mardi 24 mars 2009

L'HOMME DE MAIN D'UNION MONTRÉAL

Depuis qu'elle a été couronnée mairesse d'Outremont, Marie Cinq-Mars règne sans partage sur les destinées de l'arrondissement. Elle et tous les conseillers d'Outremont, sans exception, défendent les couleurs du parti du maire Tremblay.

Pourtant, il semble que la mairesse ne se satisfait pas du monopole absolu qu'elle exerce. Pour être heureuse, il lui faudrait en plus pouvoir mater les citoyens qui n'ont pas d'affiliations politiques.
De simples résidents osent-ils réclamer de leurs représentants qu'il rendent des comptes sur leurs faits et (absence de) gestes? La mairesse ne le prend pas. Elle vient donc de passer la commande à Jean-Richard Bélanger, son organisateur politique, de faire une job de bras.

Dans l'édition du 20 mars 2008 du journal Le Point d'Outremont, le président rémunéré (?) d'Union Montréal - Outremont mitraille comme un forcené les citoyens qui assistent aux séances du conseil d'arrondissement.

Ce que Jean-Richard Bélanger ne peut pas blairer, ce sont les résidents qui s'intéressent à la chose publique sans flatter dans le sens du poil le parti unique au pouvoir.


Le président d'Union Montréal dénigre, méprise et condamne plusieurs citoyens qui ne sont liés d'aucune façon entre eux, sinon que par le fait qu'ils habitent tous le même quartier. Faut-il être de connivence pour dénoncer les façons de faire (ou de ne rien faire) des élus? Il est particulièrement odieux que M. Bélanger n'ait même pas le courage d'identifier ses victimes par leur nom. En dégorgeant sa bile partisane, le directeur de conscience de Marie Cinq-Mars craindrait-il les poursuites?


Je figure en première place sur sa liste des citoyens à éliminer. Je suis celui que M. Bélanger accuse de n'être qu'un vulgaire voyeur raciste qui s'excite à épier les rituels kabbalistiques d'une secte. Qu'il sache, le pauvre homme, que je ne me scandalise pas des pratiques rigoristes d'un groupe ultra religieux, mais bien plutôt des moeurs très relâchées des politiciens qui traitent ou maltraitent les citoyens selon qu'ils sont du bon ou du mauvais bord.

Le président d'Union Montréal me reproche d'alimenter un blogue et d'alerter les médias. Tiens donc. Serait-il contre la liberté d'expression, ce démocrate à temps perdu? Faut-il faire "couche couche panier" parce que nos questions sont susceptibles de mettre les élus face à leurs propres contradictions? Que je sache, ni moi, ni les autres citoyens qu'il dénigre ne sommes à la tête de Power Corporation ou de Radio-Canada et n'avons aucun ascendant sur les artisans de l'actualité qui, depuis les audiences de la commission Bouchard-Taylor, ont braqué si souvent leurs objectifs et leurs plumes sur nos élus municipaux et leurs amis. Pourquoi donc cette phobie des médias puisque vous êtes blanc comme neige?


Le justicier de l'UCIM soutient que je "ne respecte pas les règles civiques qui prévalent aux assemblées du conseil" et que je bénéficie de "la patience de la mairesse qui répond à (mes) questions". Laissez-moi rire. Je rappellerai à M. Bélanger que si Mme Cinq-Mars avait une seule fois répondu avec un minimum d'honnêteté ou de transparence à nos questions au cours des 15 derniers mois, nous n'aurions pas eu à revenir à la charge pour tenter de percer son mur du silence. Dire qu'on pensait que l'Omerta, c'était en Sicile!


En passant, à quoi peut bien faire allusion M. Bélanger lorsqu'il écrit que nous sommes "outragé à outrance pour la moindre petite erreur sans grande conséquence"? Sans doute veut-il parler du petit dépassement de coût de 6 millions de dollars pour notre merveilleux centre communautaire intergénérationnel (CCI). À moins que ce ne soit le fait que depuis les neuf ans qu'elle est en politique active, Marie Cinq-Mars a "oublié" de traiter de la question des lieux de culte et des dortoirs illégaux.


C'est vrai que l'application d'une politique des Deux poids, deux mesures en matière de contravention de stationnement, de travaux sans permis ou de non-respect d'ordonnances de fermeture de chantiers, c'est un pet qu'il ne vaut pas la peine de renifler.


À quoi bon aussi faire des chichis pour des conseillers municipaux, des policiers, des agents de la Sécurité publique qui se font offrir au rabais un voyage à New York par les dirigeants d'une secte religieuse qui cherche, en retour, à obtenir des faveurs particulières. Ça ne valait sûrement pas non plus la peine de dénoncer nos élus qui calaient à notre santé des caisses de Scotch Glenfiddich sur les heures de bureau. C'est aussi des enfantillages que de demander la destitution d'un homme qui siège à un comité destiné à rapprocher les communautés alors qu'il a fait cent fois la preuve qu'ils se foutait éperdument des règlements municipaux. Il a raison, M. Bélanger. Nous nous agitons pour des vétilles.


Et toute cette belle élite voudrait que nous lui fassions des courbettes? Si la classe politique souhaite que les citoyens respectent scrupuleusement leurs représentants et les règles de procédure, peut-être faudrait-il qu'elle fasse elle-même preuve d'un minimum de respect à l'égard de ces mêmes citoyens.


Jean-Richar Bélanger a-t-il déjà oublié qu'il a lui même chahuté des résidents qui étaient au micro? Il était aussi présent à l'assemblée du conseil de février dernier lorsque Cinq-Mars, sa protégée, m'a publiquement - et à tort! - traité de menteur. Et deux fois plutôt qu'une. Je défie quiconque de nous donner un exemple, hors Outremont, d'un président d'assemblée qui se permet de tels propos calomnieux. Dans ce contexte, il faut être drôlement gonflé pour pointer du doigt et blâmer les citoyens.

Avant que je n'oublie, ne manquez pas la prochaine séance du conseil, le 6 avril. Ça promet! Entre temps, vous aurez droit à une chronique bien sentie sur le thème du MENSONGE qui finit toujours par rattraper son auteure.

À une époque où les démocrates se préoccupent de la désaffection et du cynisme des citoyens à l'égard de la chose publique, il faut avoir du front tout le tour de la tête pour accuser ceux qui se donnent encore la peine d'assister aux séances du conseil "de se réunir dans le vestibule de la salle du conseil" entre deux périodes de questions.

C'est totalement faux, mais supposons un instant que cela se soit avéré. C'est quoi son problème? Les élus ont une batterie de fonctionnaires pour préparer leur cirque pendant des semaines. Les résidents, eux, ont à peine quelques minutes par mois pour poser leurs questions à des élus fuyants comme des anguilles. Il est où le scandale sinon le fait même que les élus nous prennent pour des valises?


Ce qui est honteux, c'est que la mairesse en soit réduite à demander à son directeur de parti d'arroser ses propres citoyens et de tirer sur les messagers plutôt que de combattre les véritables foyers d'incendie. En agissant ainsi, elle ne fait qu'ajouter de l'huile sur le feu. À huit mois des élections, on le voit, le torchon brûle et Marie Cinq-Mars a perdu le contrôle du brasier. Remarquez que si vous le souhaitez, et jusqu'au jour où sera remis à l'arrondissement de Verdun le camion-échelle dont les résidents d'Outremont ont défrayé l'achat, nous pouvons encore appeler les pompiers!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Sacré JRB, une chance que le ridicule ne tue pas !

À Outremont, il nous en coûte pas moins de
1 640 000$ en salaires, comptes de dépenses et primes de départ pour les conseillers et les maires de l'UNION, au cours des huit dernières années, sans compter les généreuses retraites. Pendant ce temps la dette s'est multipliée par quatre et on voudrait siéger à huis-clos.

Admettons que ça ne fait pas sérieux.