jeudi 31 décembre 2009

BYE! BYE! 2009

Eh! oui! Deux ans, déjà. Qui l'eut cru? Lorsque j'ai démarré ce blogue, en décembre 2007, je me demandais si j'allais avoir suffisamment de stock pour me rendre à février... 2008!

Imaginez. Aujourd'hui, à la cadence où se produisent les évènements, je ne fournis plus. Trop de jus, trop de matière; ça me sort par les oreilles. Si vous plaît, messieurs, dames les élus, soyez gentils: donnez-moi un "
break". Prenez un Valium, respirez par le nez, tournez-vous la langue deux douzaines de fois dans la bouche avant de... vous taire!

Toute l'année 2009, avec vos pieds dans les plats (ou dans la bouche), on s'est tapé les cuisses, on s'est bidonné jusqu'en avoir mal aux "
spare ribs". À côté de ça, le Festival de l'humour ressemble au chapelet en famille du cardinal Léger. Mais c'est pas parce qu'on se fend la poire que d'est drôle. C'est
à se demander si nos politiciens en sont rendus à se croire eux-mêmes. Docteur! Docteur! Comment ça s'appelle, cette maladie-là,? C'est-tu plus contagieux que la A(H1N1)? On va-tu finir à Louis-H.-Lafontaine?

Le pire, c'est que plus ils s'enfoncent dans leur fuite (en avant?), moins ils semblent avoir de scrupules. Machiavel nous avait pourtant avertis: " Ceux qui l'emportent, quelle que soit la manière, jamais n'éprouvent de honte". Ça promet pour l'année qui vient!


Mais ne sortons pas tout de suite nos boules de cristal. L'année qui se termine a été tellement riche en rebondissements que ça ne nous fera pas de tort de décanter tout ça. En ces temps de crise, un petit Bye! Bye! n'est pas un luxe.

Ah! Avant d'oublier...j'aurais une petite pensée pour ce bon Julius Grey, notre "mononcle" de Westmount qui jongle avec tous les concepts et leur contraire.

D'une seule et même bouche, il est
capable de dire :
1) que Françoise David est sa lueur d'espoir contre le néo-libéralisme cruel;

2) qu'il ne pardonnera jamais à Jean Charest d'avoir voulu subventionner à 100% les écoles ethniques, car cela leur permet de maintenir leur petit empire;

3) qu'il représente l'Académie Beth Esther, une école ultra orthodoxe qui ne répond pas aux exigences du ministère;

4) qu'il défend la secte hassidique de Val-Morin qui maintient une synagogue illégale depuis 20 ans

5) qu'il prête son image pour mousser la campagne de publicité contre les poursuites abusives tout en acceptant de représenter le président de la firme milliardaire Rosdev pour me coller une poursuite-bâillon de 375 000$.

6) qu'il songe à se présenter candidat pour le NPD.

On te reconnait bien là, mangeant à tous les rateliers!
Est-ce Vivaldi, son quadrupède de compagnie qui lui a appris cela? Chapeau, Julio!



Bon! Maintenant que je suis réchauffé, c'est parti pour notre revue de l'année! (vous pouvez cliquer sur les caricatures pour mieux les voir)

Le 28 novembre 2007, alors que nous défendions notre mémoire devant la Commission Bouchard-Taylor, le bon Gérard Bouchard nous avait fait une suggestion. "Il semble que vous ayez des problèmes avec vos élus municipaux. Faites-le leur savoir aux prochaines élections."

Le gouvernement Charest a tabletté les travaux timorés de la Commission, mais nous avons retenu sa seule bonne suggestion.

Le 1er novembre dernier, nous avons fait élire Céline Forget, la seule conseillère indépendante d'Outremont. Élue sans même être inféodée au grand capital électoral. C'est peu dire. Au niveau de l'arrondissement d'Outremont, il s'agit probablement de la meilleure nouvelle de 2009.



Remontons un peu dans le temps. Au début de 2009, Gérald Tremblay nommait son frère Marcel aux affaires des communautés culturelles.













Une semi-retraite qui s'est avérée une pelure aussi glissante que les trottoirs de Montréal. Car la gestion des déchets des dortoirs illégaux annexés à la synagogue Satmar, au coin de Saint-Viateur et Hutchison, Marcel s'en est rendu compte, ce n'est pas de la tarte.













Ce qu'avait oublié de lui dire Gérald, c'est qu'il lui aurait fallu deux paires de crampons. Deux pour les pieds et deux pour les mains. Car avec la secte hassidique, il ne suffit pas de courber l'échine. Il faut être à quatre pattes devant eux! Heureusement, nos élus d'Union Montréal apprennent vite.
















Vous souvenez-vous du fameux
festival du crouton plastifié de février? Du propre aveu de Louis Moffatt, il s'agissait là de l'œuvre maitresse du comité sur lequel a planché Michael Rosenberg. Impressionnant, avouez. On en voudrait plus souvent!







Beau temps, mauvais temps, Alex Werzberger chante la bonne foi, le respect, la sincérité et les mœurs élevées de sa "petite communauté paisible". Et que dire de son envie irrépressible de tisser des liens étroits avec le reste du monde.






Il y a eu l'incroyable saga de la tentative d'agrandissement de la synagogue Bobov sur la rue Hutchison. Les mairesses Fotopulos et Cinq-Mars ont voulu en passer une petite vite à leurs concitoyens du Plateau et d'Outremont. C'était sans compter l'écoeurement du citoyen Benoît Dupuis, le soutien financier de plus de 125 citoyens mécontents et l'expérience de Me Ricardo Hrtschan.
En refusant le droit aux citoyens qui habitent du côté ouest de la rue Hutchison de se prononcer sur l'agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison, la Ville a agi illégalement.

Ce n'est qu'une fois le prononcé du verdict en défaveur de nos bonnes élues Cinq-Mars et Fotopulos que ces dernières ont grossièrement tenté de nous faire croire que c'est le verdict qu'elles espéraient. Pourtant, elles ont tout fait... sauf soutenir leurs concitoyens.








En Israël, plusieurs publications juives ultra-orthodoxes acceptent mal la présence de femmes au gouvernement. Des quotidiens et des magazines ont retouché les photos du nouveau cabinet israélien pour y faire disparaître les deux femmes qui y figuraient.

Voilà peut-être ce qui nous attend dans 15 ans. Jojo, n'est-ce pas?





Marie Cinq-Mars ne peut pas blairer que des résidents qui s'intéressent à la chose publique ne la flatte dans le sens du poil. Aussi a-t-elle passé le contrat à Jean-Richard Bélanger, président d'Union Montréal - Outremont de leur faire une job de bras dans le journal local. La réplique des citoyens ne s'est pas fait attendre. L'homme de main en a pris pour son rhume.




Marie Cinq-Mars s'est fait prendre la main dans la cassette. Lors d'une séance du conseil d'arrondissement, la mairesse qui tient au décorum comme la prunelle de ses yeux m'a traité publiquement de menteur.

Heureusement, Madame la greffière avait tout enregistré. L'était contente, la mairesse, très contente!





En juin 2005. C'étaient le JOCC et Michael Rosenberg qui offraient au rabais un voyage de deux jours à New York à Louis Moffatt (candidat à Union Montréal), Pierre Chapuis (directeur de l'arrondissement) et d'autres fonctionnaires.
Tout ce beau monde avait aussi passé une belle nuit à l'hôtel new-yorkais quatre étoiles de Michael Rosenberg, notre leader de l'immobilier au Québec.









Nous nous étonnons encore que Marie Cinq-Mars n'y voit qu'un événement ne relevant que de la vie privée de ses amis Moffatt, Chapuis et compagnie.

Si c'est aussi anodin, à quand alors une petite virée à Porto-Finfino avec les citoyens du coin?







Météo pour l'été et l'automne 2009:
Au cours des six prochains mois, il va tomber des cordes, les zamis. Attachez vos plumes et mettez-vous la tête dans le sable!







Le cabinet de la ministre de l'Éducation force ses fonctionnaires à redonner les subventions qu'ils avaient coupées à l'école juive First Mesifta qui refusait de respecter les services éducatifs obligatoires. Faut savoir lire les panneaux!








La synag-mobile. Comment ce fait-il que Werzberger n'y ait pas pensé plus tôt? Fini les longues marches sous la pluie, la neige ou le soleil. Fini les millions de dollars investis dans la construction de synagogues contestées, les normes de construction à respecter, les inspecteurs municipaux à déjouer, les poursuites incessantes, les embrouilles avec les élus et les citoyens goys.








Harper accorde une subvention de 220 000 $ à dix synagogues et écoles juives de Montréal pour se protéger encore mieux des crimes haineux et "améliorer le sentiment de sécurité au sein des minorités culturelles".

















Dans un match en trois rounds, Coderre passe un savon à Cauchon, puis Ignatieff tranche la poire en faveur de son lieutenant québécois et ...















... finalement, Cauchon applique une prise de l'ours fatale au prétendant à la Couronne. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour un carré de sable à Outremont, hein Alex?




Non satisfaite de patiner et d'esquiver les questions posées une fois par mois par les citoyens, la mairesse sortante avoue qu'elle voudra "imposer de nouvelles règles de fonctionnement" pour les assemblées publiques. C'est par tirage au sort que les résidents d'Outremont pourront ou ne pourront pas poser leur question à la présidente d'assemblée.









Pas moins de 20% des rues d'Outremont ne sont pas déneigées entre le vendredi soir et samedi soir . Et pourquoi donc? Pour éviter aux hassidim d'avoir à choisir entre une contravention sur leur voiture ou une entorse à leurs croyances religieuses.


En se convertissant, Louis Moffatt ne risque plus les hernies discales!






Marie Cinq-Mars, Louis Moffatt, ainsi que leur commettant, Michael Rosenberg, offrent à leurs électeurs et aux citoyens méritants d'Outremont leurs bons vœux pour le temps des fêtes judéo-chrétiennes. Plusieurs n'ont pas ménagé leurs transports (clandestins) au cours de cette année et même ces derniers jours.






"Je suis bien prête à être accommodante, dit-elle, mais pour la brique que vous avez percée pour ancrer votre fil, je vous demanderai un loyer de 100$ par mois." Soulagé, le rabbin déclara l'affaire conclue.








mercredi 23 décembre 2009

LE FIL DE LA DISCORDE : COMPTINE VÉCUE


Il était une fois, une maman douce et un papa en or. Pour élever leur jeune progéniture, les tourtereaux ont choisi de faire leur nid dans un coin de paradis.


Sur les sommets de la montagne, les maisons s'élèvent, plus cossues qu'ailleurs. Les gens, bien éduqués et plus prospères, sont distingués à souhait. Les trottoirs impeccables débouchent sur des parcs aux gazons coupés à la serpe et où de petits ruisseaux dévalent entre magnolias, lilas, chênes et grands pins.

Dans ce havre de paix,
rien n'est négligé. Même le déneigement et le déglaçage s'y font avec deux fois plus de moyens que partout ailleurs dans le royaume. Bienvenue à Outremont-en-Haut!

Fraîchement emménagés, Tristan et Iseult (noms fictifs) comptent bien filer un parfait bonheur dans leur grande chaumière minutieusement restaurée. L'intérieur est si chaleureux que le quotidien familial s'installe rapidement.

Chaque soir, le couple borde les enfants selon un rituel immuable. Tristan démarre le bal
en entonnant Bonhomm', bonhomm', sais-tu jouer? " Les marmots frétillent d'excitation. Puis, Iseult prend le relais en leur chantonnant "Là haut sur la montagne l'était un vieux château...". La fébrilité se transforme en concert de bâillements. Le marchand de sable s'occupe du reste. Tristan et Iseult sortent de la chambre sur la pointe des pieds.

Mais, dès qu'ils
ferment la porte derrière eux, l'ambiance bon-enfant disparait et une angoisse lancinante les envahit à nouveau.

Depuis quelque temps, Tristan et Iseult sont préoccupés. Ils ont la désagréable sensation que l'âme des anciens propriétaires hante toujours les lieux. Leur malaise a commencé chez le notaire, il y a quelques mois.

Au moment de signer la transaction, le propriétaire vendeur avait formulé une requête spéciale. D'obédience hassidique, il réclamait que les nouveaux acquéreurs ne rompent pas le "lien sacré" que le rabbin de la communauté avait fait placer sur la demeure.

Iseult avait bien remarqué cette espèce de fil à pêche fixé sur une brique de la façade et elle comptait bien s'en débarrasser. Contrarié de l'entendre, le vendeur avait enjoint Tristan et Iseult de n'en rien faire sans d'abord en avoir discuté avec le rabbin. Ce dernier saurait bien trouver un argument pour leur faire entendre raison.

Bonne princesse, Iseult est entrée en contact avec le fameux rabbin à qui elle répéta leur intention de sectionner ce que l'homme en noir qualifiait d'érouv.

Le chargé de mission divine déploya tout son arsenal pour dissuader le couple goy de mettre à exécution son plan maléfique. Devant tant de ténacité, Iseult a finalement choisi d'user de ses talents de fine négociatrice. Elle fit une proposition que le rabbin entêté ne put refuser. "Je suis bien prête à être accommodante, dit-elle, mais pour la brique que vous avez percée pour ancrer votre fil, je vous demanderai un loyer de 100$ par mois." Soulagé, le rabbin déclara l'affaire conclue.

Le premier mois, Iseult reçoit un chèque au montant du loyer. Le mois suivant, le loyer arrive avec quelques jours de retard, mais pas de quoi en faire un plat. Le troisième mois, Iseult doit téléphoner au rabbin pour lui réclamer son dû. Les quatrième, cinquième et sixième mois, pas de chèque.

Entretemps, les ouvriers qui parachèvent les travaux de rénovation à la résidence de Tristan et Iseult arrachent un étrange bout de bois de près de deux mètres de longueur plaqué contre la maison. Au bout du piquet, un fil noué courait jusqu'à la clôture de la propriété. Quelques jours plus tard, une voiture se stationne dans l'entrée de la maison. Deux hassidim en descendent et annoncent à Iseult qu'ils viennnent remettre en place le "poteau" enlevé par les ouvriers. Iseult, désormais propriétaire en titre, leur refuse l'accès. Pendant les jours qui suivent, les ouvriers l'avisent que plusieurs hommes à redingote rôdent autour de la propriété.

Puis, un soir, entre chien et loup, Iseult aperçoit une vieille fourgonnette qui s'arrête juste devant son entrée de garage. Quatre hommes en sortent. Menue, mais toute en nerf, Iseult se met en travers de leur chemin et leur ordonne de quitter sa propriété sinon c'est la police qui s'en chargera. Sur un ton pas conciliant du tout, l'un des membres du clan hassidique lui lance sèchement: "You will speak english to us". Ne s'en laissant pas imposer, la maman douce se transforme en maman ourse. "Vous voulez que je vous le dise en anglais? Parfait! Fuck you and get out of here!" Surpris par sa fronde, les quatre hommes battent en retraite au moment où une voiture de la Sécurité publique s'approche par hasard. Iseult a eu chaud.

C'en était trop. Le lendemain, elle rappelle le rabbin et décrète que le "bail" est résilié pour non-respect de son obligation de paiement. Par la même occasion, elle l'avise que l'érouv allait être coupé. Le rabbin fulmine.

Iseult loge un appel au département des travaux publics d'Outremont et demande que l'on dépêche un camion à nacelle pour faire enlever l'érouv. Moins de 24 heures plus tard, les cols bleus se pointent sur les lieux, mais avant qu'ils n'aient eu le temps de grimper dans la nacelle, des hommes en noir les rejoignent. La discussion dure quelques minutes, puis les employés municipaux qui ne veulent pas avoir de fil à retordre avec les mercenaires de la secte, repartent sans avoir exécuté le travail.

Le jour suivant, un employé du département des travaux publics téléphone chez Tristan et Iseult et suggère au couple de couper eux-mêmes le fil de la discorde. Ils se proposent simplement d'aller ramasser les débris qui se retrouveraient sur la voie publique. Quelques jours à peine plus tard, les ouvriers du couple ont vu une brigade érouvienne affairée à tendre un nouveau fil de fer. Il prenait désormais origine à deux maisons plus à l'est, de l'autre côté de la rue, traversait la voie publique devant la résidence de Tristan et Iseult pour aboutir sur l'érable centenaire d'un imposant manoir loubavitch.

Tristan et Iseult n'en ont plus entendu parler, mais cela a tout de même changé quelque chose dans la quiétude de leur vie. Désormais, Tristan ne chante plus
Bonhomm', bonhomm', sais-tu jouer? sans éprouver un certain trouble. Chaque fois qu'il entame le refrain, un frisson lui parcourt le corps. Il se demande si la chanson ne serait pas d'origine hassidique tellement ceux-ci semblent vouloir imposer leurs lois partout. "Tu n'es pas maître dans ta maison, quand nous y sommes!"

dimanche 20 décembre 2009

L'EXPORTATION DU GHETTO

L'histoire des subventions octroyées à trois écoles réservées exclusivement aux étudiants juifs orthodoxes a fait du bruit et continue de soulever les passions.

Il y a d'abord eu la ministre de l'Éducation qui en a sonné le glas sur les ondes de Radio-Canada.
Fini les millions de dollars aux étudiants qui refusent de fréquenter les cégeps publics pour des considérations religieuses.

La réplique fantasque et abracadabrante de M. Abraham Boyarsky, fondateur et directeur de l'Institut pour la Torah de Montréal (TAV), n'a pas manqué d'étonner. Je n'ai pas été le seul à la décrier.

Le 14 décembre, M. Jean Archambault retourne les accusations de M. Boyarsky en publiant sur le site Vigile.net un texte intitulé Les juifs hassidiques seraient marginalisés: qui les marginalise? M. Archambault soutient que ce sont bel et bien les hassidim eux-mêmes qui se sont volontairement enfermés dans un ghetto.

Bien sûr, en rabrouant les propos de M. Boyarsky, ce dernier pourrait encore avoir envie de traiter ses détracteurs d'antisémites. Mais que pourrait-il encore sortir comme argument fallacieux si la critique provenait d'un juif?

Il y a quelques jours, M. Bernard Cooper, un citoyen de Montréal, m'a écrit. Il avait espéré que Le Devoir publie la lettre des lecteurs qu'il avait préparée en réponse à M. Boyarsky. À défaut de trouver preneur dans le quotidien montréalais, M. Cooper me demande de diffuser sa lettre sur mon blogue. C'est donc avec plaisir que je lui offre cette modeste tribune. Voici donc le texte de M. Cooper qu'il a intitulé

NON AU FINANCEMENT DE L'EXPORTATION DU GHETTO

C'est avec stupéfaction que j'ai lu la lettre ouverte de M. Boyarsky au sujet du financement public du programme juif orthodoxe au Cégep Marie-Victorin. Le fondateur du Torah and Vocational Institute dénonce la décision du ministère de l'Éducation de mettre fin au financement d'études sectaires en invoquant le fait que "les juifs paient leurs taxes personnelles et TVQ comme tous les autres citoyens du Québec"... quand, dans les faits, ils se prévalent rarement du droit à se faire instruire aux ordres supérieurs.

Je suis un de ces très nombreux Québécois et Québécoises d'origine juive qui se sont très largement prévalus du système public d'éducation. M. Boyarsky occulte le fait qu'il écrit seulement au nom de la secte d'intégristes du "ghetto d'Outremont" comme il les qualifie. Il ne parle certainement pas de la majorité des Juifs du Québec qui, eux, se perçoivent comme des citoyens égaux et ayant à cœur de contribuer à l'édification d'une société laïque, pluraliste et libre.

Quand on entend M. Boyarsky prétendre qu'en coupant le financement de ce programme, les jeunes orthodoxes "seront poussés encore plus profondément dans leurs ghettos", on croirait être revenu à l'Italie ou à la Pologne du moyen-âge. M. Boyarsky sait très bien que rien ni personne ne force les hassidim et les autres ultra-orthodoxes à vivre en marge de la société dans des ghettos qu'ils créent de toutes pièces au cœur de nos villes.

Qu'ils se "ghettoïsent" eux-mêmes en privant volontairement leurs enfants des opportunités que nos sociétés leur offre, c'est, hélas, leur choix collectif. Mais exiger du gouvernement qu'il finance l'exportation du ghetto vers le régime d'instruction publique du Québec, c'est faire preuve d'un sacré culot et nous prendre pour des imbéciles.


Bernard Cooper,

Montréal


En parlant de ghetto, avez-vous entendu parlé de cette école juive orthodoxe de Grande-Bretagne qui a refusé d'inscrire un enfant, prétextant le fait qu'il n'était pas assez juif pour pouvoir rentrer dans l'établissement?

Imaginez-vous que la justice anglaise a statué que l'école n'a pas fait preuve de discrimination. Espérons seulement que le Québec n'en arrive jamais à une telle absurdité.

jeudi 17 décembre 2009

DIÉSEL No 5 : LE PARFUM DE NOËL DE MARIE CINQ-MARS:

Madame la mairesse de l'arrondissement d'Outremont, Marie Cinq-Mars, Monsieur le conseiller municipal du district Claude-Ryan, Louis Moffatt, ainsi que leur commettant, Monsieur Michael Rosenberg, offrent à leurs électeurs et aux citoyens méritants d'Outremont leurs bons vœux pour le temps des fêtes judéo-chrétiennes. Cliquez sur la carte de souhaits pour lire leur message d'accommodements

Si vous avez vu le reportage présenté au téléjournal de TVA et LCN, vous aurez compris une fois de plus que les autorités d'Outremont font preuve d'un laxisme coupable face à la secte hassidique.

En dépit des règlements municipaux et des lois provinciales, les ultraorthodoxes continuent à n'en faire qu'à leur tête et à promener leurs gros autocars intercités où bon leur semble sur les rues résidentielles de l'arrondissement. Peut-être se disent-ils "Après moi, la pollution"?


Autocar illégalement stationné sur Van Horne, le 9 décembre au soir

Ben non, ce n'est pas ce que leurs dirigeants se disent. La pollution, Mayer Feig s'en fout. Le réchauffement de la planète, il n'y croit pas une nanoseconde. C'est ce qu'il me disait à la sortie de l'assemblée du conseil d'arrondissement, pas plus tard que le 1er octobre 2009.

Dans le cadre de ce reportage d'Yves Poirier, Mayer a reconnu que les autobus intercités n'ont pas le droit de s'arrêter sur les rues résidentielles. Mais il ne se laisse pas démonter pour si peu.

Qu'a-t-il dit au journaliste qui l'interviewait par téléphone? Le porte-parole hassidique demande aux citoyens et aux autorités de se montrer plus... tolérants. Rien de moins. Heureusement que je ne mâchais pas de la gomme à ce moment-là. Je l'aurais avalée de travers. C'est vrai aussi que Mayer m'avait déjà fait le coup.

Mayer et moi, le 1er octobre dernier (ceci n'est pas un montage, juré craché!)

Mayer, mon beau Mayer. Tu avoues candidement que toi et tes amis commettez des gestes illégaux et répréhensibles à répétition et tu nous demandes de prendre sur nous, de fermer les yeux jour après jour, semaine après semaine, année après année? Même après avoir été rappelé à l'ordre autant comme autant?
Je t'aime bien, Mayer, tu le sais, mais entre toi et moi, je trouve que là, tu pousses un peu fort.

Écoute-moi bien, Mayer. Il y a deux jours, j'avais affaires à Saint-Lambert. J'ai stationné ma voiture à un tout petit peu moins des cinq mètres règlementaires au coin de l'avenue Notre-Dame et Webster. Quand je suis revenu à ma voiture, devine ce qu'il y avait sous mon essuie-glace. Ben oui, une contravention de 52 $, s'tie!

J'étais pas en double au milieu d'une rue résidentielle avec un mastodonte qui brûlait son diésel depuis une demie-heure en pleine nuit de tempête de neige. J'étais même pas près d'une borne-fontaine. Qu'est-ce que j'ai fait ce matin, tu penses, Mayer? Je suis allé au guichet automatique qui, le salaud, m'a bouffé 52 piastres sans même me dire merci! Il me manquait moins d'un mètre pour être kosher. Penses-tu que j'étais content? Pas pantoute, mais j'ai fermé ma gueule et j'ai payé. J'ai pas demandé à la vieille dame sur le trottoir avec sa marchette ou au maire Sean Finn de Saint-Lambert de fermer les yeux et de déchirer ma contravention. J'ai payé et je vais tout faire, la prochaine fois, pour ne pas m'y faire reprendre. Pour que toi et tes amis compreniez une sainte fois pour toute, va-t-il falloir qu'on vous le grave en yiddish sur vos lunettes?

Quant à notre bonne mairesse qui a refusé de se montrer la binette devant les caméras de TVA, elle aurait, parait-il, juré qu'elle allait sévir. Ça fait au moins dix ans (sinon 12) qu'elle connait le problème, mais qu'elle ne veut rien voir et, surtout, ne rien faire. On sait ben... elle ne peut pas faire de la grosse pepeine à ses commettants intégristes à qui elle doit sa dernière (et son avant-dernière) élection.

Regardez. Le même maudit autobus qui s'est fait un débarcadère devant la synagogue des Rosenberg (en face de chez moi) a été l'objet d'une plainte d'un citoyen de la rue Van Horne un peu avant 22h, ce 9 décembre 2009. Il était stationné à un endroit interdit.

Une fois n'est pas coutume, la Sécurité publique s'est pointée sur les lieux avant trop tard. L'agent (ou l'agente) de service lui a-t-il refilé une contravention salée à ce filou de chauffeur des States?
Ou lui a-t-il poliment imploré de dégager... avant que le mastodonte ne se ramène devant chez moi? Impossible de le savoir. À l'Hôtel de Ville d'Outremont, on ne veut rien nous dire. Ça c'est de la coopération, Madame Chose!

Va-t-il encore falloir faire une demande officielle d'accès à l'information qui va prendre un mois (ou deux) avant qu'on nous revienne avec une autre objection?
On peut-tu nous accommoder de temps en temps, nous autres aussi? Est-ce trop demander, Madame Cinq-Mars? En janvier, lors de la prochaine assemblée du conseil, allez-vous nous dire si, oui ou non, il y a eu un constat d'infraction et de quel montant? On ne veut pas juste le savoir... ON VEUT LE VOIR!

Dire que tout ce capharnaüm, tout ce dérangement de fonctionnaires publics, de journalistes, de citoyens écoeurés, c'était simplement "pour récupérer quelques Juifs hassidiques qui s'en allaient à un mariage", comme soutient mon ami Mayer. Le pire, c'est que ça devait être pour un mariage arrangé. Ça ne vous donne pas le goût de brailler, vous autres?

Psitt! Allez donc jeter un petit coup d'oeil à la chronique de Karine (je ne la connais pas). Elle a son voyage, la madame!

mardi 15 décembre 2009

LE "VIVRE-SÉPARÉ"


Dans La Presse de ce matin, la journaliste Rima Elkouri trouve qu'il y a des limites à fermer les yeux sur le financement étatique des programmes communautaristes qui sapent les fondements mêmes de notre système d'éducation. Contrairement à un éditorial de The Gazette qui laissait entendre que c'est par calcul politique que la ministre Courchesne aurait coupé le financement de programmes d'enseignements collégial d'écoles juives ultraorthodoxes, Rima Elkouri soutient qu'il s'agissait de la seule chose logique à faire.

Comment, en effet, accepter que ces écoles qui sont de véritables bantoustans puissent être reconnues comme n'importe quelle autre école privée subventionnée à 60% par l'argent des contribuables? La journaliste estime que l'État ne devrait pas injecter un sou aux institutions qui prônent l'apartheid social, qu'elles soient juives, grecques, arméniennes, musulmanes ou autres. Comment ce fait-il que ce discours ne soit pas tombé sous le sens des gouvernements qui se sont succédés depuis des décennies? Faut-il être raciste, antisémite, xénophobe antiarménien pour tenir un tel discours qui coule pourtant de source?

Si la ministre Courchesne ne tricote pas en coulisse quelques petites
manigances accommodantes destinées à ménager les intégristes de tout poil, elle aura eu le mérite de faire un premier pas dans la bonne direction. Et nous serons les premiers à l'en féliciter.

Mais attention! Il ne s'agit là que
de la première foulée d'un marathon à entreprendre sérieusement. Couper les vivre à trois écoles sans permis qui prônent la ségrégation religieuse et sexuelle est une chose, mais si c'est pour fermer les yeux sur les très nombreuses autres... Toutes doivent être mises au pas ou au ban de l'État.

Si les autorités municipales et provinciales poursuivent dans la complaisance généralisée qui a été la norme au fil des ans, la situation n'ira qu'en se détériorant. Uniquement à Outremont, les dirigeants intégristes - qui n'ont que faire de plusieurs règlements s'appliquant au reste de la population - nous annoncent que le poids de leurs sectes doublera d'ici moins de 15 ans. Dans les faits, cela signifie que les intégristes religieux passeront de 20% à près de 50% de la population de l'arrondissement. C'est loin 15 ans, vous pensez? C'est aussi loin que le dernier référendum sur la souveraineté ou le génocide du Rwanda.

Il ne faut pas se compter d'histoires. Si les élus ne sont pas en mesure de s'imposer pour faire respecter les législations existantes alors que les ultrareligieux ne constituent que 20% de la population, ce n'est pas lorsqu'ils représenteront la moitié des habitants de l'arrondissement qu'ils vont pouvoir faire entendre raison à leurs dirigeants. C'en sera alors fait de cette démocratie dont tous les politiciens se gargarisent. Il ne nous restera plus qu'à battre en retraite et courir nous réfugier ailleurs.
Tant qu'à y être, Madame Courchesne, passez donc le mot à votre collègue du ministère des Transports. Dites-lui donc de suivre votre exemple. Et si Madame Boulet ne veut pas mettre ses culottes, passez-lui votre jupon. Ça fera pareil!

Elle est parfaitement au courant que des tonnes d'autocars intercités se baladent aussi allègrement qu'illégalement d
ans les rues de l'arrondissement. Ces mastodontes ne contreviennent pas seulement au règlement 1171 promulgué à Outremont en 2003. Ils ne détiennent généralement pas le permis de transport par autobus délivré par la Commission de transport du Québec (CTQ). En plus d'empester les citoyens, ces autocars font une concurrence déloyale aux entreprises qui, elles, respectent la règlementation.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir apparaître la série de huit clichés incriminants captée le matin du 9 décembre 2009 devant la synagogue du 5253 Hutchison




Tant qu'à faire dans l'illégalité, aussi bien le faire deux fois dans la même journée. Pour admirer le va-et-vient du "terminus Rosy-Hutchison" dans la nuit de ce même 9 décembre 2009, cliquez sur la photo ci-contre. Si vous souffrez d'une maladie pulmonaire sévère, abstenez-vous. Le moteur tourne à vide pendant une demie heure!

vendredi 11 décembre 2009

LA TÊTE DANS LA NEIGE

Marie Cinq-Mars et Louis Moffatt n'oublieront pas de sitôt la première bordée de neige de notre bel hiver 2009 - 2010.

C'est un reportage de la télévision de Radio-Canada diffusé le 10 décembre qui a attaché le grelot... juste avant Noël.

En 2003, les tribunaux ont statué que les motifs religieux ne pouvaient pas soustraire les hassidim aux règlements sur le stationnement. Or, le reportage nous apprend que sur 20% du territoire d'Outremont (en rouge sur la photo), les rues ne sont pas déneigées entre le vendredi soir et samedi soir . Et pourquoi donc? Pour éviter aux hassidim d'avoir à choisir entre une contravention sur leur voiture ou une entorse à leurs croyances religieuses.

Qu'a dit la mairesse pour justifier ce passe-droit offert exclusivement aux hassidim? Rien. Cinq-Mars qui, pour rien au monde ne raterait les inaugurations de ruelles vertes et les concours de patinage de fantaisie, a plutôt choisi de se mettre la tête dans le banc de neige.

À sa place, elle a envoyé Louis Moffat au front. Dans une deuxième entrevue diffusée le 11 décembre, le bienfaiteur du ghetto Claude-Ryan prétend qu'il n'était même pas au courant de cet accommodement de déneigement raisonnable. De plus, Moffatt jure dur comme fer qu'il n'a fait l'objet d'aucune pression de la part des dirigeants de la secte ultra-orthodoxe. "Les gens ont l'impression qu'on a été achetés par la communauté hassidique. C'est faux", conclura Louis Moffatt. Rappelons-lui en passant qu'il a accepté gaiement un voyage à New York offert au rabais par le puissant Michael Rosenberg à qui il doit probablement aussi son élection du 1er novembre dernier.


Dans une entrevue radiophonique accordée à Benoît Dutrizac, Moffatt accuse un groupuscule de militants d'Outremont de monter en épingle des histoires pour lesquelles il n'y aurait pas de quoi fouetter un chat.

Pourtant, tout ce qui se dit à la télé, à la radio et dans les journaux, ces jours-ci, n'émane pas de membres de cellules subversives d'Outremont. Vous en voulez des exemples?

Dans sa chronique de samedi, Marie-Claude Lortie rappelle que "dans toutes les sociétés où (les hassidim) sont installés, il y a des tensions... Même en Israël, les communautés hassidiques ont des accrochages avec le reste de la population juive de pratique libérale." En ce qui concerne le déneigement le samedi, la journaliste ne voit pas en quoi le refus d'un tel accommodement pourrait être associé à de l'intolérance de la part des citoyens.

Vendredi, dans le cadre de l'émission C'est bien meilleur le matin, René Homier-Roy a qualifié cette pratique administrative "d'histoire surprenante... déguisée en accommodement raisonnable."

Toujours vendredi, l'animatrice de l'émission Christiane Charrette en direct a interviewé (rendez-vous à la 20ième minute de l'émission) Nathalie Petrowsky, Josée Legault, Amir Khadir et l'humoriste Guy Nantel sur cette histoire ubuesque. Voici ce qu'ils en pensent:

- Petrowsky: "Moi payeuse de taxes et citoyenne d'Outremont, ai-je été mise au courant? Tout s'est décidé en cachette, en vase clos, en circuit fermé. Il n'y a pas eu de débat. Je ne vois pas pourquoi on ne déneigerait pas le samedi."

- Legault: "C'est un accommodement basé sur la religion qui touche à une question de sécurité publique. Ça n'a pas de bon sens. La religion n'a rien à faire dans le domaine public. Si j'habitais Outremont, je serais en maudit."

- Khadir: "Trop d'accommodements ne sont pas raisonnables. Quand on veut vivre dans un cadre social avec un certain rapport à la modernité, on n'achète pas des gros chars et des vannes. Sinon, on engage quelqu'un pour les déplacer."

- Nantel: "C'est absurde, c'est ridicule de ne pas déneiger. Je suis contre les accommodements religieux."

Sur les ondes de l'émission 24 heures en 60 minutes, même Pierre Anctil, le professeur "hassidiphile" de l'Université d'Ottawa a admis que "La transparence est certainement une bonne vertu dans les circonstances..."

Quand le Plateau a eu le malheur d'annoncer qu'il y aurait relâche le déneigement durant les fins de semaine pour sauver des sous, on a vu Gérald Tremblay monter sur les bancs de neige en criant bien fort qu'il ne sera pas question de sacrifier la sécurité de la population. La neige sera enlevée sept jours sur sept.

Alors, expliquez-nous quelque chose. Comment se fait-il que lorsque la problématique du déneigement des fins de semaine se pose à Outremont, le maire se renfrogne dans son iglou? Ses p'tits amis de la synagogue Amour pour Israël n'aimeraient pas ça, peut-être?

Gérald ne leur aurait sûrement pas fait de promesses sans en avoir d'abord parlé à tous ses concitoyens d'Outr
emont, n'est-ce pas!

L'ÉQUATION D'ABRAHAM

Si vous avez lu la lettre de M. Abraham Boyarsky publiée dans Le Devoir du 8 décembre dernier, vous vous êtes peut-être dit, comme moi, qu'il ne vivait pas dans le même univers que nous. En tout cas, pas sur la même planète que la ministre Courchesne et que Marie-Andrée Chouinard, l'éditorialiste du quotidien de la rue Bleury. Cette dernière, trouvant que la coupe était plus que pleine, a publié le même jour Financement des écoles juives: Pas trop tôt!

Pas trop tôt, en effet, pour fermer le robinet à la ghettoïsation institutionnalisée.
M. Boyarsky est peut-être un éminent mathématicien de l'Université Concordia, mais tous goys que nous sommes, nous parvenons encore à faire une addition. Ainsi, 2,5 millions de subventions + une discrimination selon le sexe des étudiants et des professeurs + une formation bancale = zéro intégration!

Ça ne prend pas des lunettes de nerds pour voir clair dans le jeu du directeur et fondateur de la Torah and Vocational Institute (TAV)*. À l'écouter, en ne reconduisant pas l'entente entre le Cégep Marie-Victorin et le TAV, la ministre Courchesne se rendra coupable de marginalisation des étudiants ultra-orthodoxes. Un coup parti, va-t-il l'appeler la Morgentaler de l'intégration? Et c'est sans éprouver un iota de ridicule qu'il nous conte que le TAV "constitue la voie pour se sortir du ghetto d'Outremont". Faut le faire!

La cerise sur le Sunday... il accuse Courchesne d'agir ainsi pour faire des courbettes aux journalistes et pour un "segment déjà partial de la population". On sentait ça venir. Ça le démangeait comme c'est pas possible de faire du French pea soup bashing. Pour se soulager, Boyarsky a enfin laissé sortir le méchant en crachant le fiel de l' antisémitisme. La formule alibabesque de six syllabes a le pouvoir de faire ouvrir grand les coffres de l'État honteux.

On verra si son incantation maléfique fera reculer le gouvernement Charest. Mais avant de se laisser tétaniser par les gros mots de M. Boyarsky, le cabinet devrait se rappeler que l'homme n'en est pas à sa première échauffourée avec le monde de l'enseignement laïc.

En avril 2000, c'est l'UQAM qui avait décidé que trop c'était trop et qui avait résilié le protocole d'entente signé avec le même TAV. Non seulement le juge Jean-Jacques Croteau de la Cour supérieure du Québec avait-il refusé d'accorder l'injonction demandée par TAV, mais il s'était étonné que sous serment, Abraham Boyarsky n'avait pas hésité à laisser faussement entendre à plusieurs reprises que le TAV était un établissement d'enseignement universitaire.C'est vrai que tout peut être relatif dans la vie. D'ailleurs, le matheux qui a revisité les relations de Planck-Einstein soutient que l'univers n'a que 6 000 ans et non 14 milliards d'années comme il est généralement admis au sein de la communauté scientifique. Il avoue tout de même que ses convictions religieuses constituent une variante dont il tient compte dans ses équations mathématiques.

Au cas où vous ne le sauriez pas, l'homme de chiffres est aussi homme de lettres. En plus d'avoir coécrit The laws of chaos (c'est comme rien, le chaos, il doit connaître ça!), Boyarsky a récemment publié The Ratcatcher (L'attrapeur de rats), un roman où Alfred (le personnage principal) est engagé pour attraper les rats qui pullulent dans un hôtel abandonné de Côte-des-Neiges.

Selon Barbara Black, l'ouvrage a une certaine saveur autobiographique. Comme Abraham, Alfred est arrivé au Canada à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Comme Abraham, il est le géniteur de 13 enfants et nourrit l'obsession d'aider son prochain. Enfin... presque tous ses prochains... car s'il est avenant avec la faune diversifiée qui squatte cet hôtel, Alfred (ou Abraham?) ne se sent vraiment pas d'atomes crochus avec ceux qu'il appelle "the city's majority French speakers" qu'il considère avec une méfiance polie.

Quelle imagination, avouons. Mais d'où a-t-il bien pu pêcher cette histoire d'hôtel gangrené de vermine? Une fois de plus, c'est Barbara Black qui réussit à lui tirer les vers du nez. Boyarsky lui a raconté que l'idée lui était venue venue après avoir lui-même été aux prises avec un immeuble semblable sur le boulevard Décarie.

Que diable pouvait-il bien faire dans un trou pareil? Je vous le donne en mille. Il y a installé le...TAV! Oui, oui! Le Torah and Vocational Institute que Barbara Black décrit comme étant "a private school for Orthodox Jews affiliated with Collège Marie-Victorin for which Concordia provides some theology courses". Tiens! tiens! Des cours de théologie? Il doit y avoir une erreur, car Abraham
Boyarsky jure qu'il n'y a absolument pas de contenu religieux dans les cours de TAV. Et ce n'est pas moi qui remettrai sa parole en doute. Je vais laisser ça au juge Croteau!

dimanche 6 décembre 2009

LE CRI DU COEUR

Pincez-nous! Quelque chose aurait-il bougé au ministère de l'Éducation? Vendredi soir dernier, la journaliste Martine Biron présentait au Téléjournal de Radio-Canada un reportage qui en a fait bondir plusieurs.

Nous y apprenions que le gouvernement du Québec a subventionné trois écoles qui ne détiennent pas de permis et qui sont réservées exclusivement aux étudiants juifs orthodoxes.

Ainsi, par exemple, depuis 20 ans, l'Institut pour la Torah de Montréal (TAV) a reçu pas moins de 2,5 millions de dollars provenant de nos taxes pour des étudiants qui refusent de fréquenter les cégeps publics pour des considérations religieuses.

Que le calendrier scolaire ait été organisé selon les fêtes juives, pas de problème. Que les classes ne soient pas mixtes, passe encore. Que des femmes ne puissent enseigner à des jeunes garçons, ça commence à coincer sérieusement bien que le gouvernement Charest ne semble pas en faire de cas. Il aura fallu que ces écoles sans permis prêchent leurs croyances religieuses à l'intérieur des murs pour que la ministre de l'Éducation ne déclare la situation inacceptable. I-nac-cep-ta-ble!

En entendant un tel cri du coeur, vous comprenez que le gouvernement va tirer la "plogue", bien sûr. Wouppe,
Wouppe, Wouppe! Pas si vite. Où est ce que vous avez entendu dans ce reportage que la ministre s'apprête à fermer le robinet des billets verts? À ce propos, tout ce qu'on apprend, c'est que "le gouvernement entreprendra des discussions pour régulariser la situation de l'Institut TAV".

C'est tout?
Encore des négociations. Toujours des négociations. Rien que des négociations. On croirait entendre chanter Dalida. Jusqu'à l'arrivée du Messie, peut-être? Et puis les deux autres écoles qui sont dans la même situation, on va leur donner l'absolution sans confession?

Rappelons-nous ce qu'avait affirmé la ministre Courchesne sur les ondes de Radio-Canada, le 6 juin dernier: "Je négocie avec les rabbins pour rendre légales les écoles de la communauté juive orthodoxes. Je leur ai fixé un délai très strict sur lequel je ne bougerai pas. Ils devront se conformer à nos solutions sinon, nous couperons les subventions à toutes les écoles et pas à une seule école... Ça va plus loin que le droit des subventions, ajoute la ministre. Ils n'auraient même pas le droit d'avoir de permis, d'avoir ces écoles-là."
Vous avez bien dit À TOUTES LES ÉCOLES, Mme Courchesne. Chien qui jappe ne mord pas, dit l'adage.

La seule véritable nouveauté, dans le discours, est sortie de la bouche de Pierre Anctil, amicus curiae des intégristes ultra-orthodoxes et expert en questions juives de l'Université d'Ottawa: "C'est surprenant et étonnant que la gestion du ministère soit aussi peu serrée, s'agissant de communautés bien connues et de pratiques qui ne sont pas ignorées", dit-il.

Avoir connu plus tôt ses positions sur la question, nous lui aurions demandé de rédiger avec nous le mémoire sur le laxisme des autorités que nous avons présenté à la Commission Bouchard-Taylor, en novembre 2007. Zut de zut! Ce sera pour la prochaine fois.

P.-S.: Nous remercions l'expéditeur du commentaire qui nous fait prendre connaissance d'un article du Bulletin de liaison du SPUQ de septembre 2 000. Il relate les démêlés juridiques que ce même TAV a fait subir à l'UQAM en prétendant
sous serment être un établissement d'enseignement universitaire! Comme quoi, les problèmes et la mauvaise foi ne datent pas d'hier. C'est une manie, ou quoi? (7 décembre 2009)