’ensemble de l’entourage. Bonne chance à celui qui voudrait trouver un bon parti à la sœur ou la fille de celui par qui le scandale arrive. Le geste de l’un marque la famille entière du sceau de la honte. On comprend alors combien il est pénible et traumatisant de sauter la clôture. Le sentiment de culpabilité est immense.
   

Il faut vraiment visionner les témoignages de certains membres de l’organisme Footsteps pour comprendre la traversée du désert qu’entreprennent ceux et celles qui, comme Chani Getter, quittent leurs sectes.

Certains racontent les agressions physiques, sexuelles et psychologiques subies par plusieurs de leurs ami-e-s, mais jamais dénoncées. Il y a aussi cette détresse qui a poussé une jeune fille promise à un mariage arrangé à acheter du poison à rat qu'elle a caché sous son lit avant de se décider à prendre plutôt... la poudre d'escampette.

Les cas de suicide chez les  anciens hassidim ne sont pas rares. Une étude réalisée en Israël révèle que les anciens ultraorthodoxes sont trois fois plus nombreux à manifester des tendances suicidaires comparés aux autres segments de la société. Avouons que ce n'est pas rien. 

Souhaitons que le ministre Bolduc remettra ses culottes et reniera son entente ridicule avec l'Académie Yeshiva Toras Moshe du Mile-End. Ça demande 100 fois moins de courage que de quitter l'une de ces sectes.

vendredi 21 novembre 2014

LA FARCE ET SES DINDONS


Ça couvait! Ça s'en venait! C'était écrit dans le ciel! Déjà en Israël, en 2012, d'anciens membres des sectes ultraorthodoxes envisageaient de poursuivre le gouvernement pour les avoir abandonnés aux écoles religieuses.
 
Il ne manquait que l’ubuesque entente conclue entre la procureure générale du Québec et la rétive Académie Yeshiva Toras Moshe du Mile-End pour qu’une première victime des écoles talmudiques illégales du Québec réclame 1,2 million de dollars en dommages et intérêts au ministère de l’Éducation. (voir le reportage de Radio-Canada) 


Yohanan Lowen, ce survivant du camp de prières de Boisbriand poursuit le ministère de l'Éducation qui n'a pas tenu sa promesse de fermer les écoles illégales.

Quelle gifle que cet armistice dont vient de s’enorgueillir Yves Bolduc! Ce modus vivendi ne règle rien du problème d’éducation de ces jeunes qui, avec la bénédiction du ministre, continueront d’être maintenus cloîtrés dans ces geôles religieuses jusqu’à 45 heures par semaine. Pour se dédouaner, Yves Bolduc transfère tout bonnement la responsabilité d'éduquer ces enfants à leurs parents qui sont aussi démunis qu'eux. Une aberration sans nom que nous expliquent les journalistes Anne Louise Despatie et Émilie Dubreuil.

Le pire, c'est que les dommages ne se limitent pas seulement aux 168 jeunes cerveaux que l’on continuera de gaver pour en faire de la foi grasse. Il y aurait une dizaine de ces centres ultrareligieux illégaux et plus de 1000 de ces enfants esclaves d’Abraham. 

Il y a 100 ans, la vaste majorité des peuples de la planète n'avait à peu près aucune éducation. C'était vrai ici autant qu'ailleurs. À l'époque, même sans une quatrième année, on pouvait gagner sa croute. Mais aujourd'hui, les changements sociaux et technologiques sont tels qu'une cinquième secondaire vous relègue presque au rang des mésadaptés sociaux. Alors imaginez-vous à quoi sont condamnés ces enfants qui passent le plus clair de leur temps à décortiquer les livres saints. 

Si vous ne l'avez pas vu, je vous recommande fortement le documentaire choc de l'émission 16 x 9 de Global News. Vous verrez le gâchis humain que représente l'éducation illégale au sein d'une secte hassidique. Une sainte horreur! 


1910: Groupe d'enfants juifs avec leur professeur, à Samarcande (Ouzbékistan). Il était moins tragique, à l'époque, de n'avoir qu'une éducation strictement religieuse. Photo: Prokudin-Gorskii Collection


Le seul élément positif de cette capitulation du gouvernement Couillard, c’est qu’avec son doigté de chirurgien atteint de la danse de Saint-Guy, le ministre Bolduc aura réussi à piquer au vif Yohanan Lowen, ce survivant du camp de prières de Boisbriand.

Qualifiant de farce cette entente, M. Lowen estime que le ministre Bolduc n’a pas tenu sa promesse de faire fermer ces écoles illégales (voir le reportage). Ça ne prend pas un cours classique pour comprendre ça! 

Quant à nous, en tentant de nous faire gober cette «bonne nouvelle», Yves Bolduc nous aura vraiment pris pour les dindons de la farce. Pitoyable! 

P.-S.:  Puisque M. Lowen et sa femme viennent de la secte de Boisbriand, vous serez peut-être curieux de prendre connaissance des règles de vie qu'imposent (depuis au moins 1987) les autorités rabbiniques à l'ensemble de leur population afin de «la protéger de la déchéance morale du monde extérieur».
 

Un homme et une femme hassidiques dans la nuit de Williamsburg, N.Y. Photo: Clémence de Limburg

Il s'agit, ni plus ni moins d'une longue liste de violations des droits et libertés de la personne! Vous savez, ces droits inaliénables qu'ils nous accusent si souvent de leur nier.

samedi 15 novembre 2014

LE TRIBUNAL DU PEUPLE VERTUEUX

Depuis deux mois, le projet de modification du chapitre 6.1 du règlement 1177 qui traite des normes prescrites en matière d'usage de bâtiments temporaires a soulevé un tollé au sein de la communauté hassidique et de ses partisans. Ceux-ci dénoncent avec véhémence la façon dont le délai de 15 jours déjà en vigueur dans l'arrondissement serait appliqué si le projet de règlement devait être adopté. Ils n'acceptent pas que le conseil d'arrondissement précise le début et la fin de cette période de 15 jours pendant laquelle les cabanes érigées pour la fête de Souccot seront permises.

La conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak, a lancé le bal le 2 septembre dernier. Depuis, le lobby ultrareligieux met tout son poids dans la balance pour faire monter la pression. Il en a fait la preuve éclatante lors de la soirée de consultation publique du 29 octobre. Ce soir-là, citoyens et élus ont eu droit à une démonstration de force peu commune. Quel chahut!

Mais les détracteurs du projet de règlement n'en sont pas restés là. Pour imposer leur point de vue, ils ne reculent devant rien. Même pas devant la désinformation calomnieuse.

Il y a deux jours (13 novembre 2014), Mme Leila Marshy a publié une lettre ouverte à ce propos sur le site ultraorthodoxe OutremontHassid.com. La cofondatrice (avec la conseillère Mindy Pollak) de la page Friends of Hutchison Street s'est payé la traite sans aucun scrupule (cliquer ICI pour la traduction française).

Mindy Pollak et Leila Marshy, les cofondatrices de la page Facebook Friends of Hutchison Street Photo: Friends of Hutchison Street


Dans son brûlot, la présidente du Tribunal du peuple vertueux écrit que la conseillère Céline Forget  a «même traîné [les hassidim]  en cour à de nombreuses reprises (en perdant à chaque fois)»*.  La malhonnêteté de Marshy est ici sans bornes. Dans les faits, ce sont plutôt des membres de la communauté hassidique qui ont poursuivi Mme Forget à répétition. Chaque fois, les ultrareligieux ont perdu leurs poursuites contre elle et non l'inverse. J'imagine qu'à force de répéter un mensonge, Mme Marshy espère que cela se transformera en vérité. 

*(NDLR: le dimanche 16 novembre 2014, après avoir pris connaissance de ma chronique publiée le 15 novembre, Leila Marshy tente de se sortir les pieds de la bouche en modifiant les faussetés qu'elle a lancée à propos des poursuites qu'aurait intentées la conseillère Céline Forget contre les hassidim. Marshy affirme désormais que Mme Forget a perdu ses procès à propos de l'erouv et de la synagogue de la congrégation Munchas Elozer Munkas. Hélas pour Mme Marshy, dans ces deux nouveaux cas, ce n'est pas Mme Forget qui a engagé les poursuites. Dans le cas de l'erouv, c'est Michael Rosenberg & Cie qui a poursuivi la Ville d'Outremont. Dans le second cas, c'est la Ville de Montréal. Strike three, comme on dit au baseball!

En politique, comme dans bien d'autres domaines, les analyses à saveur partisane sont monnaie courante. On pourrait même dire qu'elles sont passées dans les mœurs. Je m'en accommode sans problème. Mais la propagation d'information intentionnellement fausse demeure répugnante.

Que Leila Marshy prétende que je ne suis pas sain d'esprit, que je suis raciste et antisémite, grand bien lui fasse, si cela l'amuse. Ma voisine Marshy peut même me faire passer pour un despote cruel, sanguinaire et impitoyable en me présentant comme un «tyran». Je ne péterai pas une coche pour de telles enflures verbales.

C'est tout simplement risible, tout comme l'est son analyse psychosociale voulant que «à Outremont, [Lacerte] a réussi à définir et encadrer le discours à un point tel que le conseil d’arrondissement a souvent peur de prendre des décisions...». À l'en croire, par ma faute, les conseillers pourraient même souffrir du «syndrome de stress post-traumatique», et ce, en dépit du fait qu'elle estime que certaines de mes compétences «rivalisent avec celles des jeunes de 12 ans»

Leila se demande même comment les autres arrondissements traiteraient le «fanatique» qu'elle soutient que je suis. Pour son information, non seulement je n'ai jamais été banni des séances du conseil du Plateau, mais je lui rappellerai que trois des six conseillers du Plateau - Richard Ryan, Josée Duplessis et Carl Boileau - avaient voté dans le sens que je préconisais, c'est à dire contre l'agrandissement de la synagogue Bobov de la rue Hutchison (cliquer ICI pour vous rafraîchir la mémoire). 

Je n'embarrasserai pas davantage Mme Marshy en lui demandant de nous dévoiler l'étude internationale sur laquelle elle s'appuie pour affirmer haut et fort que le règlement d'Outremont sur les souccot est «le plus restrictif du monde».

En revanche, je voudrais vous faire remarquer qu'à chaque fois que les dirigeants hassidiques craignent de ne pas obtenir ce qu'ils désirent, ils brandissent systématiquement la menace de poursuite. Cette histoire ne fait pas exception à la règle.

Craignant que le conseil d'Outremont n'entérine pas le projet de règlement que les hassidim poussent à bout de bras, Leila Marshy vient de lancer un avertissement sur sa page Facebook. Si les ultraorthodoxes ne sont pas entendus, ils intenteront «un procès coûtant des milliers de dollars aux contribuables».


Dans sa publication originale, la menace de poursuites diffusée par Leila Marshy était plus explicite encore. Voici comment était libellée l'invitation à manifester:  

* «Résidents d'Outremont, nous avons besoin de vous. Faites part à nos élues par écrit de la tolérance et du respect dont vous aimeriez qu'elles fassent preuve envers nos voisins hassidiques. Cela vaut doublement pour ceux d'entre vous qui sont avocats ou juristes!» Aujourd'hui, la partie du texte (en rouge) a été supprimé par Leila, mais cela ne nous a pas échappé.

Confrontés encore une fois à l'intimidation, à la menace et au chantage, c'est à notre tour de dire haut et fort... ÇA SUFFIT!

vendredi 7 novembre 2014

LES PURGES DE PROJET MONTRÉAL


Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, on s’ennuie rarement aux assemblées du conseil d’Outremont. Bien sûr, ce n’est pas toujours égal. Parfois, on a l’impression d’assister à un numéro de cirque. En d’autres occasions, on jurerait une tragédie grecque.

Le 3 novembre dernier, la période de questions a été plutôt pénible pour Projet Montréal et sa représentante Mindy Pollak.

Je me suis présenté au micro pour dénoncer le libellé fallacieux d’une pétition signée et expédiée par Mme Cynthia Kelly à des citoyens d’Outremont. Avec cette pétition (voir ma chronique du 3 novembre 2014), Mme Kelly cherchait à rallier le plus de partisans possible à la cause que la conseillère hassidique Mindy Pollak défend bec et ongles : faire passer de 15 à 23 (si ce n’est pas 24!) le nombre de jours pendant lesquels les cabanes temporaires de la fête de Souccot pourraient demeurer sur les balcons. Rappelons que la fête, elle, ne dure que neuf jours.

À la suite de mon intervention, la conseillère Pollak a insisté pour que je révèle publiquement le nom de l’auteur de cette pétition. Lorsque je lui ai répondu qu’il s’agissait de Cynthia Kelly *, Pollak a eu un moment de surprise. Puis, elle a prétendu qu’il ne pouvait s’agir d’une pétition de Projet Montréal puisqu’elle ne se trouvait pas sur le site Web de son parti et qu’elle n’en portait pas l’en-tête.

Mme Pollak a même soutenu que Mme Kelly n’était pas coordonnatrice de l’association locale de Projet Montréal à Outremont. Je n’ai quand même pas inventé ça. À preuve, ce communiqué officiel publié sur le site Web de Projet Montréal et qui annonçait avec tambours et trompettes que le 30 mai 2013, les membres du parti avaient fondé l’association locale du parti à Outremont et que Cynthia Kelly en devenait la coordonnatrice.


Voici une capture d'écran du communiqué de presse diffusé sur le site Web de Projet Montréal depuis mai 2013

Venue à son tour au micro, Mme Kelly a souhaité donner sa version des faits. «Projet Montréal m’a beaucoup déçu, a-t-elle confessé, et je ne suis plus membre du parti depuis un an et demi.»

Si c’est le cas, cela voudrait dire que Cynthia Kelly a déchiré sa carte de membre… un mois avant d’être nommée coordonnatrice! C’est ce que l’on pourrait appeler un couac.

Si elle était aussi désenchantée du parti, pourquoi diable a-t-elle continué de graviter dans le giron du parti, de militer et de s’investir dans des activités organisées par le groupe Facebook créé par Mindy Pollak avec la bénédiction de M. Philipe Tomlinson, attaché politique de Projet Montréal? À la place de ce dernier, je n'aurais pas beaucoup apprécié entendre le désaveu public de Mme Kelly, lundi soir dernier.


Lors de son témoignage, Mme Kelly a également évoqué le fait que son compte courriel «aurait peut-être été compromis», insinuant ainsi qu’un imposteur se serait possiblement servi illégalement de son compte pour diffuser cette pétition.

Je ne connais rien aux arcanes d'Internet, mais il me semble pour le moins très étrange qu’un crack de l'informatique ait eu l’idée saugrenue de détourner illégalement son compte courriel pour diffuser un message qui est en tout point conforme à l’opinion que Mme Kelly exprime haut et fort publiquement. J’aurais pu comprendre la manœuvre si un piratage avait servi à diffuser un message qui allait à l’encontre de son point de vue, mais ce n’est pas le cas, bien au contraire. Vous ne trouvez pas que cela commence à faire beaucoup de hasards intrigants?

Mme Kelly a ajouté l’injure à l’insulte en m’accusant publiquement de la harceler. Dans le genre calomnie de bas étage, c’est difficile à battre.

Sachez que de toute ma vie, je ne me suis adressé à elle qu’une seule fois. C'était par le truchement de Facebook. Le 13 mars 2014, je lui avais demandé si elle accepterait de me rencontrer en compagnie d’une troisième personne (un homme) qui partage ses convictions. Mon message est demeuré lettre morte et je ne l’ai jamais relancée, tout comme je ne l’ai jamais croisée sur la rue et ne lui ai jamais parlé ni téléphoné. 

Voici le seul et unique message que j'ai destiné à Cynthia Kelly

À moins que le fait de m’être trouvé dans la même salle qu’elle lors d'une assemblée du conseil d’arrondissement soit devenu un critère de harcèlement, la déclaration de Mme Kelly relève de la diffamation et je souhaiterais qu'elle puisse s’excuser pour les propos outrageants qu’elle a tenus à mon égard.

Enfin, autre coïncidence troublante, le communiqué de presse de Projet Montréal qui figurait depuis plus de 18 mois sur le site du parti politique de Richard Bergeron s’est mystérieusement volatilisé 24 heures après mon intervention et celle de Mme Kelly. Depuis quand fait-on disparaître un communiqué de presse officiel? Était-il devenu gênant pour Projet Montréal à la suite de ma dénonciation? 


Voici ce qui apparaît désormais sur le site de Projet Montréal si vous Googlez «L'équipe de Projet Montréal à Outremont s'organise»

Appliquons donc l'implacable logique de Mindy Pollak. 

Si une pétition ou un communiqué de presse ne portent pas le logo de Projet Montréal ou s'ils ne se retrouvent pas sur le site de Projet Montréal, le parti en récuse la paternité? Ah bon?

S'il n'y a plus de communiqué sur la création d'une association locale du parti sur le site, devons-nous conclure qu'elle n'existe pas et n'a jamais existé

Si, d'aventure, Mme Kelly n'était vraiment plus coordonnatrice de Projet Montréal, plutôt que de détruire le communiqué officiel de mai 2013, n'aurait-il pas mieux valu en ajouter un nouveau informant les citoyens de la nomination de sa remplaçante? Ça s'appelle de la transparence. Sans compter que ce n'est pas faire preuve de beaucoup de respect pour les autres membres de l'association locale d'Outremont que de les faire passer eux aussi à la trappe.

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* ndlr: Le 3 novembre, on m'a remis une copie imprimée du document «Pétition pour les résidents d'Outremont» qu'avait expédié Mme Kelly à des citoyens d'Outremont. Comme il est impossible de cliquer sur une feuille de papier pour être redirigé à la pétition à laquelle elle référait, je n'ai pas pu en prendre connaissance. Dans le texte qu'elle a signé, Mme Kelly n'indiquait pas que la pétition n'était pas d'elle. Elle y est même allé de ses commentaires personnels (voir ma chronique du 3 novembre.

Je réalise aujourd'hui (19 novembre 2014) que la pétition dont elle faisait la cabale était la même que celle mise en ligne par le groupe Friends of Hutchison Street. Je conviens donc qu'il aurait été plus juste dans cette chronique que j'écrive que: «Cynthia Kelly avait signé et fait circuler cette pétition» plutôt que de dire qu'elle avait «rédigé et fait distribuer une pétition». Je le regrette.

Cela dit, je maintiens que le document que Mme Kelly a expédié aux citoyen contenait non seulement des éléments inexacts mais des allégations totalement gratuites et tendancieuses.

lundi 3 novembre 2014

LA MENEUSE DE CLAQUE ET SA CLIQUE


Si vous ne vous êtes pas rendu à l'assemblée publique de consultation, le 29 octobre dernier, vous avez raté une belle occasion de voir à l’œuvre «les chercheurs de paix, d'harmonie, de dialogue et d'ouverture» comme se décrivent les partisans de la page Facebook créée par la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak. 

Lors de cette soirée où les citoyens ont été appelés à se prononcer sur une modification au règlement relatif au nombre de jours pendant lesquelles les cabanes de la fête de Souccot pourront demeurer sur les balcons, les «apôtres de l'Amour infini» ont volé le show.  

Alternants insultes, huées et applaudissements (c'est La Presse qui le rapporte!), les «chercheurs de paix» se sont appliqués à maintenir la pression sur les citoyens qui n'étaient pas du même avis qu'eux.

Martin Rosenberg, le fils du président du groupe Rosdev, s'est montré particulièrement agressif et perturbateur. Installé à l'avant de la salle, près d'un groupe assez imposant de ses coreligionnaires, Rosenberg Jr. s'est transformé en véritable meneuse de claque. Ce n'était pas la première fois qu'il provoquait un tel barouf, escorté par une garde rapprochée de plusieurs dizaines de disciples. (Lire ma chronique du 8 mars 2011)

À son signal, ses ouailles applaudissaient à tout rompre lorsque l'un de leurs partisans était au micro ou huaient quand un citoyen exprimait une opinion divergente. Il fallait voir le numéro 2 de la multinationale milliardaire se faire aller les bras comme un chef d'orchestre. La scène a été filmée.

Martin Rosenberg harangue ses troupes pour mieux faire sentir leur présence et perturber la quiétude de la séance de consultation.
Une partie des membres de la secte hassidique dans la salle du Centre communautaire intercommunautaire. Photo: Bernard Brault
 

 
Bien qu'il ait perdu tous les procès qu'il m'a malicieusement intentés dans l'espoir de me bâillonner, il semble ne pas avoir encore compris que ses méthodes d'intimidations ne lui réussissent pas. Pas plus brillant qu'il faut, il m'a même insulté, en plus de tenter de m'empêcher de donner une entrevue à une journaliste de CTV qui m'avait demandé de m'exprimer sur la question en jeu. Il a fallu que le cameraman, exaspéré, lui dise de cesser son intimidation et de le laisser faire son travail en paix pour que le cacique fasse marche arrière.


M. Christian Aubry avant son expulsion. 
Photo: Friends of Hutchison Street
Mais Rosenberg n'a pas été le seul à jouer les pyromanes lors de cette soirée. Lorsqu'il a insinué à mots à peine voilés que des citoyens dans la salle étaient antisémites, Christian Aubry, un ami de Mindy Pollak et des Friends of Hutchison Street, s'est fait escorté hors de la salle par un agent de sécurité, au grand dam de Cynthia Kelly. Il fallait voir la coordonnatrice de l'association d'Outremont du parti Projet Montréal marcher sur les traces de l'indésirable alors qu'il se faisait expulser


3 février 2014: Cynthia Kelly au conseil d'Outremont
 C'est cette même Cynthia Kelly qui avait signé et fait distribuer une pétition renfermant des contrevérités sur le projet de modification du chapitre 6.1 du règlement 1177

Dans le libellé de sa lettre, Mme Kelly prétend que le conseil d'arrondissement «veut restreindre davantage le temps alloué pour la fête de Sukkot» alors que cela est totalement faux. Comment peut-on soutenir qu'un projet de règlement qui permettra la présence des cabanes pendant 15 jours puisse restreindre une fête qui n'en dure que neuf? La modification au règlement précise tout simplement que les cabanes pourront être érigées trois jours avant le début de la fête et être démantelées trois jours après la fin de la fête. De toute façon, 15 jours, c'est déjà ce que prescrit depuis des lustres le règlement actuel.

Par ailleurs, Mme Kelly «trouve odieux de réglementer les fêtes de [ses] voisins». Comment lui faire comprendre qu'il ne s'agit pas de légiférer une fête, mais bien de régir l'usage provisoire d'une construction temporaire?

Et je ne parle pas de l'allégation aussi infondée que bassement partisane que Cynthia Kelly jette à la figure de quatre des cinq élues de l'arrondissement en affirmant que «le Conseil sait bien que sa nouvelle proposition de règlement ne donne pas assez de temps à la communauté juive de faire sa fête». C'est d'autant plus étonnant d'entendre cela que les citoyens sont témoins du fait que la très grande majorité des souccot de cette année ont été érigées et démantelés dans les temps prescrits par le règlement.

Lorsque M. Aubry s'est fait expulser de la salle manu militari, Mme Kelly a bondi et s'est empressée de le rejoindre. Simple citoyenne ou militante engagée au profit de Projet Montréal? Captation vidéo: Friends of Hutchison Street

Que dire, par ailleurs de cette autre proche de la conseillère Pollak qui a fait sursauter la mairesse Cinq-Mars en se disant atterrée que le conseil d'Outremont ait même songé à adopter un règlement qu'elle considère discriminatoire et abject.

Je ne m'étendrai pas sur les propos grotesques de ceux qui ont soutenu que même des pays comme la Russie n'ont jamais adopté un tel règlement, mais je ne peux passer sous silence le propos fraternel, empreint d'ouverture et de respect d'autrui que nous a servi le rabbin Eliezer Frankfurter.

Le rabbin Eliezer Frankfurter, le 29 octobre dernier.
Photo: Friends of Hutchison Street
N'est-ce pas ce même homme qui, le 24 novembre 2013, nous avait expliqué dans le cadre de l'émission Second Regard pourquoi il est inutile d'espérer un rapprochement avec nos voisins hassidiques? (Lire ma chronique du 21 février 2014)


Ce jour-là, M. Frankfurter,
le beau-frère de Michael Rosenberg, n'avait pas mis de gants blancs pour promouvoir l'isolationnisme hassidique.  «Ça nous est inconcevable de vivre comme tout le monde. On est obligé d’avoir une certaine attitude qui est : Ok, nous, on ne vous dérange pas, mais, s’il vous plaît, ne nous dérangez pas.... Il vaut mieux rester chacun chez soi.» Ça ne s'invente pas!

Aux côtés du lobbyiste hassidique Mayer Feig (à droite), Martin Rosenberg semble bien satisfait de sa prestation de mercredi soir dernier.

samedi 18 octobre 2014

L'ACCOMMODEMENT DE PLYWOOD



Elle n’est pas toujours facile à suivre la représentante de Projet Montréal dans Outremont

En août dernier, alors que plusieurs citoyens s’étaient plaints
La Une de L'Express d'Outremont
de la vitesse et de la cinquantaine d’autobus scolaires qui parcourent chaque jour les rues résidentielles du quartier, la conseillère Mindy Pollak, avait carrément refusé de se prononcer sur le sujet. Selon ses dires, comme la majorité des autobus scolaires en cause desservent les écoles et garderies hassidiques, elle ne se sentait pas à l’aise d’aborder la question.

Pourtant, quelques semaines plus tard, Pollak n’a pas fait preuve de la même retenue à propos des cabanes de la fête juive de Souccot. Au contraire, lors de la réunion du conseil du 2 septembre 2014, elle s’est montrée très revendicatrice en déposant un avis de motion destiné à faire modifier le chapitre 6.1 du règlement 1177 en vigueur. Si bien qu’une assemblée de consultation publique (ouverte à tous les citoyens) sera tenue sur ce sujet le 29 octobre 2014 au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont (voir les détails).

Mindy Pollak en cabale pour les cabanes
Même si la fête de Souccot ne dure que neuf jours (en fait, la fête obligatoire est de 7 jours), la conseillère hassidique trouve que les 15 jours pendant lesquels l’arrondissement autorise l’érection de cabanes provisoires pour la fête juive ne suffisent pas. Pollak voudrait que l’arrondissement étende à 24 jours le droit de laisser ces structures sur les balcons ou les terrains des résidents.

Pour justifier la modification du règlement actuel, la porte-parole des dirigeants hassidiques prétend que la construction d’une souccah requiert entre un et trois jours. Il suffit pourtant de voir la façon rudimentaire dont sont conçues les souccot (pluriel de souccah) pour comprendre que même un néophyte pourrait en monter une en quelques heures tout au plus.

 
Qu'elles soient en façade de résidence ou en arrière-cour, les cabanes ne paient vraiment pas de mine dans le quartier

Pollak elle-même décrit les souccot comme des «constructions assez simples». Il s’agit généralement d’étroits panneaux de contreplaqués fixés à des deux par quatre en épinette. Chaque section est préfabriquée et numérotée. Il suffit de juxtaposer les panneaux, d’y ajouter quelques branchages, trois ou quatre bouts de bois pour soutenir la toile de camping qui fait office de toit et le tour est joué. Dans un grand nombre de cas, la même structure est réutilisée, année après année... après année. On croirait presque que les dévots se sont convertis à la loi sur le développement durable.

Comme on n’arrête pas le progrès, Mindy nous rappelle que de plus en plus de gens troquent les cabanes de contreplaqué par des souccot «de style-lego faits en plastique». Plus légères, plus faciles à assembler, imputrescibles, donc réutilisables ad vitam aeternam, elles ne requièrent plus aucune habileté et se font (et défont) en un tournemain. Même par des adolescents. À ce compte, la décoration d’un sapin de Noël de salon demande plus de temps!


Souccat géante de «style lego», montée derrière l'avenue du Parc, sur le Plateau.

Qu’importe les matériaux utilisés, il n’en demeure pas moins que la question de la sécurité de ces structures temporaires soulève l’inquiétude de plusieurs citoyens.

Ces dernières années, des incendies causés par des feux de chandelles ont détruit six appartements de la communauté sur les rues Hutchison et Durocher. Aussi, des gens craignent que les souccot puissent représenter un risque supplémentaire. C’est sans parler qu’il y a quelques jours à peine, une souccah s’est écroulée à Boisbriand, entraînant dans sa chute plusieurs femmes qui s’y trouvaient. Le site hassidique qui rapporte la nouvelle titre «Miracle as Sukkah collapses but no serious injuries».

 
Un chandelier à l'huile laissé sans surveillance serait à l'origine de l'incendie qui a détruit le triplex du 5449 Hutchison, en janvier 2014


On ne se cachera pas que Pollak est surtout préoccupée par des considérations de commodité et d’accommodements religieux. Soutenant que certaines familles passent une partie de la fête de Souccot à l’extérieur de la ville, elle estime que cela peut leur laisser peu de temps, à leur retour, pour démanteler leur cabane dans les délais concédés par le règlement actuel.
 
Que répondre à cela sinon que les autorités municipales ne peuvent être tenues de prendre en compte les situations particulières ou les séjours de vacances de tout un chacun pour administrer l’arrondissement? Cela rendrait l’arrondissement absolument ingérable. 


Des situations similaires se vivent tous les jours dans nos quartiers. Si vous prenez l’avion, que vous n’avez pas de garage et que vous savez que vous ne reviendrez pas à temps pour changer votre voiture de côté de rue, vous avez le choix : ne rien faire et risquer la contravention ou demander à un bon voisin ou à un parent de la déplacer pour vous en temps opportun. Cette prévoyance tient de la responsabilité civique élémentaire.

La recrue de Projet Montréal pousse son argumentaire jusqu’à tenter une comparaison entre ces cabanes et les décorations de Noël. Elle trouve injuste que les constructions de contreplaqué sur les balcons doivent être enlevées après une période maximum de quinze (15) jours alors que les ornementations de Noël peuvent demeurer en place sans restriction.

 
Outremont: débris de souccah que ses propriétaires ne se sont jamais soucier de remiser.


Paradoxalement, alors que Mindy Pollak souhaiterait davantage d’indulgence de la part des citoyens d’autres confessions, elle nous pose une question étonnante : « Est-ce que votre géant bonhomme de neige gonflable doit réellement passer son hiver dehors? ». On croit rêver. Pour nous rassurer (ou nous faire chanter?), elle ajoute : «mais ne vous inquiétez pas, personne ne va l’interdire. Pour le moment.» Si ça lui cause problème, elle n’a qu’à déposer un autre avis de motion pour en réglementer l’usage. Elle sait déjà comment faire!

Mais, entre nous, comment peut-on comparer un patchwork de matériaux de construction parfois vermoulus et généralement inesthétiques à des décorations lumineuses et réjouissantes? On ne me fera pas croire que des passants puissent apprécier de la même façon des structures mal dégrossies et des décorations hivernales.


Dans cette optique, la réglementation sur les souccot telle qu’elle est formulée dans le règlement actuel est-elle une injustice? Je laisse les images répondre d’elles-mêmes. 

Jetez un coup d’œil aux photos ci-bas et tirez-en vos propres conclusions.

Un arbre de Noël sur le Chemin de la Côte-Sainte-Catherine et des décorations du centre-ville.



Une souccah de fortune photographiée aujourd'hui même sur la rue Hutchison alors que l'article 2d du Règlement 1063 considère comme une nuisance «le fait d'étendre des matelas, des couvre-lits, des couvertures ou autres objets de literie ou de linge le long des fenêtres ou des balcons donnant sur une rue»  
Une souccah faite d’un patchwork de contreplaqué et d’aggloméré. Elle  empiétait même sur le domaine public.

Je vous invite à venir assister et participer à l’assemblée de consultation publique, le mercredi 29 octobre 2014, à 19 heures, au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, 999, avenue McEachrean.

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Courtoisie de la maison à l'intention de M. Christian Aubry qui m'apostrophe (voir le 2e commentaire au bas de cette chronique et ma réplique). 

Pour son plus grand plaisir, je lui présente (sans frais supplémentaires) un autre exemple de ce qu'il qualifie de «jolis assemblages» d’une «[fascinante] ingéniosité à garder inscrite dans le présent de notre monde à la dérive cette tradition millénaire». 

Il s'agit de la souccah qui se trouve à un coin de rue de chez lui (angle Bernard et Hutchison). Admirez la belle cabane de cette synagogue-dortoir-école qui, il y a bien sept ans, s'était installée illégalement et sans permis sur l'emplacement de l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule.  De toute beauté!

Laquelle de ces deux magnifiques structures (la blanche ou la noire) est la  souccah qui a pignon sur rue au coin de l'avenue Bernard et Hutchison? Photo prise le 18 octobre 2014.